Humeur

La république de Neimar

C’est un si grand foutoir, que de vouloir y mettre un quelconque ordre tiendrait du désordre mental. Mais commençons tout de même par Neymar, l’homme-miroir, qui montre à Paris, qui se croyait encore magique, ce qu’il est devenu : un petit club.


Oui, nous sommes redevenus un petit club, résultat de la fornication contre-nature et contre rémunération d’une ville lumière et d’un football éteint. Un clair-obscur difforme comme la flamme dans nos yeux quand nous pensons ligue des champions. Pour les espingouins, c’est la cueillette des champignons, pour nous c’est au mieux une illusion. L’argent est la fortune des pauvres, en football et ailleurs. Le pouvoir, en revanche, ne s’achète qu’avec le coeur, ce coeur qu’on met à l’ouvrage, à surmonter chaque barrage, comme l’a fait Liverpool au creux du mois d’août. Et c’est bien un doute qui m’assaille, quand je pense à Paris soulevant cette coupe atemporelle, dont nous n’avons que les grandes oreilles, celles d’Angel, celles qu’on nous fait avec les doigts sur la photo de classe. Mais il n’est plus question de copains à Paris.
Quoiqu’il prétende toujours se séparer bons amis – Ancelotti et maintenant Emery – Paris n’a en réalité que des ennemis.

À l’époque où le budget Brésil du club plafonnait à quatre millions d’euros, nous apprenions déjà dans la presse et dans la bouche des pas-très-avertis que nous étions un club de riches. Ainsi les qataris ne nous ont-ils rien appris : nous menions bien avant eux une vie d’aristocrate flétri, dont la noblesse attirait toutes les jalousies, et qui laissait fièrement courir le bruit que l’économie de marché ne lui avait pas tout pris.

Pendre au cou la médaille qu’ils méritent

Nous étions nobles alors, nous sommes riches maintenant.
Pauvre richesse, la même que City et Chelsea, une richesse de chéquier plutôt qu’une place de choix sur l’échiquier de l’UEFA. Même Manu, roi des parvenus et qu’on accuse d’être celui des riches, a serré, ému, chaque main des génies en herbier, leur confiant à demi-mot qu’il était convaincu que Paris pouvait être vaincu. Et son OM*, pendant ce temps, de se vanter d’être en passe de dépasser le PSG comme l’imbécile de fin de peloton qui se flatte de surpasser le premier dont le pneu a simplement crevé.

Oui, comme chaque vainqueur de chaque tour de France, Paris est dopé. Mais ce n’est raisonnablement pas à Marseille de donner des leçons de propreté à l’heure où l’UEFA pratique les offres promotionnelles : une coupe d’Europe achetée en 1993, une coupe d’Europe offerte en 2018. La coupe d’Europe remportée trois fois d’affilée par un type que Paris vient de virer, d’ailleurs. Mais laissons à chacun le soin de parvenir sur ce point à ses propres conclusions.
Pour ma part, je suis heureux, sincèrement heureux, tout à fait ravi, absolument enchanté même, de voir Marseille en finale d’Europa League, attendant impatiemment de leur voir pendre au cou la médaille qu’ils méritent.
Et, justement, parlons argent.

Il n’a pas idée d’où il a mis les pieds

Le fils à Véro disait vouloir devenir le Gerrard parisien, pour l’instant il n’est au mieux qu’Adrien, petit parigot qui réclame du rabiot. Flouze, louches, galette, passement de jambes, picaillon, talonnade, thune, aile de pigeon, blé, contrôle poitrine, oseille, frappe en lulu, pognon, double-contact, radis, bel enroulé, fric, farandole de feintes et frusques chics hors terrain, et enfin et surtout instagram. Le vestiaire en bruisse, c’est notre drame, de la vie de football ils ne retiennent que le charme alors qu’on voudrait bien revoir des brésiliens autrement qu’en larmes.

La bigoudée brésilienne de service, qui balaye devant les loges présidentielles avec la grâce d’une danseuse étoile, ne se gêne d’ailleurs pas pour montrer la voie : Paris ne lui dit rien. Comme la grande cheminée – car fumier, fumiste, fumeux, comme vous voudrez – suédoise, il n’a pas idée d’où il a mis les pieds. J’ai d’ailleurs été fier de l’entendre siffler un soir de quadruplé. Rien n’excuse qu’on choisisse les statistiques à l’esprit d’équipe. Et s’il était question de statistiques pour Edi, l’entendre dire « biéne sour, yaime marqua dé boutes, méééé l’immeportante, c’é l’ékip… » nous ferait rire comme nous font toujours sourire ses retours défensifs si sincèrement agressifs.

Marre d’y entendre prier en brésilien

Mais je patauge dans mes propres digressions. Il faut bien sûr laisser une chance à Neymar, et ce même s’il s’est blessé – opportunément, diront les mauvaises langues dont j’aimerais pouvoir dire que je ne fais pas partie – avant le match retour, même s’il a disparu trois mois, même s’il est meilleur au poker qu’à être solidaire de ses partenaires. Le solitaire, il y joue avec brio, pour le collectif, c’est un peu plus poussif. Devons-nous rappeler que le solo n’est vraiment beau qu’au milieu du concert ? Il y a du monde autour, Rrrabiotte n’a pas tort.

Mais revenons à nos moutons qui, comme la touffe de Junior, frisent parfois le ridicule et qui broutent d’ailleurs comme lui le gazon, se couchant toujours plus volontiers face aux puissants ; mais sur ce point passons rapidement car il serait malhonnête de dire que nous avons perdu quand c’est Madrid qui a gagné pour les raisons que Liverpool nous a rappelées plus haut.

Parlons donc plutôt de ce qui point à l’horizon: une génération entière de gamins, habitués des équipes all-star sur playstation et que l’expédient pognon n’effraie pas. Eux n’ont pas peur, veulent s’imposer, et le N’Kunkuklan s’apprête, j’espère, à mettre le feu au milieu de terrain façon feu de joie Mississippien, car comme nous, il en a marre d’y entendre prier en brésilien. Pas besoin de prières, on a notre propre richesse minière ; les qataris ont les millions, on a le filon.

Les coeurs y battent pour Paris

Et voilà peut-être où je voulais en venir – car on ne va pas se mentir, je suis aussi clair que l’urine d’un maillot jaune, c’est à dire pas très – il faut creuser ! Creuser profondément ! Creuser dans notre propre sol et extraire de cette terre sacrée – je m’emballe, comme toujours – nos propres pépites.
Putain ! Unaï a raison ! Sa feinte-faux-foulard – futile devant Ramos – n’enlève rien au plaisir de voir Kyky grandir chez nous, bien au chaud dans son Parc tout acquis. Parce qu’ici, les ballons d’or se déterrent à la Goutte d’Or. Oui ! Mamadou nous manque ! Blaisou itou ! Oui ! Mais Kim est là qui cartonne et qui jouera bientôt sa première coupe du monde comme titulaire – si, si, j’insiste – pour la famille PSG, fière de son gamin à touffe, notre Carragher à nous, notre capitaine de coeur.

C’est donc vers notre bon vieux terroir que nous nous devons et que vous vous devez, vous PSG, de tourner la tête, car il en sort tout l’or du monde. Osez lancer des carrières parisiennes en creusant ces mines franciliennes qui débordent depuis des années sur les ligues européennes – googlez vous-mêmes – au lieu de chercher vos cadors dans les boites de nuit élyséennes.
Notre sous-sol est une putain de mine d’or et les coeurs y battent pour Paris, alors puisez-y ce qui manque à chacun de vos chers printemps européens : ce choeur parisianniste qui saura enfin encadrer vos précieux solistes.

Un peu de chauvinisme dans ce monde de tolérance, bordel !

*Je laisse à la discrétion de chacun la prononciation de ce mot vilain.


Noé Pellissier

Dans la même galère

Force est de constater que le sujet Ultras vs. Institution
est toujours aussi compliqué.

Les années passent, des groupes disparaissent,
d’autres apparaissent en Virage, les dirigeants changent,
mais la problématique reste la même.


Deux mondes s’affrontent. D’un côté les ultras qui défendent une certaines idée du supporterisme : total, passionné, fidèle, turbulent, libre et anti système. De l’autre les institutions au sens large, que ce soit les clubs, les medias, les politiques, l’opinion publique, qui prônent la mesure, le raisonnable, la sécurité, la fête familiale, et le droit de supporter sans chanter.

On est bien placé chez Virage pour apprécier le sujet.
Nous avons publié quelques articles qui évoquent l’ambiance en tribune.
Et souvent, les réactions ont été vives, nous obligeant une fois (et une fois seulement) à nous auto-censurer en supprimant un article pour éviter les débordements inutiles.
Difficile à accepter car Virage est une tribune libre et ça implique de facto la liberté de parole.
Mais on assume et on avance quoiqu’il arrive car ça prouve que nos écrits ont du sens et une utilité, celle d’ouvrir le débat. Un débat qui concerne tout le monde.

