Humeur

Hygiène Neymar Virage PSG

Apologie de l’hygiène de vie de Neymar

Il y a dans le championnat de France depuis de nombreuses années
un joueur à coupes de cheveux ridicules, à grosses fesses et nom de comique
pas super marrant dont le tour de ventre dépasse régulièrement celui de
Jean-Michel Moutier en 1985, qui va encore moins vite qu’Evra dans une chronique
de Cazarre… et on nous emmerde avec l’hygiène de vie de Neymar.

On vient d’enterrer Saint Diego et, ce faisant, l’intronisant D10S, de l’absoudre de tous ses pêchés, outrances et excès ; d’admettre que ceux-ci n’auraient jamais dû nous empêcher – nous ! – d’accéder à son génie et de bénéficier de sa lumière les jours de pluie. Et il faudrait en vouloir à Neymar, un de ses plus jolis enfants naturels, de n’avoir pas « une hygiène de vie compatible avec le haut niveau ». Merde.

Moi, supporter, je m’en fous qu’il ait ou non « une hygiène de vie compatible avec le haut niveau ». J’ai d’autres ambitions pour lui ! C’est des considérations de Bertrand Latour, ça, de paltoquet qui fait le daron au milieu de vieux messieurs, de Dorian Gris de la presse écrite à la télé. Je ne suis pas comptable du ratio pognon/perf de Neymar. Ceux qui lui gueulent dessus non plus.

Plutôt que ses mauvaises passes physiques, comptons ses dribbles, ses ouvertures miraculeuses, ses coups de pied arrêtés et ses buts. Vous verrez, même à 3 millions par mois, on n’y perd pas. On n’est pas mal heureux.

Les gens qui accusent Neymar de ne pas être en bonne condition physique me rappellent les pro vidéos dans l’arbitrage. Ils n’avaient qu’un argument : les enjeux (financiers). Là, c’est forcément « pour son salaire ». Comme si c’était eux, qui ne peuvent même plus aller au stade, qui le payaient – je ne parle même pas des journaleux qui, en sus, vivent objectivement grâce à lui en racolant le clic comme des tapins influençants !

Le foot se joue des incertitudes, des doutes et des erreurs d’arbitrage, comme Neymar des kilos de trop, des préparations arrosées et du sommeil en retard.

Comme si on le payait pour être en pleine forme et vivre comme un moine. On s’est offert Neymar pour le regarder créer, subjuguer, enthousiasmer, émerveiller. L’applaudir. Scander son nom après un but ou le chanter après une percée. En rediscuter encore sous le charme dans le métro en rentrant.

J’ai grandi dans un monde où on admirait Romario d’arriver à l’entraînement en sortant de boîte. Et j’aime que Marco Verratti fume.

Hygiène Neymar Virage PSG
« Je la trouve parfaite, l’hygiène de vie de Neymar » © Icon Sport

Quand, erratique et rincé depuis l’heure de jeu, à la 89ème, il chipe un ballon mal donné dans la défense, à Manchester, efface d’un coup de reins trois Mancuniens, trouve Mbappé et poursuit son action pour offrir à Rafinha, à quatre-vingt mètres de là, un destinataire à son centre en retrait, qu’il conclut victorieusement, je la trouve parfaite, l’hygiène de vie de Neymar.

Lacan (ou Barthes) dit quelque part, paraît-il – à moins que ce ne soit, me glisse Jérôme Reijasse, Jul en duo avec Soprano -, qu’en fait d’amour il n’y a que des preuves d’amour. Il faut aimer Neymar. Et le lui prouver. En l’acceptant, en l’admettant tel qu’il est. En l’état. En chantier. En construction. En lambeaux s’il le faut. Des preuves qu’il aime le foot – et nous avec -, lui, c’est plus fort que lui, il en donne dès qu’il joue. Sitôt qu’il touche le ballon, son amour du jeu, de la belle action, du splendide geste éclaire le stade et nos yeux de spectateurs.

Déjà que dans nos stades covidés, Neymar se meurt sans spectateurs. Nous lui manquons. Quand il marque, il célèbre devant des gradins muets et ressemble à quelqu’un en train de l’imiter dans « Dessinez, c’est gagné ».

« La, La, La, La, La, La, La, La…
La, La, La, La, La, La, La, La…
Neymaaaaar, Neymaar…
Neymaaaaar, Neymaar… »

Nous faire rêver, c’est tout ce que Neymar nous doit – en plus de la Ligue des champions. Il le fait. Pas tous les jours. On n’y résisterait pas. Lui non plus. Les grands jazzmen se droguaient pour retrouver les contingences et les dimensions de l’humaine condition à laquelle leur génie les faisait échapper. Neymar passe son temps à snapper, instagrammer, festoyer, s’exhiber en train de danser comme un con, de se trémousser sur scène près d’un faiseur de tubes brésilien… pour redevenir comme nous.

Neymar a raison de vivre comme il vit. Faut séparer l’homme de l’œuvre en direct maintenant. On est assez mûrs.

Un Stradivarius, ça se protège. Des coups d’abord. Donnés, dix, vingt fois par match par un de ces rageux ploucs vexés.

Peut-être qu’il faudrait que systématiquement Paredes en mette une d’entrée au garde du corps de Ney. (Pardon mais si les défenseurs ont le droit de le descendre sous prétexte qu’il les dribble, ça ouvre des perspectives nouvelles).

C’est quoi le scandale : que Neymar en rajoute et provoque ou que les défenseurs le lattent autant ? Pour les coachs adverses et presque l’intégralité des commentateurs, il faudrait comprendre, pardonner et presque vanter les lourdauds trop cons pour pas se faire fourrer par notre lutin au caramel. Il est provocateur, ça leur donne le droit de se conduire comme des gorets. Il a le jeu narquois, le dribble humiliant, la passe insolente et le regard fier : coupable. Pascal Dupraz, ou la nouvelle Madame Michu.

Ce qui est défendu, c’est de mettre des coups, pas de les provoquer. Ne serait-il pas utile, ça aussi, de le rappeler, comme une présomption d’innocence en faveur de Neymar ?
C’est trop facile maintenant : ce qui vaut jaune avec un autre coûte à peine un coup-franc avec lui. N’importe quel défenseur de province sait transposer : feu ! Ça coûte, et encore, que la troisième ou quatrième fois. Et, derrière, t’as la claque des blaireaux du micro pour te défendre. S’il se blesse gravement, c’est de sa faute !

Hygiène Neymar Virage PSG
« Jamais Neymar ne s’amendera » © Icon Sport

L’atteinte à l’esprit du sport, ce sont les Boches et les Autrichiens s’entendant sur le dos des Algériens en 1982 ; un arbitre qui, d’où qu’il vienne, est toujours peu ou prou favorable au Real ; la mise à mort programmée d’une pourtant magique Coupe de France, diffusée partout où c’est possible SAUF SUR LE SERVICE PUBLIC ; la Var qui prend cinq minutes et ne tranche rien… pas un numéro 10 qui dribble et ricane trop. Ni dans la lettre ni dans l’esprit du foot il n’est écrit que ridiculiser un adversaire est une faute. Pour un numéro 10 parisien, c’est plus qu’un droit : un devoir.

Débattre à l’infini de sa condition physique, de son hygiène de vie et de son impulsivité n’y changera rien : en génie-du-foot-isme, en classe, en maestria, en passe, en dribble, en tir de corner, de coup-franc, de péno, et en but, Neymar est d’un tellement haut niveau. Du jamais vu au Parc, foi de vieux Sušićien.

Depuis qu’il a quinze ans, il vit comme ça, joue comme ça et est arrivé là. Et vous voudriez le faire basifier et bouffer des brocolis… pour en faire quoi ? Un Cristiano Ronaldo, non merci ! Vive les excès de Neymar ! Il ne jouera pas au Camp Nou, and so what ? Ni la première ni la dernière avanie. Du prince parisien, il a aussi le côté maudit. Mais l’année dernière, sans lui, on termine où dans le Final 8 ?

Et préparez-vous : au retour, même prêt à 40 % seulement, il entrera. Et là…
J’en crève de retourner au Parc pour le voir.
J’espère de tout mon cœur que jamais Neymar ne s’amendera.


Gregory Protche
Neymar Virage PSG

Il est des nôtres,
il a pris son coup comme les autres

Di Maria. Neymar. Peut-être Marco, Rafinha et Navas. Nous irons à Barcelone diminués et l’euphémisme est cruel. Les malédictions n’existent pas et Paris est maudit. Manquerait plus que Mbappé se pète contre Nice. Tant qu’à faire !


Qui avons-nous renié, blasphémé, insulté ? Quels Dieux avons-nous offensés ? Résultat : Paris, à la veille des grandes batailles, monte encore au front avec un rat dans sa cervelle. Nous sommes bien au delà de la paranoïa là, indéniablement. Je n’ai pas honte de l’écrire. Sorcellerie, vaudou, épreuve mythologique ? La jubilation à peine dissimulée quand Sebastien Tarrago, en direct sur l’équipe du soir, annonce le forfait de Neymar après sa blessure à Caen. Les commentaires sur les réseaux des anti- PSG… ils jouissent parce que Neymar a une nouvelle fois chuté. Ils sont soulagés nos ennemis. Nous avons perdu notre Indispensable. C’est de bonne guerre et c’est une guerre sans foi ni loi. La leur, la notre.

Neymar ne sera pas là. Je lis des commentaires de supporters parisiens également, qui traitent Neymar de chèvre, de mec pas sérieux, de boulet… j’imagine des rancuniers qui n’oublieront jamais que le Brésilien voulait revenir chez son pote Messi il n’y a encore pas si longtemps. Il serait temps qu’ils pardonnent. J’ai pardonné : à Neymar d’avoir manqué de foi en Paris. Et à moi de ne pas avoir compris immédiatement que Neymar était viscéralement un joueur fait pour nous : connard, imprévisible, chambreur, branleur, passionné, sanguin, fêtard, intrépide. La seule chose qui nous différencie, nous, les supporters, de Neymar, c’est le génie. Ça me va.

