Humeur

En quête de Leadership

Le PSG a sans doute laissé filer ses derniers espoirs de titre sur la pelouse de Nice, ce qui pourrait apparaître comme une véritable catastrophe au vu des moyens colossaux et de l’effectif XXL du club de la capitale. Beaucoup de supporters trouveront cette situation anormale et inacceptable parce qu’on leur avait promis dix championnats consécutifs et une hégémonie domestique totale sur les années à venir.


Pour le club, qui peut tout de même terminer la saison avec deux trophées (maigre consolation, certes), le moment est venu de tirer les bonnes leçons de ce relatif échec et de faire ce qu’il faut pour reprendre la main sur la scène nationale et enfin atteindre ce dernier carré de Champions League qu’on nous promet depuis le début du projet QSI.

Certains ne manqueront pas de dire qu’il faut commencer par virer Emery, les mêmes probablement qui trouvaient Blanc totalement incompétent et s’en prenaient à lui à la première occasion (nous ne citerons pas de noms). Il est tellement facile et démagogique de taper sur l’homme du banc. Se séparer du technicien basque serait assurément injuste, d’abord parce qu’il est difficile de juger de la valeur d’un entraîneur sur sa première saison (Conte va gagner le titre avec Chelsea, mais nous parlons ici de façon générale), et aussi parce qu’une grande partie des problèmes du club se situent en amont.

Manque de cohérence dans la réflexion

Question à dix mille dollars : à quoi sert Patrick Kluivert ? Mystère et boule de gomme. Pour devenir un vrai grand club européen, le PSG a clairement besoin d’un directeur sportif compétent, et on ne peut que se réjouir qu’il ait semble-t-il entamé les démarches pour en embaucher un (les noms de l’ancien directeur sportif du FC Porto, Antero Henrique, et de l’actuelle tête pensante de l’Atletico Madrid ont été évoqués). Une grande partie de la réussite d’Emery à Séville s’explique par la relation privilégiée qu’il entretenait avec Monchi.

On a probablement sous-estimé l’importance qu’avait eu Leonardo dans la construction du nouveau PSG, lui qui avait fait jouer à plein ses réseaux en Italie pour attirer Ibrahimovic, Thiago Silva, Thiago Motta, Maxwell ou Verratti, des joueurs qui ont eu un rôle clé dans la croissance du club. Même s’il aide grandement, l’argent ne fait pas tout, et il faut absolument que le club s’appuie sur une politique sportive claire pour franchir un nouveau cap et s’y tienne sur le moyen ou long terme. Il faudra éviter de renouveler des erreurs manifestes dans le recrutement comme Krychowiak ou Ben Arfa. Lucas était censé devenir le Neymar du Parc, et il n’exerce en aucune façon le même rayonnement que son compatriote au Barça. Quand on voit le club poser 30 millions pour Guedes et estimer Mbappé surévalué à 40, on se rend compte du manque de cohérence dans la réflexion globale et la construction de l’organigramme. La direction doit peser plus lourd et taper du poing sur la table lorsque cela est nécessaire. La gestion du cas Aurier, qui a encore donné le mauvais exemple cette saison, a été purement et simplement désastreuse.

Une nervosité presque incompréhensible

Paris possède des joueurs de grande qualité, dont certains ont déjà prolongé (Cavani) ou décidé de rester (Verratti), malgré les appels du pied incessants de grosses pointures européennes, mais un fait ne trompe pas : le PSG s’est raté lors de tous les grands tournants de la saison (les quatre matches de championnat contre Monaco et Nice et le retour à Barcelone). On sait que c’est une équipe qui est capable de jouer extraordinairement bien par séquences et d’atteindre parfois un niveau d’expression collective auquel peu de formations peuvent prétendre, mais elle doit encore apprendre à se maîtriser et garder son self-control lorsque les choses ne tournent pas en sa faveur. Les kilomètres avalés par Matuidi ou Cavani ne suffisent pas toujours à retourner les situations. Paris ne manque évidemment pas de talent, mais souffre d’un déficit  de certitudes et d’assurance, et ce jusqu’aux plus hauts échelons du club.

A Nice, personne n’a su rassurer son monde et rameuter les troupes et les Parisiens ont fait preuve d’une nervosité presque incompréhensible malgré l’ouverture du score adverse : Motta et Di Maria ont pété les plombs en fin de match, Cavani a frôlé le rouge, Verratti a comme d’habitude passé la moitié de son match à parlementer avec l’arbitre et Silva n’a une fois de plus pas joué pleinement son rôle de capitaine. A tous les étages, de la pelouse aux bureaux des dirigeants, le PSG a grand besoin de davantage de leadership et de sérénité. Ce n’est qu’en se trouvant ou en donnant les clés à de véritables meneurs d’hommes qu’il comblera l’écart qui le sépare encore des très grands clubs du continent.

Sauce Paris-Paris

Je n’oublierai jamais la tronche en sang de ce type plus si étranger à la mort ;
pourtant j’ai depuis longtemps oublié ce match contre les sang et or.
Impossible de me souvenir de l’année ou du score comme il m’est impossible d’oublier ce corps languide débarrassé du béton boulonnais par les masses oranges
– cet orange pénitencier des stewards condamnés à perpétuité à ne rien voir –
avec lassitude, comme par habitude.


Ce soir-là, il a payé au prix fort le tort d’être assis. Ainsi, comme Granomort plus tard mais sans défense ni pétard, il a vu fondre sur lui la rage d’un Parc qui n’acceptait plus la tiédeur, qui refusait la laideur d’un homme assis dans le Kop. Pas de souvenir, pourtant, d’une Tottenkopf. Ce n’était pas la haine raciale qui les animait, c’était la haine cruciale d’une tranquillité trop brutale pour une tribune à laquelle n’était proposé alors qu’un ersatz de ce football total qu’elle méritait comme toute femme mérite son animal écharpé. Quelqu’un devait payer, ce serait l’homme assis, celui qui clamait son mal, malade, trop malade pour acclamer, trop peu malin pour voir arriver la furie vitale d’ultras traumatisés par un club moins que normal.

Et c’est ainsi que je fus présenté à la fureur tranquille des ultras traitres entre eux.

