Humeur

Raison ou sentiments

Il est le grand absent de ce début de saison. Il est le meilleur buteur
de l’Histoire du PSG. Il est freiné par les blessures depuis plus d’un an.
Il est l’idole incontestée du Parc et des supporters parisiens.
Il n’a plus la jeunesse de Mauro Icardi. Il est amoureux du club.
Autant de contradictions qui font de Cavani un sujet particulièrement sensible actuellement. Ce qui n’est pas une raison de ne pas l’aborder.


Une information dévoilée par Le Parisien a mis sur la table une situation que l’on devinait déjà. Thomas Tuchel ne ferait plus du Matador un élément indispensable lors des matchs importants. Le conditionnel a son importance. Premièrement parce que ce ne serait pas la première fois que le quotidien francilien dirait une connerie. Deuxièmement parce que rien n’est définitif dans le football. Une hécatombe est si vite arrivée qu’on ne peut pas dire avec certitude que Cavani ne sera pas titulaire en Ligue des Champions au printemps prochain (si toutefois Paris voit le printemps, mais ça a l’air bien parti). Rien ne dit non plus qu’il ne crucifiera pas l’OM une nouvelle fois. Mais cette information, aussi lapidaire soit-elle, a le mérite de confirmer une tendance. A ce jour, Mauro Icardi a de l’avance sur le Matador dans l’esprit de Tuchel. Et quand on ose toucher au statut de l’Uruguayen, le débat tourne vite à la foire d’empoigne entre supporters sur les réseaux sociaux.

« On ne touche pas à Cavani ». Voici à peu près le sentiment d’une grande partie des supporters. Une formule qui illustre bien l’attachement au joueur. Cavani est plus qu’un buteur, c’est un symbole. Une icône ! A cet instant le débat n’est pas tactique ou physique, il est sentimental. C’est le cœur des supporters qui parle.
Alors forcément, comme à chaque fois qu’un teuton avec la raie sur le côté essaie de déboulonner un des symboles de la capitale, ça se passe mal. « Tuchel n’est que de passage ». « Qu’il arrête de chialer à chaque conférence de presse ». « Qu’il commence par passer les 1/8èmes »… j’en passe et des meilleures. Ou des pires, selon le point de vue. Remettre en question Edi tient du suicide professionnel. Mais n’écoutant que ma conscience, j’ai osé l’impensable. J’ai critiqué Santo Edinson sur ma page Facebook. Cela pourrait sembler anodin, voire même autorisé.
Pourtant le retour de flamme ne s’est pas fait attendre. A tel point que j’ai dû relire mes propos pour vérifier que je n’avais insulté personne.

Malheureusement pour ma cote de popularité, tout ce que j’ai pu lire depuis mon impensable crime de lèse-majesté n’a fait que confirmer mon opinion. On me parle d’amour du maillot, de symbole, de respect de l’institution, de relation fusionelle avec les supporters, d’Histoire du club. J’entends tous ces arguments. D’ailleurs je ne les conteste même pas. Sauf un. Celui du respect de l’institution ne passe pas. Ce thème, qui a fait son apparition ces dernières années à chaque déconvenue européenne, a pour but de pointer du doigt le comportement de certains joueurs (dont un Brésilien bien connu). Le PSG, tu l’aimes ou tu le quittes ! Et Leonardo est revenu pour remettre tout le monde dans le droit chemin. Fini le Club Med ! Personne ne doit être au dessus du club ! Ni Neymar, ni Tuchel. Ni Cavani. Ni les supporters. Le Paris Saint-Germain est un club de foot avec de très hauts objectifs, pas un fan club de Cavani.

Puisqu’il est bien question de football, parlons football ! Cavani est-il fini ? Certainement pas. Le problème est qu’il a des blessures récurrentes depuis plus d’un an. Et à bientôt 33 ans, on est en droit de se dire que le meilleur est déjà derrière lui. Ce n’est pas lui faire insulte, c’est dans la nature des choses. Il n’a plus la même capacité de récupération, plus la même facilité à enchaîner les efforts qu’à 28 ans. Le nier c’est se voiler la face et mettre des œillères par dessus. Tactiquement ensuite, Edi est un avant-centre qui aime l’espace, qui appelle en profondeur pour enchaîner en une touche. Il a fait des merveilles dans cette configuration. Icardi, à l’inverse, est un joueur de surface qui est capable de proposer un jeu en déviation et en appui de bien meilleure qualité que celui de Cavani. Et ce n’est toujours pas lui faire insulte que de le relever.
Tuchel a donc deux options avec deux profils différents pour un même poste. Reste à savoir qui jouera autour. En règle générale, ça devrait être Neymar et Mbappé ou Di Maria. Trois joueurs ultra décisifs qui ont des automatismes naturels. C’est moins flagrant avec Cavani même si cela n’a jamais été aussi inexistant qu’on a voulu nous le faire croire.

