David N’Gog

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PSG-LIVERPOOL, c’est 10 ans de la vie de David N’Gog.
L’attaquant de 29 ans formé au Paris Saint-Germain a joué, d’un côté avec Pauleta,
de l’autre avec Fernando Torres. Avec les Reds, il a aussi marqué en Ligue des Champions. LIVERPOOL-PSG, il le regardera depuis Budapest,
où il évolue depuis cet été. Mais avant cela, quelques confidences.


David, que vous inspire Liverpool-PSG de mardi soir ?
Au niveau football, je suis incapable de dire qui est favori. Ce sera un match super à suivre. Quand j’ai vu le tirage, sincèrement, ça m’a fait bizarre. Pour moi, c’est spécial. J’ai passé 7 ans à Paris (2001-2008), 3 à Liverpool (2008-2011). Le PSG, c’est mon club de cœur, c’est là où j’ai grandi. Liverpool, c’est plus mon club d’adoption (93 matches, 19 buts).

Que ressent-on précisément quand on joue à Anfield ?
Ce sont des sensations que je n’oublierai jamais. Déjà, c’est un stade typique à l’anglaise avec le public que l’on sent près de nous. Que tu gagnes ou que tu perdes, ils sont toujours là, à fond derrière. Cela te prend dès l’entrée sur le terrain. « You’ll never walk alone » : Anfield entier qui le crie d’une seule voix. Là, tu ressens toute l’histoire de ce club. Les paroles, elles sont fortes.

King David

Il y a aussi quelque chose qui m’a beaucoup marqué. C’est l’hommage chaque année d’Anfield aux victimes de Hillsborough (drame qui a vu 96 supporters mourir dans une bousculade dans le stade de Hillsborough le 15 avril 1989, ndlr). C’est une cérémonie presque religieuse. On sent combien le drame a touché le club, toute la ville et aussi à quel point le club, les supporters forment une famille. Une famille unie. Le club tient à ses supporters et ensemble, ils ne veulent jamais oublier ce qui s’est passé.

J’ai vu que les supporters du PSG vont venir en nombre à Anfield. L’ambiance sera incroyable c’est sûr. A Naples, aussi, ce sera quelque chose. J’y ai joué avec Liverpool, en Ligue Europa (2010). C’est une vraie arène, impressionnante.

Et le Parc, c’était comment ?
Cela fait longtemps que je ne suis pas retourné au Parc mais à l’époque (2006-2008), c’était vraiment super, avec les virages qui se répondaient. Les résultats n’étaient pas là mais l’ambiance était là. Aujourd’hui, les supporters méritent largement le spectacle et les titres. A l’époque, ils nous soutenaient dans la difficulté.

Foot 2 Rue

Vous êtes devenu un joueur du PSG à 12 ans ?
Oui je suis de la génération 1989. Je jouais à Franconville, qui était un club partenaire du PSG. J’ai participé à une journée de détection organisée par le club et j’ai été pris au centre de préformation. Je m’entraînais déjà avec le maillot du PSG à Franconville (sourires).

Une anecdote m’est restée : en fait le 1er jour de détection, on était des centaines d’enfants, je ne connaissais personne. On s’est retrouvés à côté avec Younousse Sankharé à faire les exercices ensemble, c’est la 1ère personne à qui j’ai parlé. Il avait été pris lui aussi, au final on s’est suivi années après années, jusqu’en professionnels.
En jeunes au PSG, je ne savais même pas que le foot pouvait être un métier. C’est plus tard, quand j’ai signé mon contrat Espoirs que j’ai commencé à me projeter.

le maître et son élève

Très vite en 2006, à 17 ans, vous signez professionnel au PSG alors que d’autres clubs, dont Chelsea, cherchaient à vous enrôler ?
C’était mes parents qui s’occupaient de cela. Moi, je voulais rester à Paris. J’étais content même si je savais que le plus dur était à venir. J’avais commencé à m’entraîner avec les pros avec Laurent Fournier. Ensuite, c’est vraiment avec Guy Lacombe que j’ai intégré le groupe. Nous étions pas mal de jeunes à avoir notre chance (Mamadou Sakho, Clément Chantôme, Younousse Sankharé, Youssouf Mulumbu…). Les résultats étaient compliqués. Nous étions entourés de grands joueurs comme Pauleta, Mario Yepes. Ils ont toujours été très disponibles avec nous.

