Souvenirs

Les Rats Devils

La chamaillerie, le chambrage et la mauvaise foi sont des facteurs indispensables
à la communication entre supporters de foot, n’en déplaise
à madame la Ministre des Sports (et des moule-bites) Roxana Mărăcineanu.
Il y a une vie en dehors de la piscine et la joute verbale n’est pas née avec nos clàsicos.

Je ne sais pas ce qui est le plus gênant dans le fait que madame la ministre s’offusque des chants parisiens à l’encontre des ra… des joueurs marseillais, si c’est le fait qu’elle nous prouve qu’elle met les pieds dans un stade pour la première fois ou bien que par la naïveté de ses propos elle parvient à unir tous les supporters parisiens, marseillais, lyonnais ou encore berrichons contre elle.

La défaite d’un club rival est toujours l’occasion de chambrer ses supporters le lundi matin à la machine à café, le lundi midi à la machine à café, le lundi soir à la machine à café etc,  etc, etc… parfois même, la défaite d’un club que l’on ne supporte pas a plus de saveur qu’une victoire de notre propre club.

Et s’il y a bien des supporters qui ont compris ça, ce sont les marseillais, la remontada et la victoire de Manchester au Parc auront fait exploser les ventes de maillots contrefaits dans la région PACA. En effet quand tu ne prends plus de plaisir chez toi, t’es quand même heureux de savoir que c’est aussi la merde chez les autres.

Je dois avouer que cette défaite contre Manchester a provoqué chez les supporters marseillais une forme de joie, de soulagement, qui m’a permis de comprendre comment supporter leur club était devenu aussi honteux que compliqué pour eux. Le « Champions’ Project » ressemble de plus en plus au rachat des girondins de bordeaux qu’à autre chose : parcours en Europa League digne de leur campagne en Ligue des Champions à 6 défaites, farandoles de défaites en championnat sur son coulis d’éliminations en coupe nationales, et enfin : la double confrontation face au Paris Saint-Germain où comme d’habitude tout cela s’est terminé en bon vieux porno des années 70.

Et malgré ça, malgré tout ça, les humiliations, les souillures multiples, nos amis phocéens ont encore l’énergie de chanter leur amour pour leur club : Manchester United.
Et c’est là où je me dois d’intervenir en vous rappelant que vous supportez l’om, et même si ce petit arrangement avec votre mémoire et votre fierté rend votre fonction de supporter un peu moins pathétique à vos yeux (mais un peu plus aux miens, on va pas se mentir) il n’est pour autant pas le reflet de la réalité.

C’est pourquoi il me paraissait judicieux pour votre santé mentale, et pour mon moral, de refaire un petit point sur vos défaites de la saison 2018/2019. Bon, clairement on ne va pas toutes se les faire car vous en êtes à 17 je crois (série en cours) et le rédacteur en chef de Virage refuse de me payer aux nombres de signes (ndlr : il refuse de me payer tout court).

Les Rats Devils Virage PSG
(c) Theo Giacometti

Dans la série « les actes fondateurs d’une saison haute en couleurs », démarrons avec le premier match de la saison : om / Béziers
L’Avenir sportif Béziers est un club français de football basé à Béziers et fondé en 2007 par la fusion de l’Avenir sportif Saint-Chinian, du Football Club Béziers Méditerranée et du Béziers-Méditerranée Football Cheminots.
Le slogan de la ville est : « une envie de Béziers ? »

En ce jour de juillet 2018, le club champion de France de ligue 2 en 1995 (ndlr : malgré ce titre le club restera quand même en ligue 2) affronte l’actuel 19ème de ligue 2 et s’incline 2 buts à 1.

Rudi Garcia dont la calvitie commence à se voir depuis l’espace déclarera : « on ne se focalisait pas sur le résultat même si ça fait jamais plaisir de perdre ».
Cette citation sera le sujet d’un devoir de philosophie pour les étudiantes en CAP couture de l’école Jean Pierre Foucaud du 3ème arrondissement de la déchèterie phocéenne.

Ps : les esprits chagrins pointeront du doigt ma mauvaise foi en prétextant le caractère amical et préparatoire de la rencontre, ce à quoi j’opposerai un argument dont l’objectivité et la longévité démontre une véracité inattaquable : « MARSEILLE ON T’ENCULE ».

Les Rats Devils - VIRAGE PSG
(c) Panoramic

Marseille, c’est le soleil, les apéros, l’hospitalité, mais il n’y a pas qu’en terme d’alcoolémie et dérouillées nationales que l’om et ses supporters se montrent performants. L’om c’est aussi de l’humiliation sur la scène européenne (enfin la petite scène, celle du jeudi, avec tous les pays où tu peux encore refourguer tes billets de 50 francs, un peu comme le groupe de métal de ton pote qui t’explique qu’ils font les Vieilles Charrues mais pas à Carhaix, nan eux ils jouent sur une scène annexe à Limoges).

Permettez-moi de vous présenter l’Apollon Limassol,
L’Apollon Limassol Football Club est un club de football chypriote basé à Limassol. (Le fait d’arme du club sont Les koupepias, feuilles de vigne farcies avec du porc haché et du riz)
Dans un stade vélodrome condamné au huis clos, Limassol terrasse le champion d’Europe 93, 3 buts à 1 ce 13 décembre 2018. (Ndlr : après l’achat de ce trophée, le club traversera une disette de 17 ans sans titre)

À la fin du match Rudi Garcia, le moniteur en charge des ateliers foot au sein du club, déclare : « je ne veux pas blâmer les joueurs qui se sont battus. On a égalisé à dix contre onze, on a tapé le poteau à 1-1 et on ne peut pas occulter le fait qu’on ait joué à dix de manière injuste au bout de la 5ème minute. Ne pas dire ça, c’est ne pas être objectif. Après cet énorme fait de jeu, les joueurs ont plutôt fait ce qu’il fallait pour revenir dans le match et essayer de ne pas le perdre. Et pardon de le dire, mais un poteau ça devrait compter un peu, pas un but complet mais un peu”.

On soupçonnera une commotion cérébrale suite à cette sortie qualifiée de « lunaire » par la presse. Heureusement tout semblait fonctionner normalement d’un point de vue neurologique pour l’ex coach dijonnais, hormis la dégradation de son patrimoine capillaire.

Les Rats Devils - VIRAGE PSG
(c) Panoramic

On l’a tous remarqué, l’om c’est une équipe de coupes, pas seulement achetées hein. Cette année encore le club dont les intendants sentent la friture de mars à novembre a écrit une superbe page de sa légende, et de la coupe de France.

Mesdames, Messieurs, merci de faire du bruit pour Andrézieuuuuux !
L’Association sportive forézienne Andrézieux-Bouthéon, ou ASF Andrézieux-Bouthéon, est un club français de football fondé en 1947 et basé à Andrézieux-Bouthéon, ville située dans l’agglomération de Saint-Étienne (Loire). L’équipe première de l’ASF évolue pour la saison 2018-2019 dans le Championnat de France de football de National 2.

L’om, incapable de répondre au défi tactique imposé par cette équipe de charcutiers, de dépeceurs de poules et autres garagistes spécialisés en customisation de 103 SP, sera balayé 2 buts à 0, la honte et le ridicule devenant ce jour les principaux sponsors du club.

le président du club basé en région PACA déclarera après cette humiliation: « Ce que j’ai vu ce soir était inadmissible. On dira que c’est le charme de la Coupe de France. Ça n’en a que le nom. C’est un cauchemar. On doit faire preuve d’autres valeurs, d’un peu de fierté, d’orgueil, ce que je n’ai pas vu, gardez Strootman, la tête de ma mère j’vous l’donne ».

Les Rats Devils - VIRAGE PSG
(c) Panoramic

Je voulais revenir aussi avec vous sur une énième défaite pour le club jadis présidé par l’employeur de Monsieur Fratani (saint homme) qui a eu lieu face à l’Eintracht Francfort.

L’Eintracht Francfort (en allemand : Eintracht Frankfurt) est un club omnisports allemand basé à Francfort-sur-le-Main.
Sa section la plus connue est celle de football. Le mot allemand Eintracht signifie « Concorde » ou « Entente ».
Pour la petite histoire, un des volets de la saga de films d’horreur SAW a été tourné au sein même de la ville, l’épisode 6 (on parle d’ailleurs souvent du SAW 6 de Francfort).