Larmes et joie d’être champions
pour la première fois

Une quinzaine d’années plus tard, me voilà, rendu aussi statique par le nombre écrasant qu’extatique, par le grondement qui monte au milieu des fumis frimeurs qui font fondre les plus frigides anti-footix en un fleuve de lacrymo-joie.
Larmes et joie d’être champions pour la première fois de ma vie. Mais la loi du chant arme vite le poing vengeur des vidangés du Parc et les voilà, trop tôt ou trop tard, qui expliquent aux profanes ce que Paris est pour Paris. Enfin cuisinés par nous tous à la sauce Paris-Paris, les joueurs estomaqués constatent alors de leur putain de podium que la vraie richesse de la capitale se situe dans les épices surpuissantes de son Parc exquis.

Les nouveaux princes voulaient la silhouette idéale de la Tour pour l’effet. Triomphants footballeurs sur esplanade fumeuse, Eiffel en toile de fond.
Mais ainsi, soudain, du nuage de fumée rouge et bleue dont la nuée d’ultras en nage se nourrit toujours, émergea la figure terrible du maréchal Foch, monté comme ses hommes sur ses grands chevaux, nous menant, fumi au poing, à l’assaut de l’idée fade que s’étaient jusqu’alors faite les fumistes d’un PSG finalement toujours féroce et à jamais fratricide quand ils pensaient nous faire rêver en lettres capitales avec eux.
Fragile alchimie qu’un Paris heureux, fameux pari que cette chimère de peureux.

Et c’est ainsi que triomphèrent Foch et ses enfumeurs, des vaniteux envahisseurs du fort du Troca.

Si seulement Paris pouvait redevenir
Paris sans Germain

Puis vint le CUP. Trois lettres en forme d’espoir fou, trois lettres qui annonçaient l’oeuvre de cupidon entre un triste Parc et ses utiles ultras ; trois lettres, enfin, qui annonçaient calmement l’ambition de chacun : la CUP, la grosse, l’ultime, la CUP des clubs champions. Tout le monde veut sa part. Cupidon laisse donc déjà prestement sa place aux cupides culs bénis du club capital qui voudraient se réserver le gâteau comme on se réserve une place en loge. Cupidité, stupidité.
Et j’en vois qui se frittent et sens l’unité, déjà, qui s’effrite. Faux collectif de vrais ultras, vrais parisiens d’un faux Paris qui quitte Saint-Germain, je vous plains et crains malheureusement que vous n’arriviez après la bataille ; il n’en reste déjà que la moitié, de ce PSG.

Si seulement Paris pouvait encore nous émerveiller par la magie d’un simple podium de mai, si seulement Paris pouvait redevenir Paris sans Germain, sans Lynx, sans sa mascotte de merde et sa myriade d’amateurs en corbeille ; si seulement Paris pouvait retrouver sa sainteté, celle de Pedro d’Açore ou celle de François d’Assise qui réclame l’obole pour les places assises quand tout le monde est déjà debout. Si seulement Paris avait vraiment besoin de nous, de vous, en somme, alors Paris pourrait retrouver Saint-Germain et son âme, les gradins. Prions donc pour qu’un jour nos ultras soient vraiment de retour.

Car si son sud est toujours désert, son nord est à nouveau sincère, et c’est bien là son or à ce Parc timoré, qui ne demande qu’à être raffiné et qui en son centre n’a, à nos yeux, jamais manqué de pierres précieuses.

Noéstalgique

Monaco, une chanson

Un admirateur anonyme de Virage a envoyé à la rédaction une pièce de William Shakespeare en un seul acte, totalement inédite, héritée de son grand-père, récemment décédé. Il tenait absolument à ce qu’elle soit publiée ici et nulle part ailleurs. Intitulée “Monaco, une chanson !”, cette tragédie écrite au seizième siècle démontre le génie de l’auteur anglais, dans sa capacité à encore et toujours devancer l’Histoire et raconter les hommes sans fard, tels qu’ils sont. Évènement.


Pourquoi pleurez-vous ainsi, jeune homme ?

Parce que le football est mort, Monsieur, et que mon coeur a cessé de battre.

Mais enfin, vous perdez la raison ! Hier encore, sur une chaîne à péage, j’ai pu admirer les joueurs du Rocher défaire ceux du Prince Aulas.

Vos yeux vous mentent, j’en ai peur et vos émotions trahissent l’homme des temps nouveaux que vous avez toujours été, même sans le savoir. Vous n’êtes rien, vous êtes le pire et vous avez gagné.

Il ne sert à rien de résister, cher ami et je vous conseille d’épouser au plus vite les normes nouvelles, afin de plonger dans cette nouvelle ère avec joie et confiance…

Taisez-vous, maintenant, sans attendre ! Il y a trop de nouvelle dans votre phrase pour ne pas vous désigner comme un ignoble conspirateur. Je voulais de l’absolu, du vertige, de l’appartenance, un combat et vous ne m’offrez que statistiques, sponsoring et arbitrage vidéo. Vous puez la mort, vous incarnez l’indicible. Vous me dégoûtez.

Les grands mots ne mènent qu’à la solitude et au cimetière. Alors quoi, l’arbitrage vidéo, ce n’est pas un progrès peut-être ? Vous préfèreriez certainement l’injustice, le vol, la main de Dieu ?

Puis-je vous gifler ? Il me semble que ce serait plus efficace qu’un long discours. Vos oeillères dévoilent votre cynisme, vous êtes un optimiste, ou plus grave encore, un Américain.

Il ne veut pas gagner, il veut vivre

Poursuivez, je sens que cela va me plaire…

L’homme se construit dans la tension, les larmes et la frustration, toujours. Il ne veut pas gagner, il veut vivre. Si Battiston avait dribblé Schumacher et que le ballon était allé au fond, le football serait resté un sport, une activité de week-end, un hobby… Cette défaite terrible, elle a donné naissance à des milliers de fidèles, comprenez-vous ? Elle a transcendé, elle a emporté, elle a tatoué les esprits des plus sensibles, elle a…

Pardonnez moi de rire ainsi mais vous délirez. Un coup de sifflet, une vidéo et l’Allemagne finit à dix et la France l’emporte. L’expression pure de la justice et vous ne pouvez pas le nier !

