Humeur

Nous voulons qu’ils perdent

Cher Lionel, nous, supporters dissidents et amoureux du Paris Saint-Germain (1970-2010), te demandons ton aide et plaçons notre foi en ton génie. Il y a 20 jours, tu as foulé la pelouse d’un stade sacrifié et d’un club usurpé. Puisses-tu, au retour de ce huitième, nous apporter le parfum de vengeance, la jouissance de l’humiliation.


Sur toi nous comptons plus que sur le cannibale et le boys band qui t’accompagnent. Dans un monde idéal, touché par la grâce, tu en planterais 4, en donnerais 3. Dont un, ô combien symbolique, pour ce bon Lucas Digne. L’humiliation serait telle qu’elle provoquerait colère et remue-ménages jusqu’au palais princier. Le mauvais impact marketing plus que la déception romantique. Al Thani commencerait à douter, les footix à déserter. Une honte que le foot business ne saurait accepter, et dont il saurait encore moins se remettre.

La dérision virale, les sarcasmes répétés, l’atteinte durable à l’image effraieraient le client. Et dans quelques mois, n’arrivant pas à relancer la machine économique, voyant les stocks de maillots s’accumuler dans les entrepôts asiatiques et américains… Al Thani demanderait à Al-Sayed et Al-Khelaïfi de préparer la vente du club. En 90 minutes, cher Lionel, tu accomplirais ce que la dissidence que nous formons mettra des mois voire des années à réaliser. Rien qu’avec une balle. Quel comble pour QSI…le génie sportif et artistique boutant hors du Parc les fossoyeurs de ce club, aussi désintéressés du jeu qu’apôtres d‘un foot-spectacle aseptisé pour consommateurs aveuglés…

Nous comprenons bien que le collectif que tu as magnifié durant tant d’années n’est plus aussi rôdé qu’il a pu l’être, avons conscience que ton lieutenant Andrés commence peut-être à fatiguer…. Mais nous pensons aussi que tu n’as pas montré toute l’étendue de ton talent à l’aller, que tu aurais pu mieux faire. Nous croyons donc toujours en toi pour terrasser l’imposture qui nous prive de notre passion.  Néanmoins, nous concevons qu’après avoir côtoyé les sommets si longuement, les motivations sportives puissent s’effriter et qu’une certaine usure mentale puisse te gagner. Laisses-nous donc te donner d’autres raisons d’exceller. Laisses-nous t’expliquer ce que tu défendrais à travers la mission que la dissidence parisienne souhaite te confier.

La rencontre entre deux logiques

Toi qui es né en Argentine, qui évolues depuis très jeune en Espagne, sais que le football est un sport qui dépasse largement le cadre sportif, c’est un fait social comme on dit. En plus d’être une entité sportive et économique, un club de foot recouvre donc aussi une dimension culturelle : une histoire, des supporters, des couleurs, des symboles… Il ne peut être considéré comme un produit qui s’affranchirait de l’affect, de la passion et de la mémoire. La logique des propriétaires et dirigeants qui ont kidnappé notre club est peu romantique et rejetable en soi dans la mesure où, obnubilée par le profit et le tout marketing, elle en vient à dédaigner l’histoire et à entrevoir un objet culturel uniquement comme un vecteur de valorisation économique.

Mais, rejetable, elle l’est encore plus parce qu’elle s’applique à un club de foot, qui plus est un club attisant les passions et la ferveur comme l’était l’ex-PSG, comme l’est Lens, St-Etienne…. Car il s’agit là de la rencontre entre deux logiques, deux systèmes de valeurs différents et difficilement acceptable l’un pour l’autre : l’attrait d’un public plus aisé, discipliné et contrôlable contre le brassage social, l’indépendance et la liberté supportériste ; un public docile et gavé contre le droit à la critique et à la revendication ; la consommation contre la ferveur immatérielle. Vois-tu Lionel, nous ne sommes pas opposés à la rationalité économique : tout supporter souhaite que son club soit bien géré. Le problème intervient lorsque l’aspiration au contrôle social et les visées économiques – parfois sous-couvert d’impératifs sécuritaires – surpassent tout et entraînent les pires excès : fichage illégal, mesures arbitraires et discriminatoires, atteinte à la liberté d’expression, tarifs inaccessibles, surexploitation markéting, disneysation du club, appropriation commerciale exclusive et illégitime du patrimoine culturel et supportériste, etc…

En outre, tu dois aussi savoir Lionel, que ce n’est pas seulement nos fossoyeurs que tu punirais en brillant demain soir. Nous condamnons et rejetons QSI, EL-Khelaïfi et l’équipe dirigeante actuelle car ils ne respectent pas les droits des supporters et sont les orchestrateurs des mutations dramatiques qui ont contribué à dénaturer notre club et notre stade. Mais ils ne font malheureusement que s’inscrire dans une évolution plus globale du foot moderne. Celle où les mesures dîtes sécuritaires s’avèrent rapidement être des instruments au service d’ambitions avant tout économiques. Celle où la sélection du public se fait par l’argent – parfois la discrimination – , et tant pis si le supporter de banlieue HLM sans histoire n’a plus les moyens de venir. Il aurait de toute façon encore moins eu le portefeuille pour acheter les chaussons PSG collection hiver, la peluche Germain…