Le 29 novembre 2018, les « ciel et blanc » ont été biflés 4 buts à 0 (ndlr : une bifle est une gifle donnée avec un sexe masculin, de préférence le sien).
Bouna Sarr, l’un des deux buteurs marseillais du soir avec Gustavo aka Moustache (ndlr : contre leur camp), et dont le seul fait d’arme à ce jour est une photo de vacances avec un testicule à l’air, déclarera :
« C’est sûr, cette année c’était une campagne européenne sans, avec beaucoup de difficultés et d’attentes par rapport à la saison dernière. Il va falloir passer à autre chose, se concentrer sur le championnat. (…) Il y a énormément de déception, on voit que même à l’extérieur, il y a nos supporters qui viennent nous soutenir. On a toujours un soutien de leur part, on est déçus de ne pas avoir pu leur rendre dans cette campagne européenne, j’ai vraiment l’impression de faire partie d’une équipe de travailleuses du sexe ».

Rudi Garcia imposera, lors du trajet retour, une pause sur une aire d’autoroute de la ville de Sarrebruck. Il chassera à coups de pied, après l’avoir orné d’une perruque rose, l’attaquant Kostas Mitroglou, hors du bus, en lui hurlant je cite : « va nous faire des passes correctes avec les routiers bulgares du parking, ça va gonfler tes stats ! ».

Les Rats Devils - VIRAGE PSG
(c) Panoramic

Toutes les bonnes choses ayant une fin (sauf la banane qui en a deux), nous allons refermer notre dossier « la défaite, élément principal de l’alimentation des rats ».
Aujourd’hui, la double confrontation contre le plus grand club français : LE PARIS SAINT GERMAIN.

Le Paris Saint Germain en chiffres c’est quoi ? Sur la scène nationale c’est :
7 titres de champions
12 coupes de France
8 coupes de la ligue
8 trophées des champions
Et un titre de champion de France de ligue 2 (ce n’est pas beaucoup je vous le concède, c’était en 1971 et nous ne sommes jamais redescendus depuis, CQFD)

En Europe c’est moins la joie, mais Notre Histoire Deviendra Légende, donc cool.
On jouera quand même 5 demi-finales, de 1993 à 1997, dont 2 deviendront des finales (1996 et 1997) et une : une victoire (1996)
Je vous rappelle qu’à l’époque la Coupe des Coupes était le trophée international le plus prestigieux, loin devant la Coupe du Monde ou encore la Ligue des Champions.
(Ndlr : je vous épargne notre dérouillé en Super Coupe d’Europe face à la Juventus, parce qu’on n’est pas là pour parler de nous, mais de vous, vous les rats.)

Donc, en cette saison 2018/2019, le PSG aura battu deux fois le club dont la schizophrénie n’est plus à démontrer (ndlr : on peut voir dans les rues de la ville, à la gestion des ordures douteuse, de nombreux supporters phocéens arborer les couleurs du Barca ou de Manchester en revendiquant des succès qui, pardon hein, comme la ligue des champions 93 et quelques titres nationaux, ne semblent pas leur revenir).

0/2 chez les rats, avec la fantaisie pour le PSG de démarrer le match avec Éric Maxime Choupo-Moting en pointe. À la fin du match Thomas Tuchel déclarera :
« les joueurs voulaient jouer le match en jean, mais on a trouvé que ce serait plus marrant de jouer avec Choupo ».
Le match retour fût beaucoup plus folklorique. En effet les présences de l’humoriste italien Balotelli, de l’handballeur international Steve Mandanda pimentèrent la rencontre.

L’italien à sa sortie du terrain montrera fièrement l’étoile achetée par son club en 1993 (ndlr : face au Milan, club pour lequel Pipo Mario a joué), il déclarera : « chier pas marqué, prévu bonne célébration maillot united ».
(ndlr : après le match Manchester / PSG, il s’était réjoui de la défaite des Red Devils, puis au retour il était content pour eux. Un neurologue fût alors diligenté par son club pour comprendre ce phénomène. Le neurologue expliquera dans son compte rendu que nous avons pu nous procurer: « vous voyez ma bite ? Ben elle a un QI supérieur à celui de monsieur Balotelli ». CQFD).

Sur l’action qui amène le coup franc de DI Maria, Steve Mandanda aurait hurlé en sortant : « J’AAAAAIIIIIIII !!!!!!!!!!!!!! »
On connait la suite, Di maria assis sur le ballon pouffe en voyant entrer Pelé, Pelé ravale un sanglot en voyant passer le ballon qu’il n’a pas encore pu toucher. Il a depuis engagé une procédure administrative pour changer de nom de famille, à la demande de Pelé lui-même.

En conférence de presse d’après match Rudi Garcia, le GO de cette gentille troupe de farfadets déclarera : « ma calvitie ne doit pas vous faire oublier qu’on vous a battu avec Manchester ! ahahahaha !!! ».
Suite à cette déclaration il sera, dès l’arrivée de son blablacar à Marseille, interné à l’hôpital de la Timone. Il y est toujours suivi par Gabriel, le docteur dans « Plus belle la vie ».

Voilà les rats, on pourrait en écrire des pages sur vos défaites et vos succès fantasmés. Pour vous donner un peu d’espoir, je finirai en citant le célèbre patron d’un abattoir dans la région PACA aux débuts des années 90, Eric Di Méco : « On ne les battra plus jamais, c’est terminé ».
Sachez néanmoins que si cela devait arriver un jour, il y a quelque chose qui ne changera jamais, pour des décennies et des décennies, j’y veillerai personnellement tant que Dieu me prêtera vie et Nasser sa carte bleue :


Arnaud Samson

Car nous deux c’est pour la vie…

Mbappe glisse, Bernat reprend sur le poteau…
le scénario que je crains depuis trois semaines me semble de plus en plus évident. Après le but à la première minute, la boulette de Buffon, je sens venir de nouveau
le but bidon à la dernière minute, c’est écrit, je le sens, je le sais…


C‘est irrationnel mais je connais mon PSG par coeur. Frappe déviée, corner pour Manchester United… j’annonce à mon voisin le troisième but.
Finalement pas besoin du corner, la VAR s’en chargera.
Depuis cet instant tout le monde s’en donne à coeur joie pour cracher sur tout ce qui est rouge et bleu. Un déferlement de haine ou de satisfaction… On le sait, on n’a pas le droit à l’erreur, c’est le prix à payer.
Bien-sûr il y a des choses à changer, des décisions à prendre.

Mais quand je lis et entends que les critiques les plus virulentes viennent de supporters du PSG ou supposés comme tels…
J’espère que certains s’expriment sous le coup de la déception….
Ils ne veulent plus supporter le club ? Ok très bien, barrez-vous on ne vous retient pas. Ça fait 20 ans que tu supportes le club ? Pas grave. T’as le coeur qui saigne ? Ok mais le sang qui y coule n’est pas rouge et bleu.
Supporter le PSG uniquement dans les victoires c’est tellement facile…

Mais supporter le PSG c’est aussi Vidéoton, Vitkovice, jouer l’OM de Tapie en sachant que l’arbitre va te voler, perdre le titre à la dernière minute au Vélodrome sur une frappe déviée, 5 minutes après un face à face manqué (déjà).
C’est perdre une finale de Coupe de la Ligue contre un club de D2, c’est le cauchemar de la Corogne. Clermont, la boulette de Landreau à Kiev, celle de Coupet contre Lille, les mains de Pichot… etc…

Ne pas oublier qu’avant le graal de 1996, il y a eu le penalty « oublié » sur Weah contre la Juve en 1993.
Le choix incompréhensible de l’entraineur (déjà) de faire jouer un Rai non acclimaté et non un Weah en pleine bourre à Arsenal l’année d’après.
C’est prendre un contre de Boban à la dernière minute et avoir oublié ses couilles (déjà) pour le retour à Milan en 1995.
Sans parler des années sans titre et sans coupe d’Europe…

Je vous fait grâce des éliminations en Ligue des Champions de l’ère Qatari et de la saison 2008… Je ne parlerai pas non plus du pire avec l’ignoble plan Leproux.

Si effectivement tu n’es pas prêt à vivre tous ça, ne viens plus au Parc, ne supporte plus ce club, tu ne nous manqueras pas.