La justice ! La justice ! Ce n’est plus un mot mais un passeport pour la réalité, cette chose débile et qui n’a jamais existé. L’arbitrage vidéo va tuer cette seconde magique, quand des milliers d’âmes explosent alors que la balle franchit la ligne. Elle va détruire le rythme du football, son ADN en somme. Elle va permettre les coupures publicitaires, elle va donner envie aux couillons de l’autre côté de l’Atlantique de s’amouracher d’un jeu qui ne leur ressemble pas. La justice n’existe plus. Vous assumez presque fièrement dix millions de citoyens français précaires, vous ne faîtes rien, vous vous en contentez mais il faut absolument que le football devienne cette chose incorruptible, sans erreur. Vous n’êtes qu’un hypocrite, un petit épicier… Et Maradona vous emmerde, en passant…

Les sondages, eux, me donnent raison. Les Français ont validé la vidéo…

Quels sondages ? Quels Français ? Les vôtres, pas les miens. Hier soir, quand Aulas décide de fausser le championnat de France en envoyant son équipe C contre Monaco, on ne vous voit pas monter au créneau…

Il y a tout de même ces deux matchs contre l’Ajax… C’est important, ça, pour le football national, l’indice UEFA…

Dieu est facétieux et surtout, il n’a jamais aimé les petits calculs mesquins. Nous serons nombreux, dans quelques jours, à souhaiter une défaite des Lyonnais en terre batave. Vous représentez cet esprit libéral détestable mais quand cela vous arrange, la Nation redevient quelque chose d’important… Bouffon !

Les insultes, toujours les insultes. Rejoignez Bastia, c’est un club qui me semble fait pour vous. Toute cette rancoeur, c’est diablement triste à l’heure où tout est entrepris pour clarifier la situation, pour purifier le sport préféré des Français.

Vous avez effectivement une bonne gueule de purificateur. Vous me faîtes penser à ces consultants sur Canal + qui se sont tranquillement transformés en supporters. En coach adjoint de Monaco. Quand ils commentent Paris, c’est à vomir. On devine leurs doigts croisés, leur désir ardent de nous voir chuter…

J’accepte la défaite, elle est en moi

C’est donc cela ! Vous aimez le PSG… Je comprends mieux maintenant…

Qu’avez-vous compris ? Hein, dîtes moi ?

Vous risquez de perdre votre titre cette année et ça ne passe pas. Vous allez me parler d’arbitrage orienté, de décisions louches, de médias qui s’acharnent, d’une remontada suspecte tant que vous y êtes ? Le supporter parisien a toujours été un grand paranoïaque…

Vous voyez, de parler ne sert à rien. J’ai aimé ce club trente ans, j’ai encaissé toutes les vannes possibles, je n’avais vu les miens soulever le trophée en championnat que deux fois avant l’arrivée des Qataris. J’accepte la défaite, elle est en moi. Ce n’est pas le problème.

Et alors ? Quel est le problème ?

L’époque. Vous. Tous les autres. L’Équipe, et ses camarades de trahison, quand elle souhaite publiquement la victoire de Barcelone, les institutions quand elles interdisent les déplacements de supporters, les dirigeants quand ils augmentent les abonnements pour ne s’amuser qu’entre riches, le peuple, quand il acclame l’arrivée de la vidéo, Paganelli quand il célèbre en direct les buts adverses et suce Cavani en fin de match après un nouveau match irréprochable, tous ceux qui parlent de Monaco comme d’un club au budget modeste, ceux encore qui croient en une victoire monégasque en ligue des champions…

Parce que vous, vous n’y croyez pas ?

Je crois en l’incertitude, en la peur, en la mort, en l’appartenance, êtes-vous sourd ? Et je n’oublie pas que Platoche a joué à la Juve.

Et ?

Et qu’il sera là, dans mon coeur, pour aider la Juve a mettre fin au rêve de grandeur de Jardim et de ses Russes.

Mais, les points UEFA, les…

Qu’est ce que j’en ai à foutre de tes points UEFA, de ta Goal Line Technology, de tes tribunes pacifiées, de tes sermons de démocrate faux cul ? Rien ! Rien à foutre, hahahahahahah !

Je n’ai que PASTORE et je vous emmerde

Votre comportement n’est pas digne d’un adulte responsable…

Non, c’est vrai. Et c’est tout ce qu’il me reste. Vous, vous avez la justice, le droit, le fric, les grandes idées, le progrès, les médias et moi, je n’ai que PASTORE et je vous emmerde.

Vous validez même sa nouvelle coupe blonde ?

Cette gifle, c’est pour ton blasphème, connard ! PASTORE fait ce qu’il veut, sur le terrain, chez son coiffeur ! Ce qu’il veut !

Mais vous m’avez frappé, je vais porter plainte !

Je t’en prie, fais vite, la justice n’attend pas. Tu aurais dû filmer la scène, c’est idiot. La preuve aurait été faite et j’étais condamné.

Vous ne me vouvoyez plus ?

J’ai mieux à faire. Je dois aller chez Conforama. Mon canapé est mort.

C’est terrible !

Non, c’est la Ligue 1.

FIN

Le courage avant le talent

Depuis le cataclysme du Camp Nou, le PSG a enchaîné six succès, dont deux à l’extérieur, et surclassé en finale de Coupe de la Ligue une formation monégasque qui signe une saison de toute beauté et risque fort de rentrer dans le dernier carré de la plus relevée des compétitions de clubs. Beaucoup d’équipes se seraient totalement effondrées après une telle claque, doublée d’une terrible désillusion, puisqu’il est certain que Paris est supérieur à Barcelone cette année et que ce 6-1 surréaliste relève de l’accident industriel et ne reflète guère un quelconque écart de niveau.

On pouvait clairement imaginer le pire : lâchage complet, démotivation à tous les étages, explosion du groupe, faillite des leaders supposés, manifestations de velléités de départs dans la presse et autres fâcheuses conséquences. Or il se trouve que ce Paris humilié, martyrisé, raillé, vilipendé, encaisse admirablement le coup et obligera certainement jusqu’au bout Monaco à ne pas commettre le moindre faux pas.

Il ne faut surtout pas oublier Thiago Motta

Il convient de souligner le rôle prépondérant de certains joueurs clés qui ont permis de maintenir le navire à flot dans cette période plus que délicate (on peut même carrément parler de cauchemar éveillé). Marco Verratti a continué à jouer les meneurs de jeu reculés avec sa justesse et sa maestria habituelles mais a su faire preuve de davantage d’agressivité dans le combat et la récupération, comme en attestent ses dix ballons grattés à Angers. Blaise Matuidi, souvent injustement critiqué, a montré l’exemple par son attitude et sa détermination, tandis que Kevin Trapp, dont il faut se souvenir qu’il cirait le banc en début de saison, a sorti quelques arrêts de haute volée et s’est montré décisif dans les moments où ses partenaires courbaient l’échine et menaçaient dangereusement de rompre.