Le public n’aime pas la contradiction

Toi qui possèdes le charisme d’une huître, tu changerais de dimension en t’attaquant à QSI et à ce football moderne affadissant et des-humanisant. Celui où le stade devient une vitrine publicitaire géante qui doit rapporter à tout prix, un centre commercial connecté afin que les consommateurs que nous sommes puissent se mettre en scène ou se divertir au cas où ils trouveraient le spectacle peu à leur goût. Dans ce foot moderne, le stade doit aussi attirer les touristes, les maillots doivent être vendus dans tout le pays, et, mieux encore, sur tous les continents. Gloire aux footix. Il y a quelques semaines, alors que nous marchions près de notre ancien Parc, nous observions nombre de touristes français et étrangers sortir surchargés de la boutique PSG, enchaîner les selfies devant les tribunes… Nous sommes involontairement et égoïstement gênés. Nous leur en voulons de leur en vouloir. Ces touristes ne font rien de mal. Mais, pour la plupart, où est la passion ? Où est la connaissance de l’histoire du club ? Connaissent-ils ne serait-ce que Valdo, Pauleta, Dahleb ? Savent-ils qu’autrefois un Kop et un Virage ont fait la gloire de ce stade ? Doit-on les informer qu’un maillot de Stéphane Pichot vaut bien plus que celui d’Ibra ?

Bon ok Lionel, nous admettons qu’il y a comme une contradiction, un certain frein à cette nouvelle stature de héros justicier dans le sens où ton club et ton stade sont aussi pourris que les nôtres du point de vue de ce que nous venons d’énoncer. Mais ne t’en fais pas, le public n’aime pas la contradiction, la nuance. Il n’y verra que du feu. Et puis, nous ne doutons pas que tu seras à bloc et prêt à rayonner sur ce jeu que tu domines si l’on te dit qu’exploser ce pseudo PSG provoquera chez nous euphorie et plénitude, que cela t’adjugera une place toute particulière dans notre petit cœur triste et amère. Pour nous qui avons perdu notre lieu de culte, tu redonnerais ainsi un peu de foi, ré-enchanterais un peu notre monde.

Car la logique QSI et les changements qu’elle a causés sont en effet d’autant plus dramatiques qu’ils s’expriment dans ce lieu sacré qu’est le stade de foot. Pour nous autres, le Parc a longtemps constitué un refuge contre certaines évolutions sociétales, faisant perdurer des valeurs et processus en voie de disparition par ailleurs : mixité sociale, culturelle, esprit critique, artisanat (si si), collectivité, loyauté, intensité du moment présent. Le Parc n’était pas un lieu où l’on allait parce ce qu’on en avait vaguement entendu parler, parce que c’était branché, parce que mettre une vidéo de soi en tribunes sur les réseaux sociaux vous faisait gagner 50 amis imaginaires.

Le stade de foot n’est qu’un reflet

Non, on allait au Parc parce que l’on aimait, parce qu’on était passionné, sans arrière-pensée. La plongée communiante, jouissive et totale dans l’instant présent plutôt que le calcul horriblement égocentrique d’un selfie où le terrain et le stade ne constituent qu’un arrière-plan, un décor de valorisation narcissique. A ce paraître répugnant, nous préférons l’authenticité de notre Parc des Princes. Là où peu importait que celui avec lequel on fraternise soit beau ou moche, riche ou pauvre, qu’il ait passé la journée au comptoir, qu’il soit ringard, « qu’il  sente le bédo, le renfermé ». Celui où l’appartenance et la ferveur collective dépassent tout.

Cependant, ne soyons pas nombrilistes à notre tour. Le stade de foot n’est qu’un reflet des changements sociétaux à l’œuvre, et s’il en est peut-être la victime la plus tragique, il n’en est surement pas la seule. J’ai lu, il y a longtemps, qu’en sélection Tévez t’avait fait découvrir et aimer OASIS. As-tu déjà assisté récemment, au concert d’un groupe de rock un tant soit peu médiatisé ? L’expérience est désolante. Le public se prend en photo et filme pour faire savoir qu’il y était plus que pour son souvenir personnel, il applaudit parce qu’il le faut, il râle à la moindre bousculade, se plaint de la sueur que vous lui projetez en secouant la tête un peu trop ardemment… Il vient au concert comme il va voir un blockbuster au ciné, pour se divertir plus que pour aimer et vibrer.

En ce sens, on pourrait presque affirmer que les dirigeants qui ont pris en otage notre club ne sont pas complètement responsables : ils ne font qu’exploiter pleinement ces mutations sociétales qui donnent la priorité à l’image, à la consommation, au divertissement permanent, à l’assouvissement instantané et suffisant. On pourrait presque affirmer qu’ils ne sont que des hommes d’affaires opportunistes profitant du manque d’exigence, d’idéalisme et de révolte de la société. On pourrait… mais nous ne le ferons pas. Car ces dirigeants ne font pas qu’exploiter ce que nous considérons comme des dérives affligeantes de la société moderne. Ils créent les conditions idéales à leur épanouissement, les valorisent et les accélèrent. En même temps, pourquoi feraient-ils l’inverse : l’image et la consommation hébétée rapportent bien plus que la ferveur et la contestation.

Ces derniers îlots collectifs d’authenticité

Le PSG-post 2010 n’est pas seulement dramatique parce qu’il n’est plus le PSG et qu’il nous oblige à mettre en sommeil notre passion. Il l’est aussi parce qu’il enterre un stade qui constituait l’un de ces derniers îlots collectifs d’authenticité et d’idéalisme. Un lieu qui n’était pas encore complètement submergé par la recherche exclusive et liberticide du profit. Un abri romantique où l’homme n’est pas qu’un consommateur creux et narcissique, où le voisin de tribune est lui aussi amoureux et passionné. Ne te méprends pas, Il ne s’agit pas ici de présenter une vision idyllique, angélique de notre Parc des Princes. Tout ne fonctionnait pas bien, loin de là. Des choses étaient condamnables, détestables, et devaient changer. Mais il n’empêche, sans être parfait, c’était quand même bien mieux. Et on ne saurait nous faire croire que certaines des évolutions du Parc sous QSI répondent à de malheureuses nécessités sécuritaires.