Alors pourquoi est-il aussi difficile d’en parler ? Pourquoi les personnes concernées ont autant de mal à communiquer entre elles.

L’ultra, c’est souvent le peuple

Premièrement parce qu’on touche au passionnel, à une sensibilité extrême sur le sujet, à une chapelle intouchable. Celle du KOP.
Les ultras parlent peu, voir pas du tout aux medias. Ne comptez pas trop sur eux pour s’exprimer individuellement. Ce n’est pas dans la mentalité du Mouv’. On fonctionne en groupe, en collectif. Seules les actions perdurent, pas les discours. Les paroles volent et les écrits restent… C’est leur choix et ça se respecte. C’est aussi une façon de se protéger. S’adresser à tout le monde par communiqué de presse ou via les banderoles déployées au Parc. Pour afficher leur mécontentement ou leurs encouragements. Mais pas pour justifier leurs actions. Car trop souvent leurs propos ont été mal perçus, leur mentalité mal acceptée. On les a comparé à des délinquants incontrôlables et sans morale. Du coup ils se méfient. On peut les comprendre. Mais ils s’enferment aussi dans un rôle de défenseur unique du code supporter. Qui fait d’eux les garants exclusifs de la tribune.

Indubitablement l’ambiance vient des groupes installés en virage, mais on ne peut pas négliger les autres abonnés du Parc, moins bruyants et pour beaucoup, tout aussi passionnés par le PSG.

Par ailleurs l’ultra est souvent anti-système. Il s’oppose aux contraintes qu’on veut lui imposer dans le stade. Les fumigènes en sont le parfait exemple. L’évolution du football n’est pas faite non plus pour le rassurer. L’argent, les médias omniprésents, la sécurité autour des joueurs qui les rend inaccessibles, le star-système… On est loin des valeurs populaires que le football est sensé défendre. Car l’ultra, c’est souvent le peuple. Qui paie son abonnement, son nouveau maillot en se saignant tous les mois, qui ne compte pas son temps ni son argent pour préparer les tifos, pour organiser ses déplacements… Et qui du coup a beaucoup de mal à accepter les critiques et les sanctions vu son implication personnelle. « We Are The People » scandent les supporters des Glasgow Rangers. Tout est là.

Tout ce qui sent le soufre attire le public

Daniel Riolo, journaliste de RMC, disait comprendre les supporters lillois qui ont envahi le terrain du stade Pierre Mauroy lors du match LOSC-Montpellier en mars 2018. On leur a promis tellement avec l’arrivée du nouvel actionnaire mais leur club risque aujourd’hui la relégation. Ils en ont juste assez qu’on les prenne pour des idiots.

Sauf que la loi c’est la loi. Le club et les pouvoir-publics sont là pour la faire respecter. Le stade n’est pas une zone de non droit. Et comme ils représentent le pouvoir, l’argent, l’institution en quelque sorte, ça a du mal à passer du côté du KOP. Surtout quand les sanctions tombent, parfois de façon arbitraire (2010, pierre angulaire du problème). Mais comment gérer des milliers de personnes en même temps quand il s’agit de sévir… Je ne crois pas qu’un seul gouvernement français n’ait réussi à gérer une crise populaire sans envoyer la troupe taper au hasard. Ou sans prendre des mesures drastiques et peu appréciées de tous.

Pareil pour les médias qui relaient les infos de façon de plus en plus effrénée, recherchant à tout prix le sensationnel. Les ultras sont du pain béni dans ce cas précis. Tout ce qui sent le soufre attire le public. Surtout quand il a une odeur de fumigène… ou de coupable idéal.

Les puissants contre la masse

Tribune populaire contre pouvoir et media. Un classique absolu. Mais qui en 2018 montre à quel point il y a un fossé qui s’agrandit entre une conception du football finalement assez classique et une autre plus intéressée que jamais, moderne diront certains. Et dans un monde où la communication a pris une place démesurée, on constate avec tristesse qu’on a toujours autant de mal à échanger entre ultras et institutions. Sans doute car il y a une méfiance naturelle qui s’est insidieusement installée entre deux parties que tout oppose sur le papier mais qui doivent tirer dans le même sens. Au final, malgré tous les efforts qui ont été fait, on se retrouve une fois encore dans une situation délicate. Chassé le naturel il revient au galop. A se demander si il existe des solutions car cette lutte est éternelle. Le football n’en est que le reflet. Les puissants contre la masse.

Chez Virage on ne fait pas partie des personnes défaitistes. On aimerait participer à ce débat progressiste, même si on doute qu’on nous en donne l’occasion.
Mais si on laisse faire ainsi, on se dirige possiblement vers une nouvelle impasse. Un nouveau dialogue peut s’installer, où chacun prend ses responsabilités. Alain Roche nous racontait qu’à l’époque où il était joueur des girondins, il avait assisté à des réunions de pré-saison ou les ultras annonçaient aux dirigeants pour quels matchs ils aillaient craquer des fumigènes, afin que tout le monde soit prévenu en amont. Et ces choix étaient validés tous ensemble. Ça parait illusoire aujourd’hui, mais pourquoi pas ?

Bien-sûr il est important qu’il y ait une forme de tolérance des autorités quant à la liberté d’expression en tribune, mais dans la mesure du raisonnable. Car il est impossible que le club sorte grandit de ces tensions persistantes. De même, les ultras doivent pouvoir accepter certains compromis. Oui c’est un « gros mot » mais à bien y réfléchir est-ce qu’on a envie de revivre l’ambiance mortuaire d’après 2010 ? Je ne crois pas, ça ne servirait les intérêts de personne. N’oublions pas que nous sommes tous sur le même bateau, battu par les flots, mais qui ne sombre pas.


Xavier Chevalier

Le blues du Businessman

Au moment d’aborder le mois de mai, ses jours fériés tous les quatre jours et de grève le reste du temps, sa finale de coupe de France un mardi et la dernière ligne droite de Ligue 1 sans grand intérêt puisque déjà acquise, votre dévoué est assis sur une plage à contempler l’immensité de l’océan Atlantique, sans doute à la recherche de la métaphore aquatico-bretonne idoine pour parler une nouvelle fois de son club de cœur. Pas de patate de Pencran par ici, tout au plus quelques dolmens,
de gentils ostréiculteurs et de la flotte à perte de vue.


Le championnat, pour le supporter que je suis, s’est conclu (et de quelle manière !) par un massacre en règle du tenant du titre Monaco, une des plus belles branlées infligées qu’il m’ait été donné de voir ces dernières années par le club parisien, en son écrin du Parc des Princes.
Ce match à lui seul a résumé de la meilleure manière la saison de Paris, le niveau de la concurrence et celui des spectateurs ayant accès aux gradins du plus beau stade de France.

Entre ceux qui sortent le pire tifo de tous les temps après l’avoir ouverte bien grande face au Real – je précise pour ceux qui débutent dans le foot : 12 fois vainqueur de la coupe aux grandes oreilles. On les aime ou pas, moi je les exècre, mais il faut respecter un peu les autres, ça permet de se regarder dans la glace – les attardés qui s’autorisent à siffler un joueur hors-norme de leur propre équipe au motif que quoi déjà ? Et ceux qui décident de s’abstenir d’encouragements un soir de titre probable, et à plus forte raison alors que les buts pleuvaient, on a été gâtés cette saison en ce qui concerne les affiches.

Il met en lumière la galaxie qui sépare le PSG en Ligue 1 des autres participants, je n’ose même plus dire concurrents. Monaco fut un extraordinaire champion la saison passée, se permettant carrément de narguer Paris jusqu’au bout, en proposant un jeu offensif parmi les plus pointus du continent, et en claquant au passage une demi-finale de LdC après un quart deux ans avant, dédicace à Nasser.
Bref, ils ont marché sur l’eau pendant six mois (l’eau, la Bretagne ça y est je tiens quelque chose).

Manque de bol pour Monaco (mais ouais ! bolée, cidre, ça se confirme), les choix court-termistes de leur direction ont bien rapporté l’équivalent du budget cumulé de tous les clubs de Ligue 2 en indemnités de transfert l’été dernier, mais ont également amputé une nouvelle fois l’équipe-type de plus de la moitié de ses titulaires, et c’est comme ça qu’on finit par se faire rosser comme jamais avec Andréa Raggi en leader de défense 9 mois plus tard.

Pendant ce temps dans la capitale, le club sur lequel aime chier allègrement ce que la France entière compte d’adversaires, théoriciens du foot ou du complot, « journalistes » sportifs, consultants, experts de plateau télé ou de comptoir de PMU, continue d’accumuler les titres, au point que ça en devient indécent. 42 victoires consécutives en coupes nationales, série en cours. 5ème championnat en 6 saisons, il y a comme une forme de constance qui les honore. Certes, « à vaincre sans péril, on évite les ennuis« , disait un centurion romain dans une aventure d’Asterix dont j’ai oublié le titre. Malgré tout, il faut le faire, et quoi qu’en disent les rageux, il y a tout de même un titulaire par ligne cette saison issu du centre de formation, donc les gazodollars ne font pas tout, hein Jean-Michel ?