Et il ne faut surtout pas oublier Thiago Motta, un joueur que l’on a eu tendance à mettre en retrait avec l’émergence de Rabiot, mais dont l’expérience, le calme et l’assurance ont fait un bien fou au collectif ces dernières semaines. Ce n’est pas un hasard si Emery n’a pas hésité à s’appuyer sur lui à nouveau et à le faire remonter dans la hiérarchie de ses options au milieu.

Bref il s’occupe quasiment de tout

Si un homme symbolise le comportement remarquable d’une équipe blessée dans sa chair mais qui refuse de verser dans le défaitisme et la morosité, c’est bien Angel Di Maria. L’Argentin, extraordinaire lors du match aller face au Barça, aurait pu, aurait dû être le héros du huitième de finale et le grand artisan de la qualification. Au lieu de sombrer dans la dépression, il porte littéralement l’équipe sur ses épaules et ses statistiques individuelles depuis l’élimination en CL sont excellentes. Paradoxalement, alors que le club a dû douloureusement faire une croix sur ses ambitions européennes (et ne perdons pas de vue que le recrutement de Di Maria était censé faire passer un cap au club sur l’échelle continentale), Di Maria n’a peut-être jamais été aussi fort sous le maillot parisien.

Il marque et fait marquer, il élimine et crée des différences balle au pied, il débloque les situations, il rayonne et fait briller les autres, bref il s’occupe quasiment de tout en phase offensive, avec la complicité de Pastore et d’un Cavani toujours irréprochable. La réponse à la question que beaucoup semblaient se poser depuis un bail est désormais évidente : avec Di Maria, le PSG a mis la main sur un très grand joueur et un élément de classe mondiale.

L’équipe se serre les coudes dans la baston

On parle souvent dans les médias de nonchalance, de facilité, de désinvolture au sujet du PSG. On lui reproche de souvent faire preuve d’une forme de complexe de supériorité dans le cadre des compétitions hexagonales, qu’il a pris l’habitude de remporter haut la main et sans toujours forcer. Cette saison, l’équipe de la capitale est sérieusement dans le dur et pourrait perdre son titre au profit de Monaco, dont l’incroyable parcours est venu totalement changer la donne sur la scène domestique.

Dans ce contexte beaucoup moins confortable et moins propice à la confiance, l’équipe se serre les coudes dans la baston et sait mettre le bleu de chauffe et les mains dans le cambouis quand il le faut. Depuis l’arrivée des millions de QSI et des stars internationales, le club dégage une image bling-bling de nanti et de privilégié, composé d’un agrégat d’individualités surdouées presque aberrant pour le petit monde de la Ligue 1. Mais depuis la débandade historique de ce funeste 8 mars, le comportement de l’équipe et sa volonté de ne rien céder forcent l’admiration et le courage des joueurs compte autant, si ce n’est plus, que leur talent.

(Association libre pour un)
Paris libéré des rats

L’Espagne en fin du monde, la Catalogne en fin d’Espagne, les culés en fin du rêve de Reconquista. Plus grand, plus gros, plus gras, plus lourd, plus lent, le rêve s’arrête enfin là où il était évident qu’il commencerait avec ceux qui ont cette fois, mille trois-cents ans plus tard, pris le problème de conquête à l’envers.


Paris s’est cru Hercules, pensant aller jusqu’à Gibraltar, mais il est seulement Tariq, ne pouvant dépasser Poitiers. Et déjà la passion du Parc tarit alors que les Herculés nous enculent de cet air tranquille du tricheur trébucheur à dents tranchantes. Au delà de Gibraltar ou de Poitiers, pour Paris, il n’y a rien, ce qui dans la lettre latine, comme dans les colonnes d’Hercule, s’épelle Nec Plus Ultra. 

Nec – pas – Plus – plus – Ultra – loin. 

Pas plus loin ; nous n’irons pas plus loin. Car il n’y a rien au-delà. Il ne s’agit pas tant d’une demi-finale que d’un double recommencement. Le football n’est qu’une triste suite de crises passagères, qu’elles soient d’identité ou d’orgasme. La Saint-Valentin ne nous fera jamais tant jouir qu’elle ne l’a déjà fait par derrière, primesautière comme toujours de nuit. 

Paris a besoin de drame
comme il a besoin d’orgueil

La conquête ne passera plus par les concours de quéquètes avec les culés, elle passera calmement par ce double recommencement. Recommencement d’un public, recommencement d’une équipe. Paris aime les magnifiques, et les magnifiques, les vrais, ne le sont absolument que quand ils savent se rendre dramatiques. Paris a besoin de drame comme il a besoin d’orgueil car c’est cet alliage raffiné de grandeur du coeur et de bassesse des moeurs soudées dans la démesurée défaite qui le rend indestructible. 

Aucun club au monde ne saurait résoudre cette équation : nec + ultra = orgueil x drame 

Pourtant Paris l’a fait. L’ultra outré du tarmac, les traitant tous de traitres, Motta l’amocha d’un coup de pare-chocs, reprenant alors – très probablement sans le savoir – un motif chéri du Parc : le contact « voiture de joueur-ultra trop près »

L’homme qu’on accusa si bigotement de ne pas connaitre l’histoire du club pour l’omission d’une sombre coupe des coupes, se fit alors froidement représentant d’une histoire de trente ans entre Paris et le public.
Paris perd, le parc attaque, la police tamponne, les carrosseries tremblent. 

Un thermomètre enfoncé chaque week-end dans le trou du cul d’une ville

De son coup de caisse, avec sa coupe de condé, Thiago Motta a enfin rappelé à Paris ce qu’était un vrai club de football : un thermomètre enfoncé chaque week-end dans le trou du cul d’une ville.  Si le trou du cul se situe entre la porte de Saint-Cloud et celle d’Auteuil, le thermomètre a trop souvent été foutu dans l’oreille d’un public sourd et muet. Maintenant qu’on le glisse à nouveau à notre endroit, quel pied de sentir que la chaleur de notre coeur est toujours là. Et tout ça grâce à Motta. 

Paris a trébuché sur la Motte, redevenant humain, reconquérant notre ferveur, enfin. Car c’est la Motte à terre qui a laissé Paris sur le flanc ce fameux soir de flan à caramels catalans. Sans la Motte pour ensemencer l’oreille du sifflet de son langage fleuri, pas de rouges et pas de démontada du Barça. 

