Humeur

La vérité est ailleurs

Un faisceau lumineux jaillit de cette capitale, surnommée mondialement la Ville Lumière. Ces rayons extraordinaires ne proviennent pas de cette vieille dame de fer qu’est la Tour Eiffel, mais d’un autre monument tout aussi symbolique du patrimoine de cette ville et osons l’écrire, de ce pays.


Cette clarté étrange, illuminant les profondes et froides nuits noires de cette cité historique, est un phénomène irrégulier et d’une durée éphémère, comme le sont finalement toutes les bonnes choses. La rareté de ce moment troublant renforce son caractère de mystère et d’exception. Quand vous vous rapprochez petit à petit de son point d’origine, vos sensations croissent et votre envie de savoir n’en est que plus conséquente. De cette source de lumière, s’élève également un lointain bourdonnement.

C’est alors qu’à votre désir s’ajoute une certaine peur. Jamais de toute votre vie vous n’aviez entendu une telle clameur. Maintenant vous en êtes tout proche et vous apercevez, là, en pleine capitale, un vaisseau spatial. Vous vous demandez alors si les martiens existent vraiment, et pour en être sûr, malgré la peur qui vous habite, vous vous en rapprochez encore plus jusqu’au point déterminant après lequel il vous est impossible de reculer.

C’est bien autre chose que la croyance
et la religion qui les unissent dans ce lieu

Vous êtes, tel un aimant, attiré par le mystère qui entoure ce lieu. Bien que votre raison vous intime de fuir, le plus profond de votre être vous invite à entrer dans ce vaisseau, comme si la vérité était là, tout près de vous. Vous avez la chair de poule, un mélange d’angoisse et d’excitation vous traverse. Mais vous arrivez à surpasser cette crainte, cette terreur, et vous pénétrez au cœur du vaisseau, là où le faisceau de lumière prend sa source, là où la clameur que vous perceviez atteint son paroxysme.

Après quelques secondes, vous vérifiez que vous ne rêvez pas. Vous comprenez que c’est bien la réalité et que vous venez de découvrir quelque chose hors du commun, d’extraordinaire, telle une grande découverte scientifique. A ce moment là, vous vous apercevez qu’autour de vous, il n’y a point de martien mais des êtres humains qui, à première vue, vous sont totalement semblables. Ce que vous ne savez pas encore c’est que ces personnes sont très différentes de vous.

Leur présence en cet endroit magique pourrait s’apparenter à un pèlerinage dans un sanctuaire, mais c’est bien autre chose que la croyance et la religion qui les unissent dans ce lieu qui pour eux est pourtant sacré. Vous vous rendez compte alors qu’ils partagent un savoir, qu’ils détiennent la vérité. Vous, vous ne l’avez pas encore trouvé, mais vous êtes déjà sûr d’une chose, ce n’est pas la dernière fois que vous viendrez ici. Alors, un jour peut être, notre vérité sera vôtre et ce jour-là, vous serez devenu un martien, du moins aux yeux des autres, de ceux qui ne savent pas.


Benjamin Navet

Une fille au Parc #2

Tout a commencé quand pour la troisième fois en moins de deux mois le grand rédacteur en chef de Virage te réclame un article.
Par mail, par personne interposée, dans un bar…

Après réflexion, tu conclues que c’est sûrement une question de quota. Le lectorat majoritairement masculin doit être en demande.
Mais être une fille pour écrire au sujet du PSG est-il suffisant ?

 

J’en doute et comme je me dis que je suis doublement attendue au tournant, je commence une liste de sujets la plus exhaustive possible sur un post-it (génération Y je t’emmerde toi et tes apps). Et puis, à un moment, la réalité te rattrape quand tu reçois une notification sur ton téléphone indiquant que David Luiz a posté une nouvelle vidéo sur Instagram.
Bon.

Afin d’être entièrement honnête et avant de débuter, cher lecteur, je me dois de t’informer de quelques changements ; j’ai désormais un compte Instagram. Initialement absolument pas pour des raisons liées au club qui nous anime.

Les joueurs du PSG sont des hommes (femmes) comme nous

Et puis un jour, je réalise que je suis n’essayez pas, je me refuse à écrire : je followe sur Insta) Marco Verratti, Adrien Rabiot, Thiago Motta (bon on se calme… j’ai l’impression de déchainer les passions et les foules dès que je prononce son nom), Blaise Matuidi, etc. (oui j’aime globalement la ligne centrale, je ne sais pas ce qu’il faut en penser. Note pour plus tard : demander l’analyse à mon psy ou bien à ma grand-mère qui tire les cartes).

Et puis on te suggère de suivre untel et untel… Je suis influençable, je clique sur s’abonner… Je suis ainsi amie avec quasi* toute l’équipe alors que mon compte Instagram ne devait servir, à l’origine, qu’à suivre un musicien**.
De fil en aiguille (ok je réalise qu’il faut que j’arrête les expressions de vieux, pardon) Instagram est à 70% aux couleurs rouge et bleue sur mon compte.

On y trouve quoi ? En vrac des tatouages, des voyages, des maillots de foot, des sessions d’entrainement, des soirées, des vestiaires, la famille… Pas de community manager derrière. On a également le droit à des photos floues, à des vidéos sans intérêt, au baptême de David Luiz dans une piscine et à des banales photos de coucher de soleil (sauf qu’ici ce sont près de 30k personnes qui aiment. Pas 20 comme moi).

Les joueurs du PSG sont des hommes (femmes) comme nous. La vraie vie des vrais gens comme l’a récemment dit un certain Emmanuel M.

Je cherchais un sujet, l’écriture automatique l’aura choisi pour moi

Cela me permet de vous donner des informations capitales comme le fait qu’Adrien a récemment adopté un nouveau chien (plus de 11k likes et une déferlante de « trop mignon » avec des cœurs), que le fils de Marco Verratti a bien grandi depuis le temps, que la première paire de Jordan de Matuidi  c’était les 4 Mars Blackmon (si vous vous posez la question, moi c’était les Jordan 8 Black-Team Red-Midnight Fog) et que Kevin Trapp fait beaucoup (trop) de selfies (et des – longues – légendes trilingues comme Cavani, pro.)

On se souhaite mutuellement les anniversaires, on se souhaite bonne chance en équipe nationale, on fait des photos de groupe dans le bus ou l’avion tous ensemble, on fait des vidéos d’entrainement où l’on se fait des blagues et régulièrement on poste des Fiers de Paris (oui alors par contre à la com du PSG on fournit un nombre de supports hallucinant pour absolument toutes les occasions. L’impression qu’il y a 4 salariés à temps plein uniquement sur la création d’images pour les réseaux sociaux. Bon, je suis peut-être naïve, on est en 2016…).