De même, Il serait naïf et trop facile d’imputer les abus et illégalités de la politique menée envers certains supporters aux seules dérives autoritaires d’un directeur de la sécurité qui agirait en solo. Le président de cette chose qui se fait appeler Paris SG, tout aussi pantin qu’il puisse être, sait très bien ce qui se passe dans son club aujourd’hui, comme il l’a toujours su au cours de ces dernières années. Nous ne sommes pas dupes, et mieux encore, nous n’oublions rien. La rancune et la revendication ne peuvent s’adoucir tant que les auteurs des injustices commises ne se sont pas retirés…

Brave Lionel… A la lecture de cette lettre, tu trouveras peut-être que nous sommes un peu reac’. Et bien tu n’as pas tort, nous le sommes. Mais nous assumons. Nous ne sommes pas réac’ par idéologie, par systématisme. Une multitude de progrès modernes doivent être appréciés et loués dans bien d’autres pans de la société. Mais parfois on peut aussi s’arrêter et observer que certaines choses étaient simplement mieux avant. Alors nous sommes peut-être un brin aigris, on te l’accorde. Mais n’avons-nous pas de bonnes raisons de l’être ? Et après tout, l’aigreur n’est-t-elle provoquée par ce qui caille, par ce qui pourrit ? Devons-nous renoncer et arrêter de dénoncer, de nous battre, sous-prétexte « qu’ainsi va le foot moderne » et qu’on ne pourrait rien y faire ? Un constat cynique ne peut servir d’excuse pour tolérer l’inacceptable et éviter de se bouger. Et bordel, depuis quand doit-t-on espérer pour entreprendre ?

Nous préférons Aliou Cissé et la ferveur

Un autre argument que tu pourrais entendre consistera à balancer que ne sommes que des pisse-froids, jamais satisfaits, que nous ne savons pas ce que nous voulons. Que QSI est une chance. Que pour être compétitifs au plus haut niveau, il faut des propriétaires riches et prêts à investir ; que pour intéresser ce type de propriétaires, il faut un club bien propre qui puisse s’exporter à l’international, qui puisse être vendu worldwide, un stade bon enfant et sans fronde, qui puisse attirer le touriste et le consommateur aisé au détriment des franges les moins favorisées. Si tant est que cela soit vrai, vérifié en permanence. Que le succès sportif passe nécessairement par ces compromis… Alors dans ce cas, il ne peut être assené aux dissidents d’ignorer ce qu’ils veulent ou de tout vouloir : nous choisissons sans hésiter le milieu de tableau, l’approximation technique, la médiocrité footballistique, la crise de novembre, les taupes, la coupe de la ligue, nous optons pour le supportérisme populaire, nous préférons Aliou Cissé et la ferveur, nous préférons l’indépendance et la liberté.

Et pourtant, enfin débarrassée de son caïd de récrée suédois, cette équipe de football est belle. Cet uruguayen fou et passionné chevauchant aux quatre coins du terrain, ce Laurent Leroy des terres australes aurait davantage eu sa place dans notre stade. Il aurait mérité mieux que la versatilité ignorante et gâtée d’une partie de ceux qui aujourd’hui l’acclament.
Oui, cette équipe est belle…Mais ce club n’est pas le PSG, ce stade n’est plus le Parc des princes. Les noms demeurent mais ils sont vides et insignifiants. L’âme a été volée, le blason marketé, la mémoire méprisée… Et dire qu’aujourd’hui encore, ces destructeurs de culture et de liberté, ces cyniques économiques possèdent et dirigent tranquillement l’ex-institution qu’ils ont bafouée et dont ils ne seront jamais dignes…. Alors Léo, sois sympa et fais nous-rêver. Défonce-les.

Supporters parisiens dissidents – Paris SG (1970-2010)

Bad, Bad, Bad Gones

Rouge et Bleu, Villes lumières, un Parc en guise de stade, détestés de toute la France, ça en fait des points communs pour des gens qui ne s’aiment pas. Les lyonnais nous expliquent en 15 leçons, tout ce qui nous sépare.


Parce que le Parc c’est un peu comme un sex shop de banlieue , les mecs ils se cachent avant de rentrer , bandent mou à l’intérieur et ressortent discret fissa.

Parce que nous ne nous sommes jamais remis de ne plus être la capitale des Gaules.

Parce que même moi, je suis aussi vieux que votre club.

Parce qu’avoir comme proprio du stade Anne Hidalgo ça fait pas trembler les filets.

Parce que Jean-Michel, il pense qu’une Playstation fait tic-tac alors que Nasser, il doit jouer à la XBox.

Parce que les ultras du PSG sont des fachos alors que nous à Lyon, capitale européenne de l’extrême droite, non.

Parce que Maribor et le Real de Madrid.

Parce que ce sont finalement deux visions différentes du foot. Tradition (obligation ?) de formation à l’OL, embauche de stars pour Paris.

Parce que les filles au Parc c’est comme la Ligue des Champions, une fin de non recevoir.

Parce qu’avoir comme ennemi juré l’OM c’est comme avoir Le Pen / Melenchon au second tour.

Parce qu’il n’y pas de vrais parisiens au Parc, que des ex-mecs d’Auxerre, Dijon, Caen et pas mal de Stéphanois.

Parce qu’oublier qu’on a un centre de formation, c’est vraiment con.

Parce que Sergueï Semak.

Parce que Sakho Auteuil vs Sarko Boulogne.