Libérée de l’habituel arbitre insistant, soulagée de la Motte en somme, l’impunité porta les culottés enculés à dignité d’apache d’un souffle épique de Raymondtada pour écraser l’équipe d’assistants qui parlementaient à peine, orphelins qu’ils étaient de leur chef de filouterie.  À onze Peau-rouges sans foi et un noir sans loi contre onze bleus sans chef ni roi, la déculottée fut tragique. Un seul maître vous manque et tout est des Pelé. 

L’homme qui rendra Paris aux parisiens

Motta nous a manqué. Mais Thiago n’a pas trahi, lui. Thiago, c’est Paris maintenant. Ceux qui l’ont aperçu en costume de tribune ne le nieront pas, Motta c’est l’homme qui murmurera à l’oreille de la loi, de l’UEFA, l’homme qui rendra Paris aux parisiens, aux vrais, à ceux qui savent qu’au delà des quarts de finale de « champion’s » il n’y a rien, rien de plus que ce qu’on ne connait déjà. 

Il n’y a rien de plus au delà des victoires d’un soir. Rien de plus que la liesse éternelle du Parc qui ne se calcule qu’au singulier, ne se conjugue qu’à l’éphémère et qui passe en un éclair, comme un contact de Motta, pare-chocs ou pas, par amour de la pelouse en tout cas. La Saint-Valentin suffit bien, croyez-moi. 

Au Parc, Motta a oublié les lois de l’âge depuis qu’il en est résident, il l’éblouira de sa rage lorsqu’il en sera Président. 

Ne cherchons pas plus loin, l’italien est là pour exaucer la litanie du Paris Saint-Germain qui veut que ses ultras parlassent le même latin. Mais je n’irai pas plus loin, car je vous ai perdus, je crois, entre Gibraltar, Poitiers, le Qatar et le PSG ; et en période d’élection, l’association libre, c’est jamais très bon. 

Noé annihiliste 

Le Vortex Bosman

Donc le Grand Chef te harcèle encore et encore. Tu lui réponds encore et encore que ça va arriver, que tu as une idée d’article et qu’il ne s’agit QUE de trouver le temps pour pouvoir le rédiger. Chose faite ce midi entre deux dossiers. Parce que là c’en est trop. Tu as peur de te faire virer. Et en tant que minorité visible et à l’heure de revendications féministes, tu ne peux pas faire ça. Et puis la communauté de Virage te regarde (enfin nous regarde, avec Maud l’autre 50%).


Tout se passe le jour où tu te retrouves en voiture vers 15h sur une départementale de la Sarthe (sic) sous une vraie pluie hivernale. Le conducteur, tourangeau de sexe masculin et totalement inconnu, s’avère un fan du PSG et lâche tout d’un coup cette phrase qui deviendra le fil conducteur de cet article : « Tout ça à cause de l’arrêt Bosman ». Bon. Je ne rebondis pas, je cherche à comprendre par moi-même et ne pas passer pour la cruche de service qui ne connaîtrait pas un arrêt de la CPI ou bien de la CJCE lié à un sujet géopolitique de premier plan.

Etant à l’arrière, seule en mode place centrale et ceinture te coupant la gorge à force d’essayer de t’approcher des deux personnes assises à l’avant et de participer tant bien que mal à leur conversation, je consulte l’Internet. Ce truc qui te sauve – très souvent – la vie quand tu n’as pas l’information. Et là… VORTEX. La pluie d’informations, tu cliques sur un lien qui t’envoie sur un autre lien, et rapidement tu es aspirée dans les méandres juridico-footballistiques (inconsciemment tu penses à ton père qui dirait « L’arrêt Bosman ? Haaaaa l’arrêt Bosman. Mais je t’en ai déjà parlé »). Bon. Donc non. Les poteaux carrés oui mais pas l’arrêt Bosman. Mais admettons.

Tu tombes nonchalamment, fort de ton errance sur la toile, sur un site dont la baseline est « Là où passe le sport, fût-ce au milieu des houillères et des usines, pousse le gazon le plus dur de la nation ». OK.

Tout ça à cause d’un belge des 90s

Le site et la page dédiée au sujet t’annonce dès le départ que tu es une inculte qui ne mérite pas d’aimer le foot. Ou tout simplement tu conclues que l’auteur fait preuve d’un snobisme et qu’il mérite de regarder la Coupe de la Ligue en entier au format Binge Watching sans interruption possible. En effet, l’article débute par « En France, chaque supporter sait que son club a droit à 4 joueurs extra-communautaires dans son effectif ». BON. DONC NON JE NE SAVAIS PAS. Et d’un joueur de déclarer « Mon statut d’extra-communautaire pose problème ». Et ça a l’air sacrément sérieux. Le mec ne dit pas ça en rigolant comme un club barcelonais la veille de match de Champions League.

Et d’un coup, défilent dans ma tête tous les joueurs étrangers du PSG, à me demander de quel pays ils viennent, où ils sont nés, quelle nationalité ils ont bien pu avoir avant et après leur arrivée à Paris. Mais attendez… Cavani, Verratti, Trapp, Pastore, Marquinhos, Lucas, Di Maria, Thiago Silva, Motta… L’infernal défilement de tous les joueurs. Tu passes 30mn à TOUT vérifier sur Wikipedia. Tout ça à cause d’un belge des 90s qui s’est vu refuser un transfert à Dunkerque (WTF!) et qui a donc invoqué le Traité de Rome. NORMAL.

A base d’énumération d’articles (en mode François Asselineau en débat présidentiel) de la LFP, tu découvres, en lisant cette logorrhée, le subterfuge de la double nationalité, qu’il existe en plus une fameuse jurisprudence Malaja (d’une basketteuse polonaise, WTF!!) et que l’accord de Cotonou n’est pas qu’un accord de partenariat entre l’Union Européenne et 76 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique portant sur une coopération au développement, une coopération économique et sur une dimension politique.

Les portes de l’enfer sont ouvertes

NON. Les conséquences sont également footballistiques. Oui Madame. Bref les portes de l’enfer sont ouvertes et je n’ai pas envie de me retrouver dans les limbes de débats déchaînant les passions. Je ne développerai donc pas ce point et n’aborderai pas l’arrêt Kolpak et l’arrêt Simutenkov, qui rien qu’à leurs noms n’évoquent pas des moments de douces ballades sur la plage fin août.

