PSG Club Liban Virage

PSG Club Liban

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Qu’importe la distance, si la passion est là, elle dépasse les frontières,
les cultures et les embuches. Maroun Nassar, un des fondateurs du PSG Club Liban, un des tout premiers clubs de supporters à l’étranger,
nous raconte cette aventure hors norme.

Quand est-ce qu’est né le Projet PSG Club Liban et pourquoi ? Quel était le contexte à l’époque ?

Je supporte le Paris Saint-Germain depuis 1992 et depuis le Liban. Je vous le dit sans exagération : les matchs officiels que j’ai ratés jusqu’à ce jour se comptent sur les doigts d’une seule main. Une grande partie de nos membres les plus actifs étaient comme moi marqués par la fameuse épopée européenne. L’injustice face à la Juventus en 1993, le but de Guérin en 1994 et le retour de quart de finale de 1996 : ce PSG-là a bercé mon adolescence. Je portais également de l’attention à l’animation des tribunes et cherchais à décortiquer ses effets. Je compilais sur des cassettes videos des extraits et des articles de presse de ce monde qui me semblait à l’époque assez lointain. J’étais impressionné par l’intelligence et la subtilité des messages, scotché devant les tifos : bref, la créativité des parisiens était unique en France. Sans cette dimension, je ne pense pas avoir été aller aussi loin. Mon ambition vers la fin des 90’s était de regrouper le maximum de supporters au Liban afin de vivre notre passion en commun ainsi que d’organiser des déplacements, le plus souvent au Parc des Princes. En l’an 2001 et lors d’un chaleureux accueil à l’ancien siège de Boulogne par le département supporters, nous avons été officialisés en tant que PSG club. A l’époque il n’existe qu’un seul PSG club hors territoire Français : en Belgique. Pour être officialisé depuis l’étranger, cela se faisait naturellement, en tout cas pour notre part suite à la régularité de nos actions et pas du jour au lendemain comme aujourd’hui.

Quel était le profil des personnes à l’origine de ce projet ? Vous aviez combien d’adhérents ?

J’ai croisé OBK, un vrai supporter au Liban, sur un forum. Il a beaucoup aidé dans la fondation du club. Puis ont suivi des personnages devenus incontournables dans notre groupe : Philippe Chalu, le parrain, ainsi que deux vice-présidents : Karim Taleb, orateur unique qui présidera pendant la derrière année, et Philippe Nagear dont la présence assez fréquente sur Paris fut très utile pour notre visibilité. Sans oublier le reste des membres actifs tel Harma, Rayan, Antoine, Gas, Rimichi, Souska et Joe. Nous avions atteint le chiffre de 120 membres en 2003. La plupart avaient entre 16 et 26 ans. Il y avait beaucoup d’étudiants d’université et quelques français de passage à Beyrouth. Enfin, il y avait entre 5% et 10% de filles, souvent des amies qui tenaient à nous faire plaisir ou des petites amies, mais on prêtait de l’importance à ce ratio car elles amenaient des idées différentes.

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Maroun, au premier rang à gauche © Collection personnelle

Pourquoi le PSG plus qu’un autre club ?

A l’époque, cette question nous faisait bien sourire tellement nous étions engloutis par la passion. Je ne voyais aucune différence malgré les 4120km qui nous séparaient de Paris. Certains d’entre nous allaient jusqu’à connaître le jour d’anniversaire de Pierre Ducrocq ou encore suivre les résultats de la CFA. Quelques temps avant la naissance officielle du groupe, je suis allé floquer 2 maillots en son honneur, cet inconditionnel du club, pour un ami et moi même. Un des salariés de la boutique a voulu prendre mes coordonnées pour « le fan club Pierre Ducrocq » qu’il avait l’intention de co-fonder. Je lui ai dit que nous habitions le Liban : « Ok je comprends, c’est comme vous voulez » m’a t-il répondu. Comme s’il voulait dire « si c’était le cas, vous auriez floqué votre nom ou celui d’Anelka » ou un autre aussi clinquant. Notre amour d’aussi loin n’était pas facile à concevoir.

Diriez vous qu’il existe une relation privilégiées entre le Liban et Paris, et le PSG en particulier ?

L’amitié franco-libanaise date de plus de 5 siècles. Elle est exceptionnelle. Elle est née à partir de relations privilégiées entre Paris et les chrétiens maronites et s’est étendue au fil du temps sur toutes les composantes libanaises. Pour plusieurs raisons, la France est une source d’inspiration pour beaucoup de libanais. Par respect pour cette amitié, on bâchait souvent lors de nos déplacements les drapeaux libanais et français côte à côte.

