Humeur

Le billet dur de J.R.

Mauvaise foi. Un supporter sans elle n’est rien.

Je suis encore abonné. Chaque mois, 64 euros disparaissent de mon compte. Et je ne vais plus au Parc. Une première depuis 17 ans.
J’ai d’abord été triste, haineux, envieux, dégoûté, frustré. L’euphémisme est doux. Aujourd’hui, le PSG, le vôtre, le leur, c’est à la télé. Avec Paco, parfois avec Ronan. À la télé.

Terminé la ligne 9 de bout en bout, en lisant le Parisien ou un roman d’un écrivain mort. Terminé le coeur qui menace d’exploser avant de franchir les portiques de sécurité.

Terminé les larmes retenues quand les virages chantaient, l’hiver, alors que notre équipe humiliait encore une fois le football.

Et je vends mes tickets sur Viagogo. En attendant le mois de juin pour mettre un terme à mon abonnement. Le Qatar, Sarkozy et le libéralisme ont fait de moi un petit commerçant, un aigri, un célibataire.

Il faut savoir quitter la table quand l’amour est desservi

Voilà. La fin d’une grande histoire d’amour. Une femme pour la nuit, PSG pour la vie…

J’y ai cru à cette blague. J’avais gardé cette naïveté d’enfant, cette magie inébranlable, indiscutable: quoiqu’il arrive, le PSG, ce serait pour toujours, au Parc, seul ou avec quelques amis triés sur le volet. Rires.

Maintenant, je subis les commentaires navrants et orientés de Sauzée, de Dugarry, de tous les autres chaque week-end (seul Di Meco, qu’on ne peut suspecter d’être pro parisien, reste à peu près digne dans ses analyses). Bien sûr, quand le PSG gagne, je sautille encore de joie.

Et quand il perd, je serre encore les poings. Mais c’est comme si ce n’était plus vraiment moi qui vivait la chose. Je suis un drogué en phase de décrochage. Les plus purs ne sont jamais revenus au Parc après l’humiliation des placements aléatoires et des hausses de tarifs à gerber. Ils ont compris que c’était fini.

Pour calmer les méchants supporters, augmentons les prix ! C’est connu: le peuple est un salaud qui n’aspire qu’à la violence brune, qu’au chaos ! Les nantis, eux, se comportent bien, ils arrivent à l’heure, font la queue sans sourciller, payent sans broncher, applaudissent quand le speaker le demande… Ils consomment et ferment leur gueule. Sont-ils plus fréquentables pour autant ? Quand j’aperçois depuis mon poste la tribune VIP ou les gros plans sur cette foule touriste, un doute m’envahit pourtant…

sieges

“Il faut savoir quitter la table quand l’amour est desservi” chantait Aznavour.

Oui. Malgré les stars, malgré les titres qui tombent comme des corps soumis, le PSG ne m’appartient plus. Ma schizophrénie, elle, grandit à chaque nouveau match. Serai-je heureux si l’équipe (avant, j’aurais écrit nous) gagnait la ligue des Champions ? Même pas sûr. Ce serait presque normal. Prévu.

Et cela n’aurait donc plus du tout la même saveur. La souffrance est allée voir ailleurs. Ne reste que le spectacle (et encore, cette année…). Les tifos, les choeurs fiévreux, les âmes brûlantes, plus besoin.

Suis-je le seul à les regretter ? Suis-je le dernier à maudire l’hypocrisie totale qui a accompagné l’éradication de la ferveur ?

Et qu’on ne me dégaine plus jamais les deux cadavres parisiens (Julien Quemener et Yann Lorence) pour justifier la politique de nettoyage! Ce serait donc la décence et la morale qui auraient vidé les tribunes de ses inconditionnels ? Ah bon ? “Mais Jérôme, il y a eu des morts, c’est grave !”, combien de fois ai-je pris en pleine face cette remarque débile ? Et les morts de Karachi, on peut en parler ? Et ceux du sang contaminé, de l’amiante, du diesel, des bombes larguées depuis nos sémillants Rafale ?

Que la morale aille se faire foutre, elle n’est là que pour servir les intérêts supérieurs.

Pastore, on ne l’a pas payé assez cher

La seule chose qui me pousse vraiment à encore supporter le club?

Pastore.

Une évidence.

Oui, celui que tout le monde a noyé d’insultes pendant deux ans avant de l’applaudir.

Voilà le public du Parc aujourd’hui ! À genoux devant Ibra et prêt à brûler Pastore à la première passe loupée. Ah ah ah. “Pastore, on ne l’a pas payé assez cher”, voilà ma nouvelle devise. C’est un ange, un fantôme formidable, un loser flamboyant, un mec à l’ancienne, qui choisit ses fulgurances. Qui joue au foot, comme dans la cour d’école, quand le cynisme n’avait pas encore tout baisé.

Mauvaise foi. Un supporter sans elle n’est rien.

Et la mauvaise foi reste une foi.

N’en déplaise à celui qui occupe désormais ma place en K Bleu Bas et à tous les autres.

Une fille au Parc

Cet article aurait pu s’intituler « Les femmes et le football au XXIème siècle ; analyses et perspectives d’une question sociologique aux stéréotypes ancrés ».

Mais Virage aurait très clairement perdu trop de lecteurs.

Ayant refusé de poser en bikini bleu et rouge sur la photo de profil, et comme nous sommes en 2016, l’option lister les mots-clés afin d’achalander le lecteur s’imposait.

PSG / FILLES / BIÈRES / FILLES / PSG / PSG / FILLES / BIÈRES…

Le cadre est là. T’as dans l’idée de parler de ta relation – en tant que personne de sexe féminin – au foot. Au PSG.

Un vrai sujet bordel !

Qu’avant ça t’aurait bien faire rire d’imaginer écrire cet article.