Parce qu’il n’y a qu’une seule équipe qui peut porter du rouge et bleu : « This Town Ain’t Big Enough For The Both Of Us ».

Pas Si Grave

Un regard décalé sur l’actualité des hommes, du ballon rond par un amateur de foot qui n’aime pas le foot tant que ça !


Pour être honnête, on ne pensait pas de notre vivant, (pas plus que de connaitre Donald Trump président des Etats Désunis de l’Amérique profonde), trouver une trace de compassion chez José Mourinho, le Kanye West du football moderne, hormis dans ses autoportraits flagorneurs. Le voir ainsi rendre hommage à Claudio Ranieri lors d’une conférence de presse nous fit presque reprendre espoir en l’espèce humaine, dans un domaine, le foot professionnel, où chacun est devenu le joujou fragile et hors de prix de quelques industriels qui pensaient encore il y a 3 ans que Platini était une marque de pâtes italiennes.

Il suffisait juste de garder N’Golo Kanté

L’entraineur italien s’est donc fait virer récemment de Leicester par un homme d’affaires thaïlandais, Vichaï Srivaddhanaprabha, dont le patronyme, reçu en cadeau par le roi du pays des massages, est gage de prospérité et de réussite. Mais pas vraiment de clairvoyance. Virer le meilleur entraineur du pays, juste après un titre aussi phénoménal qu’inespéré, avec une équipe d’inconnus encore plus inconnus que ceux de l’AS Monaco, alors qu’il suffisait juste de garder N’Golo Kanté, voilà donc une drôle de façon de remercier quelqu’un pour le seul titre majeur du club. On espère désormais qu’il descende en D2, juste pour montrer au patron de King Power que le foot reste avant tout un juste équilibre humain plus que financier et que les bonnes surprises sont encore possibles, quand on a une équipe soudée et sans pression (l’Atletico en 2014, l’Islande en 2016, ce genre de bonheur trop rare…).

Dans ce monde sans foi ni loi, les prostituées thaïlandaises viennent, en sus, détendre les footballeurs professionnels le samedi soir, alors que les footeux du dimanche sont toujours obligés d’économiser leur RSA pour aller se déniaiser à Pattaya où les filles sont plus vulgaires mais moins regardantes sur le look et la syntaxe, avant de ramener des maillots fluos et des maladies phosphorescentes pour illuminer le quartier.

Ranieri fut d’ailleurs du renouveau de Monaco, remontant de Ligue 2, et qu’il propulsa 2ème du championnat 2014 avec 80 points, avant de s’en aller comme un Prince (cette blague est une obligation éditoriale), déjà déçu par un président milliardaire, pour entrainer l’équipe nationale grecque. C’est dire l’ampleur de sa détresse. Sur les cendres de son travail, Monaco enflamme aujourd’hui la scène européenne, flamboyant et claquant plus de buts que les Real, Barça ou Bayern, avec Valère Germain titulaire !

Paris is no longer Paris !

De quoi donner des regrets au PSG pour les millions claqués dans Krychowiak ou Jesé ! Mais Draxler arrivé au mercato d’hiver (cette hérésie sportive et commerciale où les plus courageux vont jouer en Inde ou à Dubaï pour mettre « leur famille à l’abri », à l’heure des frimas hivernaux où certains migrants cherchent à venir en Europe pour protéger la leur des guerres, de la famine ou des dictateurs à moustache), a mis, en bon allemand bien peigné, un peu d’ordre dans tout ça !

Après deux matchs impeccables face à Barcelone et Marseille, équipes de lions à l’allure d’éléphants d’Afrique (lourdes et sans défenses), le PSG a bien préparé son élimination annuelle en quart de finale de Ligue des Champions. Faire autant d’éclat pour au final se faire battre sur le fil par la Juve ou…Monaco (soyons taquins jusqu’au bout), c’est aussi frustrant que de voir arriver l’équipe de Moonlight après l’annonce de l’Oscar pour La La Land, le grand favori ! Mais les monaquois sont devant, arrivent en finale de la Coupe de la Ligue et sont toujours en course pour la Coupe de France…
Alors croisons les doigts pour éviter à Unaï le même sort qu’à Claudio, les banquiers ayant une patience encore plus limitée que leur compétence footballistique.

Mais si, comme le dit Donald, qui s’y connait en géopolitique, « Paris is no longer Paris », alors on peut enfin rêver à l’exploit. Et envisager un mois de mai un peu plus doux. Et s’il doit y avoir élimination du danger, c’est dans les urnes que cela se passera ! En attendant profitons des affaires en terrasse, et à côté du nouvel album des Enfoirés et de l’Eurovision qui approche, tout ça n’est vraiment Pas Si Grave.

Le debrief de Tudo

Tudo était au parc hier soir, comme pratiquement à chaque match, entouré de ses potes. Difficile de supporter sa voix qui porte, ses hurlements, ses cris, mais sa passion est contagieuse. Il tenait à nous raconter sa soirée,
sans doute l’une des plus belles de sa vie.


Je vous laisse à vos supputations. Je vous fais une supposition. Je dois être en train de rêver. Et dans mon rêve, tu sais il y a plein de gens qui me disent, vous allez vous faire étriller, laminer et que sais-je d’autre.

Même beaucoup de mes frères doutent un peu, un peu beaucoup. Moi, je reste cet éternel optimiste, je parie 2-0. Toute une journée d’attente, la boule au ventre. Un tour au bar pour une bière entre frères. Voilà le match qui commence enfin.