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Deux drapeaux à Auteuil © Collection personnelle

Quelles étaient les principales activités du club ?

Le PSG, sans le savoir, avait planté un cèdre au Liban de par nos investissements et notre engagement au quotidien. Écran géant, sièges rouges et bleus, décoration de maillots et écharpes voire une petite boutique et une médiathèque : le Parc Phénicien fut le siège des supporters libanais notamment les jours de matchs. Notre groupe avait ses propres fanions et écharpes qui se vendaient comme des petits pains en France comme au Liban. Beaucoup de déplacements au Parc des Princes et quelques uns à l’extérieur. Du bon travail sur le web via notre site internet et divers forums parisiens.

Vous aviez aussi monté une équipe de foot au Liban ? 

Oui, on avait une belle équipe ! A la base, tous les joueurs n’étaient pas membres du club. Mais le rêve de jouer sur la pelouse du Parc lors du tournoi de supporters qui, à partir de 2001 n’a plus jamais été organisé, a suscité un grand enthousiasme pour beaucoup d’amateurs du ballon rond. Cette équipe a représenté les couleurs du PSG sur plusieurs tournois. Elle suscitait la curiosité de beaucoup ; fouler une telle pelouse n’est pas donné au commun des mortels.

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Le Parc Phénicien © Collection personnelle

La devise de votre club « Au nom de la folie », pourquoi ?

Une poignée d’ados et de jeunes soit disant « touristes », ayant l’occasion de faire un seul voyage par an en France, en train de passer l’ensemble de leur semaine de vacances autour du Parc des Princes, au Deux Stades et Aux Trois Obus pour espérer croiser et échanger avec des supporters, d’anciens dirigeants comme Jean-Michel Moutier ou des personnages comme Jean-Marie dans sa “Boutique des Supporters” ne me semblent pas être des gens très normaux (Rires). Taleb avait proposé: « 4120km en 90mn, c’est possible ». Avec le recul, je la trouve plus cool. Parlant de folie, le seul regret a été de n’avoir pas réussi à ramener le PSG au Liban pour un match amical. Même au début des années 2000, il y avait beaucoup de politique dans ces décisions-là ainsi que d’autres paramètres évidemment, mais je pense que nous n’avions pas assez bien préparé le dossier. Ces ultras, kopistes et leaders de groupes que l’on croisait loin de chez nous, je voulais pouvoir les recevoir au Liban. Leur montrer que leur fibre était là aussi. Quand la France a joué Chypre en déplacement (une demi-heure de vol), plusieurs de nos adhérents ont fait le déplacement pour donner de la voix. Thierry Roland les as remerciés maintes fois à l’antenne. Qu’est-ce que nous avions prié pour que le PSG tombe sur une équipe chypriote !

Quelles relations entreteniez-vous avec le PSG et ses supporters ?

Pour les principaux représentants de notre groupe, les personnages du Parc étaient comme des héros de bande dessinée. Tu passes des mois à entendre parler d’eux, à conceptualiser leur leadership pour arriver enfin, à coup d’économies, à faire le voyage et les avoir en face de toi une fois l’an. Les jours de matchs, ils sont dans le bain et je me demandais si ces gens se rendaient compte de ce qu’ils représentaient à plusieurs milliers de kilomètres pour nous. Zavatt, Amar, Viola, Valois, Higgins, Perreira, Uldry etc. Je ne peux les citer tous ; beaucoup d’entre nous avaient naturellement une affection spéciale pour Wissam et suivent toujours ses efforts actuels. Nous avions essayé de comprendre l’histoire de chaque tribune et respecter l’identité de chaque groupe comme l’illustraient les photos géantes de tribunes, de parcages et les différentes écharpes exposées dans notre local. Pour le reste, c’était du cas par cas et des camaraderies qui se créaient à force de déplacements pour s’apercevoir au final que nous avions fini par appartenir à ce monde-là. Et que quelque-part, nous avions peut-être réussi aussi à marquer les esprits. J’entendais de plus en plus « Pouaaauh vous faites tout ça du Liban, respect. »

L’adieu de Stéphane au Parc qui prenait « sa retraite » du monde des tambours était marquante ; lui qui fondait en larmes et embrassait l’écharpe du PSG club Liban que nous lui avions offerte. Tout au long des années et même après la fermeture officielle du club, nous avions tenté d’être impliqués dans les différentes quêtes et causes. Je retiens notre lettre de soutien aux Boulogne Boys, résumant des mois et mois de relations amicales avec certains des leurs. En généralisant et éradiquant injustement un tel groupe indispensable à la vie du Parc et à l’histoire de Boulogne, nous avions compris que le compte à rebours avait commencé. Nous avions vu des choses, très moches, les saisons d’après. Des choses que l’on pensait ne jamais voir en France ; Philippe N. peut en témoigner.
Enfin, je retiens les fortes relations entre la majorité des PSG clubs grâce à des responsables généreux et engagés. Au final, « nous sommes tous les enfants de Phil Collins » phrase que je répétais souvent.