Ah oui j’allais oublier : cela me permet également de vous dire que Lavezzi va (TRES) bien et qu’il passe (VRAIMENT) du bon temps en Chine.

Je cherchais un sujet, l’écriture automatique l’aura choisi pour moi. Et je réalise que je vais passer pour une fille décérébrée, abonnée à des blogs et postant des photos de nourriture sur Instagram.
ABSOLUMENT PAS. Ceux qui me connaissent savent.
Je répondrai à toutes les questions des fans… heu non pardon, des lecteurs, ayant des questions à me poser.

Mon prochain article alliera bières et géopolitique du football, avec une touche de féminité évidemment.

Valérie P. a récemment déclaré : « Vous m’interrogez sur la cohérence des politiques du sport et de l’aménagement du territoire régional en invoquant le projet de déménagement du centre d’entraînement du Paris Saint-Germain Football Club. Vous le savez, je suis très attachée à la liberté. A la liberté des acteurs et au sein de la région. Les porteurs de ce projet doivent être libres de s’implanter là où ils le souhaitent dès lors que le schéma directeur d’aménagement de l’Ile-de-France et les documents d’urbanisme en vigueur le permettent. Pour autant, vous avez raison. Il faut rester extrêmement vigilant sur la préservation des espaces agricoles et naturels de la région et sur l’impact que pourrait avoir ce nouveau projet d’aménagement. ».

Je pense qu’un article avec comme angle Regards croisés : le PSG peut-il être un acteur local du développement de la politique d’aménagement du territoire en Ile-de-France pourrait être une prochaine piste. Je pourrais interviewer un représentant de la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Equipement et de l’Aménagement d’Ile-de-France et lui demandant de réagir à ces propos philosophiques qui questionnent le principe même de liberté.
Ou pas.

Allez, rendez-vous vendredi soir pour un PSG-ASSE en direct du Carré.

PS : Il faut que je me désabonne de Zlatan maintenant ?

*  NDLA : Je ne suis pas ceux qui n’ont pas de compte comme Nicolas Douchez, ni Van der Wiel car je ne l’aime pas. Je n’ai pas d’explication c’est ainsi.

** NDLA : Je ne révèlerai pas son nom, il est trop clivant.

Serge, cet enfant prodigue

La France n’est pas un pays de foot.
Il suffit de voir ces supporters des bleus reprendre le cri de guerre des Islandais durant l’Euro (en oubliant au passage que les lyonnais le pratiquent depuis des années) pour s’en convaincre.
Même pas capable de créer sa propre identité, réduit à piquer le chant des autres, après leur avoir marché dessus en quart de finale… Bref, puisqu’on parle d’identité, j’aimerais revenir sur un mal récurrent à Paris.

Le « supporter » parisien a-t-il un problème avec les joueurs issus de la région parisienne ?
Des exemples ? J’en ai plein : Anelka, Rothen, Menez, Rabiot, Madar… Combien de sifflets, d’impatience, d’intolérance venant des tribunes…

Même le Barça a voulu nous le piquer notre Serge, pour aider son Gérard.

sergePrenons un cas concret. Serge Aurier.
Serge, le profil parfait. Issu des cités de Sevran, parti comme les autres s’aguerrir en province, finit par revenir au bercail avec une réputation de bon gars de vestiaire mais surtout de putain de latéral droit, dur sur l’homme et ultra offensif. Même le Barça a voulu nous le piquer notre Serge, pour aider son Gérard.

Tout pour nous faire rêver. Enfin un mec qui va réconcilier le parc avec le football des quartiers.
Des débuts en fanfare, des tacles, des buts, de la punchline, de l’attitude…

Et puis, un coup de Périscope et le bateau prend l’eau.
Le lynchage médiatique, les phrases déplacées des gardiens du temple, les menaces d’emprisonnement (sans déconner ?), les poncifs sur les footballeurs, les huées, le racisme ordinaire, la routine.

On oublie une fois de plus qu’être footballeur professionnel ce n’est pas une excuse en soit pour faire n’importe quoi, mais ça rime souvent avec jeunesse, insouciance et maladresse. Et pas forcément avec cité.

Antoine « Grizou » Griezmann, la nouvelle coqueluche nationale, l’attaquant trop cool et tout propre des bleus a lui aussi fauté. Souvenez vous. 2012, accompagné de M’Vila, Mavinga, Niang et Ben Yedder, il se paie un taxi entre le Havre et Paris pour une virée en boite de nuit sur les Champs-Elysées, en plein stage de l’équipe de France Espoir.
Noël le Graët déclare à l’époque : « La cohérence de certains joueurs est vraiment incompatible avec le très haut niveau. » Pas faux. Antoine a été sanctionné. Le message est passé, et plus personne ne se souvient de cet épisode lorsqu’il marque le deuxième but contre l’Allemagne en demi de l’Euro. Amnésie collective. Sport national.

Un mec du 93 capable
de nous faire oublier Bernard Mendy ?

Alors Serge n’a-t-il pas droit lui aussi à une seconde chance (voir une seconde et demi) ? Encore plus car il est des nôtres.

serge 2Le PSG ne l’a pas abandonné au plus offrant, a protégé son enfant tout en le punissant. N’a t-il pas eu raison ? Car finalement c’est quoi le rôle d’un club, que ce soit au plus au niveau comme en amateur ? C’est faire office d’encadrant, d’éducateur, de balise. Encore plus quand on gère des gamins déjà millionnaires.

Serge malgré ce prénom digne d’un chanteur de charme à rouflaquette est encore jeune (23 ans).
Il en a encore dans le short pour devenir notre plus grand latéral droit des 10 prochaines années. Un mec du 93 capable de nous faire oublier Bernard Mendy ? Le pari est lancé. En tout cas Papa Nasser semble y croire.

Et finalement ce qu’a raconté Serge devant sa caméra sous marin n’était pas si loin de ce que pensaient beaucoup au sein de l’effectif rouge et bleu.
Qu’est ce qu’on constate aujourd’hui ? Laurent Blanc est parti, Zlatan est parti, Salvatore va partir. En plus d’être prodigue, le jeune semble visionnaire. A lui de jouer maintenant, sous les hourras du parc.

Le billet dur de J.R.

Premier match de la saison, premières réactions à chaud de Jérôme Reijasse, entre hargne et espoir…

Sans souffrance, pas de plaisir.
Les rires des bobos athées résonnent déjà.

Pourtant, pas besoin d’avoir fréquenté les églises de France pour savoir que sans souffrance, la victoire est molle, les trophées creux, les souvenirs fragiles.

L’armoire Ikéa a traversé la Manche pour briller dans un championnat à la réputation grandement usurpée, diffusé désormais par SFR. Logique. Zlatan a préféré le spectacle à la Ligue des Champions, il a compris, enfin, quelle était sa vraie place.
Mascotte musclée, marionnette virile, homme sandwich qui préfère encore piétiner les faibles que d’affronter les forts. Les légendes ne s’écrivent jamais ainsi. Zlatan restera ce qu’il a toujours été. Un Pokemon pour enfants mal dégrossis. Un godzilla de foire.