Les goûts deviennent plus luxueux

Alors pourquoi, me demanderez-vous, cette soupe à la grimace à chaque fin de saison ? Ce n’est pas, je l’espère, la perspective de jouer une nouvelle finale de Coupe de France, la quatrième consécutive, face aux Herbiers, modeste club de National, ce serait irrespectueux.
Pas non plus l’évocation des couleurs des maillots pour l’année prochaine – quoique.

En réalité, nous voici confrontés depuis un passé récent à une telle banalisation de l’exploit match après match que les bouches s’affinent et les goûts deviennent plus luxueux chaque saison. Encore une fois, le niveau pitoyable de la concurrence en France facilite sans doute le travail au long cours, mais arriver à maintenir une telle exigence pour finir le taf dans des matches sans enjeu, comme le dernier en date à Bordeaux par exemple, donne des motifs d’espoir pour la/les prochaines saisons, à condition de rappeler cette exigence à TOUS les joueurs, et d’en remplacer quelques uns (voir liste de courses sur le frigo).

En revanche, l’hystérie autour de la course à la Champions League sert aujourd’hui de raison à de trop nombreux suiveurs du club, certes peu aidés par le comportement de ses propriétaires, qui en plus d’étaler leur impatience à la face du monde, mettent tout en œuvre pour n’assurer aucune continuité dans cette longue entreprise.
La Ligue des Champions est un fardeau trop lourd à porter pour l’enfant précoce qu’est le PSG, capable de massacrer une des institutions du football continental un beau mardi de février, puis de s’écrouler et de couler à pic trois semaines plus tard. C’est l’histoire du gamin à qui on parle déjà bac, école de commerce et job dans la finance alors qu’il est en CE1 et a juste envie de ramasser des coquillages sur la plage.

Cimenter le club et l’aider à grandir

Malgré l’empilade de stars sans cesse renouvelée, et on aura été gâtés cette saison (quoique l’abondance de biens a encore prouvé qu’elle pouvait surtout nuire), on ne pourra malheureusement rien espérer de mieux que des coups d’éclats tant que les fondamentaux d’un club sain et viable continentalement n’auront pas été posés, ou de nouveau posés, si on accepte l’idée que Leonardo avait œuvré dans ce sens, mais n’aura pas pu aller plus loin que replacer Paris sur la carte de l’Europe du foot et nous fournir ses premiers top players/poules de luxes.

Sur les sept dernières saisons, le PSG c’est :
– 5 championnats
– 4 coupes de France
– 5 coupes de la Ligue
pas loin de 70% de victoires, des records à la mini-pelle… et malgré tout 3 entraîneurs (4 si on compte l’ami Kombouaré, victime d’une frappe préventive fin 2011 bien qu’ancienne gloire du club).
Le premier, vainqueur de la Champions League en tant que joueur ET entraîneur, excusez du peu. Le second, de la coupe du monde et d’un Euro, certes en tant que joueur, mais on ne l’appelait pas président pour rien. Et le dernier en date, de trois coupes de la Ligue d’Europe d’affilée.

Alors, au delà d’avoir coaché successivement le PSG, qu’ont en commun Carlo Ancelotti, Jean-Louis Gasset, euh… Laurent Blanc, et Unai Emery ? Ils ont tous été victimes au mieux d’une absence cruelle de leadership de leur employeur – défaut rédhibitoire pour une institution qui se cherche encore une stature malgré son passé glorieux – supposé apporter une vision à long terme, cimenter le club et l’aider à grandir.
Pire, ils ont publiquement été mis en difficulté, quand ce ne fut pas tout simplement désavoués par la présidence du club, plus proche des joueurs et prompte à leur faire des câlins et des gros chèques que de leur rappeler ce qu’on est en droit d’attendre d’un employé à ce niveau de rémunération et de confort.

Le management de transition

Pour rester dans le registre de l’environnement de travail, il manque à l’employeur PSG une politique RH claire, adossée à ce qu’on a coutume désormais d’appeler le management de transition, ou Change Management chez nos amis concepteurs anglo-saxons.
Traduction, la société à décidé d’emmener ses collaborateurs vers un peu plus d’open space et de postes de travail partagés, supposés favoriser les échanges et les synergies. En parallèle, identifier les postes à redynamiser, quitte à proposer un package intéressant à ses titulaires pour permettre ce renouvellement. Ou à licencier économiquement.
Le côté chacun dans son bureau climatisé oversize, avec l’assistante au bout du couloir, et vas-y que je te gratte une augmentation tous les six mois ou alors je fais grève, c’est terminé. D’autant qu’en réalité, le marché du travail étant ce qu’il est, personne n’était garanti de trouver ne serait-ce que les mêmes rèm’ ailleurs, d’où l’absence notable de départs volontaires du PSG ces dernières saisons. En revanche, pour l’ouvrir à la machine à café ou à la cantine, il y a du monde.

De nombreux commentateurs du club n’ont que les mots « fin de cycle » à la bouche, et si c’est parfois un raccourci facile, en l’occurrence il est bien choisi cette saison.

En effet, malgré l’arrivée concomitante l’été dernier de deux des plus gros pétards offensifs mondiaux, confirmé ou imminent, le club ne pourra pas grandir ni atteindre son objectif ultime sans une redéfinition claire de ses méthodes et des règles internes qui doivent être calquées sur celles des plus grands.
Neymar qui se blesse ? ok ça arrive. Mais qu’il finisse sa saison en février et se barre au Brésil parce que l’important c’est la coupe du monde en juin et pas les échéances de son club, ça ne passe pas, on est à la limite de l’abandon de poste. Que ce soit en plus Nasser qui doive prendre un avion jusqu’au Brésil pour aller papoter avec lui, encore moins.
Je passe sur tous les solos balancés dans la presse par machin ou truc, avec cerise sur le gâteau la confirmation.. par des joueurs du départ programmé d’Emery en fin de saison.
Lewandowski à Munich a bien essayé le mois dernier de raconter ses envies d’ailleurs à qui voulait l’écouter, il s’est rapidement fait rattraper par la patrouille, et le board du Bayern lui a rappelé en mots vaguement polis de bien fermer sa bouche.

On a actuellement un club toujours jeune

A Paris, il n’y a pas de structure adéquate pour faire la police, ni de crédibilité à le faire par ses dirigeants, ces derniers étant plus motivés par la transformation du club PSG en une franchise globalisée, au détriment de son esprit initial, et des aspirations de ses supporters historiques, sans doute pas les meilleurs consommateurs, et à ce titre peu intéressants.

Cette redéfinition du club passe selon moi par un changement de gouvernance, l’actuelle n’ayant eu ces dernières années qu’à jouer avec un très gros porte-monnaie, tout en envoyant des signaux déplorables de compromission à des moments où il aurait fallu sévir. Mais bon, plus facile à dire qu’à faire.

Dans les faits, on a actuellement un club toujours jeune, présidé par un amené récent au foot, et de surcroit premier fan de ses joueurs au lieu de simplement être leur patron, qui devrait le leur rappeler lorsque les circonstances l’exigent. Autrement, cela rend le management du club impossible, j’en veux pour preuve l’absence de stabilité/visibilité à tous les échelons, des féminines à la formation, un chantier qui devrait être absolument prioritaire vues les capacités de la région à produire des futurs talents internationaux.

A la merci du premier court-circuitage

À défaut, les ajustements devront se faire via les joueurs, et dans les prérogatives offertes au futur entraîneur, dont on espère qu’il aura les pleins pouvoirs de la part de QSI, plutôt que d’être à la merci du premier court-circuitage par Nasser le pote des joueurs.

Plus jamais d’Auriergate, de double augmentation annuelle d’un joueur ou alors je menace d’aller voir ailleurs, de faux leader en pré-retraite comme Ibrahimovic qui n’était là que pour se faire rincer contre certes quelques (dizaines de) buts mémorables.
Plus d’accidents industriels comme Ben Arfa, ni de diva pleurnicharde à la Di Maria, dont la production globale et l’implication en 3 saisons auront tenu du scandale absolu, à quelques rares occasions près.
Plus de défenseur fragile comme Thiago Silva, qui aura en 6 saisons étalé sa classe parfois, comme sa loose dans les grands rendez-vous, le problème étant qu’elle fut contagieuse en de trop nombreuses occasions.
Place aux jeunes, et encore plus aux inconnus qui ont tout à prouver. Finis les: « tu es le meilleur à ton poste ou presque, joue relax, et prends ton chèque, on t’en demandera pas plus« .
Cruyff ne disait-il pas « si tu choisis le meilleur à chaque poste, tu n’auras pas une bonne équipe mais onze numéros un » ?