Il ressort néanmoins, cher lecteur, des différences européennes notables qui montrent que les croates et les grecs sont des malins (ou trop mauvais, à voir) et ont donc décrété de façon unilatérale que chez eux ce serait 5 et 6 joueurs extra-communautaires acceptés. Que le cas italien est impossible à comprendre ; j’ai eu beau relire je n’ai rien compris, sachant que les cas de pays EEE (UE + Islande, Liechtenstein et Norvège) ou de la Suisse entrent dans le jeu. LOURDEUR. Que le club peut acheter un autre joueur extra-communautaire dans un club étranger à condition que celui-ci remplace un de ses joueurs extra-communautaires déjà au club, sous condition suivante : le joueur remplacé est vendu à un club étranger ; le contrat du joueur étranger expire avant la période de transfert ; le joueur remplacé a obtenu la nationalité européenne. « Si un club de Serie A est composé de 3 joueurs extra-communautaires ou plus, il peut acheter 2 joueurs extra-communautaires à condition que ces joueurs remplacent chacun un des joueurs extra-communautaires du club. Les conditions sont les mêmes que précédemment, la deuxième condition étant, néanmoins, applicable qu’une seule fois ». OK LOURDEUR INTENSE. Bref les italiens veulent nous embrouiller comme ils le font sur le terrain (2006 On My Mind).

En Angleterre il faut être bon. En gros, pour pouvoir engager un joueur extra-communautaire le club doit être membre de la Premier League ou de la Football League, le joueur en question doit avoir participé à au moins 75% des derniers matchs de sa sélection senior sur les 2 dernières années, la sélection nationale du joueur doit être classée au moins à la 70ème place du classement FIFA sur la moyenne des deux dernière saisons. Et sa mère mesurer 1m67 minimum, sa cousine classée en Ligue Internationale de Quidditch et ne pas être impliqué dans des procédures judiciaires à cause de son ex-femme ? Je pense que Yohan Cabaye aurait été dans une situation complexe. Mais bon. Si une demande ne satisfait pas les critères, le club peut faire appel à un panel indépendant (payant) qui devra juger le calibre (sic) du joueur et considérer s’il est capable de « contribuer significativement au développement du jeu à un haut niveau en Angleterre ». FOLIE MONDIALE.

J’ai découvert le sulfureux dossier Cabaye

En Allemagne, la limitation du nombre de joueurs extra -communautaires a été abandonnée depuis la saison 2006-2007. Au Portugal, aucune limitation de joueurs extra-communautaires. MERCI. Les clubs néerlandais n’ont pas de restrictions mais chaque joueur extra-communautaire doit avoir « un salaire minimum garanti assez élevé ». Je suis hyper rassurée j’ai eu peur un instant que les pauvres ne soient au SMIC batave et n’aient pas les moyens de s’habiller en Olivier Rousteing. Je passe les détails sur les pays de l’ex-Union soviétique, je vais intensément me moquer ce serait moche.

Un belge, Dunkerque, l’UEFA, la CJCE, le Traité de Rome… Cette association de mots et d’idées qui a chamboulé (et animé) mon trajet (« Mais c’est dingue sans déconner » ai-je répété mille fois, « attends écoute le cas roumain ha ha ») ferait se retourner Robert Schuman dans sa tombe en cette période d’anniversaire de l’Union Européenne.

Conclusion, j’ai découvert le sulfureux dossier Cabaye au sujet des propos haineux entre sa copine et son ex-femme. Cette dernière ayant donc déclaré : « Je préfère être cada­vé­rique et ridée plutôt que de ressem­bler à un tonglier (moitié thon, moitié sanglier) » ou encore « Tu es et reste­ras une katin » (sic). AMBIANCE. Pendant ce temps-là d’après Instagram, Kevin Trapp est quasi devenu mannequin pour Balibaris, Matuidi souhaite un joyeux anniversaire à Adrien (qui grandit le petit) et la femme de Di Maria a un gros souci vestimentaire. (Pardon).

Me voici rassurée, le monde du football tourne toujours rond.

C’est le Qatar qui gagne

Que dire face à une telle défaite ?
Y a-t-il penalty, y a-t-il hors jeu ? Les Barcelonais méritent-ils leur victoire ? Peu importe.
D’abord le score : 6-1. Défaite sans appel : déculottée, branlée, rouste, appelons ça comme on veut. En sept minutes, le PSG s’est fait atomiser.

Puis un scénario invraisemblable, de ceux qui créent des mythes fondateurs dans l’histoire d’un club. Ça y est, grâce à nous, le FC Barcelone a l’équivalent en Ligue de Champions de ce que nous avons vécu, nous, face au Real en 1993. Collateralement, nous envoyons le signal à tous nos rivaux que le PSG peut craquer. Finalement, quid de la crédibilité du projet actuel ?

Ensuite, la défaite des statistiques, des tableurs Excel. Nous avions 99,99% de chances de se qualifier. Il n’était jamais arrivé qu’une équipe gagnant 4-0 blablabla. Mais voilà, le football c’est en premier lieu un face à face, balle au pied, où l’on mesure les forces de son adversaire, on échafaude une stratégie, on évalue tous les facteurs, et aussi les facteurs extérieurs. Le PSG a joué comme s’ils étaient des robots mal programmés. Mercredi soir, c’était quoi la stratégie du PSG ? Petit point sur le côté « aspects extérieurs » : la campagne marketing du Barça autour de la remontada a été très puissante et elle a trouvé des échos favorables jusque dans l’Équipe. Quelle a été la contre-attaque du PSG ?

Enfin, la chute de l’esprit. Cette défaite est la plus lourde et triple : stratégique, morale, philosophique (lançons-nous dans les grands mots). Mon interprétation psychanalytique de bazar : les Parisiens ont eu peur de gagner contre Barcelone. Ils n’y ont pas cru. Partout le discours marketing du PSG nous invite à rêver plus grand. Hé bien c’est ce qu’ils ont fait les joueurs et leur entraîneur : ils ont rêvé de battre le Barça… Là est l’enseignement majeur de cette défaite : le PSG a été comme un amoureux en panne sexuelle face à la fille de ses rêves, comme un gagnant du Loto qui perd son ticket. Ils l’ont fait exprès de perdre. Inconsciemment, c’est ça qu’ils voulaient, surtout avec un perdant comme Thiago Silva qui est un très bon défenseur et surtout une « pleureuse » de compétition.