Et quelles étaient vos relations avec le PSG ?

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Maroun avec Francis Graille © Collection personnelle

Ce n’était pas simple de communiquer avec l’institution PSG. Il existait quelques erreurs « logistiques » et de coordination mais qui ne me semblaient pas intentionnels. Au final, nous avons entretenu de très bonnes relations. Nous avions fait connaissance avec beaucoup d’employés, de cadres et d’anciennes légendes du club comme Vincent Guerin et capitaine Raí. Je pense que de notre côté nous avons bien reçu les employés du club, de passage au Liban. J’ai personnellement rencontré à quelques occasions les Présidents Blayau, Graille et Perpère. Alors que ce dernier a été un personnage controversé, je dois avouer l’estime qu’il avait pour notre mission. A l’époque, il n’y avait pas d’objectifs « corporate » aussi définis : il ne gagnait pas grand chose en prenant de nos nouvelles, mais le faisait. J’aurais adoré rencontrer Michel Denisot et Francis Borelli, paix à son âme.

De quels objectifs « coporate » parle-t-on ? Et comment cela touche les supporters à l’international ?

Dans une vision globale étatique qui comprend ses propres critères et imprévisibilités, il semble que QSI ait établi une stratégie pour définir précisément le positionnement futur de la marque PSG, la developper par différents canaux et augmenter drastiquement la valorisation de la franchise. Le changement de culture est énorme dans un pays qui m’a semblé en général assez réticent au changement. Dans ce sens, les résultats ont été extraordinaires. Depuis, avec l’explosion de « fan clubs PSG » et les « PSG academies », on a prêté moins d’importance à l’authenticité et donc à la durabilité du projet. Combien survivront-ils quand sportivement ça ira moins bien ? Si les grosses entreprises se basent sur des KPIs, OKRs, Scorecards ou autres outils pour évaluer la performance et que le PSG d’aujourd’hui n’y a probablement pas échappé, il devrait y avoir, selon notre expérience, des critères basés non seulement sur la quantité et la diversité mais aussi sur la qualité, paramètre comme souvent le plus ou moins simple à juger aussi rapidement et encore moins à distance. Se poser la question sur la longévité d’une structure indépendamment de la conjoncture globale. Investir plus de temps et d’efforts à l’international sur des personnes et des groupes qui portent le club dans leur coeur contre vents et marées. Le PSG club New York, dans ce sens, est un modèle à considérer.

Vous étiez placés où au Parc et pourquoi ?

Le plus souvent à Auteuil Bleu entre certains de nos amis des KarSud et pas loin de la belle ambiance des Lutece et leur Irish Clan. Ça s’est fait en fonction de certaines affinités sans aucune raison idéologique à cela.

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Le Kop Phénicien en tribune © Collection personnelle

Quels sont vos plus grands souvenirs de match au Parc et en déplacement ?

Entre 2000 et 2010 c’était souvent les OM-PSG, PSG-OM qui étaient extraordinaires. Je retiens le PSG-OM de 2004 avec plus de 30 cartés du Liban. L’OM-PSG en Coupe de France en 2004 : hallucinant comment la police du Sud traitait les ultras du PSG et pourtant, venant du Liban, peu de choses sont supposées nous choquer (rires). Comment certains policiers te montraient leur maillots en dessous de leurs uniformes pour te provoquer. Rien à voir avec la façon dont les visiteurs au Parc sont accueillis. Cette haine pour la capitale finissait par renforcer « notre cause ». Un PSG-OM avec une vingtaine de déplacés pour la finale de la Coupe en 2006 et la victoire qui m’a fait presque oublier à quel point je n’aime pas le SDF. Le déplacement à Londres de 2004 était marquant. Et si je dois en retenir un seul, ce serait le dernier, improvisé en 2011. Nous étions 5 anciens du club à faire le déplacement. Auparavant, il y a eu quelques manifestations dans les rues pour contester la fin des libertés dans les tribunes populaires. 9 Septembre 2011, nous y sommes. C’était un PSG-Brest où plusieurs anciens de Boulogne et d’Auteuil, ou de ceux qui n’étaient pas encore interdits de stade, arrivent exceptionnellement à se regrouper dans des tribunes latérales presque face à face. « Un seul transfert n’a pas de prix : le 12ème Homme » avait-on réussi à faire lever avant l’intervention des stewards. Seul Sylvain Armand, pourtant critiqué par certains inconditionnels, est venu nous remercier. A la fin de la rencontre, c’était difficile de quitter le Parc. Un steward me demande de sortir, j’ai eu envie de lui raconter ma vie. Pendant 24 heures, Philippe et moi n’avions plus de voix. Et pourtant, on était pas connu pour en avoir des plus fragiles. Quel terrible sentiment d’adieu.

