C’est pas ma faute à moi
(Le syndrôme Aytekin)

par

Non, fort heureusement, nous n’allons pas parler de l’interprète
pas vraiment inoubliable du tube « Lolita », la sympathique Alizée,
bien que des vents contraires nous aient menés au naufrage d’hier soir.

Nous allons parler de contrition (et là, je vois les plus jeunes pâlir : merde, va falloir qu’on aille sur Wikipedia). Nous allons parler de la capacité du PSG à se regarder dans les yeux. Nous allons parler de tous ceux et celles qui crient depuis des années que la Remontada d’il y a quatre ans était la faute d’Aytekin. Nous allons parler de ce qui fait mal : le PSG est encore un petit club, sans cap, sans but, sans boussole, sans logique, mené par des gens qui ne connaissent pas le football.

Reprenons. Au départ était le PSG, une équipe qui progressait jusqu’en 2016. Puis est arrivé Neymar, 222 millions, le plus gros transfert de l’histoire. Depuis, nous vivons dans un monde d’illusions. Illusion que le seul talent d’un, deux ou trois joueurs peut être plus fort que le talent d’un collectif rôdé. Illusion de se dire qu’en accumulant les talents, ça fait une équipe. Illusion de croire qu’en arrachant le meilleur joueur du monde du club de son cœur, ça va marcher. Illusion de penser que l’abnégation, la volonté, le courage peuvent s’acheter.

Le premier coupable de cet échec s’appelle l’Émir Tamim Ben Hamad Al-Thani. Cher moustachu, tu es persuadé qu’une Lamborghini roule mieux qu’une Clio. Ben non. Et la Clio peut te mener plus loin car elle consomme moins. Cher moustachu, tu n’es pas là pour le football, j’espère que tout le monde l’a compris désormais. Tu es là pour faire passer ton pays de tortionnaires, de nouveaux riches imbus d’eux-même, d’esclavagistes modernes pour des gens biens. Tu es là pour faire croire à une démocratie là où il n’y a que dictature. Remarque, Videla faisait déjà ça en 78 avec sa Coupe du Monde, t’es pas le premier. Tu ne seras pas le dernier.

Le deuxième coupable s’appelle l’Émir Tamim Ben Hamad Al-Thani aussi. Cher moustachu (bis), tu es tellement habitué à ce que tout le monde te lèche les babouches que tu ne t’entoures que de gens aux langues longues. Comme Nasser El-Khelaifi qui, jamais, ne te dira non. Tant que le président de ton club ne pourra pas te dire non, non à Messi pour 80 millions plutôt que des jeunes, rien ne changera.

Elle est là, maintenant, la cata

Le troisième coupable s’appelle Neymar mais ce n’est pas de sa faute. Il représente pourtant le début du naufrage, celui qui, le premier, a fait un trou dans la coque. Attention, Neymar, le joueur est exceptionnel même si ses meilleures années ne sont plus devant lui. Par contre, la gestion du joueur Neymar a été désastreuse de la part d’un club qui se dit professionnel.

Je suis fidèle au PSG depuis 41 ans. Les meilleurs PSG que j’ai eu la chance de voir étaient des machines collectives. 86, 94, 96, ce ne sont pas seulement les individus talentueux qui ont fait notre histoire, c’est une volonté collective de se mettre minable pour celui à côté. Pour ça, il faut que tout le monde soit à la même enseigne et quand j’ai vu Neymar snober Cavani pendant un an et demi, aller au détriment du jeu lui-même en servant Mbappé, Mbappé, Mbappé, ça commençait déjà à sentir mauvais. Quand il essaye de résoudre les problèmes collectifs tout seul, comme en finale l’année dernière, au point d’en devenir ridicule et inutile sur le terrain, ça pue très fort. Quand, en plus, ce même joueur peut faire exactement ce qu’il veut hors du terrain, se barrer à Milan voir un défilé la veille d’un match, jouer au poker jusqu’à 5 heures du, vivre à 30 dans sa maison de Bougival, là, ça commence à sentir vraiment mauvais. Quand enfin, ce même joueur, exceptionnel, refuse de changer son jeu dans un nouveau championnat, moins porter le ballon, simplifier son dribble etc… et que la cause de ce refus est d’être blessé… à plus de 50 % des matchs depuis son arrivée, là, on sent que la cata n’est pas loin.

Elle est là, maintenant, la cata. On est en plein dedans et ça sent mauvais de partout. Alors que faire ? Comme d’habitude, trouver un bouc émissaire. Pour les incompétents que sont Leonardo et Nasser Al-Je Gombrends Bas, ce n’est toujours pas de notre faute mais celle de ce méchant arbitre qui a osé ne pas siffler sur Donnarumma. Comme c’était la faute d’Aytekin. Comme c’était la faute à pas de chance. Comme toujours au PSG, rien n’avance. Ce club s’est perdu. Perdu dans le soft-power, le merchandising inutile (le fonds souverain du Qatar est de… 320 Milliards !), perdu dans les strass, le bling bling, perdu collectivement car la vérité se rappelle toujours à nous à un moment : quand on ne respecte pas le football, le football n’a aucune raison de te respecter.


Safet Sous X

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