Pascal Dupraz a une nouvelle fois démontré qu’il était moins entraîneur que brigadier chef. Moins Homme que caricature d’homme. Il confessait rêver un jour de coacher Manchester United et le voilà à dresser des veaux. On ne se refait pas… Neymar se blesse et la France applaudit. Il l’a bien cherché, il simule, chiqué, tricheur, bien fait. Mano l’a écrit sur Facebook et il a raison : c’est comme ceux qui disent après un viol qu’elle n’avait pas qu’à s’habiller comme ça. Les bœufs. Les mêmes bœufs qui s’offusquent si on ose vanner Pape Diouf. On n’a pas le droit de blaguer sur un mort mais on peut publiquement se réjouir qu’un génie du ballon rond se pète ? La France ne sera jamais un pays de foot. De footeux et de footix grand max. Et de jalouses.

Je vais vous faire un aveu : si Diego avait joué à l’OM, je l’aurai bien sûr honni mais il m’aurait imposé par ses actions le respect. Diego n’a heureusement JAMAIS joué à l’OM. Neymar, LUI, joue à PARIS. Neymar, le football dans toute sa sauvagerie et son innocence. Il peut être agaçant, frustrant, insupportable même certains soirs lorsqu’il est victime du syndrome E.S.S (entêtement solitaire stérile). Mais il ose, tout le temps. 4 contre 1 ? Il y va, tout le temps (combien sont-ils à avoir systématiquement ce désir d’en découdre ?). Comme Bruce Lee, Neymar aime les bastons inégales. Le défi. Tirer un péno ? Il les tire, tout le temps. Sans jamais trembler. Neymar a la poésie et les burnes, le vice et l’élégance, le talent et l’instinct. Et il joue en rouge et bleu. PSG. Et il va prolonger.

Les aigris de Paname, les mêmes cités plus haut, disent qu’il reste parce que personne ne peut se le payer, que sans le Covid, ce ne serait pas la même chanson. Et que ça n’a rien à voir avec de l’amour, de la fidélité. Et alors ? Tu veux l’épouser Neymar ? Un coming Out pour soulager ta conscience ? Tu fais partie de ceux qui ont aussi reproché à Cavani d’être un mercenaire, hein ? Oh le scoop ! Merci ! Ce sont tous des mercenaires, wake up! !! (Et un mercenaire qui reste 7 piges, qui s’arrache à tous les matchs et qui bat le record de buts du Club, moi, j’en signe tous les jours si je peux). Ils disent encore que Neymar ne vit pas sainement. Que ses nombreuses blessures vont même peut-être gâcher sa carrière. Neymar devrait moins faire la fête. Se coucher plus tôt. Se vider un peu moins les couilles. Neymar ne peut s’en prendre qu’à lui même en somme. Jamais victime. Pas le droit. Trop riche. Trop insolent. Trop individualiste. Tropico.

Yago est une brute parce qu’il est  un joueur médiocre. Comme Alvaro. Je vois son rire gras quand, avec ses potes, il a raconté comment il avait mis Neymar à l’amende et en rematant en boucle l’action scélérate. Le rire du crétin, du bully, du décomplexé. Je ne suis même pas persuadé que c’est le coup de Yago qui blesse Neymar. Ce que je sais, c’est que Yago aurait dû être exclus et que son geste, peu importe les conséquences, est dégainé pour faire mal, rien d’autre. On casse Neymar et on reproche à Neymar d’avoir provoqué ! On reproche à Neymar d’être le foot. Voilà la France. C’est une honte. C’est ridicule. Le mec gagne des millions et il se blesse ! Oh l’enculé. C’est comme ces Catholiques qui reprochent aux pauvres de l’être par manque d’efforts. Dans ma famille, j’ai eu des spécimens du genre. Tu n’as pas fait ce qu’il fallait, méchant Neymar. Et maintenant, tu payes l’addition. On t’avait prévenu ! Putain, les moralistes, les juges, les docteurs, les diététiciens… fermez vos gueules, à jamais, par pitié !

Pourquoi tout le monde aime Messi ? Parce que c’est un génie lui aussi, oui, d’accord. Et ? Parce qu’il est petit, gentil, timide, un seul carton rouge en 8597 matchs, pro à mort. Pareil Ronaldo. Du Walt Disney en terme de story telling comme disent les bobos colonisés moralement par l’Amérique. Neymar… c’est le Grinch et Franco dans les 12 salopards. Le Bon et le Truand. Il laisse le costume de la Brute. Aux autres. À ceux qui ont encore besoin de voir le ballon pour savoir quoi en faire. Que Neymar soit absent mardi en Catalogne n’a rien d’injuste. C’est simplement triste. La fête du foot sans son Roi. C’est tout de suite moins glop, non ?

Neymar est une star internationale. Il maîtrise à merveille la communication d’aujourd’hui. Mais est-il finalement un joueur emblématique de l’époque ? Neymar ne serait-il pas plutôt le dernier des Mohicans. Le dernier représentant d’une race bientôt oubliée ? Je l’ai déjà écrit. Neymar mérite mieux que les Harlem Globe Trotters, des sarcasmes et des béquilles. Même s’il ne soulève jamais les grandes oreilles. Mbappé est là pour battre les records. Neymar, lui, a une autre mission : n’être exactement que lui-même. Il ne refuse pas la possible tragédie. Il n’a pas peur je crois. Il est avec nous. Il n’est désormais plus très loin de Ronnie dans mon Top 5.

PSG4LIFE


Jérôme Reijasse

Kylian est mort, vive Mbappé

Je me suis réveillé habité par cette troublante certitude : Kylian est mort hier.
Un de ces cauchemars qui garde ses ongles plantés dans vos premiers battements
de paupières et vous poursuit bien trop longtemps, au fil de votre journée…

Je l’ai vu, je pourrais le jurer, je l’ai vu. Son corps sans vie. Mon esprit, encore embué s’est attaché à décrire l’image sidérante. Sans montrer la moindre pitié, il m’a infligé tous les détails susceptibles de me convaincre, pour dépasser ma stupeur. Pour ne me laisser aucune chance d’échapper à la nouvelle. Kylian gisait sur le dos, allongé dans cette pelouse made in England du Parc des Princes, les mains sur la poitrine. Je l’ai vu en noir et blanc, ses yeux fermés, en short et maillot de nos couleurs. Un Kylian de match mais arrêté, le visage pétrifié dans un mélange de douleur et d’abattement. Mort. L’immobilité de ce corps, sa raideur, déjà, le froid d’une peau de marbre : la dépouille avait l’exacte pose de ces statues de chevaliers que l’on peut croiser sur les tombeaux des églises médiévales. Un gisant. Le souvenir d’une image fixée pour l’éternité, surplombant un corps avouant sa défaite face à l’épreuve du temps. Kylian est mort hier. Et la journée de commencer avec ce poids.

Il faut écarter la couette qui pèse désormais des tonnes. Poser ses pieds nus sur un parquet sans consistance. Se lever. Cela semble impossible. Nous ne le reverrons plus. Parce que l’ironie de ce cauchemar, l’horreur de la chose, c’est que justement ce n’est pas un rêve. Oui, il va falloir affronter cette vérité : mon esprit ne m’avait joué aucun tour. Ce Kylian là est vraiment parti.

Voilà nos vies désormais. Devoir porter cette écrasante vérité alors même qu’on sent son corps privé d’énergie : Kylian ne rira plus de son air de garnement après avoir marqué, mi désolé, mi fripon. Plus jamais. Comment avancer face à cette injustice ? Il ne courra plus dans le dos de défenses sidérées par sa vitesse. Il ne tissera plus ses charmes d’enfant à des journalistes conquis d’avance. Tout est passé, sans espoir d’y pouvoir changer quoi que ce soit. On ne remontera pas le temps, ce Kylian nous a quittés. Voilà… Et désormais nous devrons tous marcher accompagnés de cette tristesse, lui le premier. Kylian est mort hier. À Mbappé de prendre le relais maintenant.

L’analyse des derniers matches est sans pitié : les défenseurs ne se laissent plus prendre. Le charme de la vitesse pure n’hypnotise plus, il ne suffit plus à entretenir les stats de buts que le champion du monde connaissait les saisons passées. Et les journalistes ont assimilé la désarmante alliance de l’ambition et de la finesse de Kylian. Tout cela a vécu. La fraîcheur, l’éclat de la jeunesse se sont évanouis. Tout ce qui faisait la spécificité du génie Kylian s’est écoulé entre nos doigts, comme du sable trop fin. Maintenant que le gamin s’est épaissi, sa morphologie n’évoque plus la fragilité mais la puissance. Les traits du visage se sont durcis. L’âge de l’insouciance est révolu.

Il n’y a qu’à le voir sur les terrains depuis son retour de blessure pour comprendre que tout est devenu plus difficile pour lui. Il récupère moins vite. Les adversaires ont été prévenus et s’adaptent. Les supporters se sont habitués et demandent aujourd’hui davantage. Ces courses qui paraissaient pourtant surréalistes la saison passée n’amènent plus à retenir son souffle. Oui, c’est Mbappé, il sait faire ça, on le sait, alors merci pour cette course balle au pied mais la question c’est est-ce qu’après il va réussir sa frappe ou pas ?

Kylian et Mort Virage PSG
Kylian qui rit, Kylian qui pleure ? © Luc Braquet

Mbappé va devoir dépasser les qualités extraordinaires de Kylian, et en faire ressortir autre chose. Parce que le gamin est mort. Et tout est à retravailler. Le jeu : trouver son poste, arrêter ces dribbles qui ne lui réussissent pas, faire progresser son jeu de tête. Miser sur ses qualités et combler ses défauts. L’image : faire oublier le gamin lisse, tout mignon, trop bien élevé, pour dévoiler l’adulte et ses défauts. Passer du Kylian qui fait la fierté de sa maman au Mbappé qui fait la misère à celles des défenseurs.

Le gosse avait toutes les qualités pour réussir cette mue : une mentalité de gagneur, une énorme ambition, un talent et une précocité jamais vus. Mais Kylian est mort hier. Et aujourd’hui Mbappé traîne entre deux mondes. Il lui faut passer de l’autre côté. Accepter de renier son ancienne vie, pour trouver la force d’avancer. Le plus simple pour lui serait de tenter sa chance ailleurs. Un nouveau club pour une nouvelle vie. Fresh new start. Mais le plus beau serait de franchir ce palier au PSG. Dans son royaume. Travailler, persévérer et avec un peu de temps et de patience, offrir aux supporters parisiens le Mbappé 2.0.

