La Team Pochettino Virage PSG

La Team Poche

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Depuis janvier, Mauricio Pochettino a pris les rênes du club Parisien.
Certains supporters dénoncent une trop faible empreinte laissée par le coach argentin. Arno P-E, au contraire pense que son influence gagne le PSG.
Et vous, êtes-vous Team Poche ?

Que celui qui, après une défaite, n’a jamais invoqué le fameux « je vous l’avais bien dit… », nous jette son premier Adidas Tango à la tête. Quoi de plus normal que d’anticiper le pire, afin de ne pas risquer d’être déçu, en cas d’échec ? C’est humain après tout, ce mécanisme de protection. Je vous l’avais bien dit, que le fond de jeu du PSG n’était pas si bon. Je vous l’avais bien dit, qu’il fallait faire jouer un autre joueur, une autre tactique, un autre match. Je vous avais tout bien dit, depuis le début… Et qu’importe si le PSG accumule les bons résultats, un jour le PSG perdra un match, et ce jour-là je finirai par avoir raison d’avoir hurlé à la défaite, jour après jour… Alors oui, en ce jour noir nous serons tous malheureux, nous supporters du PSG, mais moi au moins j’aurai pour abri l’égoïste satisfaction du « je vous l’avais bien dit ».

Quel dommage ! Combien de soirées passées à se focaliser uniquement sur ce qui n’allait pas, après chacune des huit victoires en L1, après City, juste pour préparer ce triste « je vous l’avais bien dit ». Tout cela est si peu « Team Poche » ! 

Mais alors d’où vient ce nom : « Team Poche » ? Et que recouvre-t-il au juste ? Contrairement à ce que l’on pourrait laisser penser, la Team Poche (à prononcer Potché, évidemment), n’est pas un groupe organisé. Il s’agit plutôt d’un courant de pensée. Un mode de vie, adopté en référence à Mauricio Pochettino (à prononcer Potchét-tiiino, du coup), dont le flegme légendaire a marqué les terrains au début des années 2000, et les bancs de touche ensuite. Pour vous aider à mieux comprendre cette philosophie, on peut évoquer les trois piliers sur lesquels elle repose.

1.NE PAS S’INTERDIRE LE BONHEUR

Le football n’est pas patinage artistique. Il n’y a ni note technique pour une passe, ni éléments imposés en contre pressing. Alors pourquoi bouder son plaisir après une petite victoire, même un peu bancale ? On vous parlera de statut à faire respecter, on vous expliquera que le PSG se doit de produire du « beau jeu »™, que c’est notre identité… Meilleur moyen de se rendre malheureux, ça ! 

La quête du beau jeu n’est qu’une chimère. Vivre le PSG en mode « Team Poche », au contraire, c’est savourer chaque succès comme une friandise. Prendre la joie là où elle est : toutes les victoires sont bonnes, même, voire surtout celles obtenues par ce petit but bien sale qui vient crucifier votre adversaire dans les arrêts de jeu, après un match compliqué (spéciale dédicace à tonton Jean-Michel). Pourquoi s’interdire de jubiler après de tels combats ?

Cet état d’esprit de guerriers, ces coïncidences qui font que la pièce bascule du bon côté, Mauricio Pochettino n’y est sans doute pas pour rien. Les matches gagnés dans les ultimes secondes – imparfaits mais forts en cœur, en émotions – ils sont clairement « Team Poche ». Il s’agit de les apprécier à leur juste valeur. Quel que soit l’adversaire, toujours savourer. Parce que l’important n’est jamais l’équipe qui affronte le PSG… Battre Marseille, Metz, Munich, peu importe. De toutes façons sur le papier Paris est au-dessus, alors toute victoire sera belle.

2.GAGNER LE PROCHAIN MATCH

Mauricio Pochettino le répète à l’envie dans ses conférences de presse, l’important est de gagner le prochain match. Normal que la Team Poche en fasse, elle aussi, son crédo. 