Il va redécouvrir la sueur qui ne garantit rien

Que les choses soient bien claires : ces mots durs à l’encontre du monstre suédois ne doivent rien à un quelconque chagrin amoureux, comme pour tous ces ultras napolitains qui décorent les poubelles de leur ville avec le maillot d’Higuain.
Je ne lapide pas Zlatan parce qu’il a quitté Paris. Je le maudis parce qu’il y est venu. Il incarne, plus que n’importe qui d’autre, le fossoyeur. Celui qui a enterré mon passé.

Mais son départ du PSG a ravivé en moi quelque chose que je croyais mort. Sans lui, sans ses statistiques gargantuesques, mon Club va réapprendre la peur, l’incertitude, la baston à la loyale. Il va redécouvrir la sueur qui ne garantit rien, les tranchées, le vide.

Hatem Ben Arfa… À une époque, il aurait été accueilli au Parc par des sifflets moqueurs, voire plus. Quelques chants idiots et drôles seraient descendus des tribunes, simplement pour lui rappeler son passé sudiste. L’apprentissage aurait été un peu douloureux, il aurait permis à l’ancien protégé d’Aulas de cravacher, de se dépasser, de se faire aimer.

Hatem arrive avec ses quelques kilos en trop. En 9 contre Bastia, il a pratiquement tout foiré, il n’était pas là, en tout cas pas là où il aurait fallu. Il était lent, passait quand il fallait tirer et inversement. Bref, il ressemblait déjà à un joueur du PSG d’avant, quand les tribunes vibraient et la pelouse bégayait. J’ai aimé cette sensation, entre déception, fébrilité et curiosité. Je l’avais oubliée.

Il y a aussi ces nouveaux venus, le Belge Meunier (dormira-t-il ?). Krychowiak, un ex de Reims passé par Séville. On nous le vend incontournable. Mais pour l’instant, seule sa femme (ou ex, on ne sait plus) a convaincu. Affoleuse de braguettes, elle est belle. J’ai eu beau chercher sur le net, après 200 photos, rien à lui reprocher. Impeccable ! Grzegorz, lui, va devoir s’employer pour être adopté. Blaise tremble sur le banc. Le scénario n’est pas déjà écrit. Il me convient, il pourrait même m’exciter…

Emery n’aura pas besoin de tout avaler

Il y a nos jeunes qui risquent cette année de jouer, un peu. Un peu plus. 3-5-2 parti avec ses 22 millions et ses errements grammaticaux, l’heure semble être à l’audace, à l’avenir. Aux couilles ? Je me souviens des gamins sous Le Guen, Sakho capitaine un jour de défaite, les promesses estivales du côté de Londres envolées en à peine un mois de ligue 1. Les Chantôme, Arnaud, Ngog, Digard, Sankharé, etc, etc… Toute cette jeunesse gonflée et sacrifiée. Tous ces espoirs citrouilles. Et j’en tremble encore.

Finalement, Aurier a peut-être dit la vérité. Avec son langage à lui. Emery n’aura pas besoin de tout avaler. Il va pouvoir choisir, construire, tenter, imposer. Aréola dans les cages, on est nombreux à valider l’idée. Le Prince va-t-il céder ? Va-t-il préférer maintenir le Teuton funambule ?

Oui, cette année, de la souffrance, du mystère, de la jungle à débroussailler à la machette.
Et puis…
Et puis notre héros est de retour. Les blessures on l’espère sépia. Le positionnement idéal. Javier est là. Toujours avec nous. Comme on l’aurait aimé à l’époque ! Jusqu’à se le faire tatouer. Et il est là. Aujourd’hui.

Cette nouvelle saison dans l’enfer tiède de la Ligue 1 s’annonce donc indécise. Malgré les commentaires des journalistes qui voient déjà Paris tout écraser. Les faux culs. David Berger vendredi soir qui a passé toute la retransmission (en tout cas jusqu’au but de Kurzawa) à répéter que le PSG était décevant, qu’un match nul relèverait de la contre-performance… Ils savent que cette année, ce ne sera pas la même. Un combat plus âpre. Mais ils s’accrochent aux records, au pognon, au Qatar, aux lumières… À leurs petites habitudes de bourgeois paresseux. Les ânes.

Cette année, Paris finira peut-être avec des points d’avance, des coupes nationales, des fulgurances européennes même. Peut-être.
Cette année, Paris va souffrir.
C’était inespéré.

Ça vient de Marseille #2

Ca va les gars, vous n’avez pas trop d’air, les vacances se passent bien ? Vous voulez que je vous amène un petit Pastis ? Surtout ne forcez pas trop et pensez bien à vous reposer un maximum, parce dans quelques jours va démarrer quelque chose que vous attendez depuis longtemps et que vous n’échangeriez contre rien au monde.

Alors, vous voyez ce que je veux dire, attention…oui, vous le savez très bien, allez-y… et ben oui pardi, bien évidemment, dans quelques jours démarre notre incroyable, notre fantastique, notre époustouflante Ligue 1 !
Et oui Mesdames, Messieurs, carrément !! Le 12 août, the famous French league, the top of the top, enviée par l’Europe entière, suivie même depuis les Etats-Unis, lance sa saison 2016/2017 !!

Et attention, pas n’importe où aux Etats-Unis, à Los Angeles Môssieur, là où on tourne les films et tout et tout, #onesttropdesrestas#Hollywood !
Maintenant, avec Star Wars et les Avengers, si tu ne connais pas « The Fucking French League », t’es un tocard !

Et tout ça grâce à qui, je vous le donne en mille, grâce au Paris-Saint Germain et toutes ses stars bien sûr, « The PI-S-GI » comme on dit aux States.
Non mais sans déconner les gars, faut arrêtez et revenir un peu sur terre là !
Vous gagnez une compétition sans réelle concurrence depuis 4 ans et vous allez faire les malins de l’autre côté de la planète ! Remarque qu’au moins, si jamais vous gagnez le tournoi (comme vous l’aviez fait l’an dernier je crois), ça vous donnera l’impression de pouvoir gagner une compétition internationale, c’est déjà ça.

Cavani, ce sera lui l’emblème de la phase 2

Et oui, parce qu’à l’image des films Marvel, le PSG rentre dans une nouvelle phase, la phase 2, donc il va falloir faire rentrer des nouveaux super-héros dans l’équipe, car le leader, le capitaine, la pierre angulaire de la phase 1 est partie « comme une légende » rejoindre une autre équipe de super-héros.
Et oui, Zlatan Ibrahimovic est parti à Manchester United et maintenant, on se rend compte que ça ne va pas être si simple d’attirer un top player mondial pour être le nouvel emblème du PSG, même avec un chéquier sans limite.