Et puis qu’un jour tu réalises que t’as des drapeaux du PSG dans tes WC…

Mais pourquoi ?

Parce que plus d’une fois, tu as préféré t’affaler dans un canapé un dimanche après-midi chez ton meilleur ami à regarder un match de foot. Autour d’une bière bien sûr et en répondant « Ouais non… chui crevée… » à celui qui te proposait d’aller à une brocante rue des Martyrs au soleil.

Parce que ledit meilleur ami, abonné au Parc depuis quelques années maintenant, menace régulièrement de te coller un sticker PSG sur ton scooter.

Parce que depuis toujours à Noël, aux anniversaires et autres fêtes familiales, ça parlait foot. Un père dont la page d’accueil d’ordinateur est Eurosport, qui t’envoie des mails avec des liens vers les Cahiers du Football, qui suit tous les championnats européens et qui en période de Coupe du Monde (…et d’Euro. Et oui maman… c’est tous les deux ans. Ça ne sert à rien de dire « Encore ? ». Ça revient toujours) vit devant la télévision, même lors d’un Pologne-Tanzanie. Et tu passes sur sa jeunesse à aller après les cours au Camp des Loges assister aux entraînements.

Et deux frères. Un frère traumatisé par Makélélé (sic) et un autre qui ne jure que par les Verts (3 ans d’études d’ingénieur à Saint-é option bières par -10° l’hiver ça vous transforme un étudiant). Rien que par sa présence à table, ta mère est la femme de 55 ans la plus calée en L1 de toutes ses copines réunies. Voire du quartier.

Parce que ton mec est le genre de mec qui t’envoie un sms disant « Tu peux m’envoyer les résultats du tirage ? Je capte mal, putain de SNCF ». Alors que tu lui as envoyé juste avant « Ça va ? Bon courage pour le train ». Et qu’en plus, tu ne vois pas de quel « tirage » il s’agit.

Mais quand un jour à 5h du matin, dans une forme optimale bien sûr et en semaine sinon ce n’est pas drôle, il te dit « attend il faut absolument que je te montre un truc ». Et que le « truc » c’est regarder et commenter pendant 30mn des extraits de match sur Youtube, tu comprends bien pourquoi il a mis l’emphase sur absolument. Et l’expression On refait le match prend tout son sens.

Orgasme collectif

Parce qu’une de tes copines, fille d’entraineur de foot (passé par le PSG of course) et spécialiste du championnat africain (sic), embarque L’Equipe à chaque fois que l’on va à la salle de sport et commente les résultats (et les performances de Pastore) dans les vestiaires sous l’œil étonné des vieilles anorexiques qui vont au yoga (celles à qui on ne parle pas donc).

J’étais cernée. Aucun moyen d’en réchapper.

Et puis un PSG-Montpellier. Folie mondiale au Parc. Champions (Ouais. Encore. Merci de vous y habituer, ce n’est pas près de changer). Drapeaux, feux d’artifice, chansons d’insultes. Emportée par la foule quoi. Orgasme collectif.

Le revirement. Le changement. L’épiphanie.

Tu suis les matchs, tu suis le championnat, tu suis le classement. 

Putain vous êtes les filles idéales !

Progressivement, mais tout de même.

Et arrive le jour où t’y vas avec la copine, celle du dessus, comme ça… Toutes les deux. Entre filles. Parce que la fin de championnat est dingue, et qu’il faut absolument repasser devant ces connards de lyonnais. Parce que Thiago Motta est encore blessé et qu’on espère (enfin elle surtout. Allez savoir…) que Matuidi va être titulaire. Putain ça va être chaud.

Et là tu réalises quelque chose. Qu’au bar d’avant-match (celui où tu bois les bières que tu ne peux plus boire à l’intérieur maintenant), il n’y a que des mecs en terrasse. Pas une fille (la vieille ivre seule à sa table ne compte pas, faut pas déconner). Que les mecs te regardent étrangement en se demandant ce que tu fais là, alors même que tous arborent écharpes ou maillots. Et que toi, en veste et talons, on dirait clairement que tu t’es perdue. Ils sont intrigués. N’osent même pas t’aborder (alors qu’on est bonnasses, faut pas déconner (bis)).

Et puis ce moment magique où ils réalisent que « Nan mais sans déc les filles vous allez au Parc ? ». Le regard du loup dans un Tex Avery. Ouais mec. On y va.

Deux réactions possibles.

Le mec qui se dit qu’il a rencontré les filles idéales et qui te le dit « Putain vous êtes les filles idéales ! » (Tout en ayant les yeux écarquillés et avançant sa chaise vers toi). Qui te teste un peu sur les joueurs, mais qui arrête très vite quand il voit que tu lui donnes une composition logique avec arguments à la clé et prenant en considération la blessure de David Luiz. Donc là le mec veut t’épouser. Tout de suite. Maintenant.

Et le mec qui avec un air triste et las te dit « putain ma copine, elle, elle n’aime pas le foot. Je l’ai emmenée une fois. Plus jamais. Maintenant elle change de sujet ou me fait la gueule quand j’en parle ». Le mec dégouté. Mais qui continue tout de même à te parler, alors même que ça lui fait mal.

Et puis, au Parc, tu réalises qu’en te retournant bien de tous les côtés (et en ayant mis tes lunettes), ben tu ne vois pas trop de filles autour de toi. T’essaye de compter. Pas facile. A la louche tu dis « ho allez… 15% ? ». Mais bon. Tu bosses pas pour l’INSEE et t’as une myopie oculaire non des moindres…

Au-delà de l’avantage de pouvoir facilement accéder aux WC à la mi-temps, tu en viens à t’assimiler à une sorte de minorité visible intrigante. Et c’est assez plaisant.

 Le PSG est girl-friendly.

Seul bémol ; la rose qu’on te remet à l’entrée des tribunes le jour de la journée de la femme. Bon bah non. Fallait pas.

