Homo Erectus

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Le foot moderne, ça brasse du fric, beaucoup de fric. Le PSG n’a eu d’autre choix que de se remettre au niveau de ses objectifs et du train de vie des 8 autres grands d’Europe l’été dernier, pour espérer accrocher un résultat en C1.


Sur le point du pognon, le sport #1 qu’est le foot n’est pas en retard.
Pour preuve, 1 milliard d’€uros claqués sur la zone UEFA pour le mercato d’hiver 2017/2018 en hausse de 36% ! Et la moitié concerne les clubs anglais, soit 545 millions d’€uros. Ben voyons.
Même des défenseurs moyens deviennent des enjeux lourds.

84 millions encaissés par Southampton pour Van Djik le hollandais qu’on pose à Liverpool, et 65 millions d’€uros crédités sur le compte de l’Athletic Bilbao pour la vente d’un dénommé Aymeric Laporte, jamais utilisé pas Deschamps en équipe de France, et qu’on débarque à Manchester City !… Au delà des blah blah « c’est un joueur clé » ou « le club recherchait un profil gnagnagna », il va bien falloir rentabiliser ces achats démesurés, et ce, bien au delà des tacles et des dégagements en touche que ces 2 nous produiront sur les corners en déplacement à Sunderland !

Tout ce pognon pour quel spectacle

Les qualités footbalistiques de Van Djik et Laporte justifient certainement leurs émoluments respectifs. Mais, ils restent des pions au service d’un business, et c’est sur la monnaie qu’ils sont sensés ramener au club qu’ils seront jugés et rien d’autre. Un business qui tape dans la poche de ses clients, de son public, c’est à dire de nous, tous ces cons de supporters que nous sommes et qui acceptent avec servitude un système qui remonte à l’ère du Crétacé si ce n’est plus ! Pour les clubs, pas d’échappatoire possible. Du ROI et vite, sinon direction l’Europa League. Notre seul représentant, le PSG, a payé cher son accession au 8ème de la C1. Mais, le club a intégré les enjeux pour gagner. Espérons cette année que l’alignement de ballons soit enfin le bon.

Mais, tout ce pognon pour quel spectacle ? En vrai ? Et là, on est pas en avance.
On oblige les clubs à jouer avec des règles qui datent de Cro-Magnon, et qui permettent en 2018, de se cogner des 0-0 après 90, voire 120 minutes de jeu, c’’est dément. Avec un calendrier de plus de 60 matchs chaque année pour le PSG et les clubs de l’élite, comment justifier de prolongations souvent stériles et inutiles (outre les 3 coupures publicitaires supplémentaires qu’elles génèrent), et qui contribueront à fatiguer un peu plus les internationaux convoqués en Russie pour la Coupe du Monde.

Alors, la solution, quand un match est verrouillé et que le supporter s’emmerde, on change de tactique, et il faut tout tenter pour arracher un pénalty, sans même avoir à cadrer un tir. On fait donc rentrer la tombeuse. L’objectif c’est les 3 points ou la qualif, pour flatter les ligues, le business, les diffuseurs, mais rarement le jeu.
Jusqu’au bout des arrêts de jeu, on va chercher et trouver le moyen de s’effondrer dans la surface de réparation, en espérant pour tout un peuple, entendre résonner le sifflet. Il s’agira alors de faire briller le buteur récemment arrivé, suite à un virement bancaire dont le nombre de zéro donne le tournis aux smicards.

L’arbitrage, c’est la côte de bœuf crue

A l’inverse, un libéro qui remonte seul le ballon depuis sa zone, et qui sera séché aux abords de la surface adverse, bénéficiera gracieusement d’un coup franc. Cela permettant à la défense qu’il vient de passer majestueusement, de se replacer, de former des murs. C’est grotesque !
Nous savons tous que nos ancêtres ont réussi à maîtriser le feu, en bravant des risques et des dangers terribles, permettant ainsi à l’humanité toute entière de savourer sa côte de bœuf cuite !

L’arbitrage au foot, c’est la côte de bœuf crue, voulue et revendiquée. Bref, c’est la volonté de rester à l’âge de pierre.
Pour preuve, on assiste encore en 2018 à des débats insignifiants sur l’utilisation ou non pendant les matchs, de la vidéo, ou d’outils plus ou moins connectés, qui permettraient une sanction, une décision tranchée et définitive concernant des phases de jeu souvent bien floues pour le jugement d’un homme seul : l’arbitre.

S’attaquer, les crampons en avant, aux gambilles d’un joueur, quitte à lui arracher la rotule et le tibia, démontre un niveau de QI d’une faiblesse abyssale. Et nous sommes contraints devant nos TV, abreuvées de signaux multi opérateurs hors de prix, de regarder l’assassin, gesticuler, supplier l’arbitre de croire que son intention était tout autre et de crier à l’injustice si d’aventure il était sanctionné.

Paniqué et confronté à lui même

Nos fossoyeuses instances du foot préfèrent défendre une appréciation des règles laissées à ce mec seul, paniqué et confronté à lui même. Il en devient le récipiendaire de la célèbre instantanéité du jeu, et se doit d’imposer son autorité et ses décisions, à une meute de garçons coiffeurs pas toujours très bien intentionnés, parfois menaçants et violents. Sachant que chaque coup de sifflet risque d’être contesté et discuté, Bon match !

Pourquoi ne pas changer et adapter les règles, et moderniser l’arbitrage pour protéger les joueurs. Imaginons le Brésil sans Neymar ou la France sans M’Bappé en Russie parce que taclés aux chevilles par un barbare en Coupe de la Ligue, en Coupe de France ou en C1 ?
Défendons enfin le fait que l’erreur d’arbitrage ne fait plus partie du jeu. Et n’en voulons pas aux arbitres. Il existe les moyens de les aider ce qui les protègera également et limitera la violence. Ça s’appelle vivre avec son temps.

