Neymar Vellous

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Neymar, c’est aujourd’hui. C’est l’époque. À lui tout seul. Neymar, c’est la preuve que nous sommes morts, que rien de tout ça n’existe vraiment. Comme dans un livre de K. Dick.

C’est un spectacle vertigineux, démentiel, ridicule. C’est l’argent qui gagne, encore. Entendez-vous son rire, lointain et intouchable ? Les millions valsent sur nos cadavres. Neymar à Paris. C’est une phrase qu’il est possible de prononcer mille fois sans qu’elle ne veule encore rien dire. Un mantra débile, une formule magique d’enfant déjà blasé parce que trop gâté. Un autocollant sur le pare-choc arrière d’un corbillard américain. C’est la preuve que la réalité a démissionné. Les supporters sont des zombies. Je ne parle pas de tous les autres. Les normaux, les détachés, les Sans Équipe Fixe. Le supporter que je suis est un putain de zombie. Neymar au PSG.

Je n’ai pas lu la presse sportive pendant la semaine passée en Vendée, là où les plages sont belles parce que désertes. Il n’est évidemment plus jamais question de financer le quotidien apatride depuis la trahison catalane. Même en vacances, quand le manque de football devient presque intolérable. Là-bas, maisonnette charmante, sans téléviseur. No foot, no tv… Des gens se suicident pour moins que ça. Pas de radio, je n’écoute pas la radio. Pourtant, Neymar est là, partout, tout le temps. Neymar, c’est de Gaulle, c’est l’Histoire ! Neymar, Neymar, Neymar.

Le gâteau sur la cerise

Mon amie me demande s’il va venir. Ou pas.
Je lui dis oui, je lui dis non, je lui dis peut-être, je ne sais pas.
Je pensais que j’y pensais. Mais non en fait. Pas tant que ça.
Le gâteau sur la cerise. Neymar.
222 millions.
Un trophée de plus pour le PSG.

“C’est de l’argent sale” disent-ils. Il n’y en a pas de propre. Et ce n’est pas le mien.
Et je m’en tape. 438 millions. 679 millions. Cent milliards de scarabées.
Ça ne veut plus rien dire vu que nous sommes morts.
Ce n’est pas le problème.
Il n’y a pas de débat.
On ne discute pas.
Neymar au Parc.
Neymar avec mon maillot sur mon écran.
Neymar sifflé à domicile après quatre premiers mois cauchemardesques. Par les mêmes qui priaient pour que Cavani parte, que Javier soit prêté (Dieu ne s’échange pas) et qui ont certainement acheté cet immonde maillot jaune pour parader sur les autoroutes estivales…
Et Neymar à la Raí : Il les fait taire, tous. Pour toujours.

Neymar est là. Zlatan s’efface

Le but sublime de Neymar contre Toulouse ou Madrid ou City, en boucle sur les réseaux phocéens, le Vieux Port comme hypnotisé, atomisé par ce geste que personne n’oubliera jamais. Et qui sera notre légende. Rien qu’à nous. Et à celle du football, peut-être…
Neymar, le pote de Lucas.

Neymar, ne m’en veux pas si longtemps encore, Ronnie reste ma star.
Tu viens et tu effaces, presque, ce jour maudit où tes ex-camarades pleureuses nous ont volé nos dents du bonheur brésiliennes. Il me faudra du temps mais tu es un enfant teigneux, combatif, tu divises et tu marques.Le PSG n’attendait que toi. Ici, c’est Paris, ici, c’est chez toi.

Neymar est là. Zlatan s’efface. Il fallait ça. C’est bien.
J’entends ceux qui jalousent déjà, qui crient au scandale financier, au grand n’importe quoi. Je me délecte de tous ces cris d’impuissance, de toutes ces crises de nerf à peine dissimulées. Que va titrer le canard anti parisien le jour de la signature, que va dire Aulas quand ses droits télé vont grimper en flèche, quelle mauvaise foi de caniveau dégaineront les sudistes pour oublier Payet, Garcia et leur champions’s project digne de Colony Capital (en replay actuellement, un épisode de Faîtes Entrer l’Accusé tout à fait délicieux sur l’affaire om/va, comme ça, en passant…) ?

Qu’il envoie ses meilleurs avocats

Ils sont baisés. Tous.
Ils le savent et je le sais.
Le PSG était mort. Son mercato risible. Et puis, Alvès. Et puis…
Valère Germain va zozoter avec brio pour huit millions d’euros en Ligue 1 et en Europa League.
Neymar va écrire une autre histoire.
La seule qui compte.
La nôtre.

Aujourd’hui, trophée des champions à Tanger. À quelques heures de ce match délocalisé de foire, sur la toile, le président de la ligue espagnole menace. Le PSG ne respecterait pas, avec ce transfert d’apocalypse, le fairplay financier. Qu’il aille au tribunal. Qu’il envoie ses meilleurs avocats. Voilà ce que sont les barcelonais : des pleureuses, des riches qui ne supportent pas quand d’autres riches les niquent à leur propre jeu.
Remontada. Néologisme à vomir que j’entends partout.
6-1 ? Oui, je m’en souviens.
PSG 222 000 000 Barcelone 0
Il faudra plus qu’un match retour et un arbitre complaisant pour se qualifier, ennemis catalans.

Et si MBappé avait la bonne idée de signer chez Zidane, votre été déjà plombé commencera à ressembler à un cauchemar valable.
Je ne vous souhaite rien d’autre.
En attendant Neymar.
Un mercenaire, un gamin capricieux aux exigences effrayantes, une tête de gondole, une star, tout ce que vous voulez.
Un footballeur parfois également. Que Borelli aurait couvé comme un fils.
“Se queda” ?
No lo creo, Gerard, no lo creo…

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