Messi ? Accroché à son Barça même dans la tempête, Neymar ? Pas intéressé, Suarez ? Pareil que Miguel, Ronaldo ? C’est déjà l’emblème du Real, devenir l’emblème du PSG serait une régression dans sa tête, mais dans 2 ans peut-être, pourquoi pas…
Alors il reste qui ? Higuain ? Il part à la Juve, Pogba ? Ce sera MU avec votre « légende », Cavani ? Ah non pardon, Cavani il est déjà au PSG.
Et ben voilà, Cavani bien sûr, ce sera lui l’emblème de la phase 2 !!

Pourtant je vous sens un peu dubitatifs, j’ai l’impression que vous n’y croyez pas, un peu comme pour Lucas…, en même temps, je vous comprends, vous le voyez jouez depuis trois ans et vous vous dites qu’il ne pourra pas assumer le poste de 9 tout seul, qu’il est un peu grillé en fait.
Non pas qu’il soit mauvais, « bien au contraire » comme dirait Didier Deschamps, Cavani reste un joueur de classe internationale, c’est sûr et certain.
Mais ces trois ans passés au PSG à jouer dans l’ombre de Zlatan, à évoluer à un poste qui n’était pas le sien, ça n’a pas été facile pour lui et du coup vous n’êtes pas complètement sereins. En fait il aurait fallu l’acheter cette année pour bien faire.
Et s’il se blesse surtout, vous jouer avec qui en 9, Augustin ? Ongenda ? Bien sûr que non, il vous faut absolument un autre attaquant de pointe expérimenté qui puisse supporter la pression d’un quart de finale ou vous êtes à 1-1 à une demi-heure de la fin du match retour après un 2-2 à l’aller au Parc et surtout qui soit capable de vous faire basculer en demi.

Alors oui, je vois déjà les parisiens en vacances nous expliquer que le petit Augustin c’est de la balle atomique, qu’il a marqué six buts au championnat d’Europe U19, qu’il va à 2000 à l’heure…
Bien sûr qu’il est bon, personne ne dit le contraire, on n’est pas aveugle, on a tous vu son premier but en finale des U19, d’ailleurs faites gaffe qu’il vous fasse pas une « Coman » bis, ça ferait pas sérieux quand même. Mais le problème n’est pas là, on ne peut pas faire supporter à un gamin de 19 ans ce type de pression, il vous faut un autre 9 expérimenté, genre un crack à 80 millions d’Euros.

Alors pour l’instant vous nous faites un recrutement à la Lyonnaise, des très bons joueurs, utiles à l’effectif, pas trop cher, Meunier à 7 Millions d’euros, propre, Krychowiak pour 26 Millions, ok, le petit Lo Celso pour l’avenir (14 M€ tout de même).
Et puis il y a Ben Arfa, l’inclassable Ben Arfa, parfois sublime et l’égal des plus grands, mais tellement imprévisible dans ses performances, même si depuis l’an dernier à Nice ce terrible défaut a semblé s’estomper, reste plus qu’à savoir lequel vous aurez.

Un mec qui arrive à gagner la ligue Europa avec les remplaçants

Quoi qu’il en soit, on ne retrouve pas la folie des mercatos des années précédentes, avec ces dizaines de millions dépensés et ces arrivées prestigieuses, il manque quelque chose et tout le monde sait bien que ce n’est pas l’argent.
Qui sait, peut-être que le PSG nous prépare une surprise et qu’au moment où vous lirez ces quelques lignes, Ronaldo défilera en Bus sur les Champs Elysée, ce qui serait un comble quand même, mais je n’y crois pas trop.

Alors il y a cet entraineur, Unai Emery, qui a réussi à gagner 3 fois la Ligue Europa avec Kevin Gameiro en pointe.
Du coup, les dirigeants du PSG se sont dit que si un mec arrive à gagner la ligue Europa avec les remplaçants, si on lui donne les titulaires, il pourra peut-être gagner la Ligue des Champions !
Ma foi, pourquoi pas, qui sait ? C’est peut-être lui la trouvaille, faut voir.
Mais quoi qu’il en soit les gars, va falloir vous sortir les doigts cette année, parce que les Qataris, je ne crois pas qu’ils mettent autant d’argent pour battre le record des quarts de finales d’affilés.

Imaginez-vous en mars 2017, après une défaite contre la Juventus en quart de finale :

« Sport : Le PSG vient encore de battre son propre record en réalisant un 5ème quart de finale perdu d’affilé, performance à la fois triste et unique. L’entraineur, Unai Emery, a préféré se projeter sur la demi-finale de coupe de France contre Nancy, « un match d’une importance capitale » a-t-il dit, plutôt que d’accabler ses joueurs. »

Vous la voyez l’histoire ? Donc là faut plus rigoler les gars, parce que la vérité c’est qu’il y a urgence et vous le savez très bien, vous devez ABSOLUMENT atteindre les demi-finales, voir gagner la ligue des Champions si vous ne voulez pas passer pour des guignols !
N’oubliez pas non plus que vous êtes la seule équipe au monde avec un Etat derrière vous, un Etat !!

Mais nous, c’est la phase finale qu’on est en train d’atteindre

Vous n’avez absolument aucune limite financière, l’Europe entière le sait.
D’ailleurs, cette richesse absolue, fait unique dans l’histoire du football, vous permet de vous offrir tout ce que vous voulez, certes, mais en même temps vous oblige à gagner toutes les compétitions dans lesquelles vous participez y compris la ligue des Champions, mais le problème c’est que là, vous n’êtes plus tout seul, il y a le Barça, il y a Chelsea, il y a Manchester City et encore je ne parle que de ceux qui vous ont éliminé…
Et c’est là qu’on en revient au principal problème du PSG, vous êtes trop seuls en France, nos compétitions nationales n’ont plus d’enjeux pour vous car il y a un trop grand écart avec le reste de la concurrence.

Alors vous respectez les compétitions, il n’y a rien à dire, ça fait deux ans que vous gagnez les quatre titres, mais au bout d’un moment faut reconnaitre qu’on s’emmerde un peu.
L’an dernier, vous aviez un budget de 500M d’euros quand votre poursuivant immédiat (Monaco) émergeait à moitié moins (250 M€).
Ensuite c’était Lyon avec 140 M€, soit un peu plus du quart de votre budget et après c’était l’OM avec 120 M€, soit moins du quart de votre budget !!

Et encore, ça c’était avant l’opération « Tout doit disparaitre » mise en place par Vincent Labrune depuis l’été dernier, car entre parenthèses, si vous êtes en train de changer de phase, nous aussi en quelque sorte, mais nous, c’est la phase finale qu’on est en train d’atteindre.
Tous les jours on attend la fumée blanche du nouveau repreneur, mais pour l’instant on s’attend surtout à passer une saison de merde avec une équipe qui va devoir se battre pour finir 8ème, mais ça, c’est une autre histoire, parenthèse refermée.