C’est dans des moments comme aujourd’hui qu’il faut soutenir son club, même si on se sent trahi, même si on souffre, même si on a la rage, il faut se relever et continuer.
Et le jour où l’on gagnera la C1, car ce jour viendra, la victoire n’en sera que plus belle.


J.J. Buteau

En léger différé #5

5ème et dernier épisode des souvenirs de Karim Boukercha
au Parc des Princes de l’avant QSI.
Encore un match de gala en Coupe de France
contre Évian Thonon Gaillard.

Les gens dans tes contrées doivent être impatients… Comme t’as pu voir, on a joué un match contre Monaco. Qu’on a perdu avec gros Edel. Eh bien, quatre jours après nous affrontions Evian en Coupe de France. Encore un dimanche comme pour Aubervilliers. Mais cette fois à 17H45. Avec encore personne ou presque dans les tribunes. Le match fut anecdotique alors je te le raconterai même pas. Et si, au moment où j’écris ce mail, le PSG joue contre Vesoul c’est que Paris a gagné. D’ailleurs, à l’instant, Ludovic Guily vient d’en inscrire un, seul face au but. Sur un terrain synthétique enneigé, là-bas dans leur province ; que nous retransmet Eurosport. 

En léger différé #5 Virage

Pour Evian, comme je te le disais, nous étions peu. Pas d’ado-fille enlacés, mais encore l’handicapé à casquette. (Son ami arrivera à la fin du match cette fois). Un abonné assidu à polaire PSG blanc, qui nous est plutôt sympathique. Une poignée de Brigade Paris, et, comble de l’étrange, après les deux stadiers de PSG – Auber, deux improbables jumelles antillaises dans d’énormes doudounes à capuche. L’énigme fut alors « mais par quel raisonnement improbable ont-elles bien pu finir là ? ». Elles ne bougeaient à rien. Ni aux buts de Paris, ni à celui d’Evian… Pas un mot entre elles. Sauf quelques bribes à la mi-temps pour sortir leurs sandwichs enroulés d’aluminium. 

En léger différé #5 Virage

Les théories allaient bon train. Elles téléguideraient Guillaume Hoarau à distance. Elles auraient un enfant dans l’équipe d’Evian, mais n’oseraient dire mot par peur de se faire rouer de coups par Jérôme. Ou bien… auraient-elles gagné quelques places et naturellement, vu que Evian, elles n’auraient pu les revendre. En attendant d’obtenir une réponse, je me mis en tête moi aussi d’acheter un sandwich. (En plein match, vu que Evian.) Et figure toi que je ne me lançais pas là dans une affaire normale. Aucune des buvettes n’était ouverte. Nous étions tous sans vivre ! Même les stadiers ne savaient pas où il y avait à manger et se disaient affamés… Un d’eux me confia avoir vaguement entendu qu’il y en aurait peut-être une ouverte, mais où ? Si je la trouvais, il faudrait que je lui dise. Car « on a faim par ici, hein. Tu promets que tu me le diras, hein !? ». J’hochais la tête et repartis. Commença alors une étrange ballade dans les coursives du stade vide. Un peu comme cette fois où j’avais perdu ma carte et où j’eu la chance de vivre un but de l’extérieur du Parc, à sauter en l’air et crier avec les vendeurs de places et quelques mecs en retard. Courant tous pour rejoindre notre tribune. Il y avait encore Pauleta…

En G, après avoir crapahuté partout dans les étages, je trouvais enfin la buvette. Elle allait fermer. Et il ne lui restait que quelques frites et quelques saucisses du jour de Monaco. Il ne savait pas pourquoi toutes les autres étaient fermées et lui non plus d’ailleurs n’aurait pas du être ouvert. S’il avait été le patron, il aurait pu me dire pourquoi, finalement, il était là. Mais il n’était qu’un employé. Et pour les jumelles Antillaise. Savait-il… Je préférais partir. Quelque chose me disait qu’il aurait tout à fait pu m’éliminer sans même savoir pourquoi. Et me donner à manger à la tribune G. Karim Boukercha, mangé avec des frites, un 28 Février lors de PSG – Marseille.

En léger différé #5 Virage

Surtout que ce dimanche était un sacré jour de football pour moi. Ce match à enjeu au Parc, et juste derrière l’Algérie contre la Côte d’Ivoire de Drogba Didier. Il a fallu que je cours pour arriver juste à temps au café où je vois avec mon père tous les matchs des Algériens. Ce fut un sacré moment. Qui serait bien trop long à te raconter maintenant. Juste peut-être qu’à chaque but marqué tout le café se sautait dans les bras et que Morad, mon voisin, avait essuyé, la veille, une salve de gaz lacrymogène. Alors du coup, nous, qu’il avait serrés à chaque fois qu’il lui fut possible, on pleurait un peu sans trop savoir pourquoi. C’est que tout à la fin qu’il expliqua, pour sa veste. Puis l’Algérie a gagné au courage. Revenant au score par deux fois. Dont une à une minute de la fin. Le destin s’amusant qu’un hors-jeu soit sifflé pour empêcher que tout ça ne se détermine aux penaltys. C’était vraiment un bon moment de football et de vie… Sans savoir que derrière il y aura l’Egypte, la défaite, l’arbitre béninois et les trois expulsions. Mais comme tu le sais, moi, le résultat, au fond…  

Résumé Algérie vs. Côte d'Ivoire / CAN 2010 cliquez ici

En léger différé #5 Virage

Et au Parc aussi, c’était toujours un beau moment de vie. Il restait seulement quelques minutes d’arrêt de jeu à Evian pour revenir à 2-2, et à nous pour savoir pourquoi ces deux fameuses Big Mamas antillaises étaient bien venues faire là. Elles partaient et nous n’allions jamais savoir… Alors, je leur dis : « Vous devriez attendre, nous allons sûrement marquer. » Elles n’ont pas répondu ou peut-être d’un minime bougement de tête, mais elles doutaient. Quelque chose dans ma voix disait vrai. Elles restaient là debout à regarder. Et d’un coup elles explosèrent ! Guillaume Hoarau venait de marquer de l’intérieur du pied. Ça siffla. Elles repartirent heureuses avec le même sourire sur le même visage. Et nous aussi… 
Voilà. Dimanche 24 Janvier, Paris a battu Evian 3 buts à 1. Et l’Algérie élimina la Côte d’Ivoire de la CAN 3 buts à 2 après prolongation… La prochaine fois, je t’enverrai le penalty de l’Egypte face à l’Algérie et je te conterai l’aventure PSG – Lorient. Début d’une formidable odyssée, je l’espère.

Réédition de l’article paru le 11 février 2010 et avec l’aimable autorisation du Gri Gri International

Crédits photos (c) Panoramic & Karim Boukercha


Karim Boukercha
Peguy Luyindula Virage PSG

En léger différé #4

13.000 personnes au Parc un soir de Janvier. C’était il y a 9 ans. Il avait neigé. On rencontrait Aubervilliers. Ni Auteuil, ni Boulogne ne savaient ce qui les attendait
en fin de saison. C’était il y a une éternité. Karim était là.


Le foot a repris un dimanche 10 Janvier 2010. Je ne sais quelle température il fait sur ta plage, mais tout le sol autour du Parc était blanc neige. Quand on est arrivé, il n’y avait personne ou presque. À l’auto-radio ils avaient annoncé six milles personnes, mais dans le journal du lendemain j’ai su que nous étions 13 000. 13 000 sur 50 000… La faute à l’argent. Car oui, la fédération n’avait aucun poids face à cette vieille chamelle d’Eurosport et ses droits de diffusion. On a eu beau l’implorer, et même la menacer d’équipe B, cette sous chaîne avait bel et bien décidé que, coûte que coûte, nous serions ici, ce glacial soir d’hiver.

Alors nous voici contre Aubervilliers dans ce Parc désert. La coupe de France ça s’appelle. Dans notre tribune nous étions 16. Disons 10 de la Brigade Paris et leur tambour qui raisonne. Moi, Jerome, Vincent. Un handicapé et son ami, trois vieux et trois autres mecs. 21 en fait… Pour le reste Auteuil assez complet. Boulogne éparse. Et des grappes un peu partout. On a du offrir pas mal de places à Aubervilliers car la tribune visiteurs était comme pleine. Même si d’où j’étais on aurait cru des figurants ou des planches peintes.