Lors des deux dernières saisons, Edi a fait ce qu’il pouvait pour s’adapter au jeu des phénomènes à ses côtés. On a tous vu que ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux pour lui. Alors que les qualités d’Icardi semblent naturellement fonctionner avec celles de ses compères d’attaque. Et toujours pas l’ombre d’un manque de respect envers le meilleur buteur du club. En revanche, il me semble que le faire jouer alors qu’il n’est pas le plus à même de tenir sa place et de bien combiner avec ses partenaires serait un immense manque de respect envers le club et ses objectifs. Tout ceci n’a rien de personnel, ce n’est qu’un choix tactique argumenté. Personne ne veut la peau de Cavani, pas même Tuchel. Au contraire, il a toujours loué son professionnalisme et en a fait un des cinq joueurs avec qui il s’entretient régulièrement sur des questions importantes. Mais le football de très haut niveau s’accorde mal avec le sentimentalisme d’une partie des supporters. Souvenez-vous de Javier Pastore ! Pour moi c’était un crève-cœur de le voir sur le banc, ou pire, sur le terrain mais incapable de faire basculer un match. Ne pas le titulariser était un choix logique.

Le temps passe. Entrevoir ce qui pourrait être le déclin de Cavani ou en tout cas la fin de son aventure au PSG est forcément triste. Ça sonne le début de la fin d’une époque où notre club a engrangé beaucoup de titres, a connu quelques exploits retentissants mais aussi des échecs cuisants. Il reste une chance pour que Cavani marque encore un peu plus l’Histoire avec Paris. Si ça arrive, je serai le plus heureux des hommes car J’ADORE Edi. Il mérite les plus grands honneurs. Mais si Tuchel doit lui demander de s’assoir sur le banc pour continuer à avancer, qu’il en soit ainsi. Personne n’est au dessus du club.

Découvrez du même auteur "CAVANI, ENTRE MYTHE ET RÉALITÉ" en cliquant ICI

Café Crème et Sombrero

Mille Sabords

Céline – Yann Moix.
Michael Jackson – Christine and the Queens.
Talleyrand – Manuel Valls.
Casimir – Mouloud Achour.
Eugène Saccomano – Stéphane Guy.
Mesdames, Messieurs, c’est désormais irréfutable : Nous déclinons.


En cette époque médiocre et fière de sa propre chute, pourtant, un mince espoir subsiste. Si vous faites silence, vous pourrez peut-être même entendre son souffle, un soir de victoire en terre niçoise. Oui, le PSG est la seule entité sur cette planète à refuser l’évidence de la décadence. Le PSG, celui sur la pelouse hein ! Les tribunes du Parc ayant, dans leur grande majorité, épousé malheureusement et cordialement la médiocrité contemporaine citée plus haut.

Le PSG se bonifie avec le temps. Vendredi soir, nous avons donc fait mentir la fatalité. Pendant 45 minutes, sans notre acronyme offensif inventé par nos chers médias toujours avides de raccourcis débiles, – la MCN, pfff-, après une coupure internationale toujours anesthésiante, juste avant un match qualificatif ou presque en Europe, Paris a honoré le football et Angel, sur son second but, comment dire… Ça vaudrait presque Pauleta sur Barthez au Parc. Sur une passe de Meunier, invisible avant et après ce geste splendide. Dans ce maillot nostalgique (un marseillais aurait écrit vintage…) vraiment réussi.

Le romantisme est un paillasson

Diallo a été sérieux, sobre et serein. Navas impeccable. Paredes a indiqué qu’un jour, peut-être, j’y crois, son vice de mentaliste et ses frappes lointaines permettraient au PSG de scruter le grand horizon sans rougir. J’ai aimé certains de ses regards et quelques uns de ses sourires ce soir. Qu’il n’adressait qu’à lui même. Il se congratulait intérieurement après avoir cassé une ligne ou interrompu une tentative ennemie. Herrera même combat. Discret, travailleur, malin et paternaliste comme il faut avec notre latéral belge dépassé par le niveau depuis de trop longs mois désormais. Silva, bon, il y en a encore, sérieusement, pour douter de son sens de la défense ? Encore un couillon pour le traiter de pleurnichard ? Comme Motta, quand il ne sera plus là, on mesurera le vide. Oui, même toi, le néo supporter trop gâté et trop dans l’éjaculation précoce pour reconnaître les vrais soldats.

