Tom Pougin alias Piano Mugshot

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Parisien de naissance et dans le coeur, Tom s’est exilé depuis à Montreal au Canada où il entretient une passion à distance pour le club de la Capitale.
Il est également illustrateur et ses créations respirent l’amour du football.  


Virage : Tu es supporter du PSG depuis quand ?

Tom Pougin : Je pense autour de 92-93, je suivais ça d’un oeil plutôt amusé par la ferveur pour Paname qui règnait à la maison avec mon frangin plus vieux de 5 ans et ses réactions totalement exagérées face à certaines équipes mais je dirais que le réel engouement est né avec le premier titre en 94.

Virage : Pourquoi le PSG ?

Tom Pougin : On est Parisien depuis plusieurs générations, ça s’est fait comme ça, en toute logique.

Virage : Tes meilleurs souvenirs de supporter ?

Tom Pougin : Ma première fois au Parc, un PSG-Nantes avec mon frangin en 95, on les avait tapé 5-0. Pour une première, ça fait plaisir. Extra-sportivement, le pétage de plomb de Patrice Loko qui avait sorti son zob devant les flics aussi, cette histoire deviendra légende.
Plus récemment, le 4-0 contre Barcelone m’a bien fait kiffé aussi, faut quand même pas oublier qu’on les a ken à la loyale, malheureusement pour la suite… ❤ Ronaldinho ❤

Virage : Tes pires ?

Tom Pougin : Les branlées à domicile face à Marseille, celles-là faisaient plus mal que d’autres. Ce sentiment aussi à l’époque qui te faisait sentir que même quand on menait 2-0, t’étais jamais serein, on était capable de se faire taper avant la fin. Toute la période de merde des années 2000, malgré certains joueurs de feu, c’était vraiment moche.
Deniz Aytekin.

Virage : Des joueurs idolâtrés ou pas ?

Tom Pougin : Bien-sûr, Weah, Valdo et sa feinte de frappe, Ginola et sa classe, Madar et sa dégaine, Okocha et ce passement de jambes, Ronaldinho et son génie, Pauleta, Verratti et d’autres. Et Cavani, il croque à fond mais je le kiffe, avec tout ce qu’il s’est fait cracher à la gueule, il est bel et bien là.

Virage : Pourquoi t’es-tu installé au Canada ?

Tom Pougin : Au départ, l’ambiance pour trouver un taf et un logement à Paris commençait à être un peu relou alors on s’est dit qu’on essayerait bien Montréal – où j’avais quelques potes – pour voir. On a vu, ça nous a plu, on est resté puis on a fait des mômes.

Virage : Est-ce que ça parle aux canadiens le fait d’être supporter d’un club de foot et du PSG en particulier ?

Tom Pougin : Tu croises beaucoup de maillots de foot d’un peu partout à Montréal, plus généralement dans les communautés Italiennes, Portugaises et Françaises. Sinon les locaux sont bien sûr plus branchés sur l’Impact de Montréal et la MLS. Le PSG commence aussi à se faire connaitre depuis quelques années. Y a le PSG Club Montréal aussi qui se réunit dans un bar pas loin de chez moi les jours de C1. Ils ont une banderole énorme, j’imagine que ça doit interpeller les gens.

Virage : Est-ce que le football commence à être reconnu chez nos cousins canadiens ?

Tom Pougin : Le foot se développe de plus en plus ici, y a des terrains qui poussent un peu partout, même au détriment des patinoires de hockey. L’Impact est de plus en plus populaire même si on ne croise pas encore beaucoup de maillots de l’Impact dans les rues. Y a des mecs aussi qui ont monté un complexe de foot à 5 indoor et apparement, ça marche vraiment bien donc ouais, le foot commence à prendre de plus en plus de place ici.

Virage : Est-ce qu’il y a des clubs plus reconnus ou suivis que d’autres au Canada ?

Tom Pougin : Il ne me semble pas. un peu comme partout, tu portes ton maillot si t’es supporter de ton équipe. Sinon, tu croises toujours ces putains de maillots de Barcelone et du Real, ça me fatigue.

Virage : Est-ce que le championnat de France les intéressent ou c’est comme partout ailleurs : La Premier League ?

Tom Pougin : Lol je pense que la Ligue 1 ici, tout le monde s’en bat un peu les noix. Tu sens une grosse culture du Calcio parce qu’il y a beaucoup de cafés italiens ici (coucou l’Olimpico !). Mais sinon, ça suit surtout la Champion’s League.

Virage : Tu joues au foot là bas ?

Tom Pougin : Yes, tous les lundis avec le Bagel City FC 🙂

Virage : Commet ça se passe pour jouer ?

Tom Pougin : Y a pas mal de terrains ici, on réserve une plage horaire et on est peinard. Sinon, tu viens avec tes sosses et les équipes tournent après 2 buts marqués ou 10 minutes.

Virage : Est-ce que tu arrives à suivre les matchs sur place ?

Tom Pougin : Ouais les dimanches aprem ou samedi matin, j’arrive à me démerder. Quand je taffais free-lance aussi, je matais la Champions en semaine mais maintenant que j’ai un taf à temps plein, ça va être plus compliqué. Mais mater les matchs l’après-midi, ça fait chier un peu quand même. Tu peux pas vraiment t’enfiler des bières devant la C1 et aller chercher ton môme à la garderie direct après…

Virage : Est-ce qu’il existe une communauté pro PSG ? Si oui t’es tu fait des amis grâce à ça ?