Place aux enfants du club et au sang neuf

Ibrahimovic, Sirigu, Matuidi, Maxwell, Lucas partis ou débarqués, Motta qui joue ses dernières minutes ces jours-ci, il ne reste plus que Javier et surtout Thiago Silva à renvoyer en Italie pour que l’horizon se dégage enfin, et que de nouveaux profils émergent.
Verratti, ultime Leonardo boy, est le bienvenu pour faire le lien entre le 11 historique de QSI et la prochaine génération, pourvu que son implication ne puisse être remise en cause. Autrement, la porte est grande ouverte, prends ton vol petit hibou.
Place aux enfants du club, et au sang neuf à même de porter l’équipe vers ses nouveaux défis.

Cela passe par également par plus de lien avec les anciennes générations de joueurs du club, qui doivent prendre leur place soit directement dans l’organigrame (capitaine Raí c’est quand tu veux), ou à défaut dans la conscience collective du PSG, et qu’ils soient plus audibles pour rappeler ses valeurs à un joueur actuel, ses devoirs et obligations sous le maillot rouge et bleu (ou qui tire vers le bordeaux, ou jaune fluo ou bref).
Afin qu’on ne les voie pas simplement pour la pseudo fête en l’honneur de la dernière performance du PSG en coupe d’Europe il y a un quart de siècle, mais qu’ils contribuent à aider la génération actuelle à écrire une nouvelle page de leur histoire commune.

Allez Paris.


Jérome Popineau

Oh! Thomas… Pourquoi ça ?

La blague belge n’aurait du être qu’une broutille. D’une erreur insignifiante, elle devient l’affaire de cette fin de saison, celle montée en épingle dans une actualité vide. Elle est en fait bien plus que ça. Elle est l’illustration parfaite du Paris Saint-Germain d’aujourd’hui, celui où la communication prévaut sur la passion, celui qui veut construire un grand club mais en a oublié son histoire, ne se souciant que de battre des records comme pour mieux effacer son passé.
« Ensemble, on va le faire! »
. D’accord, mais qui est « ensemble »?


Thomas Meunier est le joueur que tous les supporters aimeraient avoir dans leur équipe. Employé modèle, il a toujours le bon mot, la bonne analyse après un match, il accepte son poste de doublure sans broncher ni diviser le vestiaire, il assume ses prestations et n’hésite pas à annoncer en interview que l’équipe a mal joué. Pas de langue de bois, pas d’esbroufe, un profil de footballeur comme on en aimerait plus dans son équipe. La bonne surprise, le bon gars, de bonnes statistiques, une figure qu’on voudrait voir plus souvent sur le terrain, l’avenir de notre flanc droit pour remplacer à terme papi Dani.

Et là, c’est le drame. Un moment d’égarement. Une maladresse. Un tweet presque passé inaperçu mais aux effets ravageurs. Les réseaux sociaux ne sont-ils pas le fléau principal du football moderne ? En attendant la réponse de Serge Aurier, nous allons nous recentrer sur un sujet plus important : un joueur de football peut-il être un amateur de football ? Ma réponse est oui. Un joueur du Paris Saint-Germain peut-il impunément manquer de respect à ses supporters et indirectement à son propre club ? Ma réponse est non. Oui, Thomas Meunier, tu as le droit d’apprécier ce tifo des supporters marseillais et la ferveur des travées de l’Orange Vélodrome en ce soir de demi finale européenne. Le tweeter était malhabile et tu as de suite compris ton erreur en le retirant. Ton refus de t’excuser, ce qui est ton droit, à réveiller les rivalités et les haines les plus vivaces, tu en as payé le prix sur les réseaux et lors de ton entrée sur le terrain contre Guingamp. Sujet clos, pouvions nous croire, mais au Paris SG lorsqu’une brindille étincelle elle se transforme vite en brasier incontrôlable.

Comme-ci tout cela n’existait pas

Ton interview après Amiens – PSG est une bûche qui aurait du rester à la remise. Serais-tu en train de préparer ta sortie ? Si c’est le cas, la porte est ouverte. Si ce n’est pas le cas, la porte peut aussi s’ouvrir, n’hésite pas. Cette question ne m’intéresse déjà plus. Les joueurs passent et les déceptions font partie de notre vie de supporters. J’y perçois une autre vérité dérangeante qui m’interpelle beaucoup plus. Tu es tout seul dans ton navire, lequel est en train de couler. Aucun soutien public du club. Aucune prise de position de tes dirigeants. Comme-ci tout cela n’existait pas. L’origine de ce malentendu n’est pourtant pas à chercher plus loin. Le Paris Saint-Germain ne sait pas comment se comporter avec ses supporters, pas seulement ceux qui chantent dans le Virage, mais aussi tous les autres, ces dizaines de milliers d’âmes pour qui le PSG est tout depuis 48 ans et qui essaient de se persuader que ce Paris SG post 2010 est toujours le même.

La ridicule communication autour du retour contre le Real Madrid, « Ensemble on va le faire », en est la preuve. Bien-sûr que nous le ferons ensemble, mais ce n’est pas un appel au peuple qu’il faut faire. Le peuple sait répondre de lui-même quand il le faut, sans qu’on lui demande. Faut-il juste lui en laisser la possibilité. Les supporters du Paris Saint-Germain ont prouvé depuis sa création qu’ils en étaient une composante indispensable et un soutien infaillible dans les plus belles victoires et les pires difficultés. Certes ce soutien a été cassé un soir de 2010, mais ce ne sont pas les supporters qui ont quitté leur Parc. Ils en ont été chassés. Sortir les rames marketing pour les faire revenir est inutile. C’est au Paris Saint-Germain de respecter son histoire. C’est au Paris Saint-Germain d’inculquer à ses composantes la connaissance de ses origines et de sa légende. Le Paris Saint-Germain n’a pas besoin d’aller chercher l’adhésion de ses supporters. Il doit juste les respecter, et ensemble on le fera, sans autre discours de pacotille.

Il ne faut pas avoir la mémoire sélective

Chaque nouveau joueur, chaque nouveau salarié, jusqu’au plus haut de l’institution, chaque apprenti au centre de formation devrait avoir des cours de « Paris Saint-Germain Football Club » lors de son arrivée au club ! En connaitre la création, son parcours, ses plus grands matchs, ses années aux sommets, ses galères en fond de classement, ses plus illustres joueurs, et aussi l’histoire de ses tribunes, de ses supporters, leurs plus beaux tifos, leurs pires cauchemars. Comment porter un maillot et en défendre les couleurs lorsqu’on croit que Zlatan est le meilleur joueur à avoir foulé la pelouse du Camp des Loges , que la Remontada est l’unique catastrophe sportive, que la victoire au bout de la prolongation à Chelsea est la plus forte émotion, que les plus grands rivaux sont le Real ou le Barça et que les membres du Collectif Ultras Paris sont les seuls supporters du club ?

Le Paris SG d’aujourd’hui ne cesse de battre des records, ne pouvant se contenter de simples victoires dont la facilité apparente laisse un arrière goût un peu fade. Surpasser les traces du passé ne doit pour autant pas les effacer, mais les renforcer. Etre un grand club est dans l’air du temps, mais la grandeur n’est possible qu’en se basant sur ses fondements. Ecrire un avenir pimpant doit être un éloge aux quarante premières années du club. Pour réussir, il ne faut pas avoir la mémoire sélective.

Thomas Meunier, tu ne dois rien à personne ? En es-tu bien sûr ? Je crois au contraire que tu dois beaucoup au Paris Saint-Germain, à son histoire et à tous ses supporters. Dommage que le Paris Saint-Germain lui-même ne t’accompagne pas dans cette démarche…

Ensemble, on peut le faire.


Benjamin Navet

Ultra déçu

« Nous, on a tout fait pour nos supporters, je pensais que nos supporters voulaient rester avec nous dans les moments difficiles comme dans les grands matches, je vais parler avec mon management parce que je ne suis pas content du tout de cette ambiance. Je suis très fâché de ça. » déclarait Nasser Al-Khelaïfi le 16 avril dernier.

Notre président n’est pas content de ses supporters…Les bras m’en tombent…Sa déclaration, en plus d’être un peu puérile, montre bien à quel point effectivement l’incompréhension entre le PSG et ses supporters s’écrit avec un L majuscule.
Comment le président peut-il à ce point méconnaitre la situation du PSG vis-à-vis de ses supporters ?
Est-ce par manque d’intérêt ? A priori non puisqu’il semblerait qu’il soit un des artisans du retour des ultras (contre une majorité au club).
Est-ce par manque de connaissance sur un public populaire ? Surement.

Cher Nasser, je vais donc me permettre de vous expliquer un petit peu la situation aujourd’hui. Peut-être que cela vous donnera des idées pour conquérir un VRAI public de supporters.