Quand on pense à ce club du Barça : un grand et beau club qui nous a tous fait rêvé : Romario, Stoitchkov, Rivaldo, Eto’o, etc… Mais le Barça aujourd’hui c’est quoi ? D’abord un club de tricheurs et de voleurs : fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale, malversations financières, etc… Pareil pour ses joueurs, Neymar et Messi : fraude fiscale, montages financiers dans des paradis fiscaux, etc… Comment osent-ils clamer leur amour du maillot et des Catalans alors qu’ils leur ont volés des dizaines de millions d’euros en impôts ? Je ne suis pas naïf, c’est partout pareil, mais c’est bien de rappeler que le Barça depuis plusieurs années se débat avec les affaires. Et quand Suarez simule une faute pour obtenir un penalty il n’est que le prolongement de cet état d’esprit barcelonais, pour le pire et le meilleur. Le PSG en a fait les frais, tant pis pour lui.


De toute façon à la fin, PSG ou Barça, c’est le Qatar qui gagne !

De la Corogne


Te revoilà, aux confins de mon intestin, toi qui tenaille et me cisaille, toi qui racle et m’irrite, qui empêche, vipère, le transit salutaire de mon mérite de supporter.
Je voudrais te chier pour t’oublier, te laisser emporter par la chasse d’eau bénite, t’imaginer rapportée prestement au tas que tu mérites, ce tas mélancolique et colère, celui de nos pensées adultères, celles que l’on doit taire, tu sais, celles qui sentent Francis Llacer.

Mais tu es là, comme une vieille peur qui me travaille, comme le malin du fond de mes entrailles, et tu entailles avec entrain la maille de mon coeur, gros en taille comme ton aigreur.

Te voilà donc de retour, ma douleur, tu n’as pas changé. Ton souvenir est dur mais il est doux de te voir revenir car, pour nous, tu es le signe de l’amour pieux, de l’amour preux, de l’amour bleu blanc rouge blanc bleu.

Alors fais-moi guérir enfin de l’ambition, libère-moi du poids de la déraison, soulage-moi de cette relation d’amour feint avec cette ligue de gentlemen extraordinaires, fin ramassis de mercenaires enfin finis, lie ordinaire des gens ultras.

Comme un mauvais scénario hollywoodien, hier nous a rappelé que les vauriens perdent toujours à la fin. Olympien football qui rassemble l’amoureux avisé et l’injurieux emmailloté dans la certitude que les gentils ne connaissent jamais la faim. Mais nous, amoureux humiliés, savons que nous aimons les méchants.
C’en est délicieux d’évidence, on est Parisien en football comme on est vent dans un saule, pleureur un jour, pleureur toujours. Seul Paris sait piétiner comme ça notre amour.

Tradition retrouvée, nous revoilà, nous et nos ballerines. Payons, unis, la redevance de la honte et marchons munis de la défiance dans la défaite qui toujours nous raconte.

Paris, humain, tout le monde te hait enfin. Moi, crétin, je t’aime maintenant comme jamais.

Noé anobli de nullité

Au champ du déshonneur

Il existe forcément une explication à ce naufrage catalan. Et de toute façon, il faut écrire au coeur de la tempête.


Un PSG qui a d’abord joué la trouille aux tripes, peut-être aussi avec une certaine arrogance planquée bien profond, là où l’homme a déjà vendu la peau de l’ours. Peur et ego aveuglé, un paradoxe, notre paradoxe. Paris sera toujours Paris.
Un arbitrage orienté (Piqué qui ne voit pas rouge, un ou deux pénos oubliés, Suarez qui plonge). Cela ne suffira pas à calmer cette tristesse éternelle qui me ronge, salope tenace, que seul le temps parviendra à étouffer, un peu. Tu joues le Barça à domicile, tu sais que l’homme au sifflet ne va pas t’aider. Tu dois combattre et marquer sans lui. Tu n’as pas combattu et tu n’as pas marqué assez.

Il y a ce défilé de zombies proprement hallucinant : Trapp, hier, c’était Edel, en moins gros. Marquinhos et Silva, les restos du coeur, Marco avait pris le maquis, Rabiot avait préféré laisser son maillot à sa frangine, Lucas Moulox, Draxler invisible, Meunier tu dors… Et ce sont Aurier et Krychowiak qui entrent pour blinder l’affaire ! Seul Cavani est monté au front comme il fallait. Un poteau, certes une passe décisive qu’il aurait fallu faire et un but, ce but formidable, qui nous a peut-être tué finalement. À voir nos joueurs célébrer la victoire, j’ai senti que la malédiction était en marche. On est allé là-bas pour en mettre un. Voilà. On en a pris, pardon, donné six.

Nous venons de tout détruire

Le scénario était écrit, c’est une évidence. Cet ultime coup-franc, ce but d’apocalypse à la dernière seconde, ils ne viennent pas de nulle part. Ils viennent de la Corogne. Ils indiquent que notre passé, notre histoire, n’ont pas abdiqué. Paris ne gagne pas les matchs qui comptent. Paris ne sait pas franchir les caps. Paris est un marin d’eau douce. Emery a déclaré que nous venions de rater une magnifique opportunité de grandir. Non. C’est pire que ça. Nous venons de tout détruire.

Il y a une autre raison, celle-là bien plus sale, impardonnable. Paris n’est pas la France. Et la France, hier, a sorti le champagne. De marseille à la salle de rédaction de l’Équipe, les bouchons ont sauté, les yeux ont brillé, les traîtres ont célébré. Le doigt d’honneur de Jérémy Mathieu (qui ??? Un blond vénitien qui ne sert à rien et qui ne sort pas les jours de pluie), la jubilation en direct de dugarry sur l’After Foot ou du rugbyman pro-barça éric blanc sur l’Équipe 21, beaucoup en avaient rêvé, beaucoup ont fêté notre chute avec une joie absolument décomplexée. Je ne vois qu’une formule pour décrire ces comportements hallucinants : intelligence avec l’ennemi.

La couverture de l’Équipe (“Gonflés à Bloc”) était une honte. Les plumitifs ne s’en contenteront pas. Je n’ose même pas imaginer comment ils nous crucifient ce matin. Je m’en fous. Il faudrait que les Parisiens s’achètent un honneur et qu’ils décident de ne plus jamais dépenser 1,50 euro pour ce torchon apatride. Ces gens-là n’aiment pas le foot (dans quel autre pays sérieux souhaiterait-on en Une la défaite de l’une de ses équipes en coupe d’Europe ?), ils n’aiment que les bénéfices. Punissons les, un peu, ces prophètes de malheur. Juste pour le symbole. Qu’ils sachent…

La grande valse des valises

Si Paris reste Paris, devinons maintenant notre futur proche. Noircissons le tableau. Emery saute. Pas champion, ni en France, ni en Europe, la messe semble dite. Nasser devrait suivre, pas loin. Là-bas, là où les esclaves bâtissent des stades climatisés, on ne digèrera pas cette humiliation. Il va falloir couper des têtes. Ça ne posera pas de problème. On sait faire. Nos stars, elles, vont vouloir aller gagner ailleurs. Cet été, ça va être la grande valse des valises. Qui voudra venir jouer dans un club qui n’a pas su être brave ? Qui a préféré piétiner l’Histoire plutôt que de l’écrire ? Qui ? Je ne vois pas. Le chéquier ne suffira pas, plus. Tant mieux. C’est le destin des châteaux de sable : crever à la première vague.