Dans cette tribune où transpire la passion, il n’est pas de chanson que je ne chante. Il n’est pas une seconde où le doute m’habite. Au fond des buts il est allé chercher le ballon, Ter Stegen, après cette merveille de coup franc de l’Ange revenu des profondeurs des ténèbres. Il n’y a pas plus belle manière de fêter son anniversaire ! Et encore plus belle par un doublé. Les ailes déployées pour prouver sa valeur, Angel était déjà l’homme de ce match, par sa débauche d’énergie, le peu de déchets dans son jeu, et la grinta propre aux sud-américains qui illuminait son visage.

Chanter, et ne pas s’arrêter

Mon pronostic était déjà effectif, quand Draaaxxllaaa, la fusée allemande a transpercé les filets catalans sur une passe millimétrée du nouveau maître du jeu. Mais le match n’était pas encore fini. Chanter, et ne pas s’arrêter. Tel était le crédo. Chanter pour Paris, le Paris SG.

Julian est une perle, et son arrivée fait beaucoup de bien à l’équipe, et surtout à Di María. Mais, je parlais du nouveau maître du jeu. La passation de pouvoir se fait en une action. Iniesta, le meilleur au monde à son poste, selon moi. Conduite de balle parfaite, enfin presque, parce que sur un tacle dont il a le secret, le petit hibou récupère délicatement la balle dans les pieds du maître jusqu’alors. Ç’en était fini du règne de Monsieur Andrés. Les pieds de l’enfant de Pescara sont faits d’or, pour faire des passes décisives, quand la balle il caresse.

Les larmes aux yeux

Paris pousse, Paris marche sur Barcelone. Nos joueurs sont des guerriers tout en solidarité, ils sont métamorphosés. Barcelone est pris à la gorge, le coup de grâce est proche… J’aime mon rêve, et je ne veux pas me réveiller quitte à ne pas aller au boulot. Le match se poursuit, et je vois un Rabiot a.k.a Louis XIV au sommet de son art. Je vois un Meunier qui n’a pas dormi, bien au contraire, mais quel match ! Et Mon Soldat le Plus Valeureux alors ? Capitaine du soir, Mon Capitaine. Le bateau Paris SG te sera à jamais reconnaissant. Tu montres l’exemple en tout.

Saluez Kévin et son arrêt alors qu’on mène juste d’un but. La révérence pour la jeunesse puissante de Kimpembe. Si le 3 novembre 2015, Rabiot s’est révélé au monde, le 14 février 2017, le monde a connu Presnel. Ce jour doit être béni, c’est aussi l’anniversaire du Matador, El Único Matador. Un tir, un but. Merci, au revoir.

Mon DIEU ! Je rêve ! Mon Paris Saint-Germain est en train de corriger le grand Barça quatre buts à zéro. La tribune gronde, je suis immobile sur ce quatrième but incroyable. Les larmes aux yeux. Je n’ai pas vécu 93 contre le Real, me disais-je, ni 95 contre ce même Barça, mais je suis en train de vivre 2017.

Mon DIEU, faites que ce rêve devienne réalité.
Allez Paris SG !

Photo (c) Christian Gavelle

Effrontément Alph

Alors que tu fonces enfin vers ton firmament, tu frimes un peu et te voilà au fond, la tête farcie d’idées faibles, d’idées fables, d’idées faites.

Te voilà défait, Alphonse, tu es une farce, la tête fourrée dans ton foin, affaibli, enfoncé, effaré, effacé au profit du francophone fumiste alémanique. Mais tu finiras bien par le fumer, fais moi confiance.

Car vois-tu, je t’ai bêtement abîmé en pensée, dans la débâcle, de ma tribune abattue, alors que tu bavais, bramais probablement, vraisemblablement brisé. Mais n’oublie pas que Borelli brouta bien lui-même ce glorieux gazon. Que ce fut pour d’autres raisons, n’est pas l’horizon que se fixe cette oraison en herbe. Borelli brouta pour l’amour du Parc. Borelli laboura l’herbe pour Jean-Marc.

Pilorget parlons-en, justement. Le plus capé, tu pourrais l’être, si pour nous tu captes, plaques, bloques, claques, des ballons, des beignets, si tu parades enfin pour le Parc, si tu prouves qu’Unai avait raison en début de saison, si tu persistes à chérir ton blason, si tu parviens à hisser ton blase au Panthéon Panamite.

Hier soir Aréola était en roue libre, minable larbin laissant l’horrible rôdeur de Préville le braquer. Laissé larmoyant, laminé, ligoté à ses limites, Aréola s’arrête là. Comme un énième raté surmonté d’une crête et surnommé la crotte. Aréola ne lèvera plus de Ola, l’oligarchie n’en veut plus, quel gâchis, même Olmeta s’en lamente. Est-ce là ce que tu veux ? T’arrêter là ?

Alors fonce Aréola. Que fronce ton front sous la sueur, que se forge ta force sur notre ferveur. Fais-toi plus fort car tu n’as le droit que d’honorer nos couleurs, fier, debout et rageur.
À jamais dans nos coeurs, la gloire d’être alors foncièrement parisien t’auréolera Alphonse.

Nonobstant Noé

Le billet dur de J.R.

Vous l’attendiez toutes et tous, il est de retour, avec son légendaire mauvais esprit, sa colère contenue, et son inébranlable foi. Le combat continue pour J.R.


“Cavani, il loupe trop. Et puis, s’il monte sur Bernardo Silva, y’a pas but”.

Voilà le genre de phrases bien connes que j’entends régulièrement depuis le départ du grand pantin suédois. Là, ça se passe dans un TGV qui m’emmène à Marseille. Lendemain de match nul face aux Monégasques. Je lis la presse quotidienne, encore agacé par cette égalisation atroce en toute fin de partie et ce jeune homme, par dessus mon épaule, qui multiplie les remarques désagréables à l’encontre de notre héros uruguayen.

