Le PSG-REAL de Rabiot Jacob

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SILENCE ! SILEEEEEEENCE ! RABIOT JACOB, IL VA PARLER !
Le bruit émanant de la table des joueurs s’estompe peu à peu.
Le tintement métallique des fourchettes contre les assiettes
fait place à un silence de plomb.

Leurs yeux se tournent vers moi, et je remarque que ceux de Thiago Silva brillent un peu trop… Saleté d’émotif.

Prenant une grande inspiration, je les interpelle vivement :
« Alors les gars ! On flippe ? On a les genoux qui flanchent ? La sueur vous monte au visage ? coule dans votre dos ? Mais y’a pas de quoi voyons ! »

En réalité, il s’agit d’un sentiment tout à fait normal, l’anxiété étant causée par l’émotion qui nous étreint à une heure où l’indécision domine, puisque l’issue de la partie que nous nous apprêtons à disputer s’avère incertaine. L’endorphine mêlée à la testostérone crée ainsi une réaction chimique qui…

« Kylian, je t’ai pas demandé de faire ton intéressant ! Mes amis n’ayez crainte ! Nous les recevrons dans la bouillante ambiance du Parc, et nous les occirons comme nous avons occis leurs grands rivaux l’an dernier, avec un collectif moins bien huilé, et des joueurs moins talentueux ! Il nous manque Neymar ? La belle affaire, son absence ne nous rendra que plus déterminés, et vous saurez faire preuve d’abnégation pour renvoyer les infâmes madrilènes dans leur pays où l’on ne respecte pas le plus élémentaire bon goût vestimentaire ! »

Un nouveau silence suivit cette exorde. Les joueurs se regardaient, incrédules, les murmures commençaient à se faire entendre, et je sentais bien qu’il fallait à nouveau les rassurer, afin qu’ils croient en eux. C’est alors que la main d’Areola, d’ordinaire si prompte à se lever pour contrer les frappes adverses, se dressa lentement dans les airs, et qu’il posa cette fatidique question :

« Mais… Comment allons-nous faire ? »

Un large sourire s’étala sur mon visage, découvrant des dents d’un blanc immaculé.

« Mon petit Alphonse, je n’attendais que cette question… »

Le match en avant-première de Rabiot les bons tuyaux :

J-2 : L’ensemble des éditorialistes footballistiques l’affirment : l’institution Real est au-dessus de celle du PSG, et l’issue du match ne fait guère de doutes : Paris perdra malgré une victoire 2-1, la faute à un but marqué du pénis par Cristiano Ronaldo dans les arrêts de jeu.

J-1 : La cheville de Kylian Mbappé a été testée le dimanche, et le grand espoir français semble apte à tenir sa place face aux Merengues. Unai Emery, prudent, prend tout de même la précaution de l’emballer dans du papier à bulles jusqu’au coup d’envoi.

-60’ : Annonce de la composition du PSG au Parc : Thiago Silva, capitaine malheureux du match aller, fait son retour dans le XI de départ, aux côtés de Marquinhos. Surprise sur le flanc gauche, où Kimpembe est aligné pour la première fois de la saison, afin de sécuriser l’aile. Motta prend place devant la défense, accompagné de Verratti et Rabiot. Di Maria commencera le match sur l’aile gauche. Dani Alves et Cavani complètent le squad. Sur Canal +, Laurent Paganelli, incrédule, s’exclame « Mais il aligne pas Neymar ? Il est fou Emery ! ».

-20’ : Le corps arbitral fait son apparition, sous les invectives de Nasser Al Khelaifi, qui accuse par avance M. Brych d’un arbitrage trop partial envers les madrilènes.

-10’ : Les supporters parisiens, déjà présents depuis 18h30, sentent venir les premiers signes d’une extinction de voix, et choisissent judicieusement de s’économiser jusqu’au coup d’envoi, de sorte que l’échauffement se fait dans le silence le plus total.