Tiens, en passant, croisé un plouc la semaine dernière, encore un, qui n’aimait pas Maradona parce qu’il avait… Triché en marquant de la main… Les tribunes sont aujourd’hui emplies de parieurs, d’accro de la stat, enfants monstrueux de betclic et de Philippe Doucet. Pour eux, le romantisme est un paillasson. Une perte de temps. Bref. Ce vendredi soir, on a bifflé l’adversaire dis-je par texto à Paco. J’ai une petite pensée pour Spi, un ami nicois qu’une obligation professionnelle a empêché de voir son équipe sombrer avant de subir une fureur arbitrale assez incroyable. Spi, n’aie aucun regret. Vous n’avez pas existé en première et en seconde, même si j’ai personnellement craint une égalisation alors que les miens balbutiaient quelques instants leur football (comme d’hab, on mène et on se relâche.

Paris est un bateau pirate

Et puis, Thomas a quand même drôlement coaché ce soir, non ? Kurzawa putain…), nous aurions fini par l’emporter. Vos deux expulsions coup sur coup sont un peu absurdes mais pas tant que ça non plus. Cyprien aurait pu voir rouge dès son tacle dégueulasse sur Sarabia. Et la claque, elle est là. Paredes en profite. Normal. L’arbitre oublie un penalty sur Choupo (encore très combattif et méritant). Presnel manque de se faire péter genou-tibia à la fin. Non, pas de scandale à Nice. Le plus fort a gagné. Marqui a fait une entrée pas top top comme dirait notre Teuton filiforme, Icardi a attendu la 92ème pour la mettre, kylian a marqué en faisant, un peu, encore, sa poker face.

Et Paris repart vainqueur. Et Paris joue au football. Et Paris, oui, oui et oui, ne veut pas adhérer à son époque. Il est capable de tout. Paris échappe aux prévisions, aux envoûtements. Nous déclinons, l’Humanité décline. Si vous croisez un optimiste aujourd’hui, c’est soit un trader, soit un nantais. Paris, lui, reste cette chose insaisissable, paradoxale, adorable et pathétique. À peu près tout ce que l’époque redoute. Paris est un bateau pirate. Larguons les amarres. Oublions Stéphane Guy et tous les autres. Tsunami, vague scélérate, île au trésor ou déserte, requin ou sirène, le PSG est notre aventure loin du monde. On ne coule pas ici ! On craque des fumis rigolards et on en redemande. Vivement le 27.


Jérôme Reijasse

Neymar est devenu Roi

Siffler, c’est un sport réservé à qui a assez mangé pour faire la fine bouche. Né la même année que PSG, je n’en ai toujours pas les moyens.

Dahleb et Safet ont joué longtemps à Paris, mais pas assez pour que ceux qui en appellent à eux pour cingler Neymar les aient vus évoluer. Sachant que le géant Dahleb aurait préféré signer à Strasbourg plutôt qu’à Paris – il l’a révélé, il y a peu. Et que pour être sûr de ne pas venir, Sušić avait signé dans deux clubs italiens en même temps ! Mis sur le banc par Houllier, régulièrement contesté par les médias et le public, qui jurerait que le bougon Yougo n’a pas, chaque année, ou presque, espéré quitter ce vrai-faux club sans cantine.

Jeu de l’esprit : fermer les yeux et imaginer Coutinho ou Dembele entrer hier au Parc, et en sortir, après un tel but.
Non content d’être le seul à avoir joué dignement, et loin encore de son meilleur niveau – il a bien raté quatre ou cinq dribbles, mal estimé trois passes, pas su se mettre au niveau des appels de Choupo (lol), et raté un lob tout fait !!! -, Neymarvellous a attendu que les sifflets aient presque cessé pour aller planter un but…

Signer un match : PSG-Strasbourg du 14/09/2019 est un match signé Neymar.
Un master but dédié au gamin que son ex vient d’avoir, avec un autre à qui, au téléphone, il l’avait promis la veille. 
Et par moi à tous ceux qui lui auront craché à la gueule, ceux qui au lieu de chanter ont sifflé.
Ceux qui (se) racontent des histoires d’amour du maillot – mais lequel ? celui d’automne-hiver pour l’extérieur en coupe de la Ligue ? Le remix customisé de celui de 1983 avec clin d’oeil à Safet-pardon-à-RTL ? Celui qu’embrassait Lorik C. la veille de signer sur le Vieux port ?

De respect pour ce club, dont le proprio est le Qatar, ce bradeur frénétique de Titis, qui achète des stars avant d’avoir un centre d’entraînement digne du rang auquel il aspire et prétend ?