Il regrette l’absence d’un vrai 9, évoque même Lacazette comme solution viable, préférable, bref il symbolise à lui seul cette nouvelle race de supporters parisiens, trop gâtés, trop bourgeois, pas assez fidèles, obsédés par le rendement, les statistiques, l’efficacité…

Des prières imbéciles, des trahisons prophétiques assumées

Cavani est évidemment notre nouveau Messie, notre tueur de surface, notre guide vers la lumière. Celui qui va bientôt effacer les records de Zlatan et donc, effacer pour toujours son passage au Parc des Princes. Le jeune homme insiste cependant: “Tu verras, contre Barcelone, il va foirer les deux-trois occasions et Paris passera encore à la trappe…” On en est là. Des paroles creuses, des mots de circonstance, des positionnements pathétiques, des prières imbéciles, des trahisons prophétiques assumées…

C’est ainsi, en 2017 et c’est absolument détestable. Cavani manquera peut-être l’impossible contre la bande au nain argentin. Peut-être. Il faudra alors l’aimer encore plus. Bien sûr. Je lui rappelle Madar, Pouget, tous nos attaquants dégueulasses, tous nos vendangeurs historiques. Il dit que ça n’a rien à voir, que Cavani est un frein, un moindre mal, une frustration, à peine une doublure. Je rétorque qu’il y a aussi la possibilité qu’Edinson crucifie le Barça à lui tout seul et nous envoie en quart et qu’alors, il aura l’air bien con avec ses certitudes de nouvel abonné… Il ricane, me traite presque d’aveuglé. Je ne réponds pas, j’ai appris, en trente ans de passion, à laisser parler les ânes et les résistants de la dernière heure. Les aigreurs passent, la foi, elle, se moque bien des tirs non cadrés, des dribbles poussifs, des pointards désespérés, elle est là, ancrée, solide, éternelle. Je me lève et me dirige vers le wagon restaurant, sans même me retourner. La journée va être longue. Évidence.

Triste époque. La leur, la vôtre,
pas la mienne

Les crétins ne sont pas les seuls à me mettre la haine. Il y a aussi toutes ces informations qui surgissent dans ma télévision et qui me confirment qu’ici, ce n’est plus vraiment Paris. Jaune. Jaune. Jaune. La couleur de notre futur maillot extérieur si j’ai bien compris. Nos Qataris rêvent tellement de remplacer le Barça qu’ils en sont à imiter leurs goûts vestimentaires douteux, voire ignobles. L’année prochaine donc, nous évoluerons en jaune en déplacement. Hérésie. Xavier, le grand chef de Virage, se moque de moi quand je lui avoue mon dégoût. Il me balance les photos des maillots ratés du PSG. Je ne les avais pas oubliés, non, mais jaune, putain !!! J’entends déjà les rires marseillais, les moqueries méritées. J’ai déjà mal aux yeux. Car je sens que ce jaune sera fluo, en tout cas voyant, de chantier, brûleur de rétines… Je devine que des milliers de couillons vont se précipiter pour l’acheter. Ils vénèrent déjà Hanouna, écoutent de la Trap alors, un nouveau maillot à gerber, ils vont valider sans attendre, aucun doute. Triste époque. La leur, la vôtre, pas la mienne.

Un supporteur se doit d’être au moins un peu conservateur. S’il ne veut pas tout perdre. Notre logo, amputé, déjà presque effacé, on s’attaque désormais aux couleurs. Et que diront les convaincus quand le Parc ne sera plus assez grand, quand on nous expliquera pourquoi le PSG mérite mieux, ailleurs?

Les légendes ne sont pas
des choses linéaires

Laissons les hommes tout détruire. Nous n’y pouvons rien. Contentons nous du retour de notre génie. Ben Arfa ne marque pas, plus, et Javier, en une passe, règle le problème en terre bretonne. Il est là, enfin, il est là et il va tout éclairer. Ou bien se blesser dès le prochain match. Les légendes ne sont pas des choses linéaires. Elles dessinent des chemins secrets, d’abord illisibles, qui, un jour, même lointain, prennent tout leur sens (au moment où j’écris ces lignes, un ami m’apprend que Javier ne sera pas du voyage à Dijon samedi. Mesure de précaution après une alerte musculaire. Dieu est facétieux…). Javier n’est pas parti en Chine, comme le souhaitait Nabil Djellit sur le plateau de L’Équipe Type. Il est resté, avec nous. Je redoute cet été. Je crains le pire. Je prie.

Contentons nous des promesses de Draxler. De ce sublime contrôle et de cette balle piquée sur Costil, sosie soldé de Giroux. Notre Teuton, lui, a beau ressembler à Thauvin, on a presque déjà envie de l’aimer.

Contentons nous enfin de cette image presque furtive de Ronnie dimanche soir, dégainant l’écharpe “Ici, c’est Paris” avant le coup d’envoi, de ce sourire qui excite les dentistes du monde entier et ravive des souvenirs indélébiles dans le coeur de ceux qui n’ont pas encore abdiqué. PSG4LIFE.

Unai Emerveille

J’entends partout marmonner qu’Unai ennuie.
J’entends partout demander qu’Emery s’en aille.


À ce que les ignares émérites s’unissent unanimement, rien d’étonnant.
Les journaux s’impatientent aussi vite qu’Hatem s’emballe puis s’empale. L’inarrêtable immobilisme benarfiste n’est pas ce qui nous occupe, mais une manière d’aborder ce qui fait qu’Unai m’émerveille.