On ne pourra dire cette fois que les banlieusards ont foutu le bordel. Personne bougeait. Faut dire que dès la dixième Peguy en mit un. J’ai pu en filmer la fin. Puis Erding dix minutes derrière. Et puis encore Peguy. Ça refroidit c’est vrai. Pourtant Steve Marlet était sur le terrain. Tu dois l’avoir dans tes grimoires, il aurait joué en ligue 1 puis en Angleterre. Maintenant il est à Aubervilliers et c’est un peu avec lui qu’ils ont essayé de nous déstabiliser par presse interposée toute la semaine dernière. »Incertain », il était… Et si en fait il jouait !? On était inquiet… Mais Steve n’a pas brillé.

Antoine Kombouaré Virage PSG
Casque d’or à casquette

Aubervilliers a joué crispé. À la fois trop respectueux et trop agressif. Une équipe de CFA2. Deux occasions en début de deuxième quand même. Ils seraient alors revenus à 3-2. Mais non, car Antoine avait bien prévenu. « Je déteste les professionnels qui se l’a racontent. J’ai dit à mes joueurs de faire un match plein et ce soir je suis fier d’eux, on a été rigoureux… Il fallait les respecter. » C’est ce qu’il put dire une fois qu’on a eu mis le cinquième… Rigoureux, nous on a pas été mieux. Mécaniques. Seul peut-être le quatrième but a été un peu joli.

Moi j’errais dans la tribune avec le nouveau numérique à Boukercha, d’où je regardais Boulogne faire des batailles de boule de neige. Entre eux, puis contre le virage d’en face en brandissant des drapeaux Français, et un peu sur la police en faction au bord du terrain. Le mec qui entonne les chants au mégaphone a même fini par chanter des trucs à lui pendant que tout Auteuil se retournait pour onduler bras dessus, bras dessous. Personne le reprenait mais ça n’avait pas l’air de gêner.

Nous divaguions tous dans le froid, comme si ce match avait lieu sur une télé sans son, au fond de la pièce… C’était génial, je ne me rappelle pas de tout mais j’étais heureux. Avec mes gants, je me souviens avoir envoyé quelques textos à Morad présent en présidentielle. « Pas mal çui-là » sur le quatrième…. « Çui-la » pour souligner qu’il y en avait plein, des buts. Et « Il a été gentil Maurice, il a pas fait de Panenka » pour le dernier sur pénalty… C’est pour ça qu’il m’a répondu « PD » en lettre majuscule. Il a joué dans cette équipe d’Aubervilliers, il en connait les types.

Jean-Eudes Maurice Virage PSG
Haïti Bob

Et puis j’ai vu cette fille de seize ans passer le match dans les bras de son ado, dos au spectacle. On devrait tous en avoir une comme ça, ça serait une bonne idée. Nous pourrions ainsi être Mi insulte, mi tendresse. Sankharé a heurté la barre puis raté un immanquable… Quelques changements, quelques cartons jaune… Giuly qui court seul sur les Village People à la mi-temps. Et Jérôme qui crie « T’es nuuuuuul le 13 !!!! » avec en fond Boulogne scandant « Colony démission !!! Colony démission ! »… Le speaker au micro et au tout début un énorme écureuil immense, en mascotte Caisse d’Epargne…

C’est tout ça qu’il s’est passé ce dimanche rare. Jusqu’à ce que deux stadiers gigantesques affublés du même trois-quart rouge horrible soient venus nous demander d’évacuer les lieux… car notre tribune ce soir n’a jamais été ouverte. C’est bien ça qu’ils ont dit… Jamais ouverte. Moi : « Oui, mais la porte là-bas est ouverte… » Eux : « Oui mais celle-là fermée… » Deux pareils inexpressifs, comme à la fin de Crésus avec Fernandel… « On est resté tout le match… L’autre là-bas il a un tambour, ça fait deux heures qu’il tape dessus… Vous nous avez pas vus ? » Aucune réponse… Toute façon, ça venait de siffler… Ils sont partis. Paris. Voilà mon ami… tu peux courir avertir tes contrées, qu’hier Paris a battu Aubervilliers 5-0. Au prochain tour nous jouerons contre Evian. Ils sont en National. Passionnant. La coupe de France ça s’appelle…

Réédition de l’article paru le 18 janvier 2010 et avec l’aimable autorisation du Gri Gri International

Crédits photos (c) Panoramic

PSG Aubervilliers 2010 Virage
La banlieue influence Paname

 

Karim Boukercha
Claude Makelele PSG Virage

En léger différé #3

C’était en décembre 2009. A une époque où notre milieu se composait
du vieux Claude et du jeune Clément. Une éternité pour certains,
une cicatrice pas vraiment refermée pour d’autres.
On vous fait revivre ces moments de gène
avec les récits d’époque de Karim Boukercha.

De ce match contre Lens rien à ajouter à rien. Dans le grand froid où ni nous, ni les joueurs n’avions envie d’être. Quelle sale horreur, dans les tribunes à me demander pourquoi. Pourquoi être là ? Ce mercredi soir avec ces gens à regarder ces mecs là. Aucune sensation, les pieds, les orteils, intenable…

C’est sur le chemin du retour dans la voiture que j’ai su… Sur les quais un peu avant la tour Eiffel, quand Jérôme continuait de raconter ce qu’il avait vu du match depuis la tribune présidentielle. Ses mots allaient vite. Et par pleins de phrases. « ... Non mais je vous jure, les mecs en ont rien à foutre, ils sont au téléphone !… J’étais entre Emmanuel Chain et Alexandre Devoise… Une horreur ! Avec des petites couvertures qu’on te met sur les jambes… et tous les cadres sup’ qui se plaignent s’ils en ont pas… Non, mais rien que pour ça, je veux jamais devenir riche, pour pas ressembler à ces mecs-là ! Ah non jamais putain !… C’est quoi le but ! ? Pourquoi y viennent ? Ils regardent même pas le match ! Et à la mi temps, ils ont beau être riches, ils se précipitent en loge comme des rats pour être sûrs de bouffer au buffet ; du foie gras dégueulasse et du champagne moisi... »

Claude Makelele PSG Virage
Le but du vieux

Sur les petits écrans en bout de siège, il a vu les deux pénalties non sifflés sur Peguy… « L’arbitre est sorti juste en dessous moi, j’lui ai crié : Eh gros cul tu les a pas vu les pénalty !!! »
Il a croisé et serré la main de Domenech aussi, puis raté le président car il était parti pisser. « Ouais, mais je m’en fous toute façon… Ah non mais j’te jure Karim, tu me dis tu payes dans ma tribune ou tu viens gratuit en présidentielle, je paye tout de suite !« . Il enchaina sur le but de Makelelé. « Vous allez voir le ralenti ! Il a même pas fait exprès ! Y’a que nous pour marquer des buts comme ça. Les otaries putains ! »

Claude Makelele PSG Virage
Claude et ses Claudettes

Puis sur Gervais Martel*, « Il était à quelques mètres de moi quand j’ai gueulé PAYSANS !!! J’l’avais même pas reconnu au début. Me suis dit c’est qui ce gros poivrot qui me regarde comme ça là ? On dirait Gervais Martel ! C’était bien lui putain ! J’ai tenu le regard ! Il s’en souviendra, la haine qu’il avait ! » Finissant sur l’égalisation, trois minutes plus tard. « Comme d’habitude ! On sait pas fermer un match ! Ils ont pas de couilles… Ils s’en branlent, c’est pas des joueurs ! Comme à chaque fois qu’on a l’occasion de remonter à la tête du classement ! Avec l’autre connard de Maoulida et ses banderoles de R’n’b de merde… des mots pour sa meuf, petite tapette ! Rentre danser le zouk avec Gervais Martel« .

PSG LENS 2009 Virage
La banderole cht’i, ou quand t’as plus de place pour caser un sponsor maillot

Les banderoles R’n’b de merde, ou bien même le zouk avec Gervais, c’est peut être pas de lui…
Mais de toute façon, sur ces choses-là, on se contredit pas. Les pensées s’emmêlent… Nos joueurs sont des vieux bourgeois dilettantes… ou des jeunes black qui se regardent courir… Sankharé ressemble à un Simpson, Maurice à Puff Daddy… Makelele fait peine à voir. On imagine Giuly tellement partout ailleurs, même dans un club échangiste, plutôt que sur un terrain de foot… Ceará va mourir. Chantôme joue toujours en arrière et Erding a du mal. Sessegnon diva… Hoarau… Rothen… Kezman… Antoine… Diané… Pancrate… Et le PSG roulait, roulait, roulait…

PSG LENS 2009 Virage
Mevlut fait la cour à Vedran

Mercredi 16 Décembre 2009, Paris a fait match nul 1 partout avec Lens. Dans le journal du même jour, notre goal Apoula Edel est soupçonné de s’appeler Ambroise et d’avoir beaucoup plus que son âge. Paris, mon feuilleton… je t’aime.

