Pourquoi je suis supporter du PSG

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C’est compliqué d’expliquer pourquoi on aime le PSG. Après tout, les raisons sont nombreuses : on peut avoir un joueur qui nous fait rêver, un match qui nous a marqué, ou simplement se dire qu’on aime sa ville, et donc qu’on en supporte le club.
Perso, j’ai de la chance, c’est les trois à la fois.

Zlatan peut toujours fanfaronner : « avant moi il n’y avait rien ».
Eh bah si, grande saucisse, avant toi, le PSG avait déjà trouvé ses marques en terme d’attaquant magnifique, et il n’avait pas eu besoin d’aller le chercher jusqu’en Suède.
Non, il avait suffi de descendre un peu plus bas, au pays des maçons et des morues, pour y trouver un aigle, qui, conformément à son statut d’oiseau de proie, savait chasser le but.

Un doctorat en science du placement

Eh ouais, je ne vais pas être original en disant que le joueur qui m’a le plus marqué au PSG, c’est Pedro. Une classe folle, un doctorat en science du placement – cet homme que l’on pensait constamment hors-jeu mais qui ne l’était jamais – et des buts en pagaille. A l’époque où le PSG galérait, un seul subsistait, une merveille qui surnageait, un héros dont les plus cyniques disaient qu’on ne le méritait pas : Pedro Miguel Pauleta.

Et contrairement à d’autres, il a su déclarer sa flamme à Paris, montrer qu’il avait le club dans le sang à plusieurs reprises. Que ce soit en restant à la maison, malgré les rumeurs qui l’envoyaient à Lyon, ou en larmes sur le bord du terrain pour sa dernière, il a su conquérir le cœur des supporters, et on n’oubliera jamais son petit accent. Il est l’un de ceux qui a fait chanter le Parc, cette enceinte merveilleuse que j’ai découverte pour la première fois un soir de juillet 2000 face à Strasbourg.

Quand mon frère était petit, il disait « c’est marrant, quand j’entre dans la tribune au Parc, tout le stade chante pour moi ». Il n’a jamais eu autant raison (sauf quand il m’a dit que j’étais le meilleur de la fratrie). Oui, le Parc, c’est avant tout une acoustique formidable qui te donne l’impression de rentrer dans un bain de décibels. Quand tu passes les portes, et que tu vois enfin la pelouse (après t’être tapé toute la sécurité), tu prends une claque de bruit dans la gueule, le spectacle est avant tout audio, mais le visuel n’était pas en reste ce soir-là. Je me souviens m’être demandé où je mettais les pieds, mais surtout de quel côté regarder. Le rouge et le bleu m’éblouissaient, et les chants m’avaient déjà transporté ailleurs. J’ai su que même si je n’y allais pas souvent, je pourrais toujours appeler cet endroit « la maison ».

Jamais je ne pourrais dire
« on a gagné, ils ont perdu »

Ce soir-là, on a encaissé un premier but. Je m’attendais à entendre des sifflets, à voir le stade hurler son dégoût, sa déception. Je me trompais. Un écho bien plus grand s’est fait ressentir. Les deux virages chantaient à l’unisson pour signifier à leur équipe qu’ils ne la laisseraient jamais tomber. Ce jour-là, j’ai compris : jamais je ne pourrais dire « on a gagné, ils ont perdu ». Paris et moi, c’était pour la vie.

Et j’ai hurlé comme eux, j’ai essayé d’imiter les chants que j’entendais, et finalement, les efforts ont payé. Egalisation parisienne, et une image qui restera probablement en mémoire toute ma vie : une marée d’écharpes a surgi des deux virages, pour battre en synchronisation, et l’émotion m’a emmené ailleurs. J’ai passé le reste du match à contempler les tribunes, me réveillant tout juste pour hurler ma joie sur le 3ème but inscrit par Laurent Robert. Quand le coup de sifflet final a retenti, je n’arrivais pas à croire que 90 minutes venaient de s’écouler. Le Parc venait de m’ensorceler.

16 ans plus tard, la magie opère toujours. A doses régulières. Je ne vais plus tellement au Parc, sauf petits cadeaux et autres occasions saisies au vol. Je sais bien qu’on dit « il est mort le Parc des Princes », mais pour moi il fut l’écrin d’un sentiment de joie et d’espoir que je vais tenter de vous décrire. Et pourtant, ça n’a duré que le temps d’une action.

C’était le 30 janvier 2015, pour PSG – Rennes, au Parc où ma copine m’avait invité (cadeau de Noël).
Quelques heures avant le début du match, le patron m’avait convoqué dans son bureau pour me signifier que bon, il regrettait un petit peu de m’avoir engagé trois mois plus tôt, et qu’il se demandait si finalement j’étais bien fait pour mon métier…
C’est donc le cœur très lourd que je me rendais « à la maison », d’autant plus que le match était tout de même assez pourri jusqu’ici. Et puis…
Et puis ce coup franc rapidement joué entre Ibra et Digne, cette percée du suédois, ce une-deux avec Pastore, puis cette remise vers Rabiot qui lobe la défense pour Pastore qui remet en une touche à Lavezzi qui propulse le ballon au fond.

Voilà. En une action, quasiment jouée à une touche de balle, à une vitesse phénoménale, mon PSG venait de me sortir de ma torpeur, de me faire sourire, de me faire hurler à nouveau, et de me donner la force d’affronter les épreuves qui se dresseraient devant moi, tout comme cette défense qui se tenait devant Paris et qui a brutalement explosé sur une superbe action collective.
Presque deux ans plus tard, le boss a quelque peu revu son jugement. Je travaille toujours au même endroit, et je n’ai rien oublié de cette soirée.

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