Kylian Mbappé est un joueur à part. Cela ne changera pas. Il faut juste accepter de le voir grandir, lui laisser cette liberté. Parce que désormais, l’homme a besoin de place. Alors peut-être qu’il gueulera davantage sur le terrain, oui il était plus réservé avant. Peut-être qu’il exigera un statut au sein de l’équipe, que l’on mette davantage en valeur ses qualités de percussion. Oui, il était plus humble avant. Mais voulons-nous d’un joueur modeste ou d’un champion ? Peut-être qu’on le verra en soirée, accompagné d’une blonde ou d’une autre. Oui, on ne lui connaissait aucune relation avant, et il s’en vantait. Mais voulons-nous d’un eunuque frustré ou d’un homme équilibré, qui assume sa vie amoureuse ?

Peut-être que cette période compliquée pour lui s’étendra encore quelques semaines. Aujourd’hui on lui demande plus. Laissons-lui du temps. Il faut accepter que Kylian meure, pour que Mbappé le remplace. Plus puissant. Plus râleur. Plus sombre peut-être, plus vicieux, en un sens. Comme tous les hommes, Mbappé a droit à sa part d’ombre… surtout au regard de ses qualités lumineuses, qui elles ne changeront pas. L’homme a des valeurs. Il ne trahira jamais ses ambitions : gagner, et faire gagner. Il ne trichera jamais avec ses couleurs : donner son maximum et se dépasser. Il ne se cachera jamais sur le terrain et s’il échoue, ce sera toujours en ayant tenté, jusqu’au bout. S’il manque de fraicheur ce sera pour avoir voulu revenir trop tôt. S’il peine ce sera après avoir trop donné. Parce qu’il a la victoire dans le sang.

Malgré ses dons, ne demandons pas davantage à ce joueur qu’à un autre : qu’il mouille le maillot. Qu’il ne nous mente pas. Et acceptons sa vérité, même si parfois elle nous dérange. Alors nous ne serons jamais déçus. Laissons-lui la place de s’épanouir ici, dans sa famille. Affrontons la réalité : Kylian est mort. Vive Mbappé.


Arno P-E

De défaite en défaite jusqu’à la victoire

Nous aurions tous aimé que Mauricio gagne chez les poteaux carrés, et avec du style ! Une première convaincante. Non. Le PSG Pochettino épisode 1 a été décevant, irritant, répétitif, jamais surprenant, déprimant.


Pauvreté technique, peu d’intensité, défense caca culotte, toujours 6 milliards de blessés, Navas empêcheur de perdre en rond, peu d’occasions réelles. Tuchel était encore là. La médiocrité indiscutable de notre équipe également. Mauricio est venu pour reconstruire. J’entends beaucoup parler de finale de LDC, de Barcelone dans un mois. Hé, faut ouvrir ses mirettes ! Nous sommes mauvais. MAUVAIS. Et ce n’est pas d’hier. Le final8 n’était pas une promesse mais bel et bien une parenthèse trompeuse. Nous pensons que nous allons gagner, pire, que nous avons déjà gagné, que nous pouvons recevoir en donnant très peu. L’amnésie chez le supporter… depuis quand Paris est-il promis aux sommets ?

L’argent et les stars suffiraient donc à revendiquer une place à la table de Milan, Liverpool, Madrid et les quelques autres ? Achetons Griezmann alors, gagnons du temps ! Combien d’années et de milliards Man City a brûlé avant de gagner ? Son championnat, je ne parle même pas d’Europe. Et nous, parce que nous sommes le PSG, parce que Neymar et Kyky, parce que la Ligue 1 a un niveau merdique globalement, on va gagner. On va gagner. GAGNER ! Sinon, certains supporters vont trouver ça injuste. Vont peut-être même accuser nos joueurs de faute professionnelle… c’est presque hallucinogène.

Paris n’est pas un grand Club les amis. C’est notre Club, notre putain de Club, notre meuf, notre pute, notre paradis, notre armée, nos flammes, notre cour de récré. Mais pas un grand Club. On dirait Marseille et sa quête perpétuelle du Grand Attaquant. Pitoyable. Nous sommes des chasseurs de dragons. Dans un monde sans dragon. Pour moi, le foot, ce devrait être, avant toute autre chose, le jeu. Je suis con hein ? Ah le vieux con ! Il veut du jeu ! Mon histoire d’amour avec le PSG m’a au moins appris ça. C’est en jouant que tu envahis les cœurs pour toujours. Cerise sur le gâteau : c’est en jouant que tu peux éventuellement GAGNER. Gagnant-gagnant… Mais Paris, non. Ça demande trop d’efforts.

Le match d’Angel mercredi ! Je ne parle même pas de Kehrer, de… Non, je ne ferai que me répéter. Nous nous voyons trop beaux. Trop grands donc. J’espère que Pochettino va capter qu’il va devoir avant tout gérer une bande d’adolescents dilettantes, forcément un peu arrogants comme tous les ados, forcément paresseux. Et qu’il va trouver la bonne carotte. Qu’il va devoir composer avec un groupe surévalué. Motta, Silva. Même un Blaise ! (Je ne parle même pas de Rabiot). Rien que ça. Ils sont où leurs remplaçants ? Qualitativement, Neymar et Mbappé ont dissimulé nos derniers  mercato tardifs et moins heureux. Et vu que Neymar joue peu et que Kyky trop et pas assez bien malgré ses stats, sans oublier Marco, indispensable et trop souvent sur la touche, on a du mal et ça se voit.

On ne tente pas grand chose. La fatigue est réelle, l’époque perturbante (je me répète encore : un Neymar sans tribunes, malgré les teufs, les bitchs et le poker, est malheureux). Oui. Mais ce n’est pas acceptable d’être aussi peu créatifs, peu collectifs, peu enthousiastes, peu concernés, peu importe le onze aligné. Nous nous sommes affaiblis, je le pense sincèrement. Nous avons pris de mauvaises habitudes qui vont être dures à effacer. Nous n’avons pas à nous plaindre, je sais. Nous sommes riches, bla-bla-bla. N’empêche : avec tout ce fric, tu pouvais faire mieux en transferts. Tu ne l’as pas fait. Et un état d’esprit, ce n’est pas en dollars que tu peux te l’offrir. Certes, Navas, Bernat, Rafinha, etc… c’est déjà formidable. Mais nous n’avons jamais aussi peu joué en équipe que depuis l’arrivée de nos deux Golgoths.

Nous n’avons plus vraiment d’aboyeur non plus. On ne fout plus la trouille. À personne. Les soumis d’hier sont aujourd’hui des ennemis décidés. Sur le papier, bien-sûr que n’importe quel supporter de province tuerait pour avoir nos joueurs. Mais sur la pelouse… un mec de l’équipe du soir dans ma télé dit qu’aucun entraîneur n’est fait pour le PSG parce que le PSG est ingouvernable. Et il ajoute que Mauricio, c’est typiquement le genre de coach qui ne pourra pas s’imposer face à ce mélange bizarre et contre-productif de sportif et de politique. Tuchel n’a pas dit autre chose quelques jours avant de se faire limoger. Moi, je pense exactement le contraire. Si Paris veut grandir, pour, un jour être vraiment un grand Club, il n’a besoin que de trois choses : discipline collective, rigueur tactique et qu’aucun joueur ne soit plus jamais au dessus du Club. Trois choses. C’est peu finalement. Je plaisante. Si l’on s’avoue les choses, c’est un chantier pharaonique. Mauricio a du taf. Je le plains. Mais peut-être que l’Emir l’a pris exactement pour ça. Pour repartir sur des bases, sportives en tout cas, plus saines.

C’est évidemment oublier un peu vite Leo… la seule chose à souhaiter aujourd’hui, c’est que Mauricio y parvienne. Nous pourrions devenir redoutables. Beaux à mater. Il faudra de la patience, des efforts probablement douloureux, peut-être vexer deux-trois ego pour mieux les relancer. Pas mal de chance aussi. Ce sera un travail de sergent instructeur et de funambule. J’ai confiance en Mauricio. J’aimerais pouvoir en dire autant de nos joueurs… Dernière chose : que ceux qui n’arrêtent pas de chouiner que « si on avait notre onze type, on serait imprenables » se taisent à tout jamais. Il faut avancer. Se relever encore. C’est à ce prix que tu peux, un jour, revendiquer une identité. Une appartenance. Je disais hier à Xavier que le mérite dans le football, ça n’existe pas. En revanche, les hold ups, si ! Notre seule opportunité cette année si nous persévérons à ne pas jouer.


Jérôme Reijasse

Oh! Champs-Elysées

A minuit, ce jeudi 31 décembre 2020, personne n’était présent
sur la plus belle avenue du monde pour célébrer le passage vers
cette nouvelle ère tant attendue. Pas de feu d’artifice, pas de cotillon
et pas de champagne coulant à flots pour saluer cette folle année et souhaiter
la bienvenue à un nouvel opus 2021 qui s’annonce tout aussi intense et indécis.

Comme l’a indiqué Maître Reijasse, dans les Boules et le Sapin, l’heure est au bilan, les Neg’Marrons en citation : « Le temps passe et passe et passe et beaucoup de choses ont changé. Qui aurait pu s’imaginer que le temps se serait si vite écoulé. On fait le bilan calmement en s’remémorant chaque instant. Parler des histoires d’avant comme si on avait 50 ans ». Cinquante ans, et un été bouillonnant. Si 2020 fut une année sordide, âpre, elle sut aussi être surprenante, et à sa manière, enivrante. 