 Voilà, aujourd’hui, je chope l’Equipe dans les bars (j’ai téléchargé l’application, ne le dites surtout pas à mon meilleur ami), je fais des Lotos foot avec des potes dans des cafés, je me surprends à dire des phrases comme « Nan mais je te jure… Sans Verratti et Rabiot on est rien » ou « putain c’est bon pour le goalaverage quand même ». Je suis dégoutée quand Zlatan prend 4 matchs de suspension. Je refuse d’aller à Lyon et Marseille en déplacement professionnel. Je dis « on ».

 Venez les filles. Vous allez voir, c’est bien.

La petite boutique des superstitions et des médicaments anti-douleurs

Un artiste afro-américain célèbre et néanmoins aveugle a déclaré un jour au détour d’un refrain : « When you believe in things you don’t understand, then you suffer, Superstition ain’t the way. » A titre personnel je ne suis pas d’accord avec le point de vue (enfin presque) de ce bon vieux Stevie.

Alors peut être que je suis un peu masochiste, c’est sans doute un début d’explication, mais il y a d’autres raisons assez évidentes selon moi.

Vous pouvez retourner supporter le Real de Madrid ou le Barça

Et là tout de suite, vous vous demandez où je veux en venir. C’est bien normal.
Avant toute chose passons un contrat entre nous : si vous ne comprenez pas la suite de ces propos, c’est que nous ne partageons pas les mêmes valeurs et vous pouvez retourner supporter le Real de Madrid ou le Barça parce que, comme vous le dites si bien :

« Tu comprends, moi ce que j’aime dans le football c’est surtout le beau jeu, et pourquoi tu supportes une seule équipe, et pourquoi le PSG en plus ? C’est nul, ils jouent mal… »

Ma réponse : Mais parce que je souffre ducon !
Parce que chaque match est un moment difficile à passer, parce qu’à chaque passe ratée de Javier Pastore, chaque passement de jambe inutile de Lucas, chaque discussion de Marco Verratti qui découle inévitablement sur un carton jaune, chaque contrôle dans les tribunes d’Edinson, je peste, je manque d’envoyer ma télécommande dans la télé, de résilier mon abonnement beIN Sports…

Parce que je refuse tout simplement la défaite de MON club. Que chaque match perdu est un week-end foutu. Et soyons clair, ça ne s’est jamais arrangé, aujourd’hui comme hier, que ce soit avec Fred Dehu ou Thiago Silva au même poste, c’est pareil.

Nés pour souffrir

Voilà, « Then You Suffer ». Là dessus on est d’accord.
Mais « Ain’t The Way », là non. Pas d’accord.
Pas d’accord, parce que le sel du supporter c’est la souffrance, c’est cette attente interminable du but, du coup de sifflet final qui te fait serrer les points de rage et de soulagement, du trophée tant espéré.

Qu’être supporter c’est avant tout de la frustration, de l’attente, et puis tout à coup une lumière qui s’allume, une action qui finit au fond après une belle danse (un Tango avec Javier Pastore au hasard), comme une belle histoire d’amour, dont la fin n’est pas toujours jolie jolie. C’est ça l’amour, c’est ça le football, c’est ça la vie !
Il y a je crois un groupe de supporters historiques bastiais dont la devise est « Nati per soffre ». Nés pour souffrir. Voilà. Parfait, court efficace et tellement lucide. Visionnaire même…

Alors comment palier à cette affreuse souffrance hebdomadaire, voir bi-hebdomadaire, Champions League et coupes obligent ?
Il existe une solution : la croyance, la superstition à laquelle on se rattache comme un dirigeant à ses stock-options.

Une espèce de rituel qui te permet de tenir le coup. Car comme tout le monde le sait, là où il y a des peuples qui souffrent, il y a des religions, des évangiles utiles et pratiques pour guérir l’agneau perdu.

Alors bien sûr on parle souvent des ces footballeurs qui portent toujours le même slip, ou de l’anecdote, que je trouve assez croustillante, de ce gardien argentin, Sergio Goycochea, qui pissait sur la pelouse à proximité de sa surface juste avant chaque séance de pénos.

Mais il existe d’autres alternatives.
Pour ma part, il y a bien sûr l’écharpe porte bonheur, celle qui ne me quitte jamais au Parc.
Mais lorsque les matchs ne se déroulent pas dans le plus beau stade de France, que dis-je du monde, comment faire ?

Quand on est comme un con dans son salon, devant son écran plat, à flipper… seul (ta meuf ayant décidé intelligemment de quitter le champ de bataille pour 90 min.).
C’est dans ces moments de solitude que tu inventes des trucs fous pour éviter de souffrir et encore souffrir, et par finir de te persuader que c’est la solution…

La Routine

De mon côté, étant incapable de tenir tout un match commenté de surcroit par l’infatigable Grégoire Margotton associé à cet anti-Parisien notoire qu’est Christophe Dugarry, qui a eu la chance d’être champion du monde par hasard (mauvaise foi gratuite et salvatrice), j’ai mis en place une petite routine qui permet de faire baisser mon niveau cardiaque à peu près efficacement.

Un peu comme un golfeur qui reproduit toujours les mêmes gestes avant de jouer sa balle et réussir le coup parfait. Etant entendu que cette routine portera forcément bonheur…

Voilà la chose :
1/ J’éteins la télé, mais je garde la télécommande à portée de main
2/ Je branche mon téléphone sur l’appli du club (et uniquement celle du PSG, sinon ça porte malheur) et sur le live report du match
3/ J’ouvre la fenêtre…

Croire c’est aussi oublier

La phase N°3 n’étant pas du tout destinée à me jeter dans le vide en cas de défaite, mais tout simplement car j’ai des voisins également supporters qui à chaque but hurlent allègrement, aspergeant tout le quartier de leurs cris de joie ou de rancoeur…

De fait, je suis immédiatement informé de chaque action… et là, si et seulement si je devine une bonne nouvelle je regarde immédiatement mon téléphone, je vérifie qu’on a bien ouvert le score… Et j’allume ma télé pour voir le ralenti du but.
Et tout ça pendant 90 min.
GENIAL.