-8’ : Un grand cri retentit dans tout le Parc des Princes, lorsque Nicolas Sarkozy fait un scandale en découvrant qu’Emmanuel Macron est assis à sa place en loges. Le bruit, amplifié par les tribunes silencieuses, déconcentre Marcelo qui ne voit pas arriver le ballon envoyé par Cristiano Ronaldo, et le reçoit dans les testicules. Il s’écroule, et Dani Alves, plein d’espoir, fait signe aux brancardiers de secourir son compatriote.

-2’ : Marcelo pourra bien tenir sa place, une application de compresses de glaçons ayant fait son effet.

-1’ : Alors que le match est sur le point de débuter, Unai Emery fait irruption sur la pelouse avec une grande paire de ciseaux. Il avait oublié de déballer Mbappé de son papier à bulles.

1’ : Le coup d’envoi est donné, directement en touche côté parisien, sur le flanc droit. Dani Alves effectue la remise en jeu, en passant par Marquinhos, qui remet tranquillement à son gardien. C’est alors que se déclenche le pressing madrilène, Cristiano Ronaldo jaillissant devant Alphonse Areola qui, plein de sang-froid, efface le portugais d’un râteau, et s’apprête à relancer.

2’ : Voulant dégager d’un puissant coup de pied, le portier parisien rate le ballon, et s’écroule. Il n’en fallait pas plus à Ronaldo pour se saisir du ballon et marquer dans le but vide. 0-1 (cumul. 1-4).

5’ : Ce coup dur rappelle les heures les plus sombres du PSG, et la remuntada subie l’an dernier, lorsqu’un but casquette avait également été encaissée au bout de deux minutes de jeu. Arnaud Herrmant et Damien Degorre jubilent : leur édito du lendemain s’écrit tout seul.

7’ : Les parisiens retrouvent enfin le contrôle du ballon, et échangent plusieurs passes dans le milieu de terrain, sans toutefois parvenir à trouver le trio offensif. Rabiot combine au niveau du rond central avec Verratti, qui remet en retrait à Motta. Alors que le public peste devant une stratégie jugée petits bras, Motta déclenche instantanément un long ballon pour Mbappé, parti en profondeur et qui laisse sur place toute la défense madrilène pour aller défier Navas. Il pique subtilement son ballon, et trompe le gardien costaricien. 1-1 (cumul. 2-4)

8’ : Les supporters parisiens se rendent compte qu’ils avaient oublié de se remettre à chanter depuis l’échauffement, et une immense clameur envahit le Parc.

9’ : Porté par les chants des tribunes, Thiago Silva se décide à franchir le rond central avec le ballon, et alerte Di Maria sur le côté gauche du terrain. L’argentin dribble avec succès Carvajal, et se retrouve face à la charnière centrale. Cavani appelle le ballon mais Di Maria choisit la frappe pied droit. Dans les bras de Navas.

18’ : Asensio reçoit le ballon, et efface Verratti avant de partir défier Alves en 1 contre 1. Au prix d’une succession de dribbles, le latéral parisien se retrouve à terre, et le prodige espagnol a tout le loisir de centrer pour la tête de Cristiano Ronaldo, qui se dirige vers la lucarne. C’est sans compter sur Areola qui, au prix d’une sublime parade réflexe, parvient à écarter le danger en corner.

19’ : Le coup de pied de coin est joué vite, à deux, et permet à Marcelo de s’infiltrer dans la surface de réparation. Face à Marquinhos, il tente un dribble, s’écroule, et se tient vivement la cheville en frappant le sol avec sa main. L’arbitre n’hésite pas et sort un carton jaune pour simulation, les parisiens vont se dégager.

27’ : Le milieu parisien a du mal à exister, la paire Kovacic-Casemiro étant intenable au pressing. Thiago Motta se fait ainsi déposséder du ballon par le brésilien, qui lance Benzema dans la profondeur. Le français est tout prêt de tromper Areola, mais ne peut résister au superbe retour effectué par Kimpembe, qui lui enlève le ballon du pied au dernier moment.