Alors du coup, il faut se mettre à la place des Ronaldo et autres Messi, ils n’ont pas envie de venir jouer dans un championnat sans concurrence où ils vont devoir se taper des PSG-Guingamp ou encore des Nancy-PSG par -10°, et ce n’est pas une question de salaire car même si vous les payez 25M€ par an, ils s’en foutent, ils sont blindés.
Même le Classico que les medias nous vendent comme le match de l’année et qui se doit donc d’être une sorte de vitrine à l’international pour notre Championnat ne rime plus à rien.

Imaginez en l’état actuel des choses une équipe de l’OM qui se présenterait avec Rabillard et le petit frère de Batshuayi devant, le petit Porsan-Clemente et le jeune Khaoui arrivé de Tours cette année au milieu et la paire Rekik-Doria en charnière centrale, Waouh !! L’Europe va être aux taquets !!

Non, il faut vraiment pour l’intérêt de tout le monde trouver quelques nouveaux investisseurs, j’irais même jusqu’à dire que c’est sur ça que devraient se concentrer les Qataris en priorité, comme ça la ligue 1 s’en trouverait renforcée, la compétition serait plus dure à gagner pour le PSG et vous seriez mieux préparés à affronter vos homologues en quart de finale de C1.

Alors qu’est-ce qu’on doit vous souhaiter pour cette saison, bonne chance pour un nouveau quadruplé ? Même pas puisque vous n’avez plus besoin de chance pour ça, ah oui je sais, bonne chance pour atteindre les demi-finales de la Ligue des Champions, parce que là par contre il va vous en falloir un peu.

Pourquoi Paris ne gagnera ni la Ligue des Champions ni… la Ligue 1

Les gars, soyons honnêtes : on avait envie que ça bouge.

Laurent Blanc, malgré son bilan plus que correct et son glorieux passé de joueur, n’a jamais totalement convaincu les fans. La faute à une gestion particulière de l’équipe première, à un charisme aux abonnés absents, à une relation bizarre et tendue avec les médias. La faute surtout à quelques choix de coaching sur lesquels on préfèrera ne pas revenir (Man City, l’aller, le retour, toussa toussa).

Ibra, qu’on adore/déteste, qui aura planté plus que Pedro Miguel, qui a fait don à la France de sa spectaculaire maîtrise du show et de la punchline, n’était finalement pas homme à ramener une Ligue des Champions dans sa besace. On le savait, on avait fait semblant de l’oublier. On avait pourtant bien observé ses passages à la Juve, à l’Inter et au Barça. On se disait qu’il fallait qu’il poursuive ailleurs mais on n’osait pas trop le dire.

On avait envie que ça bouge et figurez-vous que ça a bougé ! 

Exit Blanc et Ibra (et Van Der machin, il était temps), welcome Emery et Ben Arfa.
Emery ? Le gars qui gagne l’Europa League tous les ans avec Séville et qui transforme le cuivre en or (Bacca, Gameiro, Banega).
Ben Arfa ? Le diamant brut de la Ligue 1, le talent à l’état pur, le môme turbulent devenu sage (même pas de vague quand il apprend qu’il ne va pas à l’Euro, chapeau) et qui signe enfin dans le club de ses rêves. Plus Meunier, le grand belge vu à l’Euro et qu’on nous annonce au top. Plus Krychowiak (on dit Krikoviak ou Krichoviak au fait ?), le milieu harceleur polonais qui revient en France après sa pige dans l’équipe d’Emery en Espagne.

Limogé dès le mois de novembre après un bilan tout pourri

Alors, contents ? Un peu oui (on voulait que ça pulse, que des jeunes confirmés se pointent, qu’un entraîneur winner débarque).

Mais en fait non.

Le gars Emery n’a jamais gagné un Championnat et ne connaît pas, ou si peu, la Champions League (rien de bien croustillant avec Valence, des phases de groupe bof et un ou deux 1/8ème de finale avec Séville). On nous vante ses méthodes, les joueurs sont ravis, le type est bardé d’ambition, sa 1ère conf’ de presse a été super, il prône un pressing fou, une récup’ de balle intensive et une transmission expresse vers l’attaque. Bla-bla-bla…

Mais savez-vous que lors de son unique expérience hors d’Espagne (Spartak Moscou), Unai a été limogé dès le mois de novembre après un bilan tout pourri ?

Savez-vous qu’il doit son aura sévillane à l’immense Directeur sportif Monchi ? Un homme doué pour les transferts et les castings d’exception, un temps annoncé au PSG mais qui ne viendra pas.

Doit-on faire confiance à Cavani ?

Emery est formidable pour un bon club ambitieux dans sa zone de confort espagnole, sûrement pas pour être à la tête d’un club qui prétend tout gagner en France et en Europe. Dire qu’on n’a pas été capable de retenir Carletto, grrrrr.

Le gars Atem maintenant. Ben Arfa, le joueur, est un génie. Un génie…qui dérape super souvent. Ok Nice l’an passé et son comportement exemplaire. Mais avant ? Et maintenant, dans un vestiaire international plein de stars ? Pas de doute sur sa conduite de balle, un peu plus sur sa conduite tout court.

Et puis, doit-on faire confiance à Cavani ? Si le mec a des offres, pas sûr qu’il reste, ravi qu’il serait de pénaliser un club qui ne lui faisait pas de cadeau quand le suédois à catogan était là. On ferait quoi s’il partait ? On prendrait papy Van Persie ?

Et Aurier ? Nan rien…

Et Marquinhos ? On lui dit qu’il est bon et qu’il va jouer à côté de Thiago Silva toute la saison ou on le jette dans les bras du Barça ?

Et Motta qui va désormais à 2 à l’heure, qui va avoir 40 ans et qui prend 1 carton toutes les 20 minutes ?

Sinon, ceux qui ont capté le job de Pat Kluivert sont priés d’expliquer le truc aux copains.

Le Qatar et le foot, de l’argent fou et des idées floues ? On devrait leur expliquer que Marco Verratti ne pourra pas tout gagner tout seul.

Pendant ce temps-là, tranquillou bilou, le club du Président Aulas (le meilleur patron de club en France, le plus agaçant aussi) trace sa route et semble revenu pour jouer les 1ers rôles en Ligue 1. Si l’OL garde ses meilleurs joueurs, on peut avoir peur. L’équipe fait bloc et ne la ramène pas, ça bosse dans un environnement nickel avec un nouveau stade de grand.

Sur la scène européenne, le train des transferts est déjà lancé à vive allure mais n’a semble-t-il pas pas prévu de passer par Paris. Bayern, Juve, Barça, Man City, Man U : tous ont dégainé du lourd et c’est pas fini.

