Neymar, enfin parisien

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On a coutume de dire que dans le football, tout va très vite.
Force est de constater que pour Neymar Jr., ça va encore plus vite que les autres.
Que ce soit dans le jeu ou dans son comportement, difficile de le suivre.
Ce qui en fait un personnage unique, une rock-star, un joueur parfait pour le PSG.

Il y a un an, un siècle, une éternité, Neymar Junior signait au PSG.
Neymar, le rêve impossible devenu réalité. La danseuse étoile enfin dans l’Opéra de Paris.
Une explosion thermonucléaire dans le monde du football moderne. Un gigantesque bras d’honneur orchestré par le Qatar. Une grosse tarte dans la tronche du Barça. Bref un kiff.
Sauf que le conte de fée s’est transformé depuis cet été en Black Swan option galipette.

Neymar et sa Seleção se sont fait sortir en quart du mondial par une Belgique courageuse et un peu chanceuse avouons-le. Mais surtout Neymar a fait du Neymar. Des dribbles, des dribbles, des dribbles et encore des dribbles. Un but aussi, puis un deuxième, et une coupe de cheveux, mais surtout des roulades interminables suite à quelques fauchages souvent sanctionnables. Rien de surprenant pour nous parisiens. On connait la musique. Il a toujours été coutumier du fait. Et pas seulement à Paris.

Neymar ne peux pas demander d’autorisation pour passer un joueur, alors il le dribble, le provoque, c’est son jeu. Les fautes existent, innombrables, comme pour aucun autre. Parfois très dures, d’autres moins… Mais le réflexe est là. C’est du cinéma, certes, mais aussi une auto-défense acquise au cours d’une vie où son style de jeu et son gabarit l’ont toujours plus exposé que les autres à la violence de l’adversaire. Il a fait le choix de rester fidèle à son football quitte à devoir utiliser la simulation comme protection. Beaucoup de joueurs le font, mais comme souvent, chez ce garçon tout se voit plus. Oui, Neymar simule. Quel est le problème ?

La précieuse ridicule version 2018

Sauf que les réseaux sociaux du monde entier ont repris et détourné ces images pour se farcir notre diva en le faisant passer pour un clown. Voir pire. Pour la précieuse ridicule version 2018.

Bizarrement ça choquait moins le microcosme du football lorsqu’il officiait ailleurs qu’à Paris. D’ailleurs dans son précédent club, il y avait compet dans le genre avec son partenaire uruguayen, plongeur et cannibale. Mais on préférait alors parler de la meilleure attaque du monde. Bref.

La bonne nouvelle dans tout ça c’est que pour la première fois de sa vie de footballeur, voir de jeune homme, Neymar est passé du côté obscur de #LAFORCE (elle est pour toi Presnel). Le prodige n’est plus considéré comme l’exemple à suivre. Il est le vilain, le tricheur, la pleureuse, le looser. OUI LE LOOSER.

Fini les campagnes coca cola et brosse à cheveu, fini les gosses trop gras avec le maillot floqué Junior, fini les filles faciles et les WE en hors-bord sur la côte d’Azur avec sa clique de sangsues.
Le mec n’est plus l’homme sandwich idéal. A défaut de gendre.

Notre génie du mal est de retour

Non. Neymar est devenu un connard. Un connard parisien s’il vous plait. Neymar LE CONNARD. C’est tant mieux.
Et si il était enfin l’un des nôtres. Un mec détesté, sifflé, arrogant, provoc’, riche, beau, talentueux. La définition même du parisien. L’ennemi à abattre.

En fait il n’a jamais été aussi parisien que depuis que tout le monde lui crache à la gueule. Je serais pas étonné de le croiser au Café de Flore en terrasse au soleil ou à chiner des livres chez les bouquinistes de la Rive Gauche la saison prochaine. Il emmènera son gosse blondinet voir le guignol du Luxembourg, se fera une petite grille à l’hippodrome de Vincennes le week-end avec ses potes et fêtera le 14 juillet et la C1 au bal des Pompiers de la rue Blanche avec Madame.

Neymar sera sifflé, conspué, dans tous les stades de France et de Navarre, partout. En Europe aussi. Il fera sa rentrée dans un effectif ou certains de ses coéquipiers arboreront l’étoile qui lui était promise. Il devra faire face à un nouveau coach avec qui la cohabitation risque de faire des étincelles. Le terrain est miné, l’avenir est sombre, l’enfer lui est promis. C’est parfait. Car nous le tenons enfin, notre Anakin JR. Celui qui dans le chaos nous emmènera à la consécration suprême. En Mai 2019, à Madrid bien-sûr, car les méchants dignes de ce nom ne savent finir leurs oeuvres qu’en apothéose. Nous l’attendions notre génie du mal. Te voilà enfin chez toi Neymar JR.

Alors préparez les mouchoirs. Avec Kylian et Edinson ils formeront le trio parfait. Les 3 chevaliers de l’apocalypse. Un truc de légende. Le bon, la brute et le truand.

Ce texte a été écrit avec la complicité de Nico Polly – Photo (c) Panoramic


Xavier Chevalier
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