Lorsque Hatem croit bon de s’amuser comme s’il était au Parc à thèmes, son entraîneur l’enterre.
Quoi que le Parc attende son nouveau totem depuis le départ du dernier tsar à grandes tatanes, ce totem n’est pas Hatem, ce totem c’est Emery (merci pour la liaison).
Unai ne veut pas de tsar. Unai ne veut pas de star. Unai s’attire la vindicte en tâtonnant, mais Unai ne cède jamais rien au virevoltant terrasseur de rein.

Emery déclare qu’Hatem est chèvrisant, Hatem clame qu’il vendra sa peau chèrement.
Unai ne ménage ni la chèvre ni le chou. Quand Laurent, chevrotant face aux plus grands émoluments, finissait toujours par faire chou blanc.

Le grand Blanc aux dents limées a fait du PSG un roi parmi les français, un bouffon parmi les vrais.
Le petit basque fera loi comme il l’a fait trois fois en Europa, comme le font toujours les rois dont rien n’entame la foi.
Le grand Blanc n’était qu’un maton intérimaire, le petit basque sera un patron autoritaire qui saura faire de l’éternel dauphin le plus cruel des requins européens.


Et, qui sait ? Le mérite en reviendra alors à Unai, peut-être crierai-je même à Hatem le méritant, un mardi ou un mercredi, que je l’aime, lui aussi.
Aimer Emery, c’est aimer Paris. Si vous avez tout de suite cru à Raí, vous devriez déjà croire à Unai.

Croyez-moi, Emery nous émerveillera.

Noé ânonnant

Ça vient de Marseille #5

A l’image de mes collègues auteurs (et non moins ennemis), j’ai moi aussi pensé qu’il était intéressant de me plier à l’exercice des dix (vraies) raisons pour lesquelles le PSG ne gagnera jamais la Ligue des Champions.

Vous comprendrez bien qu’en tant que supporter marseillais il m’est complètement impossible de donner 10 raisons pour lesquelles le PSG va un jour gagner la Ligue de Champions, c’est interdit, j’ai vraiment pas le droit. Et puis de toutes façons, je ne vois pas comment on pourrait en trouver 10, 1 ou 2 peut être en cherchant bien, mais au-delà, je ne vois pas, désolé.

Donc pour faire amende honorable et compenser par un exercice presque similaire, mais légèrement différent, je vous propose les 10 raisons pour lesquelles le PSG ne gagnera pas le Championnat de France cette année et pour le coup, ça n’a pas été très dur à trouver…

LES 10 (VRAIES) RAISONS POUR LESQUELLES LE PSG NE GAGNERA JAMAIS LA CHAMPION’S LEAGUE :
1. Parce que Paris n’est pas une ville de foot (et ne le sera jamais)
2. Parce qu’on ne gagne pas la Ligue des Champions avec des starlettes et des freestylers
3. Parce vous tombez une année sur deux sur le FC Barcelone
4. Parce que vous n’avez pas assez de concurrence à l’échelle nationale
5. Parce que beaucoup d’équipes vous sont encore bien supérieures
6. Parce que vous êtes les plus gros pigeons d’Europe en recrutement (je rappelle que les anglais ne sont plus européens)
7. Parce que même avec tout l’argent du monde, on n’achète pas le mental et la rage
8. Parce que vous ne le méritez tout simplement pas
9. Parce que ça ferait trop chier, on pourrait plus se foutre de votre gueule
10. Parce qu’on ne serait plus les seuls

LES 10 RAISONS POUR LESQUELLES LE PSG NE GAGNERA PAS LE CHAMPIONNAT DE FRANCE CETTE ANNEE :
1. Parce que l’AS Monaco est plus fort que vous
2. Parce ce que vous avez des points de retard sur 2 équipes
3. Parce que toute la Ligue 1 sent que c’est possible
4. Parce que l’élimination contre le FC Barcelone va plomber les anciens (Verratti, les Thiago, Matuidi,…)
5. Parce que vous avez pris Julian Draxler
6. Parce que Cavani va se blesser
7. Parce que Di Maria fait jouer son frère jumeau pendant qu’il crame sa thune au soleil
8. Parce que Unai Emery va mettre un an à se faire à la ligue 1 et va être viré dans la foulée
9. Parce qu’on va vous battre au Vélodrome
10. Parce que ça ferait plaisir à tout le monde, surtout à nous

Je ne suis pas polygame

Le football est une religion. Certains en ont une interprétation toute particulière et en profitent pour prôner l’amour pluriel. Un sacrilège intolérable sur lequel
nous revenons dans Virage.

La polygamie désigne la situation dans laquelle un individu dispose au même moment de plusieurs conjoints. Pour une personne ayant plusieurs hommes, on parle de polyandrie, pour une personne ayant plusieurs femmes, de polygynie. Pour une personne supportant plusieurs clubs, on peut donc parler de polyclubie ou de symptôme du poly-supporter.

Ce mal touche tout particulièrement les amoureux du « beau jeu ». Ceux-là mêmes qui ne paieront jamais un abonnement au stade mais qui exigent du spectacle lorsqu’ils se déplacent exceptionnellement pour un match. On retrouve ces mêmes personnes contaminées lors des soirées Champions League qui, juste à côté de toi sur le canapé, t’expliquent, un apéricube à la main, pourquoi le Barça est un club fabuleux, que la Juve est une Winning Machine ou que l’Atlético est un bloc équipe amazing (alors qu’ils ne connaissaient pas ce club il y a encore 5 ans). Et qu’ils ont du mal à choisir entre Pep Guardiola et Carlo Ancelotti comme top entraîneur. Car oui, ils utilisent souvent l’anglais, la langue des connaisseurs.