Pire, pour ceux qui ont eu envie de passer à autre chose et de (re)gagner rapidement, on a sorti le carnet de chèques pour attirer un énorme coach (pas pour en virer un…, enfin on s’est compris). Guardiola va à Manchester (les bleus), Ancelotti à Munich, Mou à Manchester (les rouges, qui ne joueront pas la C1, mais visiblement l’arrogant portugais préfère l’Europa League à Paris), Conte va à Chelsea (certes, ils ne joueront pas non plus la C1 mais on les y reverra fissa vu le profil du coach rital).

En gros, pas gagnée cette histoire.

Ici, c’est Perdu ?

La Minute Blonde #2

Suite à la parution de mon premier billet, j’ai attendu avec une légère excitation teintée d’angoisse qu’une avalanche de mails de haters m’ensevelisse – ambiance Ripley dans son nid d’aliens – ce qui m’aurait conforté dans ma vision-cliché du supporter à l’humour limité lorsque l’on s’attaque à son équipe fétiche. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je reçus des messages d’encouragements, voire des compliments et plus étrange encore, des propositions d’une décence toute en subtilité.

J’ai alors réalisé que me remettre à écrire pour Virage pourrait potentiellement être le sésame me permettant de rencontrer un membre (célibataire de préférence) d’un de ces nouveaux groupes de supporters parisiens barbus et à pantalon trop court. Echec cuisant pour le moment, malgré le chantage régulièrement perpétré par notre rédac’ chef, mettant dans la balance un numéro de téléphone contre un nouvel article.

Faire semblant de s’intéresser au PSG permet-il de scorer ?

Nonobstant cette carotte, mon inspiration depuis un an s’était (qa)tarie (chers amis de l’Emirat, promis, c’est la dernière fois) et les idées de papier s’imposaient autant dans mon cerveau que Lucas sur le terrain en début de saison.

Les Parisiens m’avaient pourtant récemment offert plusieurs boulevards. Entre le départ de leur roitelet auto-proclamé qui restera certes une légende, mais plus pour le ridicule de ses punchlines mégalo que pour la qualité de son jeu en Champions League (la seule interrogation qui subsiste concerne le nom de son remplaçant au poste stratégique de comique en chef), les frasques répétées de ce cher Serge (lequel, même s’il joue à droite, est peut-être devenu de gauche depuis qu’il a passé une petite #NuitDebout au poste – cette vanne qu’on m’a aimablement autorisée à utiliser est copyrightée, ce que tu ne saurais ignorer, cher lecteur, puisque tu suis assidûment notre page Facebook)

Ou l’arrivée en fanfare de Ben Arfa, d’ores et déjà gratifié d’une petite ritournelle éponyme estampillée « rap » – guillemets de rigueur – tout droit issue de l’imagination apparemment florissante, elle, d’un certain Canardo (Google, cette mine d’or m’indique qu’il s’agirait du frère de La Fouine, CQFD).
Cela devrait sûrement ravir le nouveau totem Hatem, lui qui a eu tendance à se prendre pour 2Pac par le passé.

Mon deal avec Virage étant pour le moment forfait, je me suis donc, dans un but à visée purement journalistique, posé la question existentielle suivante : faire semblant de s’intéresser au PSG permet-il de scorer ?

Le premier papier susmentionné m’ayant permis de participer (mais seulement en tant qu’alibi blond à boobs, ne nous hidjabons pas la face) à un déjeuner-interview avec le formidable (mais bien trop maqué pour être un sujet à étudier) Julien Cazarre, décuplant mon admiration pour le garçon mais réduisant par là même à néant toute velléité de ma part d’un jour quitter la robe pour me lancer dans le stand-up comme certains de mes con(frère)s, je me suis rapidement aperçue que balancer ces deux informations de manière détachée (« Et sinon j’écris pour un webzine consacré au PSG » juste avant « Ah et par ce biais j’ai rencontré Julien Cazarre ») à une target potentielle sur Bumble et consorts faisait régulièrement son petit effet.

Balancer sur le PSG permet certes de choper mais sans garantie sur la durée

A partir de ce constat, deux solutions : ou bien les supporters du PSG sont une communauté statistiquement très représentée sur les applis de rencontre par géolocalisation ou alors je match(e) systématiquement avec des mecs appartenant à cette catégorie, ce qui dans les deux cas ne pouvait que faciliter l’étude sociologique que je comptais mener.

Une fois les candidats ferrés, une autre difficulté n’a pas manqué de se présenter : était-il concrètement possible d’aller au-delà de la première rencontre avec un fan hardcore quand tu es une complète ignorante de la galaxie Al-Khelaïfi ? Voici un challenge que je ne pouvais que relever, en me limitant, histoire de ne pas compromettre toutes mes soirées, à deux spécimens: un infiltré soumis à un devoir de réserve sur lequel il s’est régulièrement assis (pour me faire plaisir j’imagine) et un « c’était mieux avant ». J’avais par ailleurs placé la barre (transversale) à la seule hauteur importante à mes yeux : tu n’es pas hilarant, tu restes sur le banc.

Comme je le craignais, mes interlocuteurs se sont rapidement aperçus que malgré mon amour certain du ballon, je ne tenais pas les prolongations quand il s’agissait de deviser sur le fameux pénalty raté de Marco Simone (« Mais enfin voyons, tu sais bien, celui où il a glissé comme une sombre bouse lors de sa deuxième saison au club, attends, je te montre la vidéo avant de commander la prochaine tournée »), car contrairement à l’autre contributrice de ces pages numériques qui est une vraie spécialiste de la question, je ne suis qu’une imposture bidon.

Lorsque l’un des deux m’a par exemple demandé avec un clin d’œil se voulant complice si à mon avis Mickaël Madar n’aurait pas mieux fait de bosser chez l’As du Fallafel ou si Dely Valdés aurait ses papiers en 2016 (attention, joke inside), j’avoue que j’ai été aussi atterrée qu’en écoutant les soliloques d’Ibra à la télé…

Moralité : balancer sur le PSG permet certes de choper mais sans garantie sur la durée. Par rapport aux deux exemples précédents (des garçons au demeurant charmants), il s’agissait d’un problème bien plus général de compatibilité…

Ce nouveau billet étant enfin rédigé, je ne désespère pas de trouver à présent grâce à Virage chaussure (à crampons?) à mon pied. De là à prénommer notre future descendance Jean-Kévin (à part le taux d’alcoolémie forcément délirant de son père lorsqu’il s’est présenté à l’état civil, je ne vois pas d’autre explication à cette aberration), il n’y a qu’un petit-pont que non, je ne franchirai pas.