36’ : Paris progresse par petits bouts, le pressing madrilène commençant à légèrement baisser. Alves tente un débordement et efface Marcelo avant de remettre dans l’axe pour Verratti, aux abords de la surface de réparation. Le petit hibou distille une petite louche qui surprend les centraux madrilènes, mal alignés. Cavani surgit et frappe fort en première intention : poteau rentrant. 2-1 (cumul. 3-4)

39’ : Très excentré sur son côté droit, Vasquez tente un long centre, aisément abordable pour la défense centrale parisienne. Areola tente toutefois une sortie totalement inexplicable, et renvoie la balle des deux poings plein axe, sur Ronaldo. Le portugais tente un lob astucieux, mais le gardien parisien a eu le temps de revenir et de dévier le ballon d’une claquette en corner.

41’ : Le ballon est frappé très fort au premier poteau, sur la tête de Benzema, qui prend parfaitement la balle, mais cette dernière frappe la barre transversale. Le ballon repart dans l’autre sens, en un contre éclair mené par Di Maria, qui sert Mbappé, qui se présente face à Navas, mais qui perd son duel devant le gardien madrilène.

43’ : Le corner est frappé par Di Maria, et atterrit sur Kimpembe, étonnamment seul, qui a le temps de contrôler de la poitrine et de tenter une lourde frappe en pivot qui vient s’écraser sur le poteau.

45’ : Mi-temps au Parc des Princes, dans une ambiance survoltée, le PSG sent qu’il y a la place mais reste à la merci d’un but madrilène.

47’ : Alors que le jeu a repris depuis deux minutes, Kylian Mbappé, désormais côté gauche, tente un sombrero devant Carvajal. L’espagnol n’apprécie pas, et sèche violemment le parisien qui s’écroule en se tenant la cheville. Les caméras de Bein Sport zooment aussitôt sur Nasser El Khelaifi et Unai Emery. Pastore et Draxler partent à l’échauffement.

48’ : Le verdict tombe, Mbappé ne pourra pas reprendre sa place, et doit la laisser à Javier Pastore, acclamé par le Parc à son entrée en jeu.

50’ : L’argentin se distingue immédiatement, en calant un petit pont à Casemiro, avant de tenter une passe compliquée pour Cavani. Le ballon est intercepté par Ramos, qui lance aussitôt Asensio, parti comme une fusée. Alves parvient à s’interposer, et dévie le ballon en corner qui ne donnera rien.

62’ Temps fort pour le Real Madrid, qui met la pression au PSG Vasquez centre dans la boite, le ballon est renvoyé devant le surface pour Casemiro qui tente une frappe contrée par Marquinhos. Le ballon revient sur Kovacic qui décale intelligemment Marcelo qui centre à ras de terre dans une forêt de jambes. Thiago Silva dégage avec autorité en chandelle.

63’ : Le capitaine parisien s’écroule et se tient la cuisse. Unai Emery va devoir procéder à un changement, en faisant glisser Kimpembe dans l’axe, et s’interroge sur l’identité du latéral qui prendra sa place. Jetant un œil sur son banc, il cherche des yeux Yuri Berchiche qu’il ne voit pas, et pour cause : le latéral espagnol est fermement maintenu au sol, enveloppé dans sa parka par Nkunku, grassement payé par Kurzawa.

64’ : Le latéral français rentre finalement sur le terrain, un sourire en coin ornant son visage.

65’ : Le sourire est rapidement effacé par le premier face à face avec Cristiano Ronaldo, qui réussit un petit pont sur Kurzawa avant de pénétrer dans la surface et de buter sur Areola.

72’ : Le PSG prend le jeu à son compte, mais le temps, qui ne joue pas en leur faveur, force les joueurs parisiens à prendre de mauvaises décisions, à l’image de Pastore qui tente une frappe compliquée alors que Cavani appelait le ballon dans la surface.

79’ : Unai Emery reçoit un appel sur son portable. Une voix mystérieuse lui susurre : « il te reste dix minutes pour tout changer. Fais rentrer un attaquant ou un ailier, qui se bat depuis plusieurs mois pour te prouver qu’il a le niveau du PSG ». Le coach parisien est contraint de rappeler à Hatem Ben Arfa, au bout du fil, qu’il n’est pas inscrit sur la liste des joueurs pouvant disputer la ligue des champions.

82’ : Les parisiens tentent le tout pour le tout. Motta sort, remplacé par Lo Celso, qui jouera sur l’aile d’un 4-2-3-1 avec Pastore en meneur de jeu.