Je vous conseille de faire de même… On atteint un niveau de romantisme multimédia ultime. On réussit l’incroyable exploit de réunir 3 outils de communication en même temps. Une expérience à 360° comme disent les experts en communication.
Et il parait que ça marche… je ne me souviens pas avoir vécu de défaite ainsi, enfin si c’était le cas je l’ai déjà oublié, on ne se souvient que des bonnes choses.
Croire, c’est aussi oublier.

Post Scriptum : Autre avantage de cette pratique, on peut aussi choisir de regarder un autre match en même temps sur sa télé, en se tapant par exemple un bon derby milanais Inter vs. A.C., et du coup de se rappeler que Jeremy Menez, notre enfant prodige du 9.4., ne méritait pas de partir comme ça de son club de coeur… JM7, JP27 même combat. Love and Haters United.

Traitement de texte

« Des sifflets comme ça ? Nous ne comprenons pas ce que les gens veulent »

Au sortir d’un match parfaitement insipide contre le Stade Rennais, Ibrahimovic, «dépité», s’irritait des sifflets descendus à plusieurs reprises des tribunes du Parc des Princes. Il clamait son incompréhension dans un agacement à peine voilé. The « Boss » Zlatan, relativement constant dans sa suffisance tout au long de la rencontre, parlait visiblement au nom de tout ou partie de l’équipe. « Nous ne comprenons pas ce que les gens veulent ».

Tentons une explication

Sifflet (n.m.) Fait de siffler pour signifier son mécontentement en public.

Le public, c’est nous (les gens), et c’est tout simple, nous sifflons parce que nous ne sommes pas contents. Ce que nous (les gens) voulons, c’est de venir au stade non pas pour vous siffler mais pour vous applaudir. Vous « avez gagné » ? C’est parfaitement indiscutable. Vous avez « fait un très bon match » ? C’est tout à fait contestable. Le spectacle fut certes, après une demi-heure d’un ennui consternant, rehaussé du plus beau but de la saison parisienne, le temps de réussir enfin à accomplir dix passes consécutives. Mais avant, Zlatan? Et ensuite, Ibra? Rien… Nada… Någonting…

Vous teniez pourtant, dans votre dépit, un élément de réponse: « Que l’on gagne ou que l’on perde, les gens sifflent ». C’est bien le signe que nous (les gens) sifflons non pas pour le résultat mais plus essentiellement pour la manière. Lorsque Pastore, faute de concentration, offre un « caviar » (nous y reviendrons) à Doucouré, nous pourrions signifier notre mécontentement en public.

Lorsque Lavezzi l’imite un peu plus tard, nous pourrions encore siffler. Lorsque Rabiot, voulant trouver Marquinhos d’une magistrale ouverture, ne trouve que le ramasseur de balles, nous devrions siffler. Et lorsque Cavani, constant dans son insuffisance, reprend du genou gauche un centre venu de la droite, si nous ne sifflons pas, c’est parce que nous ne pouvons pas siffler : nous sommes en train de nous marrer…

Non, Ibra, ce n’est pas que nous soyons soudainement devenus des enfants gâtés, que nous ayons pris « l’habitude de manger du caviar » avant que vous, les stars, arriviez … Non. Du caviar, nous n’en avions pas avant (à condition de refuser de classer Rai ou Pauleta dans la catégorie œuf d’esturgeon). Précisément, ce qui nous rend mécontents, c’est quand le caviar a un goût d’œufs de lump, justement parce qu’ils ne sont qu’un succédané du caviar.

Laurent Blanc semblait lui avoir compris :

« tout le monde n’est pas au même niveau physique et mental pour pouvoir faire des grands matches avec du grand spectacle comme les gens (encore nous !) veulent voir au Parc des Princes »

Si vous ne comprenez pas, demandez-lui. Lui, Lolo, il semble comprendre ce que les gens veulent.

Et si vous ne comprenez pas « succédané », n’hésitez pas. Je peux vous expliquer.

Une prochaine fois…

Pas Si Grave

Tous les mois, un regard décalé sur l’actualité des hommes, du ballon rond par un amateur de foot qui n’aime pas le foot tant que ça !

Le téléviseur familial n’en pouvait plus de cracher ses mauvaises nouvelles, comme un tuberculeux à la face du spectateur passif et lobotomisé, une main dans le caleçon et l’autre dans un paquet de chips pas plus allégées en matières grasses. En attendant le match, des terroristes détruisaient des instruments de musique, des statues ou des chrétiens.

On annonçait des tempêtes et des avalanches dans des coins où l’on n’irait de toute façon jamais, Cali sortait un nouvel album et nos femmes frustrées ou peu portées sur le foot allaient voir et revoir 50 Shades of Grey au lieu de repasser. La Finlande lançait un groupe de trisomiques punk pour la représenter à l’Eurovision, alors qu’une bande de gogols variétoches continuaient à animer les Enfoirés chez nous, stigmatisant de plus les jeunes dans leur nouvelle soupe annuelle au relent de vestiaire de campagne !

Le téléphone sonna sur ces tristes nouvelles et une voix amie mais néanmoins nasillarde me demanda si je serais intéressé par écrire un peu sur le plus grand club français de ces dernières années ! Cette demande inopinée me prit un peu par surprise, comme un DSK ne sachant pas qu’il y aurait des putes dans les partouzes, mais étant avant tout un fan de la première heure de ce club mythique, je me dis surtout que l’exercice serait profitable et rémunérateur ! Mais pourquoi, en 2015, s’intéresser à l’AJ Auxerre, alors que le club végète en Ligue 2 depuis 3 ans ? 