Jeudi matin 24 décembre. La trêve des confiseurs est commencée depuis quelques heures pour notre championnat de Ligue 1 Uber Eats. Faisant la queue à ma boulangerie pour une bûche glacée et deux baguettes bien cuites, je commence à réfléchir à ces lignes lorsqu’une alerte fit vibrer mon téléphone. Un double cataclysme m’ébranla en une poignée de minutes. J’eus à peine le temps d’avancer de quelques mètres que j’appris d’abord le licenciement de Thomas Tuchel, puis l’arrivée imminente de Mauricio Pochettino. Autour de moi, les gens s’insultent dans la queue, des histoires de masques mal mis et de places doublées. Peu m’importent ces esclandres de sexagénaires psychologiquement marqués par une année d’isolement, l’histoire du Paris Saint-Germain, même en vacances, est en ébullition. Alors qu’une femme m’apostrophe, me suppliant d’intervenir pour remettre un peu d’ordre, je meurs d’envie de lui répondre « laissez moi tranquille, laissez moi profiter de ce club qui ne s’arrête jamais ». Il y a plus vital qu’une protection anti-covid oubliée ou qu’un manque de respect éhonté. Une Tucherie est en cours.

Ce n’est donc pas seulement de l’an 1 du Covid 19 que nous faisons le bilan, mais aussi en partie de notre coach teuton. Le double 20 ne fut pas aussi mauvais qu’on le dit. Laborieux oui, mais il ne faut pas avoir la mémoire courte. Les gourous court-termistes me fatiguent. Tous ceux par exemple qui  parlent des 4 défaites en championnat comme un record depuis une décennie, blablabli et blablabla, et qui plus est des défaites contre Lyon, contre Monaco, contre Marseille, sans oublier celle à Bollaert chez le promus lensois. Merci Marcin Bulka, cela dit en passant. Quel était leur discours dix jours avant notre revers dans le pays d’Artois ? Que disaient-ils le soir de notre première finale de Ligue des Champions ? Les arguments sont toujours contraires, jamais dans la bonne direction, celle du navire rouge et bleu. A ceux-là, je réplique que l’Atalanta de Bergame et le RB Leipzig sont, quelques mois après Lisbonne, de nouveau qualifiés en 8ème de Finale de C1, où Paris sera le seul représentant français. Le Final 8 portugais était certes inédit, mais en aucun cas à dévaluer. Il était dans l’air du temps, celui d’un football dont les repères d’un jour sont vite balayés par ceux du lendemain.

Hier, notre avenir s’appelait Tanguy Kouassi. Le fils attachant a rapidement fui la maison familiale, estimant, sans rien n’en savoir, qu’il n’y trouverait pas de temps de jeu. Une belle prime à la signature, et quelques blessures plus tard, il a, pour le moment, uniquement passé la bagatelle de 21 minutes en match officiel sous la tunique bavaroise. Dans nos sélectives mémoires, nous l’avons déjà vite oublié, misant tous nos espoirs sur un nouveau Titi prometteur, Timothée Pembélé, cinq apparitions, un but, et un contrat déjà signé. Le football va vite. Des paillettes aux oubliettes, et vice-versa. Des surprises, aussi. Qui aurait pensé en juillet dernier, avant la Finale de Coupe de France contre Saint-Etienne dans laquelle il fut titulaire, que Mitchel Bakker, 20 ans et seulement trois apparitions anodines, serait quatre mois plus tard le joueur le plus utilisé par Thomas Tuchel en cette première partie de saison. 

Tout n’est pas à jeter en cette année pasteurisée. Un titre de Champion de France certes écourté mais qui fut amplement mérité. Deux finales nationales au milieu de l’été ont enrichi un palmarès à faire pâlir nos rivaux hexagonaux. Un retour pré-confiné contre Dortmund, fort en émotion et en images symboliques, a permis de rompre notre malédiction. Un anniversaire tronqué, mais deux magnifiques maillots historiques servis en offrande par notre équipementier. 2020, comme son nom l’indique, une année de chiffres ronds. 50, 100, 200. Les statistiques, ça nous fait une belle jambe, mais ça a le mérite de rester et de marquer, sur l’instant et la durée. Fin février, Edi Cavani, pour l’un de ses derniers matchs sous nos couleurs a mis la barre du record parisien à 200 buts. En fin d’année, c’est Kylian Mbappé qui a atteint les 100 réalisations, que je perçois comme un présage positif pour les prochaines négociations. 

Enfin, sans m’attarder sur ce sujet, pour lequel je ne suis pas aussi dithyrambique que le raz de marée médiatique qu’il a engendré, 2020 fut aussi l’année de ce Dembabesque Paris SG – Istanbul Başakşehir, en marge duquel le droit-de-l’hommiste Président turc a fait une leçon d’anti-racisme a cette vénérable institution qu’est l’UEFA. No To Racism, du marketing à la réalité. Comme quoi, le slogan de 2020 aurait pu être « tout est possible, tout est réalisable« . Une première symbolique qui n’attend qu’à être répétée. Même si de nombreux doutes m’habitent, espérons que dans un avenir proche de telles situations soient reconduites, et pas seulement lorsqu’il n’y a plus d’enjeu sportif et aucun spectateur à évacuer.

C’est indéniable, 2020 fut aussi une année noire. Fade. Vide. Triste. Apocalyptique. Le Covid 19 s’inscrit dans la lignée du Plan Leproux 2010. Presque en pire. Pas d’aléatoire cette fois. Pas d’échappatoire non plus. Que de la désolation. Nos tribunes sont désespérément vides depuis fin février. Tous interdits de stade, sans procès, ni distinction. Pour ajouter à notre détresse, citons Thiago Silva et Edinson Cavani, qui nous ont quittés sans adieu ni ménagement. Circulez, il n’y a plus rien à voir. L’été fut une éclaircie, trois finales pour nous enflammer. Une surchauffe estivale qui n’a eu comme effet que de tout cramer. Depuis, nous en traînons inlassablement les stigmates. Des joueurs fantomatiques, des blessures à la pelle, un fond de jeu confiné et un coach aux tactiques aussi versatiles qu’approximatives. Le moindre match fut pour tous, joueurs comme supporters, une souffrance. Assortie d’une double peine. Devant restés loin de nos travées, avachis face à nos écrans, nous avons dû subir un jeu insipide, et parfois même calamiteux. Comme si nous devions nous faire pardonner d’avoir cru pouvoir remporter un titre en Ligue des Champions, nous devons maintenant endurer les pires sévices. Même notre génie français [spéciale dédicace à Stéphane Guy] a dû attendre le dernier match de l’année en Ligue des Champions, et obtenir un laisser-tirer un penalty offert par le Ney, pour marquer son premier but annuel dans cette compétition. Quelle année ! Canal+ en a perdu son humour et son autodérision. Mediapro et son Téléfoot a pris les téléspectateurs français pour des couillons. Le monde va mal. Vivement le réveillon.

2021. Place à la suite logique. Un chiffre dynamique, un bon en avant, comme un regard optimiste vers l’avenir. Il s’annonce tout aussi riche et émouvant, mouvementé et palpitant, chaotique et discordant. Au menu, toujours cet enchainement de match à gogo. Harassant. Un trophée des Champions contre les sardines à la sauce portugaise. Intéressant. Un huitième barcelonesque, une revanche à fleur de peau qui pourrait décider du futur d’un numéro 10 argentin. Bouleversant. Une lutte acharnée pour un titre de champion qui depuis si longtemps n’a pas été aussi disputé. Captivant. Des contrats de joueurs stars à renouveler. Distrayant. Un stade à retrouver, et des liens à reformer. Impatient. Une rumeur d’un horrible maillot Jordan en perspective, un immondice rose sans âme ni raison d’être. Effrayant.

Un nouvel an commence toujours par une liste de résolutions. Le Paris Saint-Germain n’échappe pas à la règle, il a décidé de changer d’entraîneur. Un tournant dans son histoire, un timing pas si étonnant, une demi-saison pour préparer au mieux la suivante, en renouvelant la base dès décembre pour mieux en garnir le collectif d’ici à juillet prochain, et imposer sans précipitation de nouvelles manières de travailler. Qui sait, cette révolution portera peut-être ses fruits à court-terme, nous rêvons toujours de visiter Istanbul au mois de mai. Nous savions déjà que Thomas Tuchel ne passerait pas le prochain été, la rupture prématurée n’est donc pas si surprenante. Il a été sacrifié sur le bûcher d’une année unique. Pour préparer au mieux l’avenir, il fallait peut-être en passer par là … 

Dans la mythologie grecque et romaine, les champs Elyséens sont la terre promise des âmes vertueuses et pures, une région paradisiaque à la porte des Enfers. Au revoir 2020, au revoir Thomas. Bienvenue 2021, bienvenue Mauricio. 

Bonne Année, et longue vie au Paris Saint-Germain.

A James. Tu nous manques.


Benjamin Navet

Danke Schön, Sir Thomas

Alors ça y est ils ont eu ta peau… Depuis le temps que certains réclamaient
ta mise à mort
… Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font, et comble de l’ironie
le jour de Noël… La grande classe. Ponce Pilate s’en lave toujours les mains,
le Qatar continue à gérer son jouet parisien comme… un gosse pourri gâté.
A la poubelle le vieux jouet. En même temps quoi de plus logique
le soir de la venue du Père Noël…


Quelles sont les véritables raisons de cette prise de décision ? Beaucoup de rumeurs, mais on ne saura jamais lesquelles sont vraies. D’ailleurs qui prend réellement ce genre de décision ? Le directeur sportif ? Le président ? L’Emir ? Les conseillers de l’Emir ? Son cousin ? Les conseillers de son cousin ? Les médias ? Les réseaux sociaux ? Les supporters ?  Ma tante ? Tout cela reste très opaque, l’Emir a d’autres problèmes que le football parait-il. Cela se comprend bien-sûr, mais alors pourquoi ne fait-il pas confiance aux gens qui sont en place ? Vu de l’extérieur on a l’impression d’avoir un monarque qui prend des décisions en fonction de son humeur ou du sens du vent, et que personne à sa cour n’ose le contredire. En revanche ils semblent nombreux à sa cour à avoir un avis sur le PSG… Ancelotti perd un match, on lui fait comprendre qu’au prochain faux pas il sera viré, on prolonge Laurent Blanc, oh et puis on le vire un mois après. Kluivert il est sympa, on prend Kluivert au recrutement. Ben Arfa met un joli but, on le prend, Jésé fait des disques sympas, je le veux au PSG, on joue mal, on vire Tuchel. Les exemples sont nombreux depuis l’arrivée de QSI de décisions irrationnelles. L’Emir est-il un gosse impatient ? Est-il mal conseillé ? Est-il seulement au courant ?