S’inventer une légitimité de supporter

D’où vient cette maladie ?
La popularité grandissante du football depuis 1998 et la victoire des Bleus en Coupe du Monde en est la cause principale. La France s’est redécouvert une passion pour le football et a du rapidement s’inventer une légitimité de supporter.
Après tout c’est un sport national, en 1945 tous les français avaient été un peu résistants.

Loin de moi l’idée de sous-entendre que la France n’est pas un pays de foot.
Les résultats internationaux le prouvent, nous sommes une nation de football, mais nous avons indéniablement du mal avec le concept de fidélité footballistique. Retourner son maillot est un mal répandu dans l’hexagone, reconnaissons que ça facilite les choses dans bien des circonstances. Mais la facilité ne m’intéresse pas.

La fidélité. Le mot est donc lâché.
En football comme en mariage, on s’unit pour le meilleur et pour le pire.
Le jour où tu dis oui, tout est parfait, la robe de la mariée est immaculée, mais rien ne garantit que ça durera. Le plus dur c’est justement de surmonter les mauvaises passes pour apprécier les jours meilleurs. La religion du ballon rond n’y coupe pas.

Seule la victoire d’un soir l’intéresse

Alors en bon croyant, j’ai choisi d’être fidèle à mon club, le PSG. Pour la vie. Car il m’a fait rêver tout petit, à l’époque des Sušić, des Rocheteau, des Bats et des Fernandez. Parce que cette tunique était la plus belle du championnat, parce que c’était le club de ma région, parce que le Parc des Princes était et restera à jamais une enceinte unique, un sanctuaire, une cathédrale, et parce que la ferveur en Virage était dingue avec les chants de ses disciples.

Depuis le milieu des années 80, j’ai connu les hauts, les bas, la rage, les victoires grandioses et les victoires étriquées. J’ai connu Ravanelli au Parc. Aujourd’hui je mange mon pain blanc chez un étoilé, mais si je dois retourner au bistrot d’en face manger un jambon beurre dans quelques années, ça m’ira tout aussi bien. Parce que je sais d’où on vient.

La jouissance de cette fidélité passe par les désillusions oubliées au lendemain d’une nouvelle victoire. Les poings serrés après les larmes.
Jamais un poly-supporter n’arrivera à atteindre un tel degré d’émotion, de croyance. Parce que seule la victoire d’un soir l’intéresse.

Pourquoi devenir subitement mormon

Comment peut-on supporter plusieurs équipes en même temps ? Quels critères peuvent justifier un tel acte d’infidélité, de schizophrènie ? Pourquoi devenir subitement mormon ?
Certains ont une histoire personnelle dans plusieurs villes. Certes. Un peu comme les marins dans chaque port. Mais je ne crois pas qu’un homme puisse délivrer autant d’amour à autant de personnes à la fois. Si, mais ce mec a fini cloué et en slip, alors non merci.

On a une seule famille. Une seule maison. Si votre religion compte plusieurs églises, sachez que la mienne n’en compte qu’une seule.

Ces pseudo-supporters qui crucifiaient Edinson et qui aujourd’hui l’applaudissent sont sans doute les mêmes qui quitteront les lieux lorsque l’argent aura disparu pour aller voir si la pelouse est plus verte ailleurs, plus rentable. Ce sont sans doute aussi les mêmes qu’on voit porter le maillot du Bayern ou du Real au Parc, un drapeau du PSG à la main… En essayant de comprendre les paroles des psaumes qui partent des Virages sans en comprendre la signification biblique. A moins d’être un touriste japonais hilare en quête d’émotion, quel intérêt ? Je ne suis pas le raisonnement de ces personnes. Aucune logique. L’amour du football ? Non l’amour du spectacle, du football-zapping. Follow The Leader.

On portera à nouveau notre croix un jour

Être supporter du PSG n’a pas toujours été un acte avouable au plus grand nombre. Aujourd’hui on peut un peu plus bomber le torse, mais ça ne durera pas. On le sait. On portera à nouveau notre croix un jour ou l’autre. Hués et sifflés de tous.

J’ai presque envie de vous dire que je suis de tout coeur avec les supporters de l’OM, jusqu’à ce qu’on les tape chez eux il s’entend. Mais les brebis égarées qui se déplacent encore au Vélodrome depuis l’année dernière ont tout mon respect. Je ne vous parle même pas des derniers illuminés qui sont encore supporters du Stade de Reims.

Et puis des personnes aussi recommandables que Francesco Totti, Ryan Giggs, Franco Baresi, Paolo Maldini, Andres Iniesta ou encore le Messi lui même ne peuvent pas avoir fait le choix de rester fidèles à leur club toute leur carrière sans raison.

Les 10 raisons pour lesquelles le PSG va gagner la Champions League

1. Parce que Le Pasteur va revenir

2. Parce que si Unai s’est qualifié pour les 8èmes, il ne peut pas faire autre chose que gagner la compétition

3. Parce qu’après un an à se remettre de sa blessure, San Marco va retrouver tout son niveau et marcher sur l’Europe

4. Parce qu’Edinson Cavani l’a prouvé contre Nice : il sait anticiper les faux pas des adversaires et marquer des buts décisifs

5. Parce que ça ferait taire toute la presse qui hurle avec les loups depuis un mois

6. Parce que d’ailleurs c’est un complot du PSG, afin de démontrer la versatilité de la presse sportive

7. Parce qu’Emery va bombarder les joueurs à l’entrainement à coup de bouteilles d’eau

8. Parce que Di Maria va se faire bouter hors du 11 par Lo Celso

9. Parce qu’on va tomber contre l’ASM en finale, et leur mettre une rouste façon ligue 1

10. Parce que les matches au parc vont dynamiser toute l’équipe avec le retour des ultras

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