* Gervais Martel, le président du Football Club de Lens. « Les sang et or » puisque c’est comme ça qu’on les appelle.

Réédition de l’article paru le 22 décembre 2009 et avec l’aimable autorisation du Gri Gri International

Crédits photos (c) Panoramic


Karim Boukercha

It’s time to say goodbye to Napoli

Cette semaine, je l’ai attendue comme un dément.
Un personnage de Dostoievski, dans sa cave, qui tourne et tourne et tourne.
En attendant Naples et marseille. Il n’y avait plus que ça. Pour vous, les sociabilisants, les vivants, les bien portants, il existe la vie, le travail, l’espoir, les projets.

Pour moi, juste ces deux matchs. C’est ainsi. Le football peut parfois devenir la seule lumière.
La dernière drogue avant le néant. Naples d’abord. Mercredi, asphyxie, accélérations cardiaques, plein de clopes, chiottes et chiottes encore. Lecture de deux SAS. Et attente. Attente. Attente.
21 heures putain !!! Nos soldats défilent à l’écran. J’y ai pensé toute la journée.

Vais-je encore apercevoir dès la présentation des équipes en gros plan pendant les hymnes ces tronches de bileux, de flippés, de joueurs rattrapés par la gastro des grands soirs ? Rabiot blanc comme une merde de laitier ? Le PSG va-t-il une énième fois foirer le match crucial ? Trébucher en Europe ? Se retrouver en culottes courtes devant des millions de téléspectateurs ? Comme une malédiction. Quelque chose de (presque) déjà écrit ?

J’ai entendu toute la semaine les médias évoquer le contre-exploit en cas de défaite au Parc, j’ai croisé des gens qui parlaient de Naples comme de Guingamp, une formalité en somme, j’ai lu que les professionnels du pari en ligne donnaient Paris gagnant pépère. Froid dans le dos. L’arrogance des néo supporters de la Capitale trop habitués à écraser leur championnat, trop installés dans leur confort de nouveau riche, de futur blasé et/ou déserteur, quand le Qatar aura trouvé une nouvelle marotte soft power (2022?). Les fous, les naïfs, les cons !

Malgré l’égalisation jouissive et sur le fil de Di Maria, que dire ? Oui, cette malédiction est réelle. Paris a récidivé. Pas de pressing, boulevards, pas de milieu, pas les efforts, pas vraiment la technique. Pas envie ? Impossible, évidemment, nos stars savent que ces soirs-là sont les soirs qui comptent (en banque) vraiment. Et pourtant, depuis ma télé, ça peut ressembler à ça. Une certaine nonchalance, une équipe de joggers avec walkman. Contre les Italiens, je ne vois pas Paris avoir peur, être véritablement dépassé, comme il a pu l’être ces dernières années en C1. Non. Ils trottent, tranquilles presque. Ou alors, pire encore ! Nos joueurs se la racontent ! Ils pensent VRAIMENT que Naples, c’est Guingamp. Boum ! 0-1. Areola avance et recule sans musique et prend un lob. Voilà. C’est reparti. Mbappé rate un un contre un qu’un Ballon d’Or ne devrait pas rater pour être certain de gagner sa breloque dorée.

On n’y parvient pas, on est souvent moche. On est décevant, prévisible, agaçant, irritant, têtes à claques, paresseux, grosses chevilles et petites idées… Le PSG n’aurait jamais retrouvé le soldat Ryan. Le PSG a perdu son chemin sur la pelouse du Parc et avait oublié la boussole au vestiaire. Il faudra désormais ne pas perdre à Naples et gagner les deux dernières rencontres. Tout se complique. Ça en excite certains chez Virage. Jean Cécé jubile par texto. Il dit que c’est ainsi qu’on se dessine la route vers la finale. Avec des poules à la grenade tranchée par tranchée. Il a peut-être raison. Mais moi, au coup de sifflet final, je les maudis encore, dans mon salon, je les maudis en boucles. Ils ont si peu fait, nos héros, ils ont été si pâles, si médiocres. Je zappe un peu partout. Sur l’Équipe, ça ricane. Oui, certaines choses ne changeront jamais. Paris est incorrigible et l’Équipe indécrottable.

Je suis pourtant dès le lendemain matin positivement excité. marseille ! Deux fois. Contre la Lazio jeudi en Europa League (la coupe que Thauvin ne veut plus jouer) et puis chez eux, dimanche…
Les Ritals ouvrent l’om pendant 90 minutes, c’est absolument délicieux (le troisième but…). Il n’y a rien à dire. Fessée au vélodrome. Les joueurs sudistes ont beau prévenir sans attendre après la douche aux micros que dimanche, ils seront au rendez-vous, on voit déjà dans leurs yeux quelque chose qui ressemble à de la… Trouille, oui, c’est à peu près ça. Du fatalisme aussi. Garcia parle du public fabuleux et si fidèle, pas de cojones mais pas loin. Halloween avant l’heure. Il se déguise en espérant faire peur. Alors qu’il le sait, Rudy, dimanche, c’est Paris qui décidera du résultat. Lui et personne d’autre. Naples a tout fait pour écrire son Histoire mercredi. L’om, elle, pourra, au mieux, être un témoin assisté.

On y est. J’y suis ! Y seront-ils ? En championnat, il est bien sûr plus difficile de craindre le pire. L’angoisse d’avant Naples traverse mon cerveau a quelques reprises avant le coup d’envoi mais rien ne se fige. Ce soir, je redoute plus un arbitrage orienté et un manque d’engagement coupable de la part de nos joueurs. Quand j’apprends la composition des nôtres vers 20 heures (je m’étais imposé un black out toute la journée pour ménager ma haine et mon stress), je balance entre ricanements nerveux, textos affolés et incompréhension complète. Un petit vertige s’empare de moi, je dodeline sur mon canapé.

Je tente d’analyser les choix de Thomas. Il fait visiblement tourner. Choupo devant, sabre au clair. Un enfant en défense. Kylian et Adrien sur le banc. Le message semble clair : l’om, c’est la L1, il y a Naples dans deux semaines, 30 points sur 30, on ne prend aucun risque. Je me dis que Kylian paye sa petite prestation de mercredi. Je comprends mais je flippe quand même. Je ne veux pas perdre ce soir. Il ne faut pas.

Ça commence. Je tente évidemment l’expérience sur Canal + décalé, où Cazarre, son pote Toen et Laurent Weil commenteront en direct le clasico, en mode supporters. L’idée est admirable, excitante même. Ne plus se taper Guy et son pote de dézinguage systématique du PSG, entendre Cazarre bombarder de vannes alors que Paris crucifie pour la 369ème fois Marseille de suite ! Ouiiiiii. Mais en fait, non. L’idée était bonne, oui. Pas la réalisation. Virer Weil, l’homme qui JAMAIS n’osa démonter un film ! Et qui, ici, ne sert qu’à canaliser les débats. Un éducateur social en plein Kop de Boulogne en somme. Incongru, voire parfois même embarrassant. Il aurait fallu supprimer l’incrustation en bas à droite de l’écran. Simplement entendre la voix des deux protagonistes, comme dans un match lambda.

Bon, au final, Cazarre a tout niqué mais en même temps, il n’avait presque personne en face de lui. Et le football est (était) la chose la mieux filmée au monde. Faut arrêter de vouloir toujours balancer de nouvelles formes. Le football a-t-il vraiment besoin d’évoluer ? VAR, coupe du monde à 1200 participants, Chapron qui propose dans son livre plein de nouvelles lois du jeu, toutes plus connes les unes que les autres ! Il a fait quoi le foot pour se prendre des velléités de lifting intégral dans la gueule à longueurs de temps ?