A seulement 19 ans, vous décidez de partir à Liverpool, comment cela s’est-il passé ?
Liverpool a pris contact avec mon agent, et ensuite le coach Benitez m’a appelé au téléphone. A l’époque, je ne parlais pas trop bien anglais alors, la communication était un peu délicate (sourires). Le coach Benitez m’a dit qu’il me suivait et qu’il voyait un potentiel en moi, qu’il voulait que je vienne à Liverpool. En parallèle, Paris commençait à investir sur d’autres attaquants avec plus dé vécu.

Moi au départ, je n’étais pas contre le fait de rester, j’avais fait le début de la préparation avec Paris. Mais je pense que Paris n’était pas contre mon départ non plus et qu’au final, tout le monde s’y retrouvait, il me restait un an de contrat et le PSG a accepté l’offre de Liverpool.

David, Stevie, El Nino et Crazy Jamie

Racontez-nous vos premiers pas sur les bords de la Mersey ?
Toute de suite, j’ai senti la place énorme qu’occupe le foot dans la ville. J’ai été super bien accueilli. Je suis arrivé dans un groupe soudé, qui avait gagné la C1 (2005, finaliste 2007). Ils étaient sur une bonne dynamique. Les cadres comme Steven Gerrard, Jamie Carragher ont été supers avec moi. Grâce à eux, je me suis senti bien tout de suite, ils m’ont mis à l’aise et m’ont dit que si j’avais besoin, qu’ils étaient là.

Vous étiez parti seul ?
Oui tout seul. Mes parents venaient de temps en temps me rendre visite. J’avais des cours d’anglais une fois par semaine, organisés par le club. Il y avait aussi 2 Français, des Espagnols, des Argentins, au final on arrivait toujours à communiquer.

Vous avez joué 93 matches avec les Reds, inscrit 19 buts*. Quel est le plus beau ?
Je ne sais pas si c’est le plus beau mais mon but à Eindhoven en Ligue des Champions (2008) a été important pour moi. On était déjà qualifiés je crois, le coach a décidé de faire un peu tourner.

*Cliquez ici pour visionner tous ses buts
I’m only happy when it rains

Marquer à Anfield face à Manchester United, fut aussi une sensation très spéciale. On gagne 2-0 face au leader. Fernando Torres avait ouvert le score, et je marque le 2ème. Pauleta et Torres, sont deux modèles pour moi. Je les observais beaucoup à l’entraînement, leur comportement sur le terrain, la manière dont ils se déplaçaient.

Depuis Liverpool, vous avez évolué dans plusieurs clubs et championnats ?
Oui je suis resté en Premier League, 3 ans à Bolton (2011-2014) et Swansea (2014). Ensuite à Reims en Ligue 1 (2014-2016), avec Jean-Luc Vasseur que j’avais connu au PSG. Je pars ensuite en Grèce (Panionios). Là-bas, je me suis blessé au genou. J’ai fait ma rééducation au CERS de Saint-Raphaël et à Clairefontaine. Owen Coyle, mon ancien coach à Bolton me propose alors de venir en Ecosse (Ross County). Il me connaît bien et c’était bien pour moi pour retrouver le rythme. J’y suis resté 6 mois (janvier-juin 2018).

Les Titis au combat

Cet été, j’ai signé 2 ans à Budapest. Je n’ai pas non plus eu beaucoup de propositions, mais Budapest, j’ai aimé le discours. Quand ils m’ont contacté, je me suis renseigné sur le club, ils jouent les premiers rôles en championnat, parfois l’Europa League. J’ai parlé avec les dirigeants et cela s’est fait assez naturellement.

C’est déjà votre 13ème saison comme footballeur professionnel, et vous n’avez que 29 ans. Comment voyez-vous la suite ?
J’ai toujours de l’ambition. Je joue, je suis bien physiquement, dans la tête aussi. Avec ma femme, mon fils de 18 mois, on se sent bien ici. Je prends beaucoup de plaisir à jouer. C’est très important et c’est une bonne base pour la suite.

Photos (c) Panoramic


Emilie Pilet
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