Je revois mardi soir cet enfant napolitain en larmes dans les tribunes, quand le Real met fin aux espérances de son équipe. Je n’oublierai jamais mon fils, ce matin, quand il m’a serré très fort et qu’il m’a dit : “Papa, c’est pas grave, Paris va gagner après”. Je ne pardonnerai JAMAIS que ce match se soit joué sans Javier.
Sans Javier putain !
Une soirée sacrée, tu as Dieu sur le banc et tu t’en passes.
Sacrilège. Motta, Kimpembé auraient peut-être amené, l’un cette expérience salutaire, l’autre cette insouciance virile, nous permettant de mieux résister. Peut-être.
Mais Javier !

Paris est toujours ce cimetière indien

En voulant jouer petit pied, on a tout détruit, oui.
Un grand club ne meurt jamais. Un grand club gagnerait tous ses derniers matchs de la saison pour démontrer que la défaite n’est pas acceptable, en tout cas pas une fin en soi. Je crains que Paris appartienne à une autre catégorie : celle des faux colosses aux vrais pieds d’argile. Hier à 20h45, nous étions l’avenir. Ce matin, nous ne valons pas mieux qu’Arsenal. Laurent Blanc a dû souffler au coup de sifflet final, dans son canapé, se dire qu’après tout, ce n’était pas que de sa faute. Peut-être.

Paris est toujours ce cimetière indien. C’est aujourd’hui une certitude. On ne perd pas un tel match comme ça, en passant. Hier soir, ça relevait de la magie. Littéralement. Ça ne pouvait en être autrement. Contre un barça moyen, un Messi moyen. On a tout fait en 180 minutes, tout ! On a tout donné à l’aller, tout offert au retour.
On a surtout honoré le vide.

Seul avantage à tout ça : le tri qui va s’opérer. Les fidèles vont pleurer et remonter à l’assaut. Les autres vont passer leur chemin, aller s’abonner ailleurs. Se chercher une nouvelle quête à trahir.
Toujours ça de pris.
Allez Paris, Allez Paris, où tu es nous sommes là, tu ne seras jamais seuls, car nous deux, c’est pour la vie.
Le PSG en fait n’existe pas. Nous si.
Nous sommes le PSG.

Le droit d’y croire

Mardi 14 février, 23h. La télé vient de s’éteindre. J’étreins une dernière fois mon frère, qui m’a accueilli pour ce match d’anthologie (le croirez-vous ? Ma copine m’a fichu dehors le temps d’une soirée). Je le remercie, et m’excuse encore pour l’amende qu’il recevra pour tapage nocturne.


Putain. On vient d’éclater le Barça, 4 à 0, à domicile, sans encaisser de but face à eux, avec une défense partiellement composée d’un puceau au niveau européen.

Je ne vais pas dire que je ne l’avais pas vu venir (souvenez-vous, hommes de peu de foi mon dernier article), mais honnêtement, je n’avais pas imaginé que notre équipe empêcherait cette armada offensive, qui a mis l’Europe à genoux plus d’une fois, de marquer au moins un but.

Alors ce 14 février au soir, quand je regagne mon lit et que j’étouffe un relent de bière avant d’embrasser ma chère et tendre, je suis confiant. Oui, le 8 mars prochain, le PSG vaincra, Barcelone ne verra pas le jour, onvalétaper.

A l’heure où j’écris ces lignes, 2 jours nous séparent de ce qui peut être la confirmation de notre plus bel exploit européen, ou l’humiliation la plus totale que nous puissions subir.

Et je flippe.

Je flippe parce que, comme après avoir gagné le premier round face à un boss de fin de jeu vidéo, on se dit que le pire est à venir, que cette équipe qui est capable du pire est surtout capable du meilleur, et qu’elle le montre souvent.

Je flippe parce que je sais que ma journée sera rythmée par cette rencontre qui m’attendra le soir, par ce match qui parait si indécis, alors qu’on pourrait considérer que tout est joué d’avance.

Ces collègues qui se foutent du foot

Je flippe parce que mon club est imprévisible, que Bucarest en est la preuve, mais que Chelsea 2013 aussi.

Je flippe parce que je sais que je subirai une journée éprouvante, sous les railleries de ces collègues qui se foutent du foot, mais qui prennent un malin plaisir à instiguer le doute par des phrases anodines, et qui s’amusent de me voir suer à grosses gouttes au fur et à mesure que l’échéance approche.

Mais j’y crois.

J’y crois parce qu’il n’est pas concevable que le match aller ait été le fruit d’un hasard, d’un alignement des astres.
J’y crois parce que j’ai vu Barcelone tenter de jouer son jeu, et même y parvenir parfois, sans toutefois parvenir à franchir notre courageuse arrière garde.

J’y crois parce que, comme à l’aller, c’est au tempérament des joueurs que tout va se jouer, c’est la hargne que nous mettrons dans nos tacles, dans notre pressing, dans nos passes et nos frappes qui nous permettront de vaincre.

J’y crois surtout parce que nos héros nous ont montré qu’ils avaient pris la mesure de l’enjeu, que leur mentalité avait évolué et que cet ogre ne nous faisait pas plus peur qu’un petit poucet.

Nous leur devons cet espoir

Oui, l’exploit barcelonais est possible. Il faudra craindre, il faudra trembler, il faudra crier, peut-être même douter en plein cœur du match, si le score nous est de moins en moins favorable.

Mais il ne faudra pas oublier que malgré ce doute qui nous étreint, ils sont capables de tenir une nouvelle fois, ou mieux encore, de faire chuter à nouveau le géant catalan.

Il ne faudra pas oublier que dans toute cette agitation, toute cette ferveur, ce tourbillon émotionnel qui nous submergera lorsque nos joueurs toucheront leur premier ballon, nous leur devons cet espoir presque incroyable de réaliser enfin une performance européenne majeure.

Nous le leur devons, parce qu’ils nous ont donné le droit d’y croire.