Bref. Je finis donc le match avec Guy et Beye, en deuil après le deuxième but de Draxler dans un vélodrome qui a encore une fois démontré qu’il ne savait faire du bruit que les soirs de victoires. Garcia a gesticulé, Tuchel tirait la tronche, Guy a bien essayé de coacher marseille tout du long, rien n’y a fait. Paris a décidé du score final et Paris a gagné. En étant plutôt insipide, encore paresseux, dilettantes. Kylian était en fait puni. Il était arrivé en retard à la causerie. M’a rappelé ma scolarité. Anecdotique. Mais là, j’ai aimé un peu plus Tuchel. Punir le môme sacré le jour du clasico. Pas mal. Et quel camouflet pour la grande soirée de Canal… L’aurait-il fait le jour du match retour à Naples ? Pas sûr me dit un ami. Moi, j’aime à penser que si. La punition levée, Kylian est rentré et a marqué, après deux ballons touchés, peut-être même qu’un seul et trois minutes à peine sur la pelouse. J’ai encore plus aimé la polémique sur le but soi-disant refusé aux sudistes. Le faux bloc de Strootman et la simulation de Marquinhos. Ahahahahahahah. Encore !!!

Ils en sont là, les finalistes malheureux de l’Europa et Poulidor de la C1. Garcia a une nouvelle fois était frileux, petit épicier, à espérer un miracle, une improbable chatte. Aucun attaquant véritable au commencement. Payet et Thauvin, les deux doublures bleues, en stars de kermesse. 0-2. Terminé. Ménès s’énerve contre l’arbitrage. Contre l’injustice carrément ! Ce qui le classe directement entre Jean Moulin et Tartuffe. Ils ne parlent que de ça. Et évidemment, de la discipline selon Tuchel. Ils se demandent si le PSG est en train de devenir une vraie institution. Moi, je me demande juste quel modèle de télévision va briser Mohamed Henni, ce supporter marseillais qui aime Youtube et l’humour de répétition, dans sa prochaine vidéo ? Ça fait quoi ? Sept ans que Paris piétine l’om. Pfff. Canal parle de défaite encourageante. Je leur laisse. Je me contenterai de cette victoire sans panache et de Kehrer tentant d’attraper les couilles d’un marseillais, Ocampos il me semble, en bord de ligne pour l’empêcher de déborder. Neymar a subi quelques jets d’objets à chaque corner. Il y a eu un tifo bébête de jalousie sur notre C1 mais rien de grave.

Au moment où Paris est devenue cette équipe de Harlem Globe Trotters, marseille n’a plus qu’à faire comme tout le monde: Acheter son ticket et faire la queue. De voir Mbappé faire des selfies avec des mecs en tribune latérale fans de l’om, c’est ça, la réalité. Les enfants aiment les champions du monde et les marseillais sont des enfants. Une bonne fessée deux fois par an ne peut que leur faire du bien.

PROCHAIN ÉPISODE: Paris va-t-il honorer la malédiction la semaine prochaine à Naples? Rabiot arrivera-t-il en retard à son enterrement? Kylian mérite-t-il le Ballon d’or, de diamant, de saphir et de rubis? marseille va-t-il revendre Mitroglou pour racheter Mamadou Niang? Thomas Tuchel évite-il systématiquement la station de métro Stalingrad les veilles de match? Prend-il au moins le métro? À suivre…

Crédit photo (c) Panoramic


Jérôme Reijasse

En léger différé #2

Voici la suite des récits de Karim dans le Parc d’avant.
Celui de Colony. 13 décembre 2009, PSG contre Saint-Etienne
dans un Parc à l’ambiance glaciale…

Il a fait très froid ce dimanche d’hiver avec St Etienne… « Les Verts », sans Gomis leur panthère noire enfuie chez « l’ennemi », à Lyon. Le 17ème, contre nous, le 11ème brinquebalant… Je ne peux pas te parler des banderoles d’avant le match. Il a fallu que je coure, j’allais rater le début. Pourtant, au sol j’ai ramassé un tract de la Brigade Paris (BP) « Tifo bande » sur toute la tribune. Des Vikings, en passant par les Hoolicool, jusqu’à la BP… Les bandes seront enroulées à nos pieds, il suffira de les passer à son voisin. En oubliant pas de bien les tendre et surtout – pour une bonne animation – de bien prendre garde à tous le faire en même temps. Voilà.

Virage Auteuil Paris
Grosse équipe de physios à l’entrée du club

Mais ça n’est pas tout, le tract précise aussi que « la vermine n’est pas ici en terre conquise » car pour 27 affrontements, on les domine : 17 victoires, 9 nuls et une défaite. Sur le terrain ce fut encore une fois bien bizarre. Nous avons très bien joué pendant 39 minutes. Le temps de marquer trois fois, et pilonner « la vermine » de têtes, de tirs, de reprises et de plein d’autres choses encore. Pleuvèrent, les buts. Peguy d’abord, à la 11ème ! Puis Sessegnon, 13ème ! Et en enfin la tête de Melvut le Turc, à la 39ème !

Kombouaré l’avait bien dit dans le JDD. « Un début de match de folie ! »
Mais alors après… on aurait dit une nuit avec une fille dont on a plus envie et qui reste dormir. Quel ennui ! Et qu’est ce qu’ils sont mauvais à St Etienne. Aucune réaction, aucun orgueil. Ils alignent pas une passe, savent pas communiquer, sont lents, prévisibles… Alors imagine… Impossible d’allumer la télé, ou de faire semblant de dormir…. coincé dans le froid à attendre demain avec cette fille chiante. Quel calvaire.
Pour nous réchauffer, les supporters stéphanois ont bien essayer de nous montrer leurs seins. Explosant des fusées pour faire sortir les CRS… Mais rien à faire on avait plus envie.

Blaise Matuidi Virage Paris
Blaise jeune et vert

Dans les tribunes, il y a eu plusieurs sujets. La pub qui court sur tout le long du terrain pour les T90 Laser III… « Voici le moment où tu peux changer le cours d’un match. Que fais-tu ? Tu hésites ? Tu attends un toucher de balle pour donner une chance au défenseur de te prendre la balle ? Ou tu frappes tout de suite, persuadé que tu vas le mettre en pleine lucarne ? Les nouvelles chaussures T90 Laser III ont été conçues pour un finisseur à la frappe mortelle, qui fait confiance à son instinct et à son exécution parfaite… » C’est ce qu’ils disent sur le site. Elles sont noires et vertes. Sur le terrain trois de nos joueurs les portent. Puis Paranormal Activities. Qui ne fait pas peur. Mais qui fait peur si on a 14 ans…

Puis quoi d’autre dans ce long froid… Giuily s’est échauffé à la mi-temps pendant le challenge Orange. Il était aussi petit que les petits. Il est rentré en milieu de seconde… Rien de plus. La « Golden barre », personne encore pour gagner la Suzuki. Ils ont ajouté un bruit maintenant. Quand tu rates la barre, y’a Woody Woodpeker qui ricane… Plus le mec qui commente au micro comme au supermarché. C’est vraiment la fête foraine la mi-temps. On a causé de l’état de le pelouse… que si Johnny meurt, la pelouse sera contente. Ce genre de choses… J’oublais.

Peguy Luyindula Virage Paris
Oh Peguy sue !

Mais Armand a bien joué… Il semblait en forme. Il a fait deux, trois passes… Auteuil a allumé des fumigènes… Beaucoup… Aprés le match, Leproux va s’énerver. Un fumigène = 10 milles euros. Ce soir peut être 200 milles euros… Et des sanctions planent déjà sur le club, bientôt un match à huis clos. Boulogne soutient : « Le Parc est a nous, Colony on s’en fout... » Ou chante. Un bout de Marseillaise. Ou « O ville lumière« . Ou d’autres trucs…

Le froid toujours et tout le monde avec des capuches. Tiger Woods a trompé sa femme, parait que sa carrière est brisée… Quelques-uns de nos joueurs ont les gants qui portent son nom… J’ai les mêmes aussi… En plus avec les capuches, on s’entend pas… Obligé de regarder alors…
Notre goal, Apoula, fait un amorti, enchaine un jongle et un dégagement, la foule le plébiscite !