83’ : Le changement ne tarde pas à payer, le soyeux argentin distillant les caviars pour ses compatriotes logés sur les ailes. Di Maria reçoit ainsi un bon ballon et centre instantanément pour Cavani, qui voit sa tête repoussée en corner.

84’ : Tiré par Di Maria, le ballon atterrit au premier poteau sur El Matador, mais sa tête est repoussée par Navas… sur Kimpembe qui avait bien suivi et pousse le ballon au fond des filets. 3-1 (cumul. 4-4)

88’ : Ce score inespéré ne tarit pas les intentions madrilènes. Zidane fait rentrer Kroos et Modric à la place de Vasquez et Kovacic, le Real repasse en 4-3-1-2, avec Asensio à la baguette. Celui-ci profite du manque d’impact du milieu parisien pour solliciter un une-deux avec Benzema, et sert Ronaldo sur un plateau qui frappe en force, prenant Areola à contrepied. Tout à sa joie, le portugais ne voit pas le drapeau de l’arbitre assistant qui s’était levé. Son but est annulé pour hors-jeu.

90’ : Paris obtient un coup franc assez excentré au milieu de terrain. Alves le botte, et trouve Marquinhos dans surface, qui remet de la tête pour Lo Celso, qui tente une frappe, contrée par Marcelo. Les parisiens hurlent à la main, et sont entendus par l’arbitre qui accorde un penalty, et exclut le brésilien après lui avoir administré un second carton jaune.

90’+2 : Cavani frappe le penalty en force, mais trouve la barre transversale. Sur le côté du terrain, Olivier Tallaron s’interroge : Neymar n’aurait-il pas dû tirer à la place de Cavani ?

90’+4 : Alors que l’on se dirige tout droit vers les prolongations, le Real fait tourner, mais Varane craque sous la pression de Cavani, en relançant le ballon sur l’aile gauche. Kurzawa le réceptionne et transmet aussitôt à Pastore, qui se défait du marquage de Modric, et adresse un superbe ballon pour Di Maria dans la surface. Plutôt que de frapper, l’argentin remet le ballon à l’entrée de la zone de vérité pour… Kurzawa qui surgit et place une frappe sublime en lucarne. 4-1 (cumul. 5-4).

90’+6 : Le PSG se qualifie pour les ¼ de finale de la Ligue des Champions en éliminant son double tenant du titre. Rudi Garcia envoie aussitôt un SMS à Zidane « Dommage Zizou » et reçoit comme réponse « T ki lol ? ». Aulas tweete : « c’est un grand jour pour le football français de voir que le PSG est capable d’égaler la performance du grand OL en éliminant également un club espagnol. Mais c’est normal, puisque Paris pille le talent du football français ».

90’+25 : Le service de sécurité du Parc des Princes est obligé d’évacuer Unai Emery de la salle de conférence de presse, l’espagnol n’arrêtant pas de faire des doigts d’honneur aux journalistes présents dans la salle.

Abasourdi par mon résumé du match, les joueurs se regardaient entre eux, semblant douter de mes capacités visionnaires. J’enchainais :

« Vous verrez, ça se passera comme ça, et nous ne serons pas éliminés à nouveau par un club espagnol après un scénario ridicule. Cette fois ci, c’est nous qui montreront à l’ogre espingouin de quel bois nous nous chauffons. Allez-y mes petits agneaux, faites en de la pâtée pour chat, et rappelez leur qu’ici c’est Paris ! »

Mon discours avait fait son effet, je voyais les joueurs se lever de table satisfaits, confiants, et déterminés. Seul restait dans la salle Unai Emery, le visage toujours torturé par la peur de revivre une humiliation, et semblant douter de ma conviction.
« Mais RJ… T’es sûr que ça va se passer comme ça, et qu’on va gagner ? Tu l’as vraiment vu ? C’est vrai ton pouvoir de divination ? »

Je laissais un silence dramatique s’installer, et affichait à nouveau un large sourire, avant de répliquer :

« Quelle importance, mon petit Unai ? Le plus important, c’est que, eux, y croient. »


Rabiot Jacob
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