Le Liban est un pays qui a une histoire difficile. Supporter une équipe et réunir des gens les soirs de match était-il une façon d’oublier ?

C’est une excellente question…(il réfléchit). Afin d’être transparent, mon analyse n’engage que moi-même. A la fin de la guerre civil en 1990 et suite, entre autres, à des accords entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis, le régime Syrien et ses services de renseignements ont eu la main mise totale sur le Liban pendant 15 ans alors qu’Israël occupait le Sud du pays jusqu’à l’an 2000. Cette occupation syrienne, que beaucoup se contentaient de qualifier de « présence nécessaire », s’est suivie, entre autres, d’une oppression de la liberté d’expression. Une bonne partie des jeunes libanais se réfugiant dans les stades (principalement de football et de basketball) pour supporter une équipe représentant leur identité et, pour certains, réclamer le départ de la Syrie, la libération d’un des leaders d’opposition en prison ou encore la fin de l’exil d’autres représentants. Aller au stade, se déplacer pour suivre une équipe de foot, était inconsciemment dans certains cas un défoulement nécessaire.

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Défoulement au local © Collection personnelle

Qu’en est-il aujourd’hui ?

La crise politco-économique sans précédent fait des dégâts principalement chez la jeunesse libanaise. Cette fois-ci, le sport et l’art, seuls, ne seront pas suffisants voire utiles pour maintenir l’espoir. Le mal est très profond. Pourtant, le Liban a vécu en octobre 2019 une révolte d’un peuple contre tout un système politique corrompu et malsain. Les scènes de liesse ont été extraordinaires. Malheureusement, à mon sens, elle est arrivée trop tardive : le régime iranien, à travers sa milice et son alliance avec le régime syrien, a réussi à contrôler la majorité des composantes de l’Etat et créer une économie parallèle ces dernières années, en procédant à des assassinats entre 2005 et 2010, à des alliances artificielles, des minis coups d’état en 2008, de l’opportunisme politique pour certains et la résignation de l’opposition. C’est une occupation syrienne, version light re-visitée. Il serait peut-être simpliste d’illustrer le problème structurel libanais et tous ses drames jusqu’à la récente explosion du port de Beyrouth par la branche armée, voire le projet tout-court du Hezbollah, mais la lucidité d’un citoyen réside, selon moi, dans son ordre de priorités. Tu ne peux pas te mettre à réfléchir pour construire un projet d’avenir quand la personne en face de toi pose, sans aucun remord, son pistolet sur la table.

Vous aviez monté des actions pour aider votre pays à l’époque ? Comme le font souvent les groupes ultras pour des causes.

Nous n’avons jamais voulu imposer de telles initiatives relatives à notre pays. Je pense que nous avions clairement l’intention de « donner » et moins de « recevoir ». C’est quand le club ou nos amis du Parc venaient vers nous que nous nous activions incessamment. Une quête a été faite pendant la guerre de 2006. Je remercie encore Fred Legesne (ancien responsable du département de supporters) d’avoir fortement soutenu cette campagne ainsi que tous les supporters, les kopistes et les ultras. Une pensée spéciale au fantastique PSG club Marne. Les centaines voire quelques milliers d’Euros récoltés ont été remis à la Croix Rouge Libanaise reconnue pour sa transparence et son action « kamikaze » sur le terrain. Dans le même contexte, je n’oublierai pas la banderole « PSG club Liban, on pense à toi » dans le parcage pendant le trophée des champions. KarSud, Boulogne Boys et autres y ont participé. Avoir réussi à exister aux yeux des historiques du Parc a été une immense fierté dans notre histoire.

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Au Stade de France pour la finale face à Auxerre en 2003 © Collection personnelle

Pourquoi avoir mis fin à l’aventure du PSG Club Liban si tôt en 2006 ?

