Panthéon Panamite

par

Les talents sont légion, ils sont même des armées,
Les grands sont si rares, nous en sommes désarmés.
Les flots fluctuent, Paris tangue mais jamais ne coule,
Les rats le tuent, et nos pigeons toujours roucoulent.
Leur ambition vulgaire, nerf de leur propre guerre,
Leur donne envie d’un nouvel air, d’une autre terre.
Qu’ils aillent se faire enculer, qu’ils aillent se faire aduler,
Hors d’ici, hors de nos coeurs, hors du PSG.
Qu’ils emmènent leurs dribbles et leurs crêtes chez les culés,
L’or d’ici, celui du coeur, leur restera étranger.
Paris repère les putes qui voudraient faire le mur,
Paris sait être très dur avec ses ordures.

Pur club de perdants, Paris marque les palpitants,
Mais par peur de perdre, manque de ces battants,
Ceux qui luttaient, ceux qui tenaient,
Le tutu bleu, banc, rouge, blanc, bleu,
Du ballet triste des saisons catastrophiques,
Pour seule et unique tunique.
Tunique du coeur, et toi tu niques les nôtres, Marco,
On te croyait unique et rageur, visant haut,
On te croyait magique et sans peur, jouant trop,
Trop bas, trop beau, trop près, trop vrai,
On te croyait parisien plutôt qu’italien,
Trop fort, trop faux, pour nous, Hibou.

Des dix de sortie, il y en eu deux,
Celui qui nous quitta les bras pleins de merdeux,
Les yeux pleins d’un mépris paresseux,
Et celui qui nous quitta comme quitte l’amoureux,
Les yeux pleins de larmes rouges et bleues.
Alors choisis ton dix, lâche ton six, Marco,
Nous on s’en fout, on a déjà Ronaldinho,
Empereur au Panthéon des partis-trop-tôt.
Toi, tu ne serais qu’un de ceux qui sauvent leur peau,
De ceux qui quittent Paris comme on quitte un tripot.

Va gagner ta vie,
On t’oubliera vite.

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