Ludo Giuly Virage Paris
Ludo et Goliath

Giuily rentre. Le stade scande ERDING ! ERDING ! ERDING ! Maurice rentre pour Sessegnon. Le stade applaudit un peu. Chantome rentre pour Peguy… Le stade ne dit trop rien…
Deux minutes de temps additionnel.
Sur Yahoo sport, ils ont achevé le résumé comme ça : « C’EST FINI ! Le PSG s’impose 3-0 face à des Verts apathiques, remonte à la 10ème place et revient à trois points des places européennes. Ultra-dominateurs en première période, les Parisiens se sont contentés de gérer en seconde. De son côté, Saint-Etienne continue de s’enfoncer au classement et flirte toujours dangereusement avec la zone rouge. »

C’est L’équipe du Dimanche… Par mail, Jérome dit « Je veux que notre monstre EDEL baise Nathalie Ianeta. » Mercredi, Paris joue contre Lens. Faire attention aux petits du challenge Orange.

Réédition de l’article paru le 15 décembre 2009 et avec l’aimable autorisation du Gri Gri International
Photos (c) Panoramic


Karim Boukercha

En léger différé

28 novembre 2009, PSG contre Auxerre. Karim y était. À l’époque il prenait des notes et des photos pendant les matchs. Il a accepté de vous faire revivre ce petit bout (pas très) glorieux de notre époque pré-QSI.

On a gagné. Pas mérité, mais on a gagné. 1-0, but de Clément quand plus personne n’attendait rien. Auxerre a pas très bien joué non plus. Et personne n’avait l’air de trop suivre le match. Un peu avant la rencontre, Auteuil a déployé deux banderoles. La première destinée à Colony Capital, qui voudrait racheter le Parc pour cinquante ans et le rebaptiser du nom qu’il voudrait, comme pour le stade d’Arsenal, l’Emirate Stadium… « Le Parc n’est pas une prostituée »… et la seconde pour nos joueurs, « Pas d’envie, pas de couilles, pas de talent, pas de jeu. Humilié au Vélodrome, vous avez souillés nos couleurs. REAGISSEZ ».

Y’a eu aussi l’éphémère (et poétique) « Colonik ta mère », mais tellement fine et illisible qu’on aurait cru qu’elle était écrite au stylo bic. Boulogne, eux, ont mis l’énorme JULIEN, lettres blanche au rouleau sur une longue toile noire..
De la première mi-temps pas grand chose à dire. Pas de jeu. Peu d’envie (plus qu’à Marseille), mais toujours pas de talent. Il s’est tellement rien passé que je peine à me souvenir.

À la mi temps, au challenge Orange (partir de trente mètres et marquer un but au gardien adverse), les Gobelins ont battu le Paris Football Club, 6 – 5. Mais le coeur du stade a penché pour les perdants car à 5 – 5, le dernier gamin du PFC a tenté un ciseau retourné (raté) alors que les Gobelins eux ont marqué et gagné « normalement ». Jérôme (*) a fait remarquer qu’on avait jamais vu de finale de ce trophée. Qui gagne quoi, quand et comment ? Personne sait… Un immense trou noir ce challenge Orange… À la Golden barre (trois supporters choisis par tirage au sort doivent toucher la barre transversale de 40 mètres), personne n’a gagné la Suzuki. Les mecs tiraient du pointu et ont passé leur temps à glisser, c’était dégoûtant à mater…

Neymar et Alves… Avant.

Pour la seconde mi temps… eh bien… Limite personne s’en souvient. Toujours pas de jeu. Restait à pas s’humilier… Les gens ont pas mal insulté Sessegnon. Makelelé peine vraiment à contrôler ses ballons… Armand… Peggy…. les autres… Jusqu’à ce qu’on marque ! Après avoir fait sortir Giuly pour faire rentrer Maurice. (Pas Florian hein, non un jeune. Noir. Comme tous nos jeunes). Et basculer en 4-3-3, qui nous réussit toujours mieux apparemment. C’est Sessegnon qui, malgré le fait qu’on l’ait insulté, a bien voulu faire un bon décalage pour Ceara, aka « le meilleur centreur du monde », pour finir par une tête de « Chien fou Clément » !

Le début de la fête, tu penses bien. Pas dans le jeu non, mais dans les tribunes, quand l’arbitre a sifflé un penalty contre nous pour une faute de Sakho à la limite de la surface (traduire dedans)… annulé instantanément par l’arbitre de touche. Alors les gens ont pu chanter ensemble, « Paysans, paysannnnns, paysannnnns !!! Oh Payyyysans ! ». Et Auxerre n’arrivait toujours à rien faire. À les voir courir partout comme ça, on ne pouvait s’empêcher de penser à tout le début de match, où ils trainaient pour aller chercher la balle, perdaient du temps, tombaient, miaulaient…

A l’hôpital… A l’hôpital…

Puis comme avec Paris, une bonne nouvelle est toujours suivie d’un fait divers, Coupet s’est fracturé la jambe juste sous nos yeux pour nous montrer à quel point il était maintenant des nôtres. Tout seul, pour récupérer une balle « perdue – dégagée » par « Gros cul – Armand« . (dixit mon voisin de stade). À la panique des joueurs, on a tout de suite su que c’était grave. Sakho ne pouvait regarder… Tous les autres gesticulaient. Seul Benoit Pedretti a été capable d’aller voir l’arbitre pour lui montrer que l’heure tournait… « L’os de Gregory Coupet est sorti de sa chaussette » (Sylvain Armand), et Benoit Pedretti en est à parler du temps qui passe. C’est pour ça que, comme Louis Nicollin, tout le stade, tel un seul homme, l’a puni en lui chantant longuement « Pedretti est une salope, Pedretti est une salope! ».
(Alors qu’on aurait pu lui chanter « Progéria ! Progeria ! Progéria ! Oh progéria ! »)

Benoît la caffeteuse

Pendant ce temps au bord du terrain, 200 kilos de cheesburger sautillent et font vibrer la pelouse en attendant de rentrer en jeu. Il s’agit de notre arme secrète… le gardien au deux sélections dans l’équipe nationale d’Arménie. Le mystérieux Camerounais Apoula Edel ! Une de nos plus belles trouvailles, adopté instantanément l’an dernier par les supporters, tous bords confondus…
Dix secondes plus tard un énorme bruit sourd retentit. C’est les gigantesques mains gantées d’Apoula Edel qui viennent de repousser le ballon en provenance du coin de corner…
Il reste quelques minutes a jouer… « Progéria ! Progeria ! Progéria ! Oh progéria ! »

Paris a gagné contre Auxerre un à zéro.

Big Beast Apoula

* Jérôme Reijasse, auteur de Parc (L’oeil D’Horus)

Réédition de l’article paru le 1er décembre 2009 et avec l’aimable autorisation du Gri Gri International
Photos Tribune (c) Karim Boukercha / Match PSG-AJA (c) Panoramic


Karim Boukercha

Collection PSG

On continue notre série consacrée aux passionnés collectionneurs du PSG.
Au tour de Nicolas, qui s’est constitué un trésor avec une collection incroyable
de places de match, dont certaines totalement improbables. Voici sa sélection.


Quelques mots pour commencer

Je vais au Parc depuis depuis 1986, où mon père m’a emmené voir un PSG/ASSE.
Je me souviens que je me faisais engueuler car je ne regardais pas le match mais le Kop…
Mon père gardait ce petit réflexe de souvenir avec les billets de match où nous allions et les mettait dans un tiroir.

Puis naturellement je me suis abonné tant à Boulogne qu’à Auteuil, et j’ai aussi fait des déplacements seul.
Alors j’ai commencé à regrouper les billets, et la collection s’est agrandie.
Je possède actuellement plus de 1800 billets de matchs différents du PSG.
Cette collection m’a permis de rentrer en contact avec énormément de personnes partout en France et même en Europe.
Cette collection essaie de retransmettre un infime morceau du match, matérialisé par le sésame d’entrée.
Trouver des billets qui trainent dans des tiroirs, des greniers, c’est aussi la satisfaction de compléter une collection retraçant modestement l’histoire de nos couleurs.

Ma collection est visible sur Facebook (cliquez ici)
Je suis bien-sur preneur de tout contact pour récupérer des billets de notre club afin de rassembler ses souvenirs sous une forme différente.

Sa sélection

Match opposant le PSG à METZ, le 13/08/1974. C’est le billet le plus ancien de ma collection.

Match opposant le PSG en coupe d’Europe aux Belges de Waterschei le 16/03/1983 avec un déplacement très massif des fans parisiens, une date importante.

Match particulier contre l’AJ Auxerre lors du tournoi indoor qu’organisait le Paris SG à Bercy. Tournoi qui rencontrait un fort succès a l’époque.