Une rentrée bien

Pas si grave illustrationAlors nous y voilà. En plein cœur d’un été pas si estival, où le prix d’une vie humaine n’est décidément pas grand chose, celle de Paul Pogba vaut à peu près 120 millions d’euros. Donc. Alors qu’après son euro mitigé on aurait pu l’échanger contre une Clio d’occasion.

Mais voilà, le cœur des investisseurs milliardaires a ses raisons que la raison populaire ignore de plus en plus. L’essentiel n’est-il pas que les stades soient pleins de mignons supporters, eux-mêmes plein de bière, qu’ils viennent vidanger tous les deux ans sur leurs homologues russes pour fêter les vacances ? Et si l’Euro des anglais aura été tout sauf une promenade (cette blague est en instance de validation par Monseigneur Estrosi), on reste ébahis par la ferveur et l’envie, la fraternité et la jovialité qu’islandais et gallois, irlandais du nord et rouquins du sud auront montré à la face du football mondial.

Manchester, patrie des musiciens célèbres
et de têtes de cons finies

A l’heure où les starlettes des grosses machines européennes ne semblent plus supporter la pression (contrairement à leurs supporters), ces ‘’petites’’ nations auront éclairci une compétition bien terne, où même le roi Ronaldo a préféré sortir sur une civière au cas où les français brisent le mur portugais. Mais en bons spécialistes de la discipline (je parle de mur, pas de football), les lusitaniens, à l’envie, ont enfin offert le sacre à leur mannequin vedette, en proposant le minimum syndical, celui qui fit les belles heures de la grande Italie ou de la rigolote Grèce. Le foot est ainsi fait, Gignac aussi, et l’on aura beau blâmer les poteaux, c’est bien le Bayern qui fut champion en 76 !

C’est donc à Manchester, patrie de musiciens célèbres et des têtes de cons finies (les frères Gallagher font partie des 2 catégories, mais supportent City), que vient d’atterrir Zlatan, ex-idole parisienne, philosophe et animateur télé imparable, et dont le départ devrait rendre nos journées de championnats aussi ternes qu’avant son arrivée. Et si l’on sait à peu près qui sera premier du Tour De France dès le départ, on ne sait jamais qui sera deuxième du championnat de France et ça, c’est toujours vachement excitant. Parce que là, vu le niveau foufou des transferts, on va peut-être s’abonner au Úrvalsdeild karla í knattspyrnu, cette fameuse ligue islandaise virevoltante, pour s’éviter des Lorient-Toulouse mortifères. Ou se mettre au foot féminin. Tant qu’à se gratter les couilles en mangeant des chips…

En l’honneur de ces moins que rien
j’ai appelé mon fils Patricio

Un Manchester United qui devrait respirer la rigolade donc, avec Ibra devant, Pogba qui vaut plus que lui, au milieu, et Mourinho sur la touche. Au niveau des punchlines on devrait tutoyer des sommets que Cantona appréciera. Même s’il n’y a qu’un King…
Pendant que ses ex camarades lyonnais se préchauffent en Turquie, et c’est pas peu dire, Hatem Ben Arfa a fait un choix géographique judicieux en quittant Nice au bon moment. La vraie nouvelle star française aura fort à faire dans son nouveau club exigeant, alors qu’elle aurait pu aller briller en Chine, en Inde ou en Sibérie pour ‘’mettre sa famille à l’abri’’ et revenir dans un an, la queue entre les jambes, finir sa carrière à Sochaux. Chapeau l’artiste.

Reste plus qu’à convaincre Deschamps, qui va se faire les dents jusqu’en 2018 avec un réservoir de joueurs incroyables, dont le plus cher du monde, mais qui n’ont pas réussi à battre le Portugal en finale ! En l’honneur de ces moins que rien, j’ai appelé mon fils Patricio. On se passera du patriotisme en ces temps compliqués pour nos élites et leur vision périmée de la cité et de leurs concitoyens. Espérons qu’ils emportent avec eux une tablette pour lire Virage, La Politique pour les Nuls (en 6 volumes) et quelques poètes pour retrouver un peu de jugeote et de dignité afin d’adoucir leur été.

A défaut de culture, espérons que le notre sera sauvé par quelques Pokemon, des transferts magiques et un bronzage impeccable en attendant la reprise. Si c’est tout ce qu’il nous reste pour rêver, alors, tout ça n’est Pas Si Grave.

Lettre à Unai

Cher Unai, tout d’abord bienvenu parmi nous, c’est donc à toi qu’il incombe la tâche de nous faire oublier Laurent Blanc aka le sudiste,
aka touillette, aka « j’crois que bon ».

(c) Christian Gavelle
(c) Christian Gavelle

C’est avec curiosité que j’accueille ta nomination à la tête du plus grand club du monde (et je pèse mes mots). Tu arrives auréolé de tes trois victoires en Europa League qui pour être honnête n’impressionnent personne ici, car oui : ici tu es à Paris, et tu vas découvrir notre niveau d’exigence.

Pour nous cette pâle C3 n’est qu’un ramassis d’équipes de crèves la dalle et de repêchés incapables de briguer la victoire finale en C1, la fameuse coupe aux grandes oreilles. Nous ce qu’on veut c’est la soulever un jour notre Champions’ League (car oui elle est à nous, et tôt ou tard il faudra bien que l’Europe l’admette). Nasser ne dépense pas chaque année le PIB de la Belgique pour empiler les Europa League, tu impressionnais peut-être au pays du chorizo et du dopage mais ici c’est Paris, tu es Parisien Unai, et tu vas découvrir que nous ne laissons rien passer, que nous ne pardonnons rien.

On n’a pas le temps, on n’aime personne et personne ne nous aime

Blanc est l’entraineur le plus titré de notre histoire et pourtant nous sommes peu à le regretter, Ibra est persuadé d’être reparti en légende (Dieu sait si je l’ai aimé pourtant) mais il n’est autre qu’un joueur de Manchester désormais, nos légendes s’appellent Dalheb, Rai, Pauleta ou encore Diané.

Tout ce que tu feras en France sera la moindre des choses, tu ne pourras nous épater qu’à partir du mois de mars et le tableau final de la Champions’ League. Avant sache qu’on ne te pardonnera rien, sache qu’au moindre match nul tu prendras cher et tes « il nous faut du temps », « ce groupe a un potentiel fantastique », tu pouvais les servir dans tes bars à tapas mais pas ici, ici c’est Paris.

On n’a pas le temps, on n’aime personne et personne ne nous aime. On veut des titres, des buts, du beau jeu, on veut rêver, on veut t’aduler, on veut que tu refasses de Cavani la machine de guerre qu’il était, que tu fasses de Javier le plus grand joueur du monde (qu’il est déjà dans mon cœur).