Cette volonté idiote de refuser de suivre ce que d’autres fédérations sportives ont accepté, conduit le foot à accorder des buts imaginaires ou à en invalider d’autres parfaitement valables. Et que dire de la simulation que permet de telles positions ? C’est le cancer du foot. Les gamins apprennent à mentir et à tricher sur les terrains. Evidemment, puisqu’ils sont encouragés par les grands qui donnent l’exemple, et puisqu’on permet à l’arbitre de ne pas voir, ou de ne pas vouloir voir, on récolte une génération déjà gangrénée.
Combien de penalties bidons, de hors-jeu – pas hors jeu, ont faussé des classements de championnats, des qualifications en coupe, des finales ?

Quelles sont les valeurs défendues ?

En 2006, quand Zidane corrige Materazzi d’un coup de boule à la poitrine, ce dernier, simulant, se tient le nez !
Tout va bien.
Parce qu’une pleurnicheuse s’écroule en hurlant dans une surface, et ce, sans avoir subi le moindre assaut, croyez le si vous pouvez, mais, plutôt que de le sanctionner, on va le récompenser et désigner le point de pénalty. Chapeau bas.
Quelles sont les valeurs défendues ?

Quand 3, 4, 5 mecs ou plus sont capables bousculer l’homme en noir, à qui on ne donne aucun moyen pour rendre ses décisions incontestables, on est en droit de s’interroger sur les défauts de câblage de la cervelle de certains joueurs, et de voir des arbitres complètement dépassés tenter des low-kicks !
Ce qui nous amène à ne plus nous étonner non plus, des affaires de chantage à la sextape, des insultes envers les entraineurs, des réseaux de prostitution, dont le foot et les clubs se passeraient bien.

Au delà de faire la joie des rubriques faits divers des média, jeter les joueurs en pâture de la sorte maintient le foot à l’époque du Néanderthal.
Ces mêmes média, qui enchérissent des sommes folles pour accéder aux droits de retransmissions TV, sur le dos des supporters serviles que nous sommes.
Un jour, dans une savane, un truc poilu s’est mis debout, sur ses pattes arrières, pour voir plus loin. On l’appelle l’homo erectus. Il a su s’adapter.
Pourtant, l’archaïsme n’est pas forcement là où l’on croit.

Sacrifié par ses gouvernances

L’Equipe du Soir… ou le foot pour les pauvres ?… Pas sûr.

– Tu regardes Réal PSG ?
– Bien sûr, mais sur l’Equipe 21.

Les croque-morts des Fédérations, des Ligues, des diffuseurs, devraient déjà se repentir d’avoir misé sur l’argent immédiat, en générant le manque d’images à une génération biberonnée au foot accessible dans les années 90, et à qui on ferme le robinet d’un coup en lui assénant « maintenant tu payes ! »

Ces acteurs du foot moderne mourront enterrés sous leurs propres pelletées de terre. Ils ont oublié que l’intérêt de la génération qui vient, toute populaire et belle qu’elle est, ne bénéficiera jamais des ressources financières suffisantes pour accéder au foot légalement. La préférence se tournera doucement vers d’autres chapelles plus accueillantes.
Certes, il lui restera quelques techniques frauduleuses pour assister à un match de foot, tout populaire qu’il souhaite rester, mais incapable qu’il est de se réformer. C’est le foot qui en payera le prix, sacrifié par ses gouvernances, avides et séniles et ce triste business.

Il n’y aura aucune image du match sur l’Equipe 21.
La réalisation se bornera à filmer le plateau où Didier Roustan, paré d’une superbe liquette bariolée, reconstituera et analysera en direct et en profondeur n’importe quel coup-franc raté ou débordement avorté, équipé de son fidèle tableau, de ses aimants bleus et rouges et armé de son marqueur..

Constipé par son trop plein de fric

En haut à droite de l’écran, Yoann Riou sera aux commentaires dans l’encadré. Grand spectacle assuré. Tragédien reconnu, il hurle, gesticule, parle vite, agite ses feuilles chiffonnées pleines de Stabilo, puis tombe à genou. Il finira par se jeter physiquement sur sa ou son collègue en vociférant, dés que le PSG parviendra à passer le rond central.

Pour ces soirées de grandes affiches, outre le récurrent Didier Roustan, le casting proposé par Olivier Ménard, est au journalisme sportif ce que la 7ème compagnie est à la comédie !
Chroniqueurs, journalistes, entraîneurs, agents, anciens joueurs, tous aux aguets des dernières rumeurs, le smartphone posé sur la table, à l’instar de Tony Montana qui décale son gun pour négocier 200 kgs de cocaïne pure dans Scarface.

Finalement, ne serait-ce pas là le rempart que cette joyeuse bande, toute privée d’images qu’elle est, a trouvé pour permettre au foot de survivre malgré lui.
Pour l’empêcher de sombrer constipé par son trop plein de fric.
Pour le sortir de son archaïsme à grand renfort d’habillages « à l’américaine » et de « duels ».
Pour permettre à ceux qui l’aime de garder le contact avec lui, malgré le cadenaccio d’images justifié par l’hypocrisie des droits.

Pour tout ceux qui rêvaient de voir Nicolas Sarkozy en prison, eux l’ont fait. C’était à l’occasion de la 2000ème, le 22 janvier dernier. Emission pendant laquelle l’ex Président, venu parler du foot en général et du PSG en particulier, s’est retrouvé derrières les barreaux après avoir reçu un carton rouge incontestable pour bavardage ! Les enregistrements vidéo l’ont confirmé !


DRB
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