Combien de physiques approximatifs et de terrorismes capillaires

On me répondit qu’il s’agissait en fait du PSG, le club le plus important depuis ces 2 dernières années, et pas des 30 dernières comme je le pensais naïvement avant de m’emballer. Ceci étant dit, le challenge était suffisamment excitant à relever pour un mécréant comme moi.

Comment alors parler de foot avec des intégristes du ballon rond, comment ne pas blasphémer en abordant le problème des stades, ces nouveaux lieux de culte où le pèlerin fuit sa famille et Michel Drucker le dimanche, comment ne pas glisser le nom Marseille dans un premier papier pour s’éviter des représailles (j’écris de toute façon sous le pseudonyme de P.Obispo), comment être léger alors que le monde entier se demande si Paris Hilton s’est fait refaire les seins et si la menace du retour des Spice Girls est bien réelle, ce qui tendrait à penser qu’au moins 4 de ses membres , que par décence je ne citerai pas, sont un peu à sec.

Quant à la gracieuse Mme Beckham, gageons que ce soit l’amour de la musique et l’envie de s’éloigner un peu de son retraité de mari qui la motivent. Car depuis son départ du PSG, David s’étiole à la maison alors que le petit monde du foot esthète n’a pas perdu qu’un joueur, mais du glamour et du charme.

Ainsi pour la grâce d’un Javier Pastore ou l’innocence juvénile d’un Fernando Torres (je frissonne rien qu’en écrivant leurs noms), combien de physiques approximatifs et de terrorismes capillaires ? Kurzawa et Griezman ont-ils fait installer des miroirs chez eux ? Est-ce que des membres de leurs familles osent encore leur prodiguer des conseils ?

Quant à Frank Ribéry, on n’est plus sur des questions de physique depuis bien longtemps…Mais aujourd’hui, l’homme a mal à sa France, après avoir eu longtemps mal avec son français, ce qui reste cohérent…Franky veut devenir allemand, se laisser pousser le mulet et continuer à boire de la bière dans la langue de Nena sans qu’on vienne le faire chier.

De toute façon, depuis 2 ans et la cérémonie du ballon d’Or, Frank a mis fin à sa carrière, du moins dans sa tête, ne supportant plus d’être toujours derrière Ronaldo et Messi, qui ne le méritent guère selon lui. C’est trop injuste.

Dans cette foire à l’égo démesuré, on pensait pourtant que Cristiano n’avait pas d’équivalent, à part peut-être Nicolas Sarkozy, qui montrait récemment un talent inouï pour perforer les défenses et se projeter vers l’avant. Mais pendant que le bel éphèbe lusitanien mettait son nouveau trophée sur la table, celui qu’il mettait régulièrement sur son canapé fit sa valise.

Le mannequin Irina Shayk quittait la star au lendemain d’un nouveau triomphe ! Quel monde cruel ! Qui nous rappelle au combien que le succès et l’argent ne sont pas une garantie de bonheur conjugal, comme me le susurrait encore Zahia l’autre soir dans un bar du 8e.

Pas comme ces connards d’en face

La saison sera longue et dure, elle aussi. De Monaco en Coupe de France à la finale de la Coupe de la Ligue, d’un retour incertain à Chelsea en Ligue des Champions en passant par tous les terrains bosselés du championnat, le parcours final des parisiens devrait donner quelques sueurs froides aux princes du Parc, la probabilité d’avoir une avalanche de buts par Cavani et Lavezzi avant la fin de la saison étant aussi improbable qu’une bonne blague dans Touche Pas à Mon Poste.

Mais comme le disait encore François Hollande après 17 enterrements récents, n’est-ce pas dans l’adversité que se forge l’Histoire des grands hommes ? Espérons que cette leçon d’humilité et d’humanité gagne aussi nos terrains de foot, nos supporters et des enceintes européennes encore trop souvent prises pour des zoos par certains abrutis, venus brailler leur haine viscérale jusque dans nos métros !

Alors qu’en Grèce on préfère fermer les stades, après les banques et les magasins… Mais le printemps s’annonce florissant et excitant. Surtout si Monaco est champion d’Europe. Pour se consoler il restera Virage, nouvel outil de culture footballistique que d’aucun prendront pour de la propagande parisienne mal placée. Pas d’amalgame. Ici, les intentions sont pacifistes, les gens rieurs, partageant juste un amour et une passion commune : celle du ballon rond.

Pas comme ces connards d’en face. Alors bon courage, bonne fin de saison et bonne santé : lavez vous régulièrement les mains, les yeux et les oreilles (n’écoutez pas les enfoirés, d’où qu’ils viennent). Surtout sortez sans crainte, tout ça n’est Pas Si Grave.

En toute bonne foi

Un supporter d’une autre équipe que la nôtre, explique pourquoi et comment Paris restera toujours Paris, cette équipe détestée…

Attention retenez votre souffle je vous propose une plongée dans les méandres de l’esprit du supporter Bastiais que je suis. L’objectif de cette plongée en eau pas très profonde étant de tenter d’expliquer pourquoi le supporter Bastiais n’aime pas le PSG.

Tout d’abord re-situons le débat. Au panthéon bastiais des clubs honnis, comme dans le championnat de France de Ligue 1 d’ailleurs, le PSG n’occupe pas la première place mais il y fait tout de même bonne figure. En somme à nos yeux vous êtes qualifié pour la C1 des clubs en mousse.

La question que vous êtes en droit de vous poser est donc pourquoi tant d’amertume et d’inimitié envers vous ?

La première des raisons est qu’avant toute chose un supporter parisien est un parisien. Qu’il soit de souche de cœur ou d’adoption ne fait pas une grande différence. Et le Parisien comme vous le savez pour en côtoyer à longueur d’année est insupportable à la ville comme à la campagne. Je ne m’étendrais pas là-dessus tellement les exemples foisonnent.