Tom Pougin : Comme je te le disais, y a le PSG Club Montréal ici qui représente bien et ils sont pas mal nombreux mais je me suis pas spécialement fait de potes avec ça non. Je suis allé voir quelques matchs dans leur bar habituel pour l’ambiance, c’est cool, tu retrouves un semblant de ferveur de stade.

Virage : Est-ce que le Parc des Princes te manque ?

Tom Pougin : J’y suis retourné en 2013 voir un PSG-Monaco insipide et l’ambiance était dégueulasse. Même si j’ai jamais été Ultra, un stade qui chante, c’est quand même mieux qu’un stade qui se fait chier. Cela dit, le retour des Ultras, c’est cool. Même si c’est pas tout à fait comme avant, c’est bien que ça bouge dans le bon sens. Du coup, j’aimerais bien y emmener mon fils un jour, histoire qu’il voit ça en vrai, ça me ferait bien kiffer. Sinon, ça va, je vis bien la distance 🙂

Virage : Est-ce que porter le maillot du PSG dans la rue crée une forme de curiosité locale ?

Tom Pougin : Non, pas vraiment. En fait, à Montréal, tu peux te balader avec un futal à une jambe et des cheveux verts, tout le monde s’en bat les steaks. Par contre, si tu portes un maillot de Paris, c’est sûr que tu vas entendre au moins une fois dans la journée un mec de Paname qui va te dire « Beau maillot » ou un truc du genre au passage. Un jour, un mec en bagnole a ouvert sa fenêtre pour gueuler PARIS EST MAGIQUE ! C’était cool.

Virage : Ils pourraient le confondre avec celui des Canadiens de Montreal vu les couleurs ?

Tom Pougin : Ha ha, ouais mêmes couleurs inversées et à l’horizontale. Mais tu peux pas confondre, ils respectent les couleurs de leur maillot, eux.

Virage : Raconte-nous comment est né le projet Piano Mugshot ?

Tom Pougin : Un peu par nostalgie pour mon équipe, j’avais commencé à faire une illustration du maillot de Paname 96 pour l’encadrer chez moi, je trouvais ça quand même un peu moins « dans ta face » qu’un vrai maillot sous cadre (puis surtout j’ai pas la place). J’ai fini par faire des illustrations d’autres maillots mythiques en virant les sponsors et en re-dessinant les logos pour qu’ils soient compréhensibles en petit. De fil en aiguille, ça m’a fait rencontrer du monde ici en lien avec la culture foot et à force d’avoir des retours positifs, j’ai continué et développer le même délire sur des maillots de Hockey, Basketball, Baseball, etc… Je me tâte à faire un truc avec des maillots de cyclisme aussi.

Virage : Pourquoi Piano Mughsot ?

Tom Pougin : C’est un anagramme de mon blase en fait.

Virage : Quelles sont tes influences artistiques ?

Tom Pougin : Je sais pas pourquoi, je voue un culte aux vieilles choses. Les vieux sons, les vieilles sneakers, les vieilles bagnoles, les vieux films. La Pop-Culture en général. J’ai pas l’impression d’être influencé par un truc en particulier, ça va dépendre de mon humeur, de ce que j’écoute comme musique ou film à un moment donné, la saison, une conversation, etc…

Virage : Quelles sont tes ambitions sur ce projet ?

Tom Pougin : J’ai un peu moins de temps en ce moment pour bosser sur les illustrations (je suis méchamment à la bourre sur le maillot du Real de cette année et celui des Golden State Warriors) mais si je peux trouver quelques points de vente physique en Europe, je serais refait.

Virage : Ta signature s’inspire du logo de Paris, une évidence ?

Tom Pougin : Plus ou moins. J’avais refait ce bateau du logo de Paris y a un moment sans vraiment savoir quoi faire avec. J’ai fini par en faire mon logo. J’aime bien représenter ma ville mais c’était pas spécialement voulu à la base, non. D’ailleurs, à Montréal, mon logo n’évoque Paris pour personne .

Virage : Est-ce que tu aimerais travailler sur une projet avec le PSG ? On sait qu’ils s’ouvrent de plus en plus aux projets Street Art par exemple via leurs produits avec JonOne.

Tom Pougin : Ouais ça pourrait être très cool mais honnêtement, je ne pense pas qu’ils fassent appel à un « nobody » comme moi pour leur projet, je suis pas assez street-crédible.

Virage : Quel genre de projet aimerais-tu leur proposer par exemple ?

Tom Pougin : Je sais pas. L’habillage de terrain de streetfoot en région Parisienne, un peu comme Nike et Pigalle ont fait le terrain de basket. Adapté au foot, ça pourrait être cool aussi. Ou développer des petits trucs pour attirer les Parisiens à supporter leur équipe. À Montréal par exemple, chaque fois que jouent les Canadiens, tous les bus de la ville affichent un petit « Go Habs Go ! » qui défile à l’avant du bus, je trouve ça cool, y aurait moyen de s’inspirer de ce genre de truc. « Ici c’est Paris » sur le devant des bus de la capitale, ce serait marrant, je suis sûr qu’on verrait certains mecs faire des doigts aux autobus.

Virage : Où peut-on se procurer tes oeuvres ?

Tom Pougin : Pianomugshot.etsy.com puis sur Instagram @Piano_Mugshot

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