En quête de Leadership

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Le PSG a sans doute laissé filer ses derniers espoirs de titre sur la pelouse de Nice, ce qui pourrait apparaître comme une véritable catastrophe au vu des moyens colossaux et de l’effectif XXL du club de la capitale. Beaucoup de supporters trouveront cette situation anormale et inacceptable parce qu’on leur avait promis dix championnats consécutifs et une hégémonie domestique totale sur les années à venir.


Pour le club, qui peut tout de même terminer la saison avec deux trophées (maigre consolation, certes), le moment est venu de tirer les bonnes leçons de ce relatif échec et de faire ce qu’il faut pour reprendre la main sur la scène nationale et enfin atteindre ce dernier carré de Champions League qu’on nous promet depuis le début du projet QSI.

Certains ne manqueront pas de dire qu’il faut commencer par virer Emery, les mêmes probablement qui trouvaient Blanc totalement incompétent et s’en prenaient à lui à la première occasion (nous ne citerons pas de noms). Il est tellement facile et démagogique de taper sur l’homme du banc. Se séparer du technicien basque serait assurément injuste, d’abord parce qu’il est difficile de juger de la valeur d’un entraîneur sur sa première saison (Conte va gagner le titre avec Chelsea, mais nous parlons ici de façon générale), et aussi parce qu’une grande partie des problèmes du club se situent en amont.

Manque de cohérence dans la réflexion

Question à dix mille dollars : à quoi sert Patrick Kluivert ? Mystère et boule de gomme. Pour devenir un vrai grand club européen, le PSG a clairement besoin d’un directeur sportif compétent, et on ne peut que se réjouir qu’il ait semble-t-il entamé les démarches pour en embaucher un (les noms de l’ancien directeur sportif du FC Porto, Antero Henrique, et de l’actuelle tête pensante de l’Atletico Madrid ont été évoqués). Une grande partie de la réussite d’Emery à Séville s’explique par la relation privilégiée qu’il entretenait avec Monchi.

On a probablement sous-estimé l’importance qu’avait eu Leonardo dans la construction du nouveau PSG, lui qui avait fait jouer à plein ses réseaux en Italie pour attirer Ibrahimovic, Thiago Silva, Thiago Motta, Maxwell ou Verratti, des joueurs qui ont eu un rôle clé dans la croissance du club. Même s’il aide grandement, l’argent ne fait pas tout, et il faut absolument que le club s’appuie sur une politique sportive claire pour franchir un nouveau cap et s’y tienne sur le moyen ou long terme. Il faudra éviter de renouveler des erreurs manifestes dans le recrutement comme Krychowiak ou Ben Arfa. Lucas était censé devenir le Neymar du Parc, et il n’exerce en aucune façon le même rayonnement que son compatriote au Barça. Quand on voit le club poser 30 millions pour Guedes et estimer Mbappé surévalué à 40, on se rend compte du manque de cohérence dans la réflexion globale et la construction de l’organigramme. La direction doit peser plus lourd et taper du poing sur la table lorsque cela est nécessaire. La gestion du cas Aurier, qui a encore donné le mauvais exemple cette saison, a été purement et simplement désastreuse.

Une nervosité presque incompréhensible

Paris possède des joueurs de grande qualité, dont certains ont déjà prolongé (Cavani) ou décidé de rester (Verratti), malgré les appels du pied incessants de grosses pointures européennes, mais un fait ne trompe pas : le PSG s’est raté lors de tous les grands tournants de la saison (les quatre matches de championnat contre Monaco et Nice et le retour à Barcelone). On sait que c’est une équipe qui est capable de jouer extraordinairement bien par séquences et d’atteindre parfois un niveau d’expression collective auquel peu de formations peuvent prétendre, mais elle doit encore apprendre à se maîtriser et garder son self-control lorsque les choses ne tournent pas en sa faveur. Les kilomètres avalés par Matuidi ou Cavani ne suffisent pas toujours à retourner les situations. Paris ne manque évidemment pas de talent, mais souffre d’un déficit  de certitudes et d’assurance, et ce jusqu’aux plus hauts échelons du club.

A Nice, personne n’a su rassurer son monde et rameuter les troupes et les Parisiens ont fait preuve d’une nervosité presque incompréhensible malgré l’ouverture du score adverse : Motta et Di Maria ont pété les plombs en fin de match, Cavani a frôlé le rouge, Verratti a comme d’habitude passé la moitié de son match à parlementer avec l’arbitre et Silva n’a une fois de plus pas joué pleinement son rôle de capitaine. A tous les étages, de la pelouse aux bureaux des dirigeants, le PSG a grand besoin de davantage de leadership et de sérénité. Ce n’est qu’en se trouvant ou en donnant les clés à de véritables meneurs d’hommes qu’il comblera l’écart qui le sépare encore des très grands clubs du continent.

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