Bref, Un nouvel entraineur va arriver et à chaque fois les mêmes commentaires … « Il était trop proche des joueurs, fini le copinage, il nous faut un entraineur à poigne qui les fasse courir un peu » (fonctionne au hasard pour Bergeroo Vs coach Vahid, Lolo Fournier Vs Guy Lacombe, Blanc Vs Emery ou encore Emery Vs Tuchel…). Invariablement nous avons après le « Il était trop dur avec les joueurs, il faut savoir les gérer. Ça c’est un tacticien, on va avoir enfin un fond de jeu » (fonctionne par exemple pour coach Vahid Vs Lolo fournier, Kombouaré Vs Ancelotti, Ancelotti Vs Blanc, Blanc Vs Emery et Emery Vs Tuchel)… Ce qui est bien c’est que les deux formules marcheront également pour Tuchel Vs Pochettino… J’ai déjà fait le procès de Tuchel dans un précédent papier. Ma conclusion était que les résultats auront raison ou non du verdict. Je me suis trompé. Premier de sa poule en LDC. Un point de retard sur le premier en championnat. Thomas est innocent, mais sera quand même exécuté. J’espérais de manière faussement naïve que Leonardo et Tuchel enterreraient la hache de guerre pour le bien du club. Encore une fois je m’étais trompé.

Retrouvez l'article de JJ consacré à Thomas Tuchel en cliquant ICI

Comme dans tous conflits au final il n’y aura que des perdants. Tant pis pour l’entraineur et le directeur sportif et leur égo respectif. Mais les dommages collatéraux sont toujours les pires et les plus injustes… Et c’est bien le club et ses supporters qui encore une fois vont pâtir de la situation. Certains supporters ne méritent pas mieux ? Pas faux. Alors Thomas qu’as tu fais de mal pour qu’une partie des supporters réclament et se réjouissent de ton départ ? Comme dit le toujours très usité mais tellement vrai proverbe « Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage ». Que d’arguments fallacieux, idiots et parfois malhonnêtes, n’ai-je pas lu sur toi pour tenter de justifier ton licenciement. Parfois les arguments sont recevables, car bien-sur tu n’es pas non plus un saint et tu as aussi tes torts. Mais que ceux qui n’ont jamais fait d’erreurs te jettent la première pierre. C’est tellement facile de jeter des commentaires haineux sur les réseaux sociaux…

Je ne m’attarderai pas sur les arguments liés au jeu. Ils sont irrecevables pour qui a déjà pratiqué ce sport. La raison est toujours la même. Pas de vacances, pas de préparation physique. Donc multiples blessures, donc impossible de mettre un système stable sur la durée. A partir de là Tuchel a sauvé les meubles comme il l’a pu et il s’en est plutôt bien tiré. Quand tu sais que tes joueurs ne peuvent fournir un pressing pendant tout un match, quand tu sais que pour pratiquer un beau football il faut des joueurs en parfaite condition et que ce n’est pas le cas, et bien on s’adapte. C’est ce que tu as fait. Alors oui c’est vrai, ce n’est pas toujours beau, mais ça gagne et c’est bien le principal. Le système en 5-3-2 qui se change en 3-5-2 il fallait l’oser. Cela a marché. Moi je dis merci et bravo. Quand certains râlent qu’ils n’en peuvent plus de voir le PSG après le dernier match contre Strasbourg… Que leur répondre si ce n’est que gagner seulement 4 à 0 oui c’est une honte que l’on devrait en mettre 8 peut-être ? 

Ceux qui veulent voir du beau jeu, je les invite à regarder les matchs du PSG de la saison dernière quand on avait pu faire une vraie préparation, ou l’on passait 4 buts à l’om à Lyon ou encore à Monaco. Et je ne vous parle pas du 3-0 face au Real en Ligue des Champions. Là aussi Tuchel était un incapable ? On me sort alors que c’est à cause de ses déclarations et surtout celle-là « J’aime juste le football. Et dans un club comme celui-ci, ce n’est pas toujours que du football. » Qui peut dire le contraire ? Les intérêts personnels, les choix politiques gangrènent ce club depuis trop longtemps et son départ en est le plus désolant des exemples. Alors pourquoi virer Tuchel ? La vindicte populaire, le délit de sale gueule, La méconnaissance footballistique de certains supporters, les humeurs de l’Emir, la vengeance de Léo, l’arrivée du solstice d’hiver ? Un peu de tout cela surement.

On le voit il n’y a aucune raison rationnelle de jeter Tuchel qui statistiquement est même devenu le meilleur entraineur de l’histoire du PSG. Cocasse. Parce qu’il n’y a rien de plus factuel et qu’au final c’est ce qui restera dans les livres voilà le palmarès de notre désormais ex-entraineur : 

2 titres de champions de France (2019, 2020), 1 Coupe de France (2020), 1 Coupe de la Ligue (2020), 2 Trophées des Champions (2018, 2019) et une finale de Ligue des Champions perdue contre le Bayern Munich (2020).

Pour terminer je remercie encore Thomas Tuchel et lui souhaite bonne route, je n’ai aucun doute qu’il prendra bientôt la direction d’un grand club européen. Comme d’autres vieux jouets jetés sans ménagement… Zlatan s’éclate au Milan, Silva est déjà capitaine de Chelsea et a gagné le respect de la si difficile et perfide Albion. Quant au Matador, mon cœur saigne encore de le voir enfiler les buts à Manchester…Eux aussi ont été critiqué par tous ces pseudos spécialistes et supporters du PSG. Aujourd’hui leur nom est gravé dans la pierre de notre Histoire. Aucun n’a été remplacé. Ni dans le vestiaire, ni sur le terrain, ni dans le cœur des supporters. 

Puisqu’on parle de remplaçant, j’en profite pour souhaiter un bon retour à la maison à notre ex-capitaine Pochettino. Qu’il profite bien de son état de grâce à son arrivée. Il ne va pas durer longtemps et déjà la lame froide et irrationnelle de la guillotine rouge et bleu réclame du sang… L’odeur du sang ? Tiens ça me rappelle quelqu’un ? Et si l’ancien joueur du PSG qui revenait entrainer le club était Domenech ? Ah ah ah que je suis caustique comme dirait Monsieur Preskovic. Oui cette année le père Noël est bien une ordure. Heureusement dans la garderie des gosses capricieux président de club il existe toujours plus incompréhensible que l’Emir, il existe celui de Nantes. Comment dit-on garderie déjà en Allemand ?

Et bonne année à tous les supporters parisiens !


J.J. Buteau

Les boules et le sapin

Comme Jacky et Benji, j’ai décidé de faire un premier bilan, calmement,
à quelques jours d’un Noël sous Covid et à max 6 à table (ou 11, me souviens plus).


Le PSG a fait un tiers du chemin en Ligue 1. Troisième avec 1 point de retard sur le duo lyonnais-lillois. 4 défaites dont 3 contre l’om, l’ol et Monaco. La chute contre Lens, je ne la compte pas, elle ne dit rien. Nous étions alors friables, rincés, ailleurs. Finale perdue, préparation hyper tronquée, c’était presque écrit. Depuis la reprise nationale, nous avons été globalement médiocres. Poussifs, parfois même chanceux, incapables de conserver un résultat et défensivement approximatifs, quand on ne cède pas tout simplement à une panique des plus embarrassantes. À peine une mi-temps valable en 16 rencontres. Nous avons pourtant réussi à enchaîner je crois 8 victoires d’affilée (si ce n’est pas le chiffre exact, ne venez pas me casser les noix avec vos commentaires de petits comptables, enfants irritants de Philippe Doucet, homme que tout le monde a oublié sauf moi).

Résultat : à un match de la trêve hivernale, contre Strasbourg au Parc, et avec une équipe décimée et qui sera probablement incapable de reproduire la même performance que ce soir à Lille (ne me demandez pas pourquoi !), Paris est certes à la traîne mais pas largué. Les néo-supporters doivent geindre, bien sûr. Ils aimeraient avoir déjà 18 points d’avance. Pour pouvoir se concentrer uniquement sur le Graal européen. Ils sont vulgaires, ces nouveaux fans parisiens. Ils n’ont rien compris. Qu’ils redeviennent supporters de, au choix, Liverpool, Bayern, Madrid, Betclic, bla-bla-bla. Même si la ligue 1 est atroce à mater, elle est notre quotidien, notre maison, notre réalité. Notre colonne vertébrale. La ligue des champions est une récompense, une meuf que tu n’aurais jamais pensé pouvoir un jour serrer. Pour tout le monde. Même le Barca. Elle n’existe pas sans les 38 matchs locaux.

Je ne vois pas comment se débarrasser de cette La palissade. Il faut aimer la Ligue 1. Il faut retrouver ce désir brûlant, quand être champion de France était un exploit. Un tatouage que tu ne recouvrirais jamais (RIP Monsieur Houllier, en passant). Les obsédés de l’Europe, je l’ai déjà écrit mille fois, se branlent sur cette future Ligue fermée continentale. Ils sont prêts à sacrifier les championnats nationaux, froidement, sans aucun remord, pour un super tournoi, club ultra VIP ultra fermé, où des super héros viendraient en direct tutoyer les Cieux du foot. C’est comme ça qu’ils te le vendent en plus !!! Sûrs d’eux mêmes ! Ils ne veulent que le meilleur. Sky is the Limit. Ils s’en moquent de ces pauvres matchs merdiques du week-end. Ils veulent le Chicago Bulls de Michael, les Avengers et les DC comics dans le même film… faut que ça brille ! J’ai payé ! J’en veux pour mon pognon ! Plus besoin des bouseux, des petits, des laborieux, des Nations, ces faiseuses de guerres. On veut le Top ! On veut se gaver.