Je ne vais pas refaire l’histoire de nos tribunes, ceux qui sont intéressés par le sujet la connaisse, mais pour en arriver aujourd’hui à cette déclaration il faut quand même remonter minimum 10 ans en arrière…

Un appel à « l’union sacrée »

Fin de saison 2008, le PSG est au plus mal et joue son maintien en L1. Le club ne survivrait pas à une descente en L2. Pourtant de défaites en désillusions, l’impensable semble inéluctable…Même si comme souvent dans ce cas-là ça part dans tous les sens au club, même si les supporters sont au bord de l’explosion, le président de l’époque Monsieur Cayzac, dirigeant historique et vrai amoureux du club, lance un appel à « l’union sacrée ». La vraie. Celle qui fait que peu importe les griefs, peu importe les rancœurs, la rage ou la haine, peu importe le reste, la seule chose qui compte c’est le club et son maintien.
Que tous ceux qui aiment le PSG se réunissent pour soutenir les joueurs. On connait la suite. Le club se sauve, les joueurs remercient officiellement les supporters, conscients de l’importance qu’ils ont pu avoir.
Tous unis derrière nos couleurs. Ce sera la dernière fois…

A peine deux ans plus tard, la situation vire au drame. Irréel, Inacceptable, Intolérable. Un supporter tombera sous les coups donnés par de soi-disant autres supporters du PSG. Il aurait été intéressant de savoir comment une centaine de fascistes bras levés, chantant des slogans nauséabonds ont-ils pu faire le tour du Parc des Princes, en passant devant des cordons de CRS immobiles ? Pourquoi ces mêmes CRS sont-ils restés de trop longues minutes à regarder les échauffourées devant la tribune Auteuil avant d’intervenir ? Bref, ce n’est pas le sujet du jour. (Quoique)

La stupide guéguerre qui dure depuis des années entre une minorité d’Auteuil et de Boulogne a dégénéré. Les choses ne seront plus jamais comme avant quoi qu’il arrive et il faut mettre fin aux passe-droits de ceux qui salissent le club depuis trop longtemps.

13000 abonnés qui seront condamnés

Ce drame donne un blanc-seing à la direction du club et aux autorités (in)compétentes pour supprimer tous les ultras (les bons comme les mauvais). Sous l’étendard brandi de la sécurité, tout semble permis. Propagande médiatique, rafles, sanctions disproportionnées…
Plutôt que de sanctionner les vrais fauteurs de troubles, ce seront 13000 abonnés qui seront condamnés coupables et sans procès.
Des personnes abonnées depuis les débuts du club, des familles entières, des personnes de tout âge, sexe, milieu social, des personnes qui ont tout donné pour ce club, se sentent, à juste titre, trahis, abandonnées, spoliées, cocufiées, sacrifiées…
Ce sont ces personnes-là qui manquent aujourd’hui au Parc des Princes pour retrouver un vrai lien, un vrai amour, une vraie fidélité et une vraie ambiance…

La suite vous la connaissez, un stade qui se vide, puis qui se remplit avec l’arrivée du nouvel actionnaire. Au gré des exploits de Zlatan et ses coéquipiers le Parc fait le plein mais reste désespérément silencieux. Vous décidez donc d’autoriser de nouveau des ultras, la différence se fait rapidement sentir. Cependant, nous sommes encore très loin des chaudes ambiances connues autrefois. Les nouveaux sont jeunes et plein de bonnes volontés mais ne bénéficient pas de l’expérience des plus anciens. Or ça se voit.

Ce public existait il y a moins de 10 ans

Vous voulez un public fidèle dans les bons et surtout mauvais moments ? Un public dont l’objectif est d’abord d’encourager sans relâche les joueurs plutôt que de chercher à faire de jolies vidéos à poster sur les réseaux sociaux ? Ce public existait il y a moins de 10 ans, et existe toujours aujourd’hui, même si une partie a préféré tourner définitivement la page devant tant d’injustices.

Président quand vous irez voir votre management, dites-leur que si on veut rêver plus grand, le club aurait bien besoin d’une « union sacrée » en tribune et qu’il serait peut-être temps que le club présente ses excuses à ces abonnés innocents en leur proposant de revenir au parc.

La passion et la fidélité comme vous le constatez ne s’achète pas. Ce public populaire existe mais n’est plus le bienvenu au parc.

Si vous ne voulez plus être fâché de célébrer un titre de champion de France dans la quasi indifférence du Parc des Princes après une victoire 7 à 1 face à l’ancien champion, à vous de prendre réellement les choses en main.

Mais peut-être sommes-nous en train de rêver trop grand ?…


J.J. Buteau

On a les supporters qu’on mérite ?

Cette année plus que jamais notre club est détesté et jalousé par beaucoup.
En cette fin de saison nous avons droit à des sorties médiatiques
tout simplement surréalistes de la part de pseudo spécialistes.


En effet, certains médias que je ne nommerai pas, se posent la question de savoir si le PSG a raté sa saison ou encore si Neymar est un flop…
Le simple fait de se poser ce genre de questions est déjà tout simplement hallucinant tellement cela transpire la bêtise et la mauvaise foi…
Le pire étant certains soit disant supporters du PSG qui répondent oui ou « dégage Neymar« …

Cerise sur le gâteau, selon toujours les mêmes, l’OM aurait une fin de saison bien plus excitante à jouer que le PSG…
Que ces pseudos supporters retournent une nouvelle fois leur veste et aillent supporter l’OM. Si jouer une demi d’Europa League contre le terrible Red Bull, et batailler en championnat pour finir 2ème plutôt que 4ème en battant les terrifiant chiots du LOSC, les excite tant, allez-y !
Si vous préférez avoir une charnière Rami/Rolando, des stars nommées Payet/Thauvin (qui se font des mamours pour tirer un pénalty. Hou le méchant Neymar) avec un serial buteur nommé Mitroglou, la porte est grande ouverte !

Je ne suis toujours pas blasé

Pour ma part c’est avec délice que j’ai assisté à la démonstration du PSG face au champion en titre et que j’attends avec plaisir d’assister à la levée de notre 12ème coupe de France, qui va rejoindre pour l’année 2018 notre coupe de la ligue et le trophée des champions.
Personnellement je ne me lasserai jamais de gagner des titres, j’ai vécu la première coupe de 1982 et toutes celles qui ont suivi, le premier titre de champion de 1986, la première coupe de la ligue dans le quasi anonymat du parc en 1995, et bien-sur l’apothéose à Bruxelles en 1996 mais je ne suis toujours pas blasé. Sûrement parce que j’ai connu aussi toutes les finales perdues, les 7 ans entre 1986 et 1993 où la vitrine à trophées est restée désespérément fermée… Que ce fut long.

Mais aussi parce qu’en 1988 et en 2008 on a tremblé pour ne pas descendre, alors quand 10 ans plus tard, je vois à quel point on est passé quasiment de la fin du club à un top européen, non je ne peux pas banaliser une saison comme celle-là où l’on met 2 fois 3 – 0 à l ‘OM en une semaine, où on a mis quelques roustes à des clubs qui par le passé se faisait un plaisir de « se faire le PSG« , où l’on est parti pour battre le record du nombre de points, voire de buts. Titiller le record du Racing qui date d’une autre époque, c’est juste incroyable en soit.
Quand on a connu trop de joueurs qui ne méritaient pas de porter nos couleurs (que je ne nommerai pas encore une fois) , je me délecte de la rage de Cavani, du génie de Neymar, des gestes fous d’un Di Maria ou d’un Pastore, de la folie (pas toujours) maitrisée d’un Verratti, de l’éclosion d’un Lo Celso ou d’un Kimpembé, ou de la classe d’un Silva qui reste un des meilleurs au monde à son poste.

Il faut arrêter d’envier les autres

Tout n’est pas parfait non c’est vrai. Mais quel club l’est ? Le Real Madrid double champion d’Europe, mais qui risque de ne rien gagner cette année ? Le Barca qui a vécu la Roma-tada ? Le Bayern que l’on a battu au parc ? La Juve qui n’est pas encore championne et qui a dit aussi au revoir à la LDC ? Le City des cousins qui galère depuis plus longtemps que nous à aller loin en LDC ?

Bref, ce long billet pour dire qu’il faut arrêter d’envier les autres, qu’être supporter du PSG c’est une chance incroyable de nos jours et qu’il faut en prendre conscience.
Malheureusement, depuis la première lame de l’infâme plan Leproux et ensuite la deuxième couche avec l’arrivée des Qatari il semble que l’on ait les supporters qu’on mérite…

Mais ça c’est encore une autre histoire…

La VAR* m’a tuer…

« Le football n’est pas une question de vie ou de mort,
c’est quelque chose de bien plus important que cela. »


Soyons clair tout de suite : la vidéo dans le foot va le tuer, je vous l’écris, je vous le crie.
Quelle mouche pique donc tous ces footix ou vrais amateurs pour décréter que soudainement le football doit ressembler aux mathématiques ou à la justice ?
Le football, c’est la vie et la vie c’est injuste parce que c’est humain.

Qui peut penser une seule fois que la légende du football va s’écrire à coups de « replay video » et autres « appels au 4ème arbitre » ?

Qui peut penser une seule fois que la ferveur qui embrase une enceinte de quelques dizaines de milliers de personnes venu assister à un spectacle dont personne ne connaît le scenario va s’entretenir à coup de pauses, d’atermoiements et règles à calculer qui me font déjà frémir d’horreur ?