Cependant pour pacifier nos rapports je me permettrais juste un petit conseil à destination du supporter du PSG décidé à aller passer ses vacances en Corse. L’automobiliste Corse ne goûte guère qu’on le klaxonne alors qu’il discute avec un ami piéton et ce même s’il bloque la circulation (c’est encore plus vrai si tu as gardé ton écusson PSG au rétroviseur). Oui il pourrait se garer mais il ne le fera pas et klaxonner n’y changera rien.

Le parisien est insupportable, à la ville comme à la campagne

Deuxièmement vous êtes trop ouvert. Pour nous il y a une différence entre une maison accueillante et une maison ouverte aux quatre vents. Pour étayer mon propos je citerais Arno, le chanteur Belge, qui voulant complimenter le pays de Voltaire d’avoir découvert Jacques Brel a dit « La France est ouverte comme une vielle péripatéticienne ».

En fait il n’a pas dit péripatéticienne mais le mot qu’il a employé commençait par la même lettre. Ami cruciverbiste à vos crayons !

Et bien le PSG c’est pareil. Un fond d’investissement américain veut acheter le club et bien : Welcome ! C’est un fonds Qatari qu’à cela ne tienne du moment qu’ils viennent avec du pognon. Chez nous quelqu’un qui se vend même très cher est une prostituée (ce n’est toujours pas le mot employé par ce cher Arno).

Une autre pierre d’achoppement entre nous et pas la moindre est que malgré l’afflux massif d’écrivains de talent à Paris au travers des siècles vous ne savez toujours pas rédiger une banderole qui ait un peu d’envergure. Quand à Bastia on parle géopolitique (« Le Qatar finance le PSG et le terrorisme ») vous vous contentez de parler cinéma (« … Bienvenue chez les Ch’ti »). Vu de Bastia on ne peut qu’y voir qu’un manque flagrant d’ambition littéraire.

Mais ce qu’on déteste le plus c’est votre coté bon élève, bien policé que tout le monde aime bien. Pierre Menès qui joue l’impartial mais à du mal à cacher la tendresse que vous lui inspirez, l’inénarrable président de la ligue qui présente ses excuses à  Nasser pour un arbitrage qui n’a pas été au petits oignons,… Entre nous soit dit le même homme à moustache s’était fait porter pâle pour nous remettre notre titre de champion de ligue 2 à Furiani.

Et là tu te dis avec tout ça on n’est même pas le club le plus détesté par les Bastiais. Et bien non et je vais même dire mieux. Finalement on vous aime bien. On vous aime bien parce que depuis toujours vous savez nous faire rire.

Depuis toujours, vous savez nous faire rire

1978 : Borelli condamné pour la double billetterie aux Parc des Princes. Une rigolade de premier ordre. Incroyable ! Même les marseillais s’était pas fait choper.
2000 : L’achat d’Anelka 5 fois le prix que vous l’aviez vendu peu de temps auparavant. Tellement drôle que j’en ai encore des crampes.

Et le meilleur pour la fin :
Pour chauffer le public lorsque les joueurs rentrent sur le terrain une chanson de Phil Collins qui hurle à qui veut l’entendre que sa femme ne l’aime pas.  Là je dis chapeau bas. Je dis ça c’est Paris !

Ça vient de Marseille

Nos meilleurs ennemis ont la parole. Car le virage est une tribune libre…

Bon, on ne va pas se mentir, nous les marseillais, quand on a vu les Qataris arriver au PSG avec leurs fonds sans limites et qu’on a vu les stars s’empiler les unes après les autres du côté du camp des loges, on s’est tous dit :

« Putaing, vont rafler tous les titres de champions pendant les 20 prochaines années les zinculés »

On a vite compris
qu’il y aurait bientôt un deuxième…

Puis tout de suite on a pensé à la Ligue des Champions et on a vite compris que l’objectif numéro un des investisseurs serait d’en ramener au moins une dans les 5 ans à venir… Alors pour se rassurer on s’est dit qu’on était « à jamais les premiers », mais il faut bien l’admettre, dans nos têtes on a vite compris qu’il y aurait bientôt un deuxième…

Mais ça, c’était avant de voir les Parisiens se faire souffler le titre de Champion de France par nos amis Montpelliérains en 2012 et se faire sortir de la coupe aux grandes oreilles en 2013 par le Barça, en 2014 par Chelsea.
Depuis, on est beaucoup moins inquiet forcément.

D’autant qu’on a trouvé la parade en championnat avec l’arrivée de Marcelo Bielsa et sa glacière.

Le gourou argentin a réussi le tour de force d’amener notre équipe à la première place du championnat à la mi saison et de surcroît avec trois points d’avance sur les Parigots, malgré tout leur pognon.
Du coup, s’il a réussi à le faire sur les 19 premiers matchs de la saison, pourquoi ne serait-il pas capable de le faire sur les 19 suivants ? Surtout que nous ne jouons plus d’autres compétitions…

Imaginez seulement une seconde votre PSG avec toutes ses stars et son budget pharaonique perdre le championnat en mai prochain au profit de l’OM, ça ferait un peu tache non ? Et pourtant, ça n’a jamais été aussi envisageable…

Et voilà en plus que se profile un huitième de finale de Ligue des Champions contre le Chelsea de Mourinho, une sorte de revanche par rapport au quart de finale de l’an dernier et l’occasion pour les propriétaires Qataris du PSG de montrer qu’ils sont des candidats sérieux pour l’obtention du fameux graal, si j’ose dire…

Mais la vérité, vous voulez que je vous dise, c’est que du côté du vieux port, on ne croit pas trop à la qualification des Parisiens, on pense même que ça va faire très mal…
Peuchère ! En fait, ils nous font un peu de peine vos Qataris, franchement.
Pourtant, ils étaient bien partis avec l’obtention de l’organisation de la coupe du monde en 2022.