Le football était cette chose simple, belle, foi de bitume et d’étoiles. Vous allez encore salir. Oui, pourrir le truc pour, si on résume objectivement, quelques dollars de plus. Et rien d’autre. C’est une évidence : la multiplication des matchs va flinguer le désir, à un moment ou à un autre. On pourra alors terminer le foot en le réduisant à un gigantesque tournoi de catch. Soccer Globe Trotters. La vie en mode best-of. C’est écœurant. Pire. C’est d’une tristesse vertigineuse. Quand j’y pense, quand je m’avoue que demain, le foot, c’est comme ça, une lame de lassitude et de peur me traverse la cage thoracique. J’ai perdu la guerre. Yep. Certains amis m’accusent de regretter la souffrance de mes années en tribune, quand Paris n’était que Paris. Qu’ils se trompent. Mes amis ignorent ou ont oublié  peut-être ce que c’était de vivre le football à ce rythme là, à cette époque là. La souffrance n’était rien, même les soirs de bad trip au Parc, quand on perdait contre Sedan, comparée à l’énergie, la folie, l’humour, l’intensité, la violence, la vie, la banalité parfois lumineuse.

Je n’ai rien contre les Avengers. Je les ai tous vus avec mon fils. Mais je demande juste de pouvoir aussi mater un film de Melville, Landis, Spike Lee ou Sacha Guitry. Vous captez le délire ? Un Whooper With cheese, je dis oui. Mais pas tous les jours putain. La coupe du monde à 48. La ou le Var, cette merde. Avec votre vision du foot, Il n’y a jamais Maradona à Naples qui s’empare du scudetto. Il n’y a jamais la chevauchée de Sammy Traoré, il n’y a jamais Parc, le meilleur livre jamais écrit sur le PSG (« Un chef d’œuvre qui emmène très loin, servi par une plume autant poète que viscérale. Si Maradona était un livre… » avait chroniqué l’Equipe à sa sortie. Vous ricanez probablement. Je ne suis qu’un con nostalgique. Peut-être. Vous ne m’empêcherez pas de penser qu’il est toujours difficile de voir une passion ainsi malmenée. Diego est mort. C’était peut-être l’ultime signe. Qui a décrété que le football devait à ce point changer ? Tous ces fanatiques du changement, pour tout, tout le temps… effrayés par la tradition, le symbole, les habitudes, l’ennui et la passion. Le progrès gagne encore. Pour le meilleur, vraiment ?

Ce n’est plus une interminable digression, c’est mon chant du cygne…

Bilan donc. Le championnat, il faudra aller le chercher. Et à l’heure qu’il est, ma bouteille PSG est évidemment plutôt à moitié vide. On ne se refait pas. Si nous devions échouer, Seigneur, couronne Lille et personne d’autre. Galtier, cela ne me poserait aucun problème. J’aime bien le mec. Et si nous nous imposions au final, ce titre aurait à n’en point douter un goût plus savoureux. Nous aurions eu chaud. Nous nous en souviendrions. Mais malgré le grosse prestation collective et technique de ce soir, je ne suis pas dupe. Cette année, on va en chier, nous n’avons pas d’équipe à proprement parler, un entraîneur en roue libre, plus de blessés qu’à Stalingrad en 42, une fatigue récurrente, un virus (Casse toi FDP, sale videur de tribunes de meeeeeeerde), un président invisible et un Leo en mode Marceau (le mime, pas l’actrice).

On sait que nos joueurs s’en tamponnent de la L1. Ça se voit. Cette condescendance est évidemment coupable. Chaque année, qu’on explose les 19 autres ou qu’on rame comme actuellement, on gère, on trottine, on fait circuler. Parfois, on accepte de se donner vraiment à fond. C’est rare. Paris n’est plus une équipe qui accepte d’en baver. C’est regrettable. Elle va pourtant devoir cravacher. Il ne suffira pas d’attendre le printemps… en Ligue des Champions, on se qualifie et on tire le Barca. Cette impression de rediffusion au PSG devient lassante. Mais nous serons en huitièmes. Même dans une poule médiocre, avec un Man U moyen moins, on aurait pu trébucher. Non. On y est. Combien de fois le mot remontada va-t-il être prononcé, écrit, diffusé ? Messi signera t’il au PSG en janvier ? On va tout entendre. Va-t-on recruter ? Faut-il recruter ? Tuchel doit-il fuir en Argentine. En Jamaïque plutôt, pour désamorcer toute blague idiote…

Paris est illisible, chaque jour un peu plus, mais Paris est aujourd’hui  lisible par tous ses ennemis. Ce n’est tout de même pas très rassurant, non ? Tenter de prévoir notre futur relève de la prière. Nous donnons l’impression de naviguer à vue. Même nos adversaires médiatiques parlent d’une possible malédiction. Ce soir, encore trois blessés ! Neymar indispensable et trop solo, Mbappé affole ses statistiques mais moins les cœurs bizarrement, Bernat reviendra après le huitième confinement, minimum, Kehrer est encore là, Icardi a été enlevé par des Martiens, Marco doit pouvoir enchaîner les matchs sinon on est vraiment mal, faut-il inscrire le tacle sacrificiel de Presnel au patrimoine de l’Unesco ? Paris doit profiter de cette coupure pour répondre à toutes ces problématiques. Et à bien d’autres encore. Nous n’avons aucune certitude à l’exception de Navas. Rafinha est dans l’air du temps, il le mérite, mais soyons prudents. Donnons nous du temps. Et puis, ce ne serait même pas du luxe, essayons d’être une… Équipe. Pas forcément tout le temps stratosphérique. Non, non. Mais une équipe. C’est simple le foot, hein ? Défendre et attaquer ensemble. Lever la tête. Ne pas avoir les pieds qui brûlent. Proposer à son camarade de front une possibilité de passe. Ce genre de choses. Et ça, je ne l’ai vu cette année que par séquences. Elles furent plutôt rares.

Angel fait du boudin. Paredes ne décolle pas encore. Il y a Kean. Volontaire. Buteur quand même. Jesé est parti. Enfin, je crois. Voilà le bilan de Paris. Un grand flou avec des couleurs qui déchirent parfois notre brume absurde. Quelques fulgurances. Quinze minutes ici ou là avec de vraies actions collectives. Pas de quoi impressionner grand monde. Paris ne fait plus peur en Ligue 1. Nos joueurs devraient être vexés. Ils préfèrent s’en foutre. En LDC, c’est un autre débat. Le covid a changé la donne : les gros ont du mal, globalement. La machine est grippée. Le temps de réajustement sera plus ou moins long selon les Clubs. J’espère que Paris saura s’y prendre. Cette année peut aussi être une année vierge de tout trophée. De troisième ou quatrième place derrière les deux olympiques et Lille ou Rennes et pourquoi pas Montpellier ! Ça n’arrive pas qu’aux autres. Le croire est votre première erreur. Vous êtes prenables cette année. Si vous ne l’avez pas encore compris, en face, ils ont senti l’odeur de notre sang, je vous l’assure. Et ils vont nous rentrer dedans jusqu’à la fin. Ne serait-ce pas l’année parfaite pour gagner avec… panache ? Pour jouer au… foot sans chouiner (nous ne sommes pas des Lyonnais !). Pour fermer toutes les bouches des jalouses ?

Joyeux Noël au PSG et à son peuple.

PSG4LIFE


Jérôme Reijasse

PSG – ISTANBUL BASAKSEHIR : LES NOTES

Navas Virage PSGNavas 10

Il fait un arrêt magnifique, tout en détente, sur l’une des seules frappes, puissante, du Erdogan FC. Il ne peut en revanche rien sur l’unique but turc, qu’il aurait presque pu dévier involontairement hors des cages avec sa tête. Pas grave. Mieux vaut gagner 5-1 et rentrer à la maison avec toutes ses dents. Comme d’habitude, notre portier reste irréprochable dans une soirée toujours sans public et franchement pépère.

 

Bakker PSG VirageBakker 10

Avec sa tronche de viking pré pubère, Bakker a multiplié les audaces offensives et les charges héroïques. Et tout ça sans hache ni drakkar. Jamais pris à défaut au moment de défendre (il faut dire que les Turcs ont peu tenté), il en a donc profité pour aider ses camarades de devant. Son but tout en rage et en opportunisme est refusé pour un hors-jeu mais le penalty qui en découle après une faute sur Neymar sur la même action et transformé par Kyky lui permettra sans doute d’éviter une trop grande frustration. Viril, concerné et moins brouillon techniquement.

 

Kimpembe 10

Le match historique d’hier s’était terminé sur une faute de Presnel. Aujourd’hui, le défenseur parisien aurait presque pu jouer en claquettes tellement les attaquants turcs ont honoré l’impuissance. Soirée cool et sans tâche pour l’enfant du Parc.

 

Marquinhos Virage PSGMarquinhos 10

Même constat pour notre capitaine. Il n’a rien eu à forcer et, on l’espère, en a profité pour s’échauffer convenablement avant le match de dimanche contre le Aulas Big band. Sort sur blessure. Apparemment, un coup reçu à la hanche donné par un adversaire frustré et rustre. Prions qu’il soit titulaire ce week-end.

 

Florenzi 10

Comme son ami boulanger, il a pu privilégier l’attaque à la défense n’étant quasiment jamais ni pressé ni harcelé ni rien. Aurait pu tout de même plus s’appliquer sur certains centres. Il semble, match après match, récupérer ses capacités physiques. Florenzi le sait : il est aussi là pour que l’on ne revoit plus jamais Kehrer. C’est un rôle important. Son destin

 

Danilo Virage PSGDanilo 10

Certains amis m’ont presque insulté après mes critiques négatives la semaine dernière. Je trouvais Danilo volontaire mais parfois fébrile. Ce soir, il a géré sans trembler et a démontré quelques qualités indéniables. Il pourrait être vraiment celui qui nous manquait en 6. Le seul genou qu’il a mis à terre, c’était lors de la cérémonie d’avant match un tantinet ridicule dans le rond central. Mais restons également lucides : ce soir, Paris s’est baladé contre une équipe véritablement faiblarde. Si Danilo reproduit ce genre de prestation contre un vrai Club, oui, il peut devenir l’un de nos braves.

 

Verratti 10

Marco doit jouer tous les matchs, tout le temps. Et 90 minutes. Voilà.