De quoi tuer la légende

De quoi est faite la légende du foot ? De sueur, de génie et d’injustice pardi et même parfois de tout cela en l’espace de quelques minutes.
– France vs RFA 82 : le génie français et l’injustice Battisto-Schumacherienne.
-Argentine vs Angleterre 86 : Diego génie et démon en 3 mn.
– Angleterre vs RFA 66 : elle est rentrée cette p.. de balle de Hurst ? On ne le sait toujours pas 50 ans après mais on en débat toujours.
– Benfica vs Marseille 90 : la main de Vata qu’il n’avait pas gardé pour pisser fait encore rager le vieux port.
– PSG vs OM 97 : combien de fans parisiens maudissent Ravanelli d’avoir voulu leur apprendre l’auto croche patte.

Bref, on pourrait en citer jusqu’à plus soif des exemples. Ces exemples qui font que le foot est un sport humain fait par des humains et arbitré par des humains. Et les humains, ça se trompe et ça débat 100 ans de ses erreurs avec toujours plus de passion et c’est cela qui crée le lien.

On ne finira jamais de parler de centaines d’erreurs d’arbitrage qui ont plus fait pour la légende du football que bien des exploits de Merckx ou de Borg dans leurs sports respectifs.

Le jeu est beau, le jeu est simple, les règles sont immuables et peu nombreuses et un hommes arbitre d’autres hommes : l’équation du foot est limpide et lui garantit depuis des décennies une popularité universelle inégalée et inégalable au point que le FIFA compte plus de membres que l’ONU.

La beauté du foot c’est que rien n’est écrit et que quand les choses s’écrivent devant nos yeux, rien ne peut les effacer pour les remodeler.

Sa vérité c’est ce qu’en font les hommes qui le font : les joueurs par leur talent, leur abnégation, leur engagement, leur volonté mais aussi les arbitres par leur autorité, leurs décisions, leur vista mais aussi …leurs erreurs.

Bref le foot c’est la liberté et la liberté c’est aussi de se tromper. Si on n’accepte pas cela, on accepte pas l’essence du foot ; les joueurs font des erreurs qui font le jeu, les arbitres aussi.

Le monde sera dévoré par l’ennui

Alors avec la vidéo, ca va être super, on va pouvoir aller pisser même après un but le temps de savoir si il est valable ou pas, on va être ravi de savoir que Jean Michel était hors jeu de 24 cm et que, encore heureux, on s’en est rendu compte, on va adorer la perspicacité de Bernard en tribune devant sa télé devenu le vrai arbitre d’un match de foot.
Et après demain, il n’y aura que 2 couleurs de maillots sur le terrain, car après tout pourquoi se faire chier avec un arbitre si les capteurs et autres caméras font la loi.

L’intelligence artificielle au service du foot en somme.

Et bien vous savez ce qui se passera à ce moment là et même avant : on se fera chier !

Mais on se fera tellement chier qu’on se demandera si le Handball ne mérite pas plus d’intérêt que cela, qu’on se rabattra peut être sur la ligue des champions de Hockey sur Gazon si palpitante et si incertaine. Car si l’incertitude du sport existe c’est d’abord dans le jugement des hommes sur leurs propres actions y compris sur un terrain de foot.

Et le pire c’est qu’on retrouvera sans doute le plaisir du foot dans les matchs de district qui, ironie du sort, ne pourront pas se payer la technologie du monde meilleur.
Parce que vous aurez bien compris que la vidéo creusera encore le fossé entre le football d’en haut et celui d’en bas. Vous allez me dire que c’était déjà le cas ? Peut être mais il restait une constante sur tous les terrains du monde : 22 joueurs et 3 arbitres qui n’ont que leur bites et leurs couteaux pour gérer l’histoire.

Ne rien changer pour que tout change

Les pisse-froids me répondront : mais alors que faut il faire pour faire rentrer le football dans le 21ème siècle si c’est sans la vidéo ?

Et bien… rien.

Car ne rien changer est le meilleur moyen de conserver ce lien universel entre les passionnés de foot du monde entier et les stars du ballon rond qui les font rêver.

Si il y a un seul aspect sur lequel la vidéo peut être utile et elle l’est déjà, c’est pour punir les tricheurs et les bouchers. Mais on ne refait pas un match pour autant et ce serait bien là la seule concession acceptable.

A t-on imaginé demander à Angus Young de rejouer un morceau si, après vidéo, on s’était rendu compte qu’il avait foiré 2 notes dans son solo ? Et bien le foot est un spectacle voire un art, pas une science, il obéit aux mêmes règles et ne doit pas en changer.

Leave Me The F… Alone !!!!

Si la vidéo triomphe, je prédis à ces pauvres comptables du football qui s’en réjouiront, le châtiment qu’ils méritent : le football se vengera, les abandonnera et leur amour de ce jeu les quittera.

Michel (Platini pas Sardou) disait «  Le football c’est une question d’intelligence » de celle qui laisse entrer 22 joueurs et 3 arbitres sur un terrain pour créer ensemble, l’espace de 90min, des règles de vie en communauté. Foutez leur la paix ….

*VAR : Video Assistant Referee : le joli nom de l’arbitrage vidéo donné par la FIFA


Olioud

Oh! mon Fumi

Le football populaire part en fumée, aseptisé par les organisateurs de ce bal des hypocrites, soutenus par les moralisateurs complices, tous ceux qui craignant de faire fondre la chantilly sur leurs gâteaux d’anniversaire ont remplacé les bougies par des flammes led. A ceux là, je leur pose la question : la saveur de l’artificiel est-elle la même sans l’odeur de l’artifice ? No Pyro, No Party


Nous sommes à la 47ème minute du match Paris Saint-Germain – Real Madrid, le 6 mars dernier. Les viragistes d’Auteuil craquent deux lignes d’une cinquantaine de fumigènes pour faire monter la température d’une soirée humide et glaciale. L’arbitre interrompt la rencontre pendant près d’une minute alors qu’Angel Di Maria s’apprête à tirer un corner dans la surface de réparation opposée, cassant le rythme et la pression parisienne. La fumée ne gêne pas la visibilité, excepté pendant quelques dizaines de secondes dans le Virage. Aucun engin pyrotechnique n’est lancé sur l’aire de jeu. Quelques minutes plus tard, alors que leur équipe en infériorité numérique vient d’égaliser, redonnant un élan d’espoir dans une rencontre inconsistante, les mêmes fans parisiens célèbrent le but par un nouveau craquage massif. L’homme en noir et jaune, fidèle à ses décisions, décide de ne pas relancer le match tant que les fumis colorent la tribune. Les consignes lui viennent de l’UEFA, laquelle n’aime pas les artificiers. Son choix est clair: pyro, ou party !

Le bal des pompiers

Ce slogan favori des Ultras à travers le monde n’est pas nouveau. La guerre des instances contre les supporters pyromanes est déclarée depuis longtemps, trop longtemps pour avoir prouvé son inefficacité. Avant de lâcher les obus et de cracher du feu, posons-nous cette question cruciale : à quoi servent les fumigènes dans un match de football ? A rien, répondent les spécialistes du ballon rond depuis leur poste de commentateur. C’est dangereux, on peut se brûler. C’est dérangeant, la fumée dégagée empêchant une bonne visibilité du terrain pendant quelques minutes pour les spectateurs et surtout les téléspectateurs assis sur leur canapé douillet. Oui, ils ont raison. En soi, un fumigène ne sert à rien dans le jeu football. Pour certains, c’est un fléau. Pour d’autres, c’est juste anecdotique. En réalité, c’est bien plus que ça. Sa valeur symbolique est inestimable.

Pierre angulaire du folklore des tribunes

Le fumigène est aux supporters ce que le cierge est aux croyants à l’église, un objet sacré, dont les différentes utilisations répondent à plusieurs fonctions. Rite initiatique pour les plus jeunes, il est l’un des principaux emblèmes de la culture Ultra. Il est la pierre angulaire du folklore des tribunes, une tradition qu’essaient de perpétuer les générations actuelles, malgré les interdictions. Il donne des couleurs à la fête, il agrémente l’amusement, il étincelle des travées parfois bien mornes, il fait scintiller les animations d’avant match, il célèbre un but, un match particulier, l’anniversaire d’un groupe. Flamme funèbre, il rend hommage à nos disparus, joueurs, dirigeants et supporters. Il sert parfois de moyen de contestation. Il est le parfait instrument de provocation. Un fumigène, c’est festif, c’est solennel, c’est sulfureux, ca sent le soufre au propre comme au figuré. C’est la quintessence de l’esprit Ultra.