Match contre le Bayern Leverkusen dans le cadre du fameux tournoi de Paris qui a perduré pendant de longue années. Ce billet édité est particulier car le tournoi a été annulé au dernier moment au Parc des Princes. Ce match amical s’est finalement tenu à saint Ouen, véritable collector.

Déplacement du PSG à Istanbul en 1996, ces billets sont extrêmement difficiles à récupérer dans un pays ou peu de supporters parisiens s’aventuraient. On notera la faute sur le nom de notre club…

L’incontournable sésame pour rentrer dans le stade du roi Baudouin  lors de la victoire en Coupe des Vainqueurs de Coupes contre le Rapid de Vienne.

Match de coupe Intertoto en 2001  avec un déplacement exotique loin de Paris en République de Crimée.

Match organisé contre l’équipe de France police et mis en place par le ministre de l’époque et fan du PSG Nicolas Sarkozy. Match non joué suite aux incidents dramatiques aux abords du Parc. Billet introuvable.

Premier des match du PSG lors de ses tournées aux USA en 2010, grosse difficulté à retrouver ce genre de pièce.

Petit clin d’œil pour ce billet et la plus grosse victoire chez notre meilleur ennemi en 2017 !

Match de coupe de France contre les amateurs de Cote Chaude, match joué à Saint Etienne, avec une victoire 10 à 0 !

Match contre le Partizan de Belgrade lors du tournoi indoor à Bercy.


Xavier Chevalier

Le premier des derniers

2023. La Ligue 1 est pliée. Nantes, avec douze points d’avance à six journées de la fin, peut dormir tranquille. Le titre est pour les Canaris. Les experts exultent, les spécialistes applaudissent, les footix ravivent une nostalgie rance et tellement française. On parle de Loko, Touré, Suaudeau, même de Landreau, aujourd’hui directeur sportif du club de Loire-Atlantique.

Nantes vient au Parc le coeur léger. Une défaite ne ferait que retarder, un peu, l’échéance. Valdemar Kita prend la pose avec diverses célébrités. Son bronzage toujours plus orange permet à ses dents immaculées de briller sans complexe. Et puis, contre un Paris moribond, un Paris très Paris, le danger ne guette pas vraiment. Une routine. La messe est déjà dite.

Les Parisiens ont fait leur le ventre mou du classement depuis plusieurs années désormais. Les Qataris partis vers d’autres cieux, l’argent et les touristes de tribunes avec, l’équipe de la capitale a dû réapprendre à souffrir pour souffrir, à perdre pour exister encore. Ce soir, le PSG ne peut pas l’emporter. Ou alors, comme Strasbourg, en 2017, quand la bande à Neymar avait chuté en Alsace en refusant de jouer. L’exploit est possible parce que le football accepte l’exploit. C’est tout et ce n’est pas grand chose. David et Goliath…

Il sera le premier à rester. Pour la vie.

Avec l’une des pires attaques du championnat et une défense offerte, Paris ressemble à une victime idéale. Dans un Parc blindé de supporters agressifs (les coeurs brisés se moquent bien de l’objectivité et du fair-play), où les chants nantais sont systématiquement avalés, on assiste à un match fermé, où les Parisiens vendent chèrement leur peau. Sirigu parvient même à arrêter deux pénalties, généreux cadeaux d’un arbitrage partial qui ne se cache même plus. Hoarau, qui a rechaussé les crampons avec Gameiro (remplacé à la 75ème par Jean Kevin Augustin), pour tenter de sauver son Club de coeur de la relégation en 2020, rate deux occasions énormes mais aucun sifflet ne vient le sanctionner. Dans la tourmente, les coeurs parisiens ont toujours préféré l’ironie ou l’appartenance au suicide collectif.

Et puis, alors que le score est toujours vierge, à la 87ème minute, un homme, un seul, va bouleverser l’évidence et écraser les certitudes. Parti du milieu du terrain, il dribble, efface, vole, une plume le mec, arrive aux 18 mètres, s’arrête pour éviter un méchant tacle nantais, crochète encore avant de déposer le ballon en pleine lucarne, sans forcer, comme si la gravité n’avait jamais figurer dans le moindre dictionnaire. 1-0. Un silence de cathédrale et puis un séisme de magnitude 9. 45 000 âmes déchirent le voile de l’amertume et chantent avec des larmes et de la fierté dans la voix: “Pastore, Pastore, Pastore, il n’y a qu’un seul Pastore et c’est ici, à Paris !”. Il salue la tribune Boulogne, sourit comme un enfant, se retourne vers sa famille, il ne voudrait être nulle part ailleurs. Il est chez lui, il l’avait dit: “Je serai le dernier à partir.” Il avait menti. Il sera le premier à rester. Pour la vie.

Il n’est pas parisien. Il est Paris.

La partie est terminée. Paris a gagné, pour rien. Les Nantais l’ont mauvaise. Pascal Praud, l’entraineur, ne décolère pas en conférence de presse, il parle de faute professionnelle, préfère évoquer les deux pénos manqués que cette fulgurance divine argentine. L’Équipe met 6 à Javier Pastore, considérant “qu’une action de génie ne suffit pas à oublier les nombreuses passes ratées du milieu parisien…”.

Les supporters, eux, refusent de quitter le stade et chantent encore, pour les étoiles, pour ceux qui ne sont plus, pour cet homme qui a fait mentir la réalité en choisissant le coeur plutôt que les billets. Le romantisme aujourd’hui est une tare, quelque chose de presque inavouable. Une perte de temps. Javier Pastore se moque de ces contingences. On le disait fragile, sur courant alternatif, surestimé. On avait, au début, parlé surtout du montant de son transfert, on avait critiqué, souvent, ses absences répétées pour mollet capricieux, muscles aléatoires, mental boiteux.
Javier Pastore n’est pas parisien. Il est Paris.

 La poésie avant le rendement

Il a peut-être un peu grossi. Ses cheveux, noirs, luisants, ont un peu poussé et recouvrent sa nuque. Le regard, lui, est resté le même. Le regard d’un gamin qui, peu importe l’état de la pelouse, sait qu’il n’a qu’une mission : Aller là-bas, en face, aller là-bas et casser les lignes, pour la beauté du geste et rien d’autre. Pour le jeu. “Le plus beau but était une passe” écrivait Michéa. Voilà. Voilà tout Javier. La poésie avant le rendement, le ciel avant la terre, l’absolu avant les statistiques.

Il aurait pu signer à l’Inter, à Manchester (le bleu ou le rouge), à la Juve, au Bayern, à Madrid, partout. Mais non. Il n’a jamais dit pourquoi. Ce n’était pas nécessaire. Les plus fanatiques prétendent que le Parc des Princes a été construit pour lui et que, certains soirs d’hiver, si l’on tend bien l’oreille, on peut entendre le vent murmurer son nom, au détour d’une avenue abandonnée.

Javier Pastore est notre Histoire

Dahleb, Sušić, Ronnie, Pauleta, Cavani et Pastore. Les cinq premiers sont aujourd’hui des souvenirs, des statues, des tatouages. Javier, lui, respire encore, il s’échauffe encore, il se met au vert encore, il aime la balle, encore. On n’oubliera jamais ses chorégraphies solitaires, ses buts nonchalants, ses visions hallucinées, ses passes sniper, shrapnels de velours, ses ratés délicieux, ses sourires et cette voix d’une douceur de vertige.

2017. Javier ne partira pas. Ni cet hiver ni l’été prochain, jamais ! Tous ceux qui répètent qu’il est un poids financier, un espoir déçu et déchu, un fantasme pour idéalistes sont des ânes. Voire pire (connards, trous du cul, rabats-joie, traîtres, jaloux, baltringues, pragmatiques foireux, faites votre choix).

Javier Pastore est notre Histoire, toute notre histoire. On allume la Tour Eiffel pour Neymar ! Quelques milliers d’ampoules qui clignotent, en appuyant sur un petit bouton. Une kermesse de riches en somme. Javier, lui, a illuminé nos coeurs. A fait reculer les ténèbres. Avec lui, l’éternité pointe au chômage. Il ne nous manquera pas parce qu’il sera toujours là. Là où aucun agent, aucun président, aucun journaliste, aucune censure, ne parviendra à tuer la passion. Notre passion.


Jérôme Reijasse