 

 

Paredes Virage PSGParedes 10

Leandro aurait pu enfin mettre sa grosse patate mais son tir manque le cadre. Dommage. Sinon, pas grand chose à signaler. C’est le problème des matchs qui se déroulent sous la bannière de l’antiracisme: les joueurs ne peuvent pas se permettre de se battre comme des chiffonniers alors que le monde entier leur mate le fion. Cette soirée ne pouvait évidemment pas dégénérer. Et pour Leandro, c’est bien sûr un frein à l’expression de son vice et de sa grinta. Il se rattrapera je l’espère contre Lyon.

 

Rafinha 10

Le frangin à peine caché de Lucas se dévoile petit à petit. Polyvalent, désireux de faire bien et vite, lui aussi pourrait passer de promesse à confirmation assez rapidement. Il sait faire des passes et des différences, on ne dira pas qu’il pue le foot parce que cette expression passe-partout est absolument dégueulasse et que le foot mérite mieux que des mauvaises odeurs. Rafinha monte en puissance et c’est une putain de bonne nouvelle pour Paris.

 

 

Mbappe Virage PSGMbappe 10

Kyky a marqué en LDC, enfin. Kyky est content. Kyky va bien dormir. Kyky aurait pu mieux défendre sur le but turc mais là, je chipote…

 

 

Neymar Virage PSGNeymar 10+3

Easy like a sunday morning chantait Lionel Ritchie. Neymar plante trois fois, son premier but est juste splendide avec ce petit pont admirable (son troisième n’est pas dégueulasse non plus) et notre Brésilien magicien offre même à Kyky un péno qu’il aurait pu garder pour lui. Bon, là, même les Parisiens qui ont décidé que jamais ils ne l’aimeraient sont bien obligés de s’incliner : Neymar est notre Gandalf, notre soleil, notre passeport pour l’aventure. Si j’osais, je dirais que le foot pue Neymar… un Prince au Parc, once again. Encore décisif un soir qui compte. Et si Neymar se faisait naturaliser parisien finalement ? Il en est capable.


Tuchel 10

Thomas, tant que tu gagnes, tant que tu te qualifies, premier de ta poule en plus, que veux tu que je te dise ?

 

 

Payet 0

GROSSE déception pour la bande à Dimitri qui en prend 3 à City et voit ses désirs d’Europa League partir en fumée. Dommage, j’aurais aimé que nos amis sudistes s’épuisent vainement tous les jeudis. Partie remise. À jamais les derniers.


Jérôme Reijasse

Noir c'est noir virage psg

Noir c’est noir

Negru. Noir, en roumain. Ça ne pouvait arriver qu’au Parc des Princes. Une nouvelle fois, Paris défie l’Histoire. À jamais les premiers.


Ce soir, franchement, je craignais plus une Erdoganada. Défaite contre des Turcs bien teigneux, match nul entre Redbull et Red Devils. Patatra. Europa League, énième drame familial, énième traumatisme qui nous aurait confirmer qu’une tragédie peut toujours imposer aux fidèles un nouvel acte. J’imaginais aussi une victoire facile du PSG, une première place inespérée après notre départ calamiteux. Une soirée tranquille et apaisée avec la qualification en poche. Mais ça… non. Vraiment pas.

Les manifestations ouvertement racistes, au Parc, j’ai connu. Cris de singe, allez les Blancs, la France aux Français, on connaît tous la liste des chants et slogans pas franchement humanistes. Voilà quarante piges que je me prends dans la gueule par les ennemis du PSG avec qui il m’arrive fréquemment d’échanger, que mon Club est l’antichambre du fascisme pur et dur. Mais là, ce n’est ni Batskin ni l’anonyme abonné, noyé dans la masse. Ce n’est pas un joueur, irrité par trop de fautes, qui finit par rappeler à son adversaire d’une manière peu élégante sa couleur de peau, ou, provocateur, qui multiplie les insultes racistes pour pousser l’autre à dégoupiller. Non. C’est un flic. Pardon, un arbitre, le quatrième plus précisément. C’est l’autorité qui, décomplexée, intouchable, se lâche. Même pas en fait. C’est un petit chef qui parle comme il parle chaque jour que Dieu fait.

Accusez moi d’abject collaborateur, d’ignoble relativiste mais je reste, à 1h02 du matin, alors que j’écris ces lignes, persuadé que ce Roumain condescendant n’est pas un raciste politique, un membre éminent du KKK des Carpates. Ce n’est pas un convaincu. Il a dit Noir comme il aurait dit Gros ou Rouquin ou PD. Au max, il se sent différent. Pas supérieur. J’ai connu dans mon enfance des gens comme lui. Ils disaient parfois Nègres, Mahométans, youpins. Ils faisaient des blagues racistes, comme Coluche. Ils riaient et ne savaient rien. Et puis, un jour, un Nègre épouse leur fille, un Bougnoule ou un Youpin devient leur meilleur pote ou un collègue formidable. Et cette peur et cette curiosité de la différence s’effacent. Rapidement. On se renifle le cul et on se découvre des similitudes. On se jauge et on s’accepte. On finit par comprendre que l’apparence ne résiste pas longtemps aux actes et aux regards.

Je ne suis pas Noir. J’ai eu beau, comme Mathieu Kassovitz, aimer sincèrement Spike Lee, écouter du jazz et pleurer en écoutant Billie Holliday, rire aux larmes avec Chris Rock ou Eddie Murphy, ma peau n’a pas bronzé. Jamais ! Rien, que dalle ! Je ne peux pas ressentir la douleur de celui qui est réduit à la couleur de sa peau. Désolé. Ah si, une fois, il y a vingt ans, en Jamaïque. Un rasta me traite de sale blanc et crache par terre. À sa décharge, il avait fumé comme un porc, descendu quelques litres d’un alcool local dont j’ai oublié le nom et avait un œil en moins. Je lui ai souris et ai poursuivi mon chemin en rallumant moi aussi mon joint. Je revendique aux racistes le droit d’être cons comme tout le monde. Et d’un jour, passer à autre chose. Un Noir a pu vivre ça mille fois peut-être. La répétition de l’humiliation a de quoi foutre la haine. Je comprends. Mais je refuse de faire repentance. Je ne suis coupable de rien. Je refuse également de m’auto persuader que le racisme est le Mal absolu. Pour moi, cela se situe ailleurs. Ce n’est ni le problème ni la solution.

Une fois écrit ça, il reste quoi à un Français blanc comme moi pour ne pas se faire accuser de racisme en cette époque de délation publique permanente ? Il y a deux écoles : celle des Blancs qui en font des tonnes pour s’acheter une conscience noire : souvent, ils préfèrent utiliser le terme black, plus international, plus passe-partout, plus glamour d’une certaine façon, plus faux-derche et suspect évidemment, ils écoutent uniquement des musiques noires et se dandinent comme des frères et des sœurs, ils déboulonnent des statues et finissent par faire la queue en pleine rue pour embrasser à genoux des chaussures de descendants d’esclaves. Je leur laisse leur manque d’estime et leur culpabilité pitoyable. Finir par se haïr pour aimer l’autre ? Étrange démarche qui dissimule certainement des fautes et des hontes profondes.

Ou celle des mecs comme moi. Qui ne s’effondrent pas quand ils entendent des mots désagréables. Fils de pute par exemple. J’ai connu des potes qui pouvaient presque se battre à mort quand leur mère était insultée. Sur moi, les mots-shrapnels glissent. Je m’en branle. On ne peut pas souhaiter la mort d’un homme pour de simples mots. C’est absurde. Et puis, de riposter par un sourire, une vanne, une indifférence, c’est tellement plus frustrant pour le mal élevé ! « Oui mais si tu étais Noir, tu comprendrais ! C’est humiliant ! C’est difficile, violent ! » probablement. Encore une fois, je comprends. J’ai 49 ans. Ce racisme quasi systémique qu’on fait mousser dans la télé depuis longtemps, au quotidien, je le croise si peu finalement. Il existe mais est-il ce Mal qui nous ronge ? La première blessure à traiter ?

Regardez le travail de SOS Racisme. Trente ans à cultiver les différences et c’est là ! Les minorités face à face. Prêtes à l’affrontement. On se croirait dans cette scène finale formidable de Gangs of New York ! Blancs, Noirs, PD, Trans, nains, n’en jetez plus ! « Aimons nous vivants, n’attendons pas que le mort nous trouve du talent » écrivait le grand Socrate. Ou peut-être Aya Nakamura, me souviens plus… Égoïstement, j’aurai aimé que le mec du Erdogan FC foute son poing dans la gueule de l’arbitre. À l’ancienne. Justice sauvage et maîtrisée. Noir ? Pif paf et on reprend le match. Il faudrait peut-être réhabiliter la tradition du duel. Comme celle du combat des chefs. Il y aurait ainsi moins de carnages et moins de connerie. Et les gens pourraient enfin assumer, prendre leurs responsabilités.

Le racisme est un piège. Un marketing détestable. Je pourrais ici relater ce qu’il m’arrive d’entendre parfois, dans un bus, dans la rue. Des Noirs sur des Chinois. Des Arabes sur des Kabyles, etc, etc… La boucle sans fin. Le labyrinthe de merde. Vous la voulez vraiment votre société à l’américaine ? Vous êtes désespérants. La vie n’est pas un disque des Bérurier Noir (désolé mais c’est le nom du groupe, n’y voyez aucune provocation raciste hein !) ou de Skrewdriver. Bien sûr que non. Il y a celui qui a une âme et un code d’honneur et il y a tous les autres. White power ! Black Power ! Quelle branlette ! Moi, je préfère le Power of Love de Huey Lewis (ou celui de Frankie Goes To Hollywood pour les plus sensibles). J’emmerde les racialistes. J’emmerde les victimes militantes et les professionnels associatifs (une gageure !) de l’indignation. J’emmerde les races. Je veux de l’humour, un soupçon d’intelligence et de l’empathie. Est-ce trop demander ? Il semblerait…

En attendant, le match PSG-Erdogan FC est reporté à aujourd’hui. 18h55. Pendant que l’UEFA annonce lancer une enquête « approfondie ». Creusez, Messieurs les hypocrites. Creusez bien profond et pondez nous un jugement bien médiatique et pourquoi pas un énième clip antiraciste d’une connerie abyssale. Mascarade. Il y a une quinzaine d’années, ma femme m’annonce que dimanche prochain, nous allons déjeuner en grande banlieue chez son amie d’enfance Jacqueline. Née au Togo. Nous sommes à table. Sans attendre, je raconte à mon hôte cette blague : « Jacqueline, tu sais pourquoi Yannick Noah ne monte plus au filet ? » Silence de quelques secondes. Non, me répond elle. « C’est parce que ça lui rappelle sa capture ! » elle me regarde sans rien dire. Le vertige de cette hésitation, j’adore ! Avant de rire et de me dire que je suis bête. J’ai alors su qu’elle pouvait devenir mon amie à moi aussi. J’en profite d’ailleurs pour l’embrasser tendrement, elle qui lutte bravement contre une saloperie tenace. Bref, il ne devrait pas en être autrement. Arbitre, arbitre, on t’encule !