Come On Baby Light My Fire

Les autorités n’aiment pas la fête, quand ce n’est pas elles qui l’organisent. Perdre le contrôle, quelle perspective atroce dans ces stades purifiés de toute aspérité. S’attaquer aux fumigènes est une allégorie, cela revient à s’attaquer aux supporters Ultras, aux supporters actifs, à ceux qui font du bruit et instillent de la couleur dans nos tribunes, à ceux qui ne sont pas dociles, à ceux qui ne restent pas sagement assis. Rares sont ceux qui craquent un fumigène assis sur leur siège. La manœuvre est fourbe. L’hypocrisie des instances pénales et sportives est intéressée. Point de dialogue, qu’une seule réponse donnée, la répression et la sanction. La chasse aux craqueurs est ouverte. Elle est surtout très lucrative. Un slogan de la Ligue de Football Professionnel ou de l’UEFA pourrait être le suivant: « craquez vos fumis, notre caisse se remplit« . Celles des clubs fondent au gré des amendes.

Exprès pour punir leurs dirigeants

En Champions League, l’UEFA sanctionne à hauteur de 500€ par fumigène. L’addition du Paris St-Germain pour le match retour contre le Real Madrid lui a valu la modique somme de 43000€, soit d’après les calculs, une facture pour 86 engins allumés. Une extraordinaire rentrée d’argent sans aucun investissement, un ROI parfait ! Est-ce efficace ? Les fumis cessent-ils ? Non, puisque les clubs sont tributaires de leurs supporters, lesquels ne demandent en général pas leur avis à leur Président avant d’embraser leur tribune, quand ils ne le font pas exprès pour punir leurs dirigeants ! Du côté des instances, le racket organisé est bien rôdé. Les clubs ne sont bien-sûr pas les seuls à prendre cher. Les supporters fautifs sont logiquement sanctionnés. La politique du chiffre peut alors se mettre en place. Les arrestations, parfois arbitraires, remplissent les procès-verbaux d’interdictions administratives ou judiciaires de stade. La Division Nationale de Lutte contre le Hooliganisme légitime ainsi ses actions et son efficacité. Les statistiques sont formelles. Amis adeptes du fumi, vous êtes des hooligans.

Jérôme, ce hooligan

La comparaison est ridicule. L’énoncer est une absurdité. Pourtant, certains osent. Ils se fourvoient, mais la loi est de leur côté. La législation n’a cure des définitions. Quelques mois après le mémorable PSG – Caen du 28 août 1993, la Ministre des Sports Michèle Alliot-Marie promulgua une loi anti-hooligan, dans laquelle les fumigènes trouvèrent bonne place, à l’article 42-8. En 2006, l’article L332-8 du Code du Sport renforça la mesure. Toute personne introduisant – ou tentant d’introduire -, détenant ou faisant usage de fusées ou artifices de toute nature est passible d’une amende de 15000 euros, de trois ans d’emprisonnement et pire encore, de cinq ans d’interdiction de stade. Pourtant, ce soir là, les hooligans parisiens n’utilisèrent aucun fumigène. Cet objet n’est pas dans leurs habitudes. Seule une chaussure fut lancée de leur tribune. L’unique trouble olfactif provint des gaz lacrymogène des CRS. Vingt-cinq ans après, les hooligans ont quasiment tous disparus des tribunes françaises. Les fumigènes, en revanche, font de la résistance.

L’illustration idoine d’un football passionné

La fourberie des puissants a ses rouages qui naviguent des services comptables aux directions marketing. Les plaquettes de communication et autres bandeaux publicitaires des clubs, des médias et même des Ligues font étalage de photos avec des fumigènes. Les premiers à les condamner sont bien souvent les premiers à les utiliser pour leur propre promotion ! Pourquoi ? Cela pourrait paraître contradictoire. Pas du tout, détrompez-vous. Ces images sont festives, esthétique, colorée, c’est l’illustration idoine d’un football passionné et populaire, d’un stade plein de vie, d’une ambiance chaude. Vous l’aurez compris, tous sont finalement d’accord avec les Ultras. Le fumigène, c’est culte.

La fumette, ça date pas d’hier

Son interdiction et la pénalisation sont autant de défis pour les supporters. Ils doivent utiliser les plus fins stratagèmes pour les faire rentrer dans le stade. Ils n’hésitent pas à forcer l’accès à certaines tribunes pour limiter les risques liés à la fouille. Ils utilisent des camouflages pour ne pas se faire repérer lors du craquage. Ils sont obligés de se cacher, puis de jeter très vite le fumi allumé. Autant de menaces pour la sécurité de tous. Les stewards sont sommés d’intervenir, créant des mouvements de foules pour se saisir des artifices ou interpeller les contrevenants, à l’encontre de toute logique sécuritaire. La lutte contre les fumigènes a aussi ses injustices. Des sanctions collectives sont parfois proclamées pour punir les agissements de quelques-uns. Des huis-clos de tribune entière viennent sanctionner de plus en plus l’utilisation de fumigènes faite par une poignée d’individus. Suite à ce PSG – Real Madrid, le club parisien a écopé d’un match à huis clos pour son Virage Auteuil lors de sa prochaine rencontre à domicile en Ligue des Champions, c’est à dire 6000 personnes sanctionnées. Ces mesures sans distinction sonnent comme une triste et alarmante spécialité des mesures anti-supporters…

Un dialogue entre tous les acteurs

A chaque problème existent des solutions. Calculatrices, les instances ont clairement choisi la répression aveugle. Une autre voie pourrait être un dialogue entre tous les acteurs, clubs, ligues, autorités policières et bien évidemment supporters, afin d’installer un débat constructif autour d’une utilisation festive et sécurisée de la pyrotechnie dans les stades. Ce dialogue est une réelle volonté des associations de défense des supporters, bien que certains parmi les plus extrêmes dans la Mentalité Ultra accepteront difficilement cette conciliation et cette acceptation d’une utilisation contrôlée et encadrée. Les autorités le savent bien. Elles en jouent en les interdisant, préférant entretenir la confrontation plutôt qu’instaurer un climat de concertation.

Petit barbecue entre amis

Legalize Fumi ?! Une collaboration intelligente pourrait permettre des résolutions acceptables par tous. Régler le problème en légalisant la fumée des fumis peut sembler un projet ambitieux un brin provocateur. Est-ce réellement impossible ? Les véritables contraintes identifiées sont la chaleur, les éclats et la fumée qui peut être dérangeante pour les voies respiratoires de certaines personnes. Autoriser des fumigènes à la chaleur limitée et à la fumée inoffensive est il inconcevable ? Cela n’empêcherait pas d’interdire les artifices dangereux, fusées éclairantes, feux de Bengale, feux d’artifices, objets détonants parmi lesquels pétards ou bombes agricoles. De même, il est évident que le jet de fumigène doit être interdit et fortement condamner. Il apparaît tout aussi pertinent d’encadrer et d’accompagner une utilisation positive des fumigènes.

Ne tuez pas nos tribunes

En poussant la coopération entre supporters, clubs et instances, on pourrait également concevoir dans le stade et en tribune des zones spécifiques d’utilisation des fumigènes, en totale transparence, avec une communication en amont du match. Des solutions médianes sont ainsi possibles. Faut-il que chacun y mettent de la bonne volonté.
Ne tuez pas nos tribunes en sacrifiant la festivité coutumière sur l’autel de la sécurité outrancière. La passion n’a rien d’artificielle. Les canons à confettis ne suffisent pas à réchauffer les cœurs et à faire monter la température.

Liberté pour les fumis !!


Benjamin Navet

La Haine

Mercredi matin, 8h57. Il pleut sur Montreuil. Un ciel gris écrase tout.
Mon fils me serre fort avant de rejoindre son école.
Il est triste parce que je suis triste.

Son regard dit tout : Mon fils aimerait pouvoir inventer une machine à remonter le temps, pour que le PSG s’offre une nouvelle chance d’y croire. Et que son père relève la tête et desserre les poings.
Rien que pour ça, je hais notre équipe.

IMPARDONNABLE.

C’est le seul mot valable ce matin.
Paris ne fait jamais les choses à moitié. Jamais !
On ne se contente pas de gagner ou de perdre. Il y a toujours quelque chose qui vient se greffer à nos exploits, qu’ils soient positifs ou violemment négatifs. Là, ce n’est pas uniquement une qualification qui s’échappe. C’est le Qatar qui vacille, c’est Unai qui s’en va, c’est le cimetière indien qui revit, c’est Neymar qui convoque son avocat au coup de sifflet final (peut-être même dès la mi-temps…), c’est le début de la fin. Paris fait le pire match au pire des moments. Bien sûr. La remontada, c’était encore autre chose, c’était presque magique. Alignement des planètes incroyable, soirée maudite, c’était autre chose.

Hier, Paris a tout confirmé

Hier soir, Paris avait mal au ventre, les jambes qui tremblent, les nerfs à fleur de peau, la passe lourde, le tir fantôme… Hier, Paris a tout confirmé.
Il était interdit de jouer ce match comme nos joueurs l’ont joué. Nous sommes tombés dans tous les panneaux. Et il n’y a qu’une seule question à poser aujourd’hui: Pourquoi le PSG qatari perd systématiquement tous ses moyens les soirs où il doit écrire l’Histoire ?