Nous voulons tout,
rien de plus, rien de moins

(c) Christian Gavelle
(c) Christian Gavelle

Ici on veut marcher sur la gueule des autres, mais avec poésie. Le sudiste a mis longtemps à dire « nous » en parlant du PSG. Si tu considères toi aussi qu’il te faut du temps avant de dire « nous », tu ne seras rien d’autre qu’un entraineur de passage ici. Luis dit encore « nous » ou « mon club » (ne t’avise pas de me demander qui est Luis, tu vas discrètement sur Wikipédia pendant que je te parle, tu te documentes quoi). Nous t’accueillons avec tout le respect que tu mérites, à toi désormais de gagner notre confiance, de gagner notre amour. Si l’histoire est belle, tu laisseras alors une trace magnifique dans notre club, dans notre cœur, dans notre sang.

Nous attendons de toi la Champions’ League Unai, rien de plus, rien de moins. Mais nous voulons aussi de la magie, des moments de fulgurance, de la beauté, des larmes, de l’arythmie cardiaque, nous voulons tout, rien de plus, rien de moins.

Pour que tu saisisses un peu mieux ce que nous attendons de toi je vais te laisser méditer une citation de mon frère Rouge et Bleu Tioums Dolor (bon, ok, là tu serais en droit de me demander qui c’est) qui résume assez bien ce que nous sommes : « je préfère perdre avec Javier que de gagner avec Valbuena. »  Voilà, débrouille-toi avec ça. Le plus dur commence pour toi Unai, mais sache que lorsque nous aimons, nous aimons vraiment. Tu es dans la plus belle ville du monde, dans le plus grand club du monde, savoure et donne tout.

Le billet dur de J.R.

Zlatan.
Certains l’adorent, d’autres le détestent. J.R. fait partie de la deuxième catégorie. Et il nous explique pourquoi. Âmes sensibles s’abstenir.

Il a violé tous les records, démonté toutes les statistiques, affolé tous les compteurs.
Avant lui, qui ?
Personne. Sauf peut-être Mickey.

Il venait d’un pays où les suicides sont fréquents et où les meubles se montent à domicile. Un pays à la langue atroce et aux neiges mordantes.

L’arrogance d’un grand frère
qui aurait trop redoublé

Son nez, son chignon, son regard presque louche, sa taille de géant et ses pieds péniches ont séduit les enfants, les familles, les médias, les puceaux, ceux de la dernière heure.
Un héros sans pouvoir, un super sans plomb.

zlatan arbitreIl a conquis un territoire qui était sans défense. Il a écrasé les faibles et les forts l’ont éteint.
La ligue des champions n’a encore pas voulu de lui.
La ligue 1 a aimé le haïr, elle l’a adoubé, oubliant qu’ici, les rois, on les préfère sans tête.
Ses mots étaient parfois drôles, jamais en français. Il roulait les R comme il pliait les défenses. Il provoquait les instances et ses ennemis avec l’arrogance d’un grand frère qui aurait trop redoublé.

Il a marqué, beaucoup, certains buts resteront, oui.
Il va être difficile de le remplacer. Le Qatar aime l’efficacité plus que l’histoire et il est aujourd’hui bien embarrassé. Trouver un nouveau robot capable d’exciter les touristes nippons comme Philippe Doucet ne sera pas chose aisée. Ce n’est pas notre problème.
C’est un problème de riches.

Des amis m’accusent de mauvaise foi. Ils ont raison. Et la mauvaise foi reste une foi.
J’espère que les anciens, que tous ceux qui ne vont plus au Parc et qui aiment Paris depuis leur canapé ont accueilli la nouvelle de son départ avec une joie sauvage. Avec une lueur dans les yeux.

Il a dit tout ce qu’il ne fallait pas dire. Il a nié Susic, Rai, Pauleta, Kombouaré, Luis, Ronnie, Mendy, Diané, Boulogne, Auteuil et tous les autres. Il a ricané devant les tombes. Nos tombes. Il a cru qu’un mercenaire n’avait pas d’odeur.

J’avais écrit, à son arrivée, un texte terrible sur lui. Et tous les mots sont encore à leur place. Légitimes.

Je pense à Pastore. Il va enfin pouvoir régner

A la dixième minute, le match s’est arrêté et ils t’ont applaudi. J’ai même aperçu les larmes de Marco. Les larmes de tous ces gens en tribunes. Ils ne te déclaraient pas leur amour, non, ils commençaient déjà à craindre l’après. À redouter la défaite, à entrevoir le passé, notre passé. Et ils n’en voulaient pas, pour rien au monde. Dans leurs petits coeurs mal irrigués, ils rêvaient de Ronaldo, de Neymar, de Messi. Lewandowski, trop banal ! Ils veulent du lourd, du gras, du rentable. Ils en sont là. Les enfants gâtés, les flipettes, les endormis. Les groupies.

Tu ne me manqueras pas. Même si le Qatar foire son recrutement. Même si la Ligue 1 redevient quelque chose de plus âpre. Je pense à Pastore. Il va enfin pouvoir régner.

Zlatan-Ibrahimovic-but-lorientJe pense également à ta fin de carrière. Je prie pour que tu signes finalement de l’autre côté de l’Atlantique. Là-bas, tu seras enfin vraiment chez toi : la démesure, le pragmatisme, la sauvagerie, l’argent roi, Hollywood, le divertissement comme seul horizon. Tu pourras encore exhiber tes enfants blonds et quitter la pelouse comme si de rien n’était. On fera peut-être un film sur toi. Et une attraction à Disneyland. Et un sandwich chez MacDo. Et tout ce que tu voudras.

Le Qatar souhaite baptiser une tribune du Parc à ton nom. Pourquoi pas, tant qu’on y est, le Parc Ibra?

Tu t’en fous de toute façon.
Tu es venu en roi, tu repars en légende, as-tu tweeté comme un homme de ton époque.

C’est quoi, une légende ? Le dictionnaire dit: “Récit à caractère merveilleux où les faits historiques sont transformés par l’imagination populaire ou l’invention poétique”.
Tu as vulgarisé l’exploit, piétiné les racines, insulté la mémoire, banalisé le talent. Chimère ikea, propagande libérale, monstre pas gentil.

Si un jour, ta statue trône devant le Parc, il n’y aura pas que les pigeons pour la salir.
Tu incarnes celui qui a enfoncé le clou, celui qui a validé la mort du football populaire. Ton peuple n’en est pas un. Ton royaume non plus. Ta légende est un crédit à taux variable.

Casse-toi Ibra et sans te retourner.
Pas de chant pour toi. Pas de tifo.
Juste le silence.
Mon fils grandira loin de toi.
Le plus beau cadeau que tu pouvais lui faire.

Je vais lui raconter Safet, je vais lui apprendre les chants anciens, je vais l’initier à l’appartenance. Il saura.
Et toi, tu n’auras jamais existé.

(Merci au Gri-Gri International : www.legrigriinternational.com)