NB: Et on regarde UN FAUTEUIL POUR DEUX. Pas mieux pour devenir un tout petit peu moins con.


Jérôme Reijasse

MANCHESTER UNITED – PSG : LES NOTES

Navas Virage PSGNavas 10

Il ne peut rien sur le but mancunien. Pris à contre-pied, il se contente, probablement désespéré, de regarder la balle taquiner nos filets. À part ça, comme d’hab : rassurant, appliqué, concentré, fédérateur et jamais à la ramasse. L’Histoire retiendra que si Cavani dépose le ballon sur sa transversale en seconde, c’est surtout parce que Navas lui aurait demandé de ne pas marquer (ce but nous aurait assurément plombés) et qu’Edi, grand seigneur, aurait accepté sans la moindre hésitation. La classe intégrale ! Sur l’action lunaire de Martial, autre tactique de notre portier costaricain, qui a furtivement sorti sa teub, troublant l’attaquant des Reds et l’empêchant de nous crucifier. Navas est un patron, notre Hannibal à nous. Il adore qu’un plan se déroule (presque) sans accro.

Diallo 10

Latéral gauche inattendu, volontaire et désordonné, il a alterné lucidité salvatrice et n’importe quoi vertigineux. Sorte d’hybride entre Layvin et Kurzawa, mi figue mi raisin, son apport offensif n’empêchera pas de dormir Bernat. Mais il a vaillamment combattu et, comme tous ses coéquipiers, a été bon les 20 premières minutes avant une nouvelle fois d’honorer la panique et les actions brouillonnes et pas franchement rassurantes. Il sort envahi par les crampes, prive Di Maria, qui s’apprêtait à rejoindre ses camarades de miracle, des 600 dernières secondes d’une rencontre globalement irrespirable (le Covid, de la gnognote à côté !), pour laisser sa place à Gueye.

Kimpembe 10

J’ai adoré ce gros plan en fin de match, quand on l’a vu aboyer comme un taulier pour rappeler ses coéquipiers à leur devoir défensif et sacrificiel. Rien à signaler. Il n’a même pas claqué une mimine dans sa surface !

Marquinhos 10

Thomas l’a très certainement compris ce soir : Marquinhos est avant tout un attaquant. Le titulariser à la place de Kean dès le prochain match ? Notre Teuton qui a l’art de sauver ses miches chaque semaine que Dieu fait, en serait presque capable.  Marqui a failli marquer une première fois, sa balle flirtant avec la transversale british. Avant de délivrer tout le peuple parisien et de lui éviter une vague d’AVC et de suicides. Marqui a lancé la révolte et les autres l’ont suivi. Défensivement, je n’ai rien à lui reprocher. S’il a commis des erreurs, je les ai déjà oubliées et je m’en tape comme de la dernière coupe de Payet, ce poulpe rasta crevé qu’il a affiché contre l’Olympiakos mardi. Marqui est un capitaine qui n’usurpe rien.

Florenzi 10

Peut-être le stress d’une soirée guillotine mais à chaque fois que son visage s’est imposé à l’écran, j’ai vu Pichot avec une barbe naissante… on ne me fera pas changer d’avis : je suis convaincu que s’il ne se jette pas devant David (Martial), l’ex Monégasque la met au fond. Quelques centres pas si dégueu. Sérieux et ne s’est jamais planqué.

Danilo 10

Sans cette victoire qui prouve que Dieu existe, je l’aurais peut-être détesté. Il travaille, il gratte, il bouche, il donne beaucoup mais sa technique reste tout de même aléatoire, voire parfois flippante. Oui, je le trouve incertain, oui, j’ai l’impression ici et là que le ballon lui brûle les pieds. Son CSC est plus maladroit que véritablement honteux. Il doit être soulagé de ne pas être finalement celui qui nous a enterrés.

Verratti 10

Impeccable une moitié de première mi-temps, il est là et ça change beaucoup de choses, c’est indéniable, il est indispensable à l’équipe, son physique délicat et son manque de compétition lui interdisent d’être notre déclencheur crucial pendant 90 minutes. C’est très frustrant. Du gâchis. Le PSG parviendra t-il à lui remettre dans les jambes deux mi-temps pleines sur la durée ? Il le faut, je dirais même que c’est un chantier primordial. En seconde, avant de rejoindre le banc, il n’a jamais été nul mais a disparu un tantinet de la vraie circulation, celle qui amène des buts. Aurait pu marquer sur un tir pas si foireux. Déclenche rapidement un coup franc mais rate son coup. Marco le sait : c’est maintenant qu’il doit enfin devenir celui que nous avons toujours désiré qu’il soit: le cœur vibrant de notre jeu. Prend encore un jaune sur un hors jeu mancunien que l’arbitre (FDP) a préféré ignorer.

Paredes 10

Faut-il vraiment revenir sur le Coup-de-Boule Gate ? Certes, notre clébard argentin en rajoute un chouïa. Pas plus haut que le verre… à peine. Mais le geste de Fred mérite un rouge. L’arbitre se déplace pour voir l’écran de la Var. Écran qu’il regarde à peine avant de dégainer un simple jaune. Plus tard, Paredes prend un jaune sur un tacle viril et irréprochable alors que Fred se paye sa cheville avec une joie à peine cachée. Coup franc pour Manchester. Notre sociopathe de la pampa n’a pourtant pas craqué et a joué un rôle assez ingrat sans rechigner mais sans étincelles non plus. Homme de l’ombre.

Kean 10

Vraiment transparent mais a l’intelligence d’esprit de s’écarter au dernier moment pour laisser Neymar ouvrir le score en tout début de rencontre. Pas mieux.

Mbappe 10

Kyky est investi sur deux des trois buts. Son accélération de reptile sur le premier est impeccable et vraiment décisive. Sa passe pour Rafinha sur le troisième tout aussi judicieuse. Il a encore raté des choses qu’il faudra mettre au Real s’il veut collectionner les Ballons d’or… mais son incapacité récurrente à ne plus marquer dans les matchs qui comptent commence à ressembler à un rappel à l’ordre : Kyky, faut s’y remettre ! Arrêter de ne penser qu’aux statistiques, et rejouer comme quand, presque pré pubère, tu enchantais Monaco avec tes buts puissants et limpides et tes sourires et tes déclarations cool. Redescends mec ! Tu tires la tronche comme un actionnaire d’Apple au moment de mettre son bulletin Biden dans l’urne ! Kiffe, gamin. Et ça va revenir. Et la prochaine fois, plutôt que de frôler le poteau droit et de rater le 3-1, passe là à Neymar. He knows !

Neymar 10+1

But magnifique dans un angle pas impossible mais pas pépère non plus. Après, il est moyen, comme tout le monde. Il s’agace un peu mais a déjà son sourire d’enfoiré, celui qui indique qu’il a senti que, ce soir, il pouvait encore le faire. Provoque encore une fois une multitude de coups francs. Est épuisé, ça saute aux yeux. Et il est là pour pousser cette balle au fond. Et il est là pour harceler les adversaires avec ses feintes de petit con. Encore et encore et encore. Et il est décisif dans le money Time. Le peu de foot à Paris, c’est lui. N’en déplaise à ceux qui ne l’aimeront jamais. Sans Neymar, nous ne sommes rien footbalistiquement. C’est peut-être une force bancale, un frein à un vrai collectif. Peut-être. Mais un jour, quand la rancune suite à son envie de revoir sa Catalogne se sera dissipée, nous pourrons tous dire aux petits branleurs qui auront pris la relève: «  on a vu jouer Neymar à Paris. »


Tuchel 10

Les spécialistes dans ma télé disent sérieusement que son coaching a été intelligent et utile. Ah bon ? Moi, je sais que quand j’ai appris que Bakker et Kehrer, alors que nous devions absolument marquer pour sauver notre peau, seraient les entrants, j’ai eu envie de chialer, j’ai déchiré mon polo, privé mon fils de Switch pendant 6 ans, fumé 25 clopes d’un coup ! Quand Kehrer offre ce corner évitable, je crois que je l’ai sincèrement maudit. Bref, Herr Tuchel gagne et il gagne bien plus qu’une qualification très bien embarquée et 3 points. Il a déjà mis la pression à ses enfants en shorts en disant qu’il ne fallait surtout pas croire que c’était fait. Il veut aller en huitièmes pour faire un gros doigt à tous ses détracteurs, j’imagine Leo en tête. Il a peut-être vexé Angel en ne le titularisant pas. Pas grave. Angel a du mal. En dehors de sa première mi-temps contre Leipzig, il pioche Angel. Et quand Angel pioche, il est invisible. Et donc inutile. Qu’il boude. Qu’il récupère. Il reviendra. Thomas a eu chaud aux fesses. Chaque nouvelle victoire le confirme dans ses choix, qu’il est d’ailleurs le seul à comprendre. Ce soir, ça tourne plus que bien et nous ne pouvons le lui reprocher.

NB : Messieurs, entre nous, nous avons surtout vu deux équipes moyennes. Notre hold-up est celui d’une succursale du crédit agricole quelque part dans le Loiret. Le scénario a rendu cette partie diablement haletante. Et c’est déjà merveilleux. Merci à vous. Mais pas de boulard, pas d’enflammade. Nous respirons encore ! Il ne s’agirait pas de tout gâcher. Car cela aussi nous savons le faire… une dernière pensée pour Marseille et Rennes, qui passent dès décembre en mode PlayStation. PSG4LIFE. VAYA CON DIOS DIEGO.


Jérôme Reijasse