Inutile de parler de l’indigence technique, de l’absence d’occasions, de la médiocrité de nos joueurs (Rabiot jouait avec une couche, Marco et Edinson ont craqué comme des pucelles, Angel a fait du Angel quand il est assuré d’être titulaire, Kylian a dribblé beaucoup de promesses…), de la blessure de Neymar. Non. Pas la peine. Il faut simplement répondre à cette question. Ou se taire à jamais.

Les médias vont pouvoir s’en donner à coeur joie. Je valide même le titre de l’Equipe, “Tout ça pour ça”. Moi, j’aurais opté pour “Modrić en Doudoune”… Nos ennemis journalistes vont remuer la merde, ils vont s’enivrer de débats cruels, de prévisions vertigineuses, ils vont pointer du doigt, ricaner en direct… Ils auront raison.

Paris a oublié sa propre devise

Je repense ce matin aux propos de Verratti cet été qui souhaitait un recrutement plus ambitieux… Voilà où nous en sommes en mars 2018. Nos petits garçons ont encore rajeuni. Ils étaient minuscules et perdus sur cette pelouse admirable. Ils ont tout raté, tout trahi. Après la mascarade marketing et les clips ridicules où Joey Starr, Pascal Elbé et quelques autres personnalités opportunistes et de troisième zone ont tenté de nous faire croire que l’union sacrée, c’était maintenant (on ne s’achète pas un public d’ultras comme on achète une star brésilienne), Paris a oublié sa propre devise, Paris a sombré. Et contre un Real tranquille, comme à l’entraînement. Même l’arbitre n’a pas eu besoin d’en faire des tonnes. Nous n’étions pas là. Nous n’étions personne. Nous avons échoué.

Seuls ces nombreux fumis dégainés pendant le match ont réchauffé mon coeur. Josse et Bravo avaient beau trembler devant cette pyrotechnie vandale, craindre les sanctions de l’UEFA, moi, j’ai jubilé parce que ces fumis ont été hier la seule preuve de vie au Parc. Je ne parle pas du tifo géant représentant la coupe aux grandes oreilles… Une arrogance déplacée, presque idiote.

Sincèrement, cette qualification, je n’y croyais pas vraiment. Je nous voyais gagner (ça aussi, ils vont nous le mettre dans la gueule et en boucles encore : première défaite au Parc depuis la mort de Vercingétorix) mais pas passer. Un 3-2 ou un 2-1, un truc dans le genre. Je nous avais imaginés fiers, courageux, déterminés, efficaces. Et nous n’avons rien fait. Nous avons accepté de nous soumettre, d’entrée. Nous avons piétiné le rêve, l’avenir, le football également.

Et si Neymar ? Et si, et si, et si… Non !!! S’il avait été là hier, pas sûr que ce se soit passé différemment. Aux Abonnés absents. Tous! Même les blessés, même le banc. Il n’y avait rien. RIEN !

On endosse la panoplie du bouffon

J’ai beau essayé là, tout de suite, de deviner la suite, de relativiser (le mot dégueulasse), de me dire que cette catastrophe va nous aider à grandir comme il faut, un mal pour un bien, ce genre de mantras à la con qui te permettent de tenir le coup les lendemains de naufrage, je n’y parviens pas. C’est un gâchis total. L’Europe nous attendait au tournant. Et une nouvelle fois, on endosse la panoplie du bouffon. Il y a longtemps, nos dirigeants avaient fait appel à Noah pour motiver les troupes. Qui convoquer aujourd’hui ? Booba ? Pierre-Ambroise Bosse ? Casimir ?

Messieurs les joueurs, n’écoutez pas les mauvaises langues et les esprits corrompus dans les prochains jours. Non, de gagner le championnat et les deux coupes nationales, ça ne sera ni normal, ni un moindre mal. Les vrais supporters s’en contenteront, en attendant le tirage au sort l’été prochain. Ne l’oubliez pas. Vous rêviez de ligue des champions mais vous n’avez pas le niveau alors, contentez vous d’être encore les rois des faibles, acceptez ce trône en carton et défendez le jusqu’à la mort. Acceptez les sifflets du Parc je l’espère dès ce samedi. Acceptez les parce qu’ils seront la preuve de notre amour.

N’écoutez pas les vannes sudistes (il leur fallait au moins cette élimination pour commencer à oublier les deux sodomies récentes au Parc), ne croyez pas Zidane quand il plastronne devant les micros (lui aussi va connaître les délices du Pôle-Emploi quand son équipe tombera en quart ou en demi). Relevez la tête. Achetez vous des burnes. Souffrez comme moi je souffre aujourd’hui. Posez un genou à terre et demandez pardon à mon fils surtout. Sa tristesse est votre honte.

PSG4LIFE


Jérôme Reijasse

Ici c’est Paris

Dans des journées qui ne ressemblent pas aux autres,
dans des instants comme celui-là, il est parfois utile de puiser au fond des choses pour prendre conscience de l’importance du moment.


Aujourd’hui nous sommes confrontés à notre destin.
Aujourd’hui l’histoire s’écrit avec un grand H, et pas celui de Hatem hélas.
Aujourd’hui, et plus que l’année dernière, nous sommes à la croisée des chemins.
Car nous avons investi l’Europe dans tous les sens du terme. Financièrement déjà mais aussi parce que nos joueurs, notre club et nos supporters se sentent investis d’une mission.
Une mission presque sacrée.
Une mission pour exister, pour écrire le nom de Paris sur la carte de l’UEFA.
Pour imposer une évidence.
Nous sommes là, nous sommes près. Devant la planète entière.
Quoiqu’il advienne.

Personne ne connait l’issue de ce match. Quoique.
Tout le monde espère l’exploit.
Tout le monde sait que les madrilènes passeront le match à se rouler par terre.
Tout le monde se doute que l’arbitre aura du mal à être impartial.
Pourquoi ? Parce qu’il aura Ramos et Ronaldo sur le dos tout le match.
Les Zorro et Bernardo des temps modernes.
Tout le monde sait qu’un probable penalty douteux peut nous renvoyer à nos chères, très chères études.
Oui un truc dégueulasse, injuste, cousu du fil blanc du maillot du Real.
Un truc qui ressemble à ce qu’on appelle le réalisme, l’expérience, le cynisme.
Bref tout ce qui ne nous ressemble pas. Non.

Qui suis-je pour écrire ces lignes ?
Un simple supporter.
Un lambda au milieu du Parc.
Un garçon qui a besoin d’un exutoire pour faire passer sa passion et ses émotions.
Un exutoire qui s’appelle Virage.
Un site qu’il a monté avec d’autres ami(e)s tout aussi passionnés par ce club et ces couleurs.
Une aventure collective qui grandit à chaque match, à chaque exploit, à chaque désillusion.
Et aujourd’hui, cet exutoire prend tout son sens.
Je ne sais pas pourquoi, mais en ce mardi 6 mars 2018, je me dis que ce site mérite encore plus d’exister.
Car je peux vous écrire. A toutes et à tous.
Parce que j’ai l’impression que l’on se comprend même si on ne se connait pas.
Vous dire qu’on va peut être le faire, allez on va le faire !

Et vous rappeler aussi la base, ma base.

Que nous sommes parisiens.
Que la France du football ne nous détestent pas, en fait elle nous envie.
Elle nous a toujours envié.
Parce qu’on est beau.
Parce qu’on est jeune.
Parce qu’on est riche.
Parce qu’on est impatient.
Parce qu’on est insolent.
Parce qu’on a toujours eu des joueurs qui donnent envie.
Parce que notre stade est unique.
Que son acoustique et son architecture font saliver tous les vrais amoureux du football.
Parce qu’on sait aussi perdre comme personne d’autres.
Parce que notre destin de looser devra s’arrêter un jour, comme pour toutes les grandes équipes.

Il nous envient parce que tout ça nous appartient.
Et qu’ils ne l’auront jamais.
Ils nous regarderont à la télé.
Ils prieront pour nous voir encore chuter.
Ils prépareront déjà leurs papiers ou leurs vannes fatiguées pour leurs réseaux sociaux.

Nous, nous serons au stade, en tout cas pour les chanceux qui y sont abonnés ou invités.
Nous chanterons, nous pousserons, nous invoquerons tous les Dieux, nous transpirerons, nous exulterons.
Pour nos joueurs, pour tous les supporters absents des tribunes, pour notre club, pour notre autre famille.
Nous pleurerons peut être aussi. De joie ou de rage.
Mais nous serons à notre vraie place.

Celle des supporters.
Des amoureux de l’impossible.
Des utopistes d’un soir.
Car nous sommes les parisiens.
Car nous sommes Paris.
Car nous sommes le PSG tout autant que ses joueurs, que son staff.
Car nous sommes enragés.
Car nous sommes turbulents.
Mais nous sommes unis.
Nous ne sommes qu’un.
Le jour de gloire est arrivé.
L’histoire nous appartient.

Allez Paris.


Xavier Chevalier