Du côté de Marseille, on avait apprécié cette technique de conviction appelée « technique de la mallette ».
Non, franchement c’est vrai, organiser la coupe du monde de football en juillet au Qatar, c’est un peu comme si on déplaçait la finale du Superbowl à Nevers, faut un pouvoir de conviction hors du commun si vous voyez ce que je veux dire…

Mais pourquoi ont-ils choisis Paris pour investir dans le foot français ?

Alors après, un peu comme une jeune actrice de hard qui doit tourner une scène avec Rocco, ils se sont dit, non c’est trop gros, il faut qu’on déplace la compétition en décembre, mais quand les mecs on votés, c’était pour faire ça en juillet !!

Non, chapeau les gars, respect, rien à dire.

Mais vous savez, nous à Marseille, un type qui est capable de vendre du sable a des algériens ou de la neige a des esquimaux, on le respecte, on préfèrera toujours lui demander comment il a fait plutôt que de le traiter d’escroc.
Non, en fait c’est après qu’on n’a pas compris.
Mais pourquoi ont-ils choisis Paris pour investir dans le foot français ? Non mais franchement qu’est-ce qui leur a pris ?

Je sais bien que dans certaines contrées éloignées de notre pays, on croit que Paris et la France c’est la même chose (demandez à un américain du centre des Etats-Unis par exemple), mais pas au niveau footballistique quand même !
En plus avec notre CV on était le candidat idéal : 1 Ligue des Champions, 9 titres de Champion de France, 10 Coupes de France,…, et surtout, rien mais alors rien du tout contre la technique de la Malette, bien au contraire !

Du coup on s’est dit qu’ils allaient racheter l’OM à Madame Dreyfus et qu’on repartirait comme à la belle époque !
Et bien non, rien du tout, ils ont préféré investir à Paris ! Ma foi, faut croire que des hauts dirigeants de l’UMP supporters du PSG et spécialistes de la technique de la mallette les ont démarchés et ont réussi à les convaincre, je ne vois que ça.

Le problème, c’est que c’est bien beau tout ça, les Zlatan, les Verratti, les Tiago parci et les Tiago par là, mais pour la gagner la Ligue des Champions, il faut autre chose que des de stars avec des egos surdimensionnés qui passent leur temps à se regarder le nombril.

Ah ils sont fort vos joueurs, il n’y a rien à dire, à grand coup de gestes techniques, ils ont tout déchiré en ligue 1 l’an dernier. Et faut voir les ralentis avec la super loupe comme ils font maintenant, c’est magnifique, surtout le suédois. Celui-là, je suis sûr qu’il arrive à se curer le nez avec le petit doigt des deux pieds tellement il est souple, je me rappelle encore du but en Lo kick qu’il nous avait mis au vélodrome la première fois qu’il était venu, j’avais jamais vu ça !

Alors c’est sûr, avec ce genre d’équipe ils vont faire les malins en poules, éventuellement en huitième de finale si le tirage a été favorable, mais à partir des quarts lorsque les choses sérieuses commenceront, sur la bonne-mère qu’ils se feront sortir chaque année, tu peux en être sûr !

Ah ça pour sûr ce n’était pas le cercle des poètes disparus

Non, pour gagner la Ligue des Champions, il faut maximum, 2/3 cracks techniques très au- dessus du lot comme vous en avez à revendre au PSG, mais ensuite, faut des morts de faim, faut des tueurs, des types qui sont prêts à sauter à pieds joints sur les balloches du mec en face, pour gagner faut des guerriers, des mecs qui ont la rage.

Nous c’est avec des Di Meco, des Boli, des Dessailly, des Deshamps, des Voeller, des Angloma qu’on a réussi à la gagner.

Ah ça pour sûr ce n’était pas le cercle des poètes disparus, je peux vous le dire, c’était plutôt massacre à la tronçonneuse, mais en attendant, on l’a ramené sur le vieux port nous la coupe aux grandes oreilles !!

D’ailleurs deux ans plus tôt nous y étions allés avec une équipe beaucoup plus technique, très belle à voir jouer avec la possession de balle et tout et tout, un peu comme votre PSG de maintenant, mais en attendant, on avait perdu aux penaltys…

Non vraiment, ils se sont trompés les Qataris, c’est à Marseille qu’ils auraient dû dépenser leurs pétrodollars, je n’en démords pas.

Regardes, tu mets Marcelo Bielsa et sa glacière comme entraineur, tu prends Messi (qui du coup veut bien venir parce qu’il y a Bielsa), le goal allemand mutant là, Neuer, et un avant- centre qui empile les buts, celui que tu veux. Et après tu mets que des chiens de guerre à tous les autres postes, mais pour ça tu laisses faire Marcelo Bielsa, il a quelques numéros de téléphone dans un calepin bien rangé.

Et là, c’est sûr, en trois ans on leur en ramène une de Ligues des Champions aux Qataris, voire peut-être même deux !!

Ma foi, il n’est jamais trop tard pour changer d’avis, qui sait, peut-être que s’ils se font souffler une nouvelle fois le titre de Champion de France (et cette fois par l’OM en plus !), ils ouvriront les yeux ! En plus, peuchère, comme Paris va se faire sortir en huitième de finale par Chelsea cette année, ils vont trop l’avoir mauvaise…

En tous cas, nous on est prêts à les accueillir, il n’y a pas de problème.

Et la première chose qu’on fera lorsqu’ils arriveront, c’est leur montrer celle qu’on a gagné il y a déjà bientôt 22 ans.

A jamais les premiers.

La Minute Blonde #1

Hommage appuyé à la fois à mes déboires capillaires, à une boisson fermentée de qualité inégale consommée par hectolitres les soirs de match mais aussi à feu le programme « humoristique » diffusé sur une chaine cryptée depuis peu trentenaire [dans Virage, chaque nom de rubrique est COMPLETEMENT Pensé-Soupesé-Gambergé, NDLR].

