Une équipe à Paris

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J’ai toujours eu le nez creux. La saison dernière, le podcast du Virage s’était réuni en décembre 2024 et à cette époque, le PSG était en bien mauvaise posture dans cette nouvelle formule de la Ligue des Champions, risquant de manquer une qualification en huitièmes de finale avant son match face à Manchester City.

J’avais alors réagi en disant que s’il était une année où le PSG devait être éliminé en poules de LDC, c’était bien celle-ci puisque nous étions un groupe en pleine reconstruction et que ce n’était pas en 2025 que nous soulèverions la coupe aux grandes oreilles. Bon…

Cette année, apprenant des mes erreurs, je répète à l’envi depuis le début de la saison que le back to back apparait, au mieux, comme un doux rêve impossible à atteindre au vu de notre mercato estival quasi-inexistant, de notre été passé à courir après un trophée en bois et des quelques 2 semaines de repos dont nos joueurs ont pu profiter depuis la saison dernière. Bon…

Je vous propose donc, chers lecteurs (le fait que j’accorde ce nom au pluriel constituera la meilleure vanne de cet article), de vous faire gagner l’Euromillion en vous donnant les chiffres du prochain tirage : 18/42/6/25/98 – étoiles 22/54.

Outre le fait que mes dons de divination confinent à la rigolade, cette équipe du PSG nous apprend surtout qu’elle est imprévisible et cela s’est vu tout au long de cette demi-finale que je viens tout juste de finir de digérer, une semaine plus tard.

Car qui aurait pu penser, avant le match aller, que le PSG inscrirait 5 buts contre le Bayern ? Qui aurait pu penser que Manuel Neuer ne réussirait pas un seul arrêt du match ? Qui aurait pu penser que nous serions frustrés de ne mener que d’un but face au Bayern à la fin du match aller ?

Impensable, imprévisible, merveilleuse

La même imprévisibilité s’est manifestée au match retour. Comment prévoir que le PSG marquerait le premier ? Que nous marquerions si tôt ? Que nous défendrions si bien ? Que Fabian Ruiz, qui n’avait pas joué un match d’une telle intensité depuis trois mois, répondrait présent ? Que le Bayern mettrait tant de temps avant de finalement trouver la faille ? Qu’une telle sérénité se dégagerait de notre équipe alors que tout pouvait s’écrouler en seulement deux buts face à la meilleure attaque d’Europe ?

Impensable, imprévisible, merveilleuse, cette équipe semble surtout insubmersible, fidèle à la devise parisienne et nous démontre, s’il le fallait encore, que la solidarité d’un groupe surpasse tout talent individuel et permet à toute une équipe de se dépasser et d’aller chercher un exploit qui n’a été accompli qu’une fois dans l’histoire moderne de la Ligue des Champions.

Tant le match aller que le match retour laisse entrevoir un sentiment de maîtrise qui s’est manifesté même lorsque les vagues allemandes déferlaient sur notre défense. Le PSG, s’il a tremblé à plusieurs reprises, n’a jamais vacillé et s’est exprimé à travers plusieurs individualités mais surtout grâce à un travail d’équipe infaillible.

Pacho a certes été immense au retour mais il a pu l’être grâce à plusieurs retours rageurs de João Neves qui venait appuyer la défense. Mendes a parfaitement muselé Olise mais c’est Fabian Ruiz qui tenait la laisse et a constamment gêné l’ailier français avec une prise à deux. Et que dire de Luis Diaz, si brillant à l’aller et qui avait martyrisé Marquinhos ? Tout simplement éteint par un Warren Zaïre Emery, arrière droit de fortune et bien aidé par son capitaine qui avait retrouvé toute sa maîtrise et sa lecture du jeu.

Il ne s’agit pas ici de réécrire l’histoire

« Une équipe à Paris » est un slogan qui a été scandé pendant des années avant l’arrivée des Qataris. A l’époque, nous végétions dans le ventre mou du classement depuis plusieurs saisons, nous offrant parfois des frissons de succès en finissant 2ème, ou de peur en finissant 16ème.

Lors de son arrivée, QSI a naïvement cru pouvoir répondre à ce slogan par l’empilement de noms ronflants et de joueurs à l’égo plus grand que la Tour Eiffel. La copie a, depuis, été revue, et seule l’équipe compte aujourd’hui.

Il ne s’agit pas ici de réécrire l’histoire et de prétendre que le PSG serait le petit poucet de la compétition mais il faut bien reconnaître que nous disposons aujourd’hui d’un effectif très homogène dont ne se dégage aucun égo qui pourrait mettre en péril l’équilibre du groupe.

C’est peut-être la plus grande satisfaction de cette équipe, ce qui lui permet d’afficher une combattivité hors norme, un état d’esprit irréprochable et ce caractère imperturbable devant les tempêtes.

Nous nous trouvons aujourd’hui devant le plus grand exploit que le club pourrait accomplir : remporter une deuxième fois la compétition suprême avec quasiment le même XI que l’an passé.

C’est peut-être ça, la meilleure illustration d’une dream team.


Rabiot Jacob

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