Aujourd’hui, il existe un fan club au Liban assez basique ainsi qu’une académie de football qui s’est bien développée malgré notre questionnement sur les intentions. L’initiateur du projet de fan club avait souhaité notre collaboration. Nous avons donné un coup de main mais le décalage culturel entre leur monde (supporters depuis QSI) et le notre est gigantesque. Il existe par ailleurs un bassin francophone au Liban que tu ne peux pas négliger car il est authentique et porteur de plusieurs initiatives. En tant qu’anciens, nous serions prêts à accompagner des jeunes supporters francophiles afin de rapprocher les 2 mondes. Je sais que le club lui-même encouragerait une telle initiative. Pour revenir à la question, en 2006, nous étions à notre sommet et nous avons officiellement arrêté alors que certaines activités se poursuivaient. Il y avait, c’est vrai, des raisons internes à cela mais également deux aléas externes: une série d’attentats au Liban qui ont touché nos locaux et surtout l’exode de la jeunesse qui nous a fait perdre beaucoup de nos membres. Notre structure au Liban engendrait pas mal de coûts. De toute façon et dans un autre cas de figure, on aurait absolument arrêté en 2010. La solidarité entre groupes de supporters l’oblige.

Pourquoi ?


Un PSG sans ses deux virages n’est pas le club que nous avons supporté, pour lequel nous avons investi et entraîné tant de personnes sur notre route. Oui, après les « galères » et un « combat », Auteuil a retrouvé ce côté ultra et populaire. Même si ce n’est pas la même sensation et même s’il y a beaucoup moins « d’anciens » et pas les mêmes groupes. Même si ça ne sera jamais pareil, il faut reconnaître le travail monstre des leaders alors que l’arbre a été coupé. Accepter, fédérer, expliquer et re-expliquer, anticiper les erreurs, gérer la nouvelle génération sans contraindre ses initiatives, gagner en maturité sans blesser les égos, revenir à des messages plus subtiles qui faisaient partie de notre force etc… Beaucoup doutaient mais Auteuil is back, à sa façon. Le President al-Khelaïfi leur a tendu la main. Et puisqu’il est en France et pas au Qatar, il pourrait penser que les voisins d’en face (Ndlr : Boulogne) méritent eux aussi plus de liberté, plus de considération. Que tu le veuilles ou pas, le Kop de Boulogne, c’est ton histoire. Le fief parisien qui imposait le respect des autres. Nous ne sommes pas aussi innocents et savons que le retour est presque impossible pour maintes raisons et que même si ça se fait, ça se fera peut-être d’une manière peu aboutie. Mais les miracles existent car « les autres ne pensaient pas que c’était possible, alors ils l’ont fait ». Quand Bernard Lama te déclare après la défaite lors du quart de finale aller face au Parme de Stoitchkov « au retour, on va jouer au Parc et il y aura 45,000 personnes », tu sais ce que ça veut dire. Tu sais, qu’en tant que supporter toi aussi, comme le joueur, tu as tes responsabilités et que tu seras attendu. Tu peux te déplacer, préparer le tifo, chanter ou animer mais tu ne peux être passif car tu es responsable. Au final, tu vas à Bruxelles et tu gagnes la Coupe d’Europe. C’est ça, un club de foot. Nous avons le droit de penser que sans authenticité, tu es moins fort. Qu’une équipe de football, visant le sommet européen et ayant la chance de joueur dans un des plus beaux stades du monde, n’est pas la même quand elle a ses 2 armées à disposition.

Maintenant que le club n’existe plus comment vivez vous votre passion et ne regrettez vous pas la fin de cette aventure ?

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Le premier local © Collection personnelle

Notre amour pour le club date de bien avant la naissance du PSG club Liban et se poursuivra, il me semble bien, jusqu’à la fin de nos jours. Aujourd’hui, les jeunes parents que certains d’entre nous sommes, transmettent autant que possible la fibre parisienne mais également la culture du supporterisme. Découvrir différentes identités par plusieurs voyages aux stades puisque le football fait résonner l’histoire. Ramener un jour ses mômes au Celtic Park (Glasgow), au Gigante de Arroyito (Rosario) en passant par Artemio-Franchi (Florence). Leur inculquer une culture dans laquelle les stades de football ne sont pas des hôtels 5 étoiles. Et que nous suivrons les couleurs d’un club bien loin des pas des joueurs qui oublient la défaite de la veille au petit matin…


Xavier Chevalier

Une réflexion au sujet de « PSG Club Liban »

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