La Minute Blonde a pour vocation de permettre à la profane que je suis de poser les questions existentielles qui la taraudent.

Le PSG, une vaste blague ?

Pour inaugurer cette chronique, qui je le crains risque la suppression avant même la mise en ligne de Virage deuxième du nom pour cause de PSG bashing trop prononcé, je tenterai de répondre, en 60 secondes donc, à l’interrogation suivante : le PSG, une vaste blague ?

Car, ami lecteur, si ton équipe favorite et moi-même en tant qu’incarnation d’une minorité visible considérée comme prétendument stupide en raison de sa couleur de cheveux avons bien un point commun, c’est le nombre incommensurable de calembours dont nous faisons l’objet.

L’ancien attaquant Guillaume Hoarau ne s’y est pas trompé. Avant de quitter Paris pour rejoindre dans un premier temps l’eldorado de la contrefaçon – coïncidence, je ne crois pas (où il aurait selon ses propres termes « flingué sa carrière »), puis les Young Boys (à bientôt 31 ans, se serait-il fait Berner?), Guigui s’était fendu d’une galéjade dont seuls les Marseillais ont habituellement le secret :

« En fait c’est une blonde, elle accouche de deux jumeaux et elle pleure. Alors la sage-femme lui demande pourquoi elle pleure. ‘Bah parce que je sais pas qui est le père du deuxième’ »

De toute évidence, le garçon manie le pléonasme avec une aisance peu commune.

Mais là n’est pas le sujet. Revenons donc à nos crampons.

Si le PSG est un thème sérieux, ce que je ne nie aucunement, peut-il néanmoins prêter à rire ? Je réponds par un tonitruant OUI. Mais à l’instar des autres grands débats qui agitent la société française, des banquettes en sky du Café des sports aux dorures élyséennes, et pour paraphraser ce cher (et regretté) Pierre, à l’évidence pas avec tout le monde.

Clarifions tout d’abord les choses. Loin d’être une anti-foot pathologique, j’ai au contraire longtemps été une fervente supportrice du FC St. Pauli, que je vénère d’ailleurs toujours autant malgré mon départ de la merveilleuse ville hanséatique qui a vu naître cette non moins formidable équipe.

Et si je n’ai plus l’occasion de m’époumoner régulièrement au Millerntor-Stadion, je garde à jamais le souvenir ému de l’entrée des joueurs au son du glas de Hell’s Bells, bien plus classe à mon sens que la voix de fausset de cette baltringue de Phil Collins.

Certains contributeurs de Virage pourront également en témoigner (il faut bien justifier ma présence en ces lieux), je me transforme peu ou prou à chaque Coupe d’Europe slash du Monde en hooligan patentée, n’hésitant pas telle une Bruce Banner en mini-jupe à ponctuer chacune des interventions de l’équipe n’ayant reçu pas mes faveurs d’une diatribe assassine faisant montre d’un vocabulaire particulièrement fleuri.

Je fus bannie du canapé
pendant presqu’une saison

Néanmoins, le fanatisme effréné des afficionados du Paris Saint-Germain Football Club dans leur ensemble ainsi que le prosélytisme aigu dont font preuve certains de mes amis/colocs/ collègues/ex d’obédience, lesquels feraient presque passer Christine Boutin pour une personne équilibrée, m’ont souvent décontenancée voire parfois effrayée, bien que toujours fascinée.

C’est ainsi que d’humeur chafouine, je me suis permise en 2013 de me gausser ouvertement de l’arrivée de ce mannequin H&M dont le fait d’armes le plus marquant fut l’explosion des ventes de maillots, coaché dans ce but par une épouse ancien fer de lance du féminisme 90’s à la sauce MTV, aujourd’hui reconvertie dans le prêt-à-porter de luxe. La sentence ne se fit pas attendre, je fus bannie du canapé pendant presqu’une saison.

Et lorsque j’eus le malheur de disserter sur le goût certains des joueurs parisiens pour les tatouages divers et variés d’une classe inégalée, on me rétorqua qu’eux au moins n’avaient pas vu fuir leur coiffeur attitré vers un pays n’ayant signé aucun traité d’extradition avec la France. Ce qui dénote à n’en point douter un habile et plaisant maniement du second degré.

A force de l’entendre rabâcher autour de moi, j’ai quand même fini par intégrer qu’Ici, c’était Paris.

Mais je m’interroge : Paris ne serait-il pas surtout devenu… Qatari ? Et qata-rira bien, qui rira le dernier. Car si les légendaires punchlines de son avant-centre néologisé amusent régulièrement la galerie – et moi la première, les préoccupations que la dérive esclavagiste de cet Emirat charia en mon cœur ne semblent trouver que peu d’écho auprès des abonnés du Parc interrogés pour les besoins de ce papier. Géopolitique et ballon rond ne font pas forcément bon ménage, je tâcherai de méditer à l’avenir cet adage.

Sois malgré tout assuré, ami lecteur, que Paris est parfois, même pour moi, véritablement magique. Entre autres parce qu’inéluctablement je pense à un groupe tourangeau d’électro- dub (plus rarement au grand prophète, bizarrement) lorsque j’entends le prénom de Lavezzi ou pire encore parce que je commence systématiquement à fredonner le jingle publicitaire d’une marque de café lorsqu’un certain défenseur brésilien entre sur le terrain. Je sais, ce n’est pas la peine d’en rajouter [ami lecteur né après 1995, cette référence est certainement incompréhensible pour toi et je m’en excuse].

Quoi qu’il en soit, les plus courtes étant comme chacun sait les meilleures, je terminerai sur une petite raillerie éculée : pourquoi les joueurs du PSG tirent-ils toujours à côté ? Parce que les buts comptent double à l’extérieur.