Parce que le PSG a pour objectif avoué de remporter la Ligue des Champions, il est tentant de juger ses prestations en se projetant déjà sur ce qu’il faudra apporter en huitièmes ou quarts de LDC. En mode « si on joue comme ça en mars, ou face à Chelsea, on sera mal barrés ». Quelle inutile perte d’énergie ! On n’est pas en mars, donc relaxez-vous : inutile de chercher si loin des sources de stress, les quotidiennes des médias de sport s’en chargent déjà pour vous. Et puis surtout, quel manque d’ambition…

Intégrer le fait que l’important est toujours de gagner le prochain match, c’est un vrai changement de mentalité : les rencontres face aux équipes de fin fond de Ligue 1 deviennent aussi importantes que celles face à Marseille (d’ailleurs il arrive que l’un n’empêche pas l’autre). Chaque partie devient cruciale, quel que soit l’adversaire, quels que soient nos joueurs titularisés. Chaque partie devient l’occasion unique de tout gagner. TOUT ! Pour qui veut gagner le prochain match, il n’y a plus alors de composition bis, ni de titulaires à faire tourner. Le PSG en mode Poche joue à fond, tout le temps, pour gagner. Comme ses supporters qui sont présents partout, au top, pour toujours s’imposer. 

Cette grinta, elle commande de se focaliser uniquement sur le prochain match. Encore et encore. Être Team Poche c’est se forcer à jouir du luxe de ne pas s’éparpiller au-delà de la rencontre d’après, pour être dessus à 100%. Au coach seul de voir plus loin, d’anticiper. 

3.POCHE SAIT

Chacun à sa place. L’entraîneur entraîne, les joueurs jouent, les supporters supportent, et Pochettino sait.

Quand Tuchel était fragilisé il y a tout juste un an, beaucoup de supporters en appelaient au recrutement de Mauricio Pochettino. Un ancien du club, défenseur calme mais déterminé, élégant mais rugueux, meneur d’hommes mais sans compromis.

Aujourd’hui, penser « Team Poche » c’est admettre que ces qualités, Pochettino les possède plus que jamais. L’homme est au PSG, et il est cet ancien capitaine irréprochable, devenu coach au service de l’institution Paris Saint-Germain. Il est toujours ce leader pondéré, presque taiseux lorsque les questions ne concernent pas le jeu, et capable de se livrer entièrement quand on a gagné sa confiance. Il est surtout cet entraîneur, seul au monde, à avoir réussi à sortir Messi, Neymar et Mbappé sans écorner son autorité. 

Le peuple Rouge et Bleu a si longtemps appelé de ses vœux un homme capable de montrer qu’aucun joueur n’est supérieur au club, que lorsqu’il en a un sous les yeux, il refuse d’y croire. Et pourtant, au milieu du bouillonnement médiatique, au milieu des cris effarouchés de fans inquiets de voir une star risquer de bouder, Pochettino reste debout devant son banc comme il restait dressé au milieu de sa défense. Et désormais Paris peut compter sur deux gardiens top niveau, prêts au combat.

Être « Team Poche » c’est accepter que chacun soit dans son rôle. Si le coach dit au sextuple Ballon d’or de sortir, il sort, et il peut même faire la moue, pas de soucis. Pas d’inquiétude. Le PSG est au-dessus. Si un jeune champion du monde doit partir ronchonner sur le banc, il part… et les ronchonnements seront traités en privé, calmement, mais très précisément. Ayez confiance. Pochettino sait comment on protège le club. Et face à City, le PSG a pu compter sur un Messi préservé, capable de marquer à la 75e, sur une passe d’un Mbappé au service du collectif. Poche savait.

Penser « Team Poche », pour un supporter, c’est accepter de ne pas tout maîtriser. De ne même pas tout savoir. Si le coach veut se taire en interview d’avant-match, où est le problème : c’est aux joueurs qu’il doit des explications. C’est même accepter de ne pas tout comprendre. Chacun à sa place.

Désormais, la saison est lancée. Le PSG se met doucement en ordre de marche. Rien n’est facile et la route sera longue. Alors plus question de revenir en arrière, de vouloir encore changer ci ou ça, comme on l’a déjà fait dix fois. Non, il faut être plus radical, tenter autre chose. Expérimenter la fidélité dans la joie. Fidélité à un club, à ses couleurs, et fidélité à son coach. Jusqu’au bout et en toute conscience. Voilà qui sera « Team Poche ».


Arno P-E

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