Au Parc des Princes règnent aujourd’hui le pop-corn, les comités d’entreprises, le coca et le pipi tous les quarts d’heures des tout-petits, sans parler des retardataires qui vous obligent à vous lever pour les laisser passer. Même à Boulogne, et de bas en haut. On n’ose allumer une clope, alors un fumigène. Applaudir joyeusement quand un explose en face, à Auteuil, revient à vous faire condamner du regard par une bonne moitié des gens autour de vous. Rire aux banderoles sera bientôt interdit. Les ultras si vertueux, si sensibles, si douillets avec les sorties de Neymar ont tellement bien accepté ce qu’est devenu notre Luna-Parc qu’ils devraient avoir honte de jouer les vierges avec le deuxième anus que l’entertainment nous a tous fait.

Siffler Neymar, c’est comme dénoncer le kebab et la sauce fromagère après avoir laissé pénétrer le Macdo.
On va au Parc aujourd’hui pour se régaler d’un spectacle. Se divertir. S’émerveiller d’entendre le public répondre les noms des joueurs quand le speaker lance les numéros et les prénoms – comme si nous étions encore un « vrai » public populaire et fervent. Se lever quand il y a but pour PSG – tout en scrutant les célébrations. Guetter les écrans géants en espérant s’y voir pour pouvoir grimacer et gesticuler sottement. Tant pis pour nous. Neymar, ainsi que le lieu commun médiatique le commande, « fait le spectacle ». C’est même pour ça que PSG l’a embauché.

Siffler Neymar pour un désir de départ et trois déclarations anecdotiques, c’est le marqueur du supporter parodique, de l’émule fraîchement converti, du yéyé plus barbu que les ayatollahs.
Neymar n’est pas venu à Paris pour nous. Notre amour est en bonus. Il n’a pas eu besoin de nous plaire ou de nous séduire pour se voir offrir un des plus mirobolants salaires de tous les temps.
Au mieux, relativement à nous, il est venu parce que le Parc se cherchait un Prince. N’imaginant pas qu’un autre messie l’y attendrait pour finir de grandir – grâce à lui.

Neymar est évidemment maudit. Donc parisien.
Sera-t-il le Ronnie de Mbappé ? Qui, au soir d’une carrière remplie de si, se souviendra lui aussi avoir porté sur ses épaules un messie peut-être plus petit que lui.
Ces heures de télé plus ou moins novelas qui lui sont consacrées, qu’il pleure, qu’il viole, ou qu’il geigne, ravissent équipementiers et sponsors. Pour QSI, Neymar est de janvier à décembre l’employé du mois. Rien que ça, ça devrait nous rendre indulgents.
Le nombre de gens qui en croquent, de Neymar. Les Eugène Sue 2.0 des Mystères (du mercato) de Paris.


Il manque à Neymar Jr encore une ou deux balafres pour devenir Albator. Secret, mutique et ombrageux. Revanchard taiseux qui va défier les dieux pour se faire aimer d’eux. Pas de nous. Nous, on paye pour faire la claque et se rincer l’œil.
Paraît que Papa Léo, en bout de négo, réclamait en fait 300 millions. Demandez-vous pourquoi.
Il a donné une leçon au Ney, à son clan, au vestiaire. Aux vestiaires du foot européen aussi, volontiers donneurs de leçons aux mains et culs sales. Ponctuée par le délicieux « Ceux qui ne comprennent pas le français n’ont qu’à prendre des cours. » La leçon est terminée. Neymar est au coin… de corner en train saluer après son but.

Avec une équipe moins bonne, il serait Sušić. De mémoire, le même frisson d’espoir s’empare du Parc lorsqu’à 0-0 en fin de match le ballon leur parvient.
Esthétiquement, psychologiquement, moralement, Neymar est parisien.
Je prends les paris. Cavani nous sauvera en quarts. Mbappé nous qualifiera en demies. Mais en finale, la feinte royale, la percée fantastique, la louche suprême et magnifique, ça ne peut venir que de Neymar.
Ou de Verratti.

Ce serait vraiment classe, chic et bien troussé que ce soit cette saison et grandement grâce à lui que la Ligue des Champions soit pour Paris. Nous le méritons. Lui et nous. Nous sommes mûrs. Lui et nous. Il est vexé mais orgueilleux, mal aimé revanchard et justicier blessé, comme il sied à un demi-dieu. Nous sommes courroucés comme des clients déçus. Personne ne nous attend au bout. On ne rit même plus de nous, de nos soucis et de nos gros sous. Pire qu’outsiders. Narrativement, storytellinguement, ça passe crème.

Paris, la ville dont Neymar est devenu le roi. 
Paris, la ville où Neymar est devenu roi. 
Au choix.

Redécouvrez le très beau papier de Gregory consacré à Javier Pastore en cliquant ICI

Gregory Protche

Quand on Ney que l’amour

Je le hais, il nous a manqué de respect, il n’apporte rien sur le terrain, il ne mérite plus de porter notre maillot, il faut le siffler, l’humilier cet hijo de p…
Voilà un résumé de ce que l’on peut lire ou entendre en ce moment.
Mais de quel joueur est-il question ? Fiorèse ? Heinze ? et de toute la farandole de parisiens ayant, plus ou moins, trahi le club en passant à l’OM ?


Non, nous sommes en train de parler d’un des meilleurs joueurs du monde. Figure de proue du projet Qatari depuis deux ans. De celui, dont on voyait le nom sur la tour Eiffel illuminer le tout Paris, de celui dont on espérait tant qu’il nous aiderait à conquérir cette coupe qui se refuse toujours à nous… Ou au moins retrouver le parfum d’un printemps européen…
Mais alors que s’est il passé ? Comment est-ce possible ? Comment peut-on passer en deux ans de sauveur à futur crucifié en puissance ? Comment cette histoire d’amour aurait elle pu finir aussi mal ? Peut-on encore passer de l’appétit au dégoût et du dégoût à l’appétit comme le chantait le beau Serge ?

Commençons par regarder ce qui s’est passé sur le terrain, ce qui est et restera toujours le plus important. Niveau statistiques, rien à lui reprocher. Décisif toutes les 63 minutes avec le PSG ! Mieux que Zlatan, Mbappé et Cavani. 37 matchs pour 24 buts en championnat, 11 buts en 13 matchs de ligue des champions, 7 matchs en coupe nationale pour 6 buts… Je vous fais grâce des passes décisives… Alors quoi ? Pourquoi malgré des gestes d’extraterrestre, des buts, des actions en cascade et autres bonbons, le public n’a jamais soutenu le Ney comme il le méritait ? Surement à cause de plein de petites choses…

D’abord Neymar ce n’est pas qu’un joueur de foot, c’est aussi une marque. Qu’on le veuille ou non, oui, Neymar c’est plus gros que le PSG. Que ce soit en nombre de followers sur les réseaux sociaux ou en nombre de fans tout simplement. C’est factuel. Mais pour certains supporteurs à l’orgueil mal placé, c’est difficile à admettre. Presqu’autant que pour un marseillais d’admettre que l’om de Tapie rimait avec tricherie.

Il est capitaine du brésil, jeune riche beau et il sent bon le sable chaud. La jalousie étant un des défauts majeurs de la nature humaine, le Ney n’avait pas le droit à l’erreur. Et des erreurs il en a faites aussi… Les premiers sifflets qu’il a subits au Parc sont lors d’un match contre Dijon où le roi commis le crime de lèse majesté de ne pas laisser tirer Cavani pour un penalty. El matador lui-même conspué au parc, surement par les mêmes, un an avant…
Début de l’incompréhension entre une petite partie du parc et sa star. Il vient de réaliser un quadruplé, le PSG en passe huit à son adversaire et il se fait siffler par ses propres supporters !

Pendant ces deux ans les médias n’ont cessé d’injecter leur venin, il simule, il fait des roulades, il provoque, chambre, il se soigne au brésil, il fête son anniversaire, puis celui de sa sœur, il regarde le PSG en jouant aux cartes à la TV, il ne se déplace plus du Brésil pour assister à un match de championnat au Parc, son hygiène de vie est déplorable, il est pas gentil, il est tout cacaboudin, pouah, beurk… J’en passe et des moins bonnes.

Si l’on ajoute les commentaires aigris d’adversaires qui n’ont pas le quart de son talent et dont les noms ne méritent même pas d’être cité ici, voire celle de l’entraineur (ancien flop du PSG en tant que joueur, époque Borelli) d’un club, trouvant normal de le brutaliser, et que si il est blessé « c’est bien fait pour lui, gnagnagna ». Et qu’en coupe d’Europe il allait bien se faire découper. On ne le verra pas. Son pied l’aura lâché avant…
Petite parenthèse au passage, ce même personnage pleurnichera quelques mois plus tard en tour préliminaire d’Europa League contre la rudesse de son adversaire lors du derby des saucisses. Faudrait savoir, Thierry l’aurait-il mauvaise ?

Bref, on touche le point central du problème Neymar, c’est-à-dire les blessures… Deux saisons de suite, deux saisons tronquées, comme un geste manqué, à chaque fois au moment où on attend qu’il nous emmène au septième ciel d’un quart de final… La blessure… La panne… La frustration d’une étreinte inachevée…
Sans lui le PSG s’arrête de nouveau à la porte de l’Olympe. Mais est-ce sa faute si sans lui au Parc, le PSG a fait preuve d’une certaine suffisance maladive, puis d’une fébrilité quasi-génétique à cette équipe, qui sera pourtant crucifiée par deux nouveaux joueurs sensés, eux, ne pas être contaminés… À Kehrer la suffisance, à Buffon la fébrilité. Ou l’inverse. À Mbappé la glissade. À Paris la sortie. À ses supporters la frustration d’une fin de saison en roue libre. Jusqu’à cette incroyable finale de Coupe de France contre des rouges et noirs où Neymar marque un but et fait une passe décisive. Pas suffisant pour battre l’historiquement looser breton.

Au comble de cette triste soirée, un abruti insultera nos joueurs pendant l’ascension vers la médaille en chocolat, un seul de nos joueurs régira en retournant un soufflet à l’immonde pourceau.
Epilogue d’une saison pourrie jusqu’au bout puisqu’il devra, de nouveau blessé, regarder le Brésil conquérir sans lui une Copa América d’un bien faible niveau. Rappelons que le sélectionneur avait décidé de lui retirer le brassard avant sa blessure, et qu’il restera au cœur de l’actualité pour une sombre histoire de viol ou plutôt de tentative d’escroquerie…. Manquerait plus qu’un pigeon lui chie sur le crâne et on pourra lui décerner le Pierre Richard d’or de la poisse 2019.

Imaginer qu’au même moment le Messi, je parle de Léo, t’appelle tous les jours pour te rappeler comme la vie était belle en Catalogne. Comme il était aimé par tout le monde. Alors qu’en France, les médias passent leur temps à lui cracher dessus, ses propres supporters le sifflent ou préfèrent acclamer l’improbable mais néanmoins sympathique Choupo-Moting, que son club, le PSG, n’a jamais pris publiquement la parole pour le défendre dans aucune des affaires nommées ci-dessus… Saudade, saudade…

Alors oui Mesdames et Messieurs les jurés, son meilleur souvenir footballistique comme il l’a avoué maladroitement et avec naïveté, c’est ce match contre le PSG ou il a fait ce qui n’avait jamais été fait auparavant. Le match du siècle où il est l’homme du match. Comment lui en vouloir ? Ce serait même juste logique.
Pour tout cela Mesdames et Messieurs les jurés supporters, ne soyons pas des brêles, j’implore votre clémence et déclare l’accusé non coupable, ou alors coupable, mais coupable d’un manque d’amour qu’il n’a pas su nous donner, ou d’un amour trop peu ou trop mal donné.

Tout n’est qu’une question d’amour dans cette affaire, l’amour déçu, la jalousie, la frustration… De l’amour à la haine il n’y a qu’un pas. On a vu souvent rejaillir le feu de l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux…. Neymar ne nous a pas quittés. Sachons lui pardonner et faisons du Parc un volcan duquel Neymar nous permettra d’atteindre l’inaccessible étoile.

Découvrez également "NEY SOUS X" par NIRO en cliquant ICI

J.J. Buteau

Insulte-moi si tu peux

Il y a un peu moins d’une semaine, l’équipe de Virage était l’invitée spéciale de l’émission 100% PSG sur l’antenne de France Bleu Paris. Romain faisait partie des participants. En bon habitué des Podcasts du Virage qu’il anime pour nous,
il était à l’aise au micro. Trop peut être ? Voici son Mea Culpa.


L’autre jour le boss Xavier Chevalier nous a emmenés faire la réclame de Virage à la radio et accessoirement parler du Paris Saint Germain. Toujours marrant d’aller chez les pros, moi qui suis plus habitué aux micros sortis au bistrot ou dans le salon, quand ce n’est pas sur la table de la cuisine. Non, là c’est le grand barnum Radio France, quelqu’un pour t’accueillir, un technicien pour le son, une journaliste qui a préparé.
Et tous ces gens sont payés. Ça aussi ça change du podcast.

On était bien avec le boss et Benjamin Navet, entre un flash info trafic et un morceau de Christophe Willem, quand j’ai commis l’irréparable. J’ai mal fini ma phrase. Je voulais dire qu’on pouvait très bien animer une tribune sans insulte raciste ni homophobe – puisque c’était le sujet débattu. Mais j’ai dit sans insulte tout court.

Irréparable : qui ne peut pas être réparé. C’est gravé sur la bande magnétique ou plutôt dans le fichier mp3. Ce mec parle pour Virage et dit qu’il imagine sans problème un stade sans insulte. J’ai honte.

Car l’insulte est une donnée essentielle de l’expérience du stade, fondamentale. et mon propos est justement que perdre le « droit » de traiter les adversaires de pédés n’est pas une perte de liberté d’expression.

Pour alimenter cette réflexion, j’ai une pensée pour celles dont l’honneur est souillé chaque semaine sur et autour de tous les stades du monde entier. Elles sont copieusement insultées, conspuées, affublées de tous les noms et de tous les vices. Les Mères. Les nôtres, les leurs.

Célébrées par d’authentiques barbares, laissant éclater la fureur accumulée toute la semaine. A travailler ou peut-être à ne rien foutre ce qui peut s’avérer tout aussi harassant. La fameuse catharsis sur laquelle communient le prolo, le chômeur et le cadre, le pédé, le Noir, la gouine, le lascar, la bourgeoise et sa belle-soeur. Tou.te.s des sales gosses l’espace de 95 minutes. Elevé.e.s à la Cazarre*: « Fiston, au stade tu peux dire ce que tu veux, insulter qui tu veux mais à l’extérieur tu dis bonjour à la dame ».

Sauf erreur Fils de P…! J’ai N… ta Mère! sont d’amicales paroles qu’il est toujours permis de prononcer sans risquer l’interruption de rencontre.
Sauf erreur, on peut toujours se traiter de Bâtard ! (encore un hommage indirect à ta mère, tiens), on peut débattre du caractère homophobe ou non d’Enculé ! Mais je propose une jurisprudence favorable.
Un ministre décidera-t-il un jour d’interdire de traiter l’adversaire de Paysan ? La base de l’artillerie parisienne à l’égard de la France d’ailleurs. Et ce n’est même pas un gros mot.

On ne fait plus de cri de singe (qui fait des cris de singes ?).
On ne dit plus pédé.
Ok.

Et les banderoles, sont-elles interdites ? Les opposants au contraire les utilisent pour courageusement provoquer la ligue, obliger l’arbitre à chercher le message caché, à traquer l’outrance. Mais cette affaire en a-t-elle généré une seule inspirée et drôle ? Reprendre des paroles de chansons niaises, ça fait un message ? L’art de la banderole n’est pas partagé par tous. Paris est de ces clubs qui ont une histoire de tribune, une vraie, où la banderole est maniée avec virtuosité. Pas nécessairement à base de pénétration anale. Rappelez-vous la fameuse « Une crêperie pour Le Guen » chère à notre auteur Jérome Reijasse, et reprise quelque part – et non sans humour – en « Un Big Mac pour Gignac ».

La classe ce n’est pas les injures racistes ou homophobes. Mais l’insulte bien sentie, subtile et indirecte ou franche et brutale, la vanne vicieuse qui sous-entend, fait mal, fait rire, déstabilise.

Alors laisse-moi pleurer les larmes de mon corps en revivant ces quelques secondes où ma voix m’a trahi, mon esprit s’est embrouillé et mes lèvres ont terminé trop vite la phrase. Surtout ne me parle pas de Freud, lui et moi on est fâchés. Irréparable. Je n’irai plus chez France Bleu. Il est resté très poli mais j’ai bien senti qu’avec le boss ce ne serait plus jamais comme avant. Dans ses yeux j’ai senti le reproche.

Rentre chez-toi, paysan !
Et marche à l’ombre !

* Dans l’épisode #1 du Podcast du Virage


Romain Podding

Neymar hurle, et la caravane passe

C’est désormais acquis, Neymar passera une troisième saison à Paris. Malgré ses souhaits répétés de retrouver Barcelone, le Brésilien s’est heurté à l’intransigeance de Leonardo. Il est certainement le meilleur joueur à avoir joué sous les couleurs parisiennes. Mais est-ce suffisant pour entrer dans l’Histoire du PSG ?


La question peut sembler incongrue car pour marquer les esprits durablement dans le football, très bien jouer est un excellent point de départ. Et Neymar a incontestablement un talent hors du commun. Sa technique, bien sûr, saute aux yeux et peut faire s’embraser le stade. Son sens du spectacle le rapproche de ses légendaires compatriotes : Ronaldinho, Rivelino, Ronaldo, Zico et même le Roi Pelé. Mais il se distingue surtout par son sens tactique, sa vision du jeu et une rapidité d’exécution exceptionnelle. Buteur, passeur, dribbleur, meneur, déflagrateur, enchanteur, Ney est tout cela à la fois. Mais il lui manque un détail pour écrire durablement l’Histoire. Un grand joueur ne peut totalement entrer dans la Légende sans un lien fort avec son public. Et dans ce domaine, Neymar n’égale même pas Francis Llacer.

Il a pourtant eu le privilège de côtoyer des joueurs adulés. Xavi, Iniesta, Puyol, Messi à Barcelone. Et bien sûr Cavani à Paris. Ces grands noms du football ne sont pas seulement d’excellents joueurs qui ont su se rendre indispensables. Ils renvoient aussi une image qui touche les supporters et qui leur a assuré une place éternelle dans le cœur de ceux-ci. Ils ont chacun leurs atouts pour séduire les fans. Combativité, attachement au club, communion avec les Ultras… Même s’il faudrait être naïf pour ne pas y voir une petite dose de communication bien orchestrée (les premières déclarations de Mauro Icardi, Keylor Navas et Sergio Rico depuis leur arrivée à Paris sont des modèles du genre), cela permet de tisser un lien. Le foot est un sport, mais il est aussi une passion totalement déraisonnable pour des centaines de millions de personnes dans le monde. C’est un paramètre important à prendre en compte. Neymar semble l’avoir oublié.

La carrière de ce joueur de seulement 27 ans est déjà jalonnée d’épisodes qui ont contribué à en faire l’archétype du mercenaire. Encore à Santos, il aurait eu un accord avec le Real Madrid pour un transfert. Il aurait même passé sa visite médicale. Mais il s’est finalement engagé avec Barcelone au terme d’un feuilleton nimbé de soupçons de corruption. En 2017, lors de son transfert retentissant à Paris, il remet publiquement en question les compétences de Bartomeu. 2 ans plus tard, Ney est prêt à tout pour retourner dans son ancien club alors qu’il est toujours en conflit juridique avec ses dirigeants à propos d’une prime. Peu importe ce qui a été dit ou ce qui a été fait. L’honneur, le respect des contrats, la reconnaissance, le sens des responsabilités… tous ces beaux principes n’ont pas leur place dans la réflexion des Neymar père et fils. Les principes ne paient pas. Le point commun entre ces différents événements marquants de sa carrière, c’est le silence. Neymar Jr a besoin de conseillers en communication pour faire le choix de ne rien dire. Entretenir le doute, ne surtout fermer aucune porte. Seule entorse à cette règle, le « meilleur souvenir de vestiaire » évoqué cet été devant la presse brésilienne. Le choix de ce souvenir qui a laissé une plaie béante dans nos petits cœurs sensibles ne peut pas être anodin, malgré ce que Neymar père a pu dire pour tenter d’éteindre l’incendie. Sans succès.

Le mélodrame qui s’est joué cet été porte la marque de tout ce que le foot business comporte de dérives. L’histoire ne s’est pas terminée comme l’espérait le Brésilien puisqu’il se voit contraint et forcé de rempiler pour une troisième saison à Paris. Lui qui a voulu provoquer son départ, mécontent du traitement médiatique en France et vexé par les reproches répétés d’une partie des supporters, il se retrouve pris au piège pour la première fois. Il était habitué à mener la danse, mais Leonardo lui a montré qu’il maîtrisait parfaitement la samba. Son retour sur la pelouse du Parc des Princes s’annonce brûlant et il le sait. Doit-on s’attendre à une guerre de tranchées toute la saison ? Espérons que non. Il n’y aurait pas de vainqueur. Mais si Neymar est suffisamment professionnel pour se remettre dans le bon sens et qu’il redevient ce joueur fantastique que l’on connaît, tout le monde en sortira gagnant. Le PSG aura retrouvé un leader technique capable de faire la différence à chaque moment. Et Neymar montrera au FC Barcelone (ou à d’autres prétendants) qu’il est toujours un excellent investissement.

Des performances de haut niveau ne pourraient qu’aider à redorer le blason du Ney. Et je ne vois pas comment on pourrait ne pas le souhaiter. Au risque de me répéter, on parle là d’un des meilleurs joueurs du monde. Parmi les icônes passées par Paris, seuls Ronaldinho, Sušić et peut-être Ibrahimović pouvaient rivaliser en talent pur. Pourtant, la suite de l’histoire semble déjà partiellement écrite. A la fin de la saison, nous aurons très certainement droit au tome 2 des tribulations et états d’âme de Neymar. Une prolongation de contrat semble aussi probable qu’un triplé de Verratti en finale de C1. Son départ, à Barcelone ou ailleurs, sera très difficile à éviter. Le prix du transfert aura baissé car il ne restera que 2 ans de contrat. La marge de négociation de Leonardo sera plus mince, et il faudra se montrer plus souple avec les clubs intéressés tout en préservant les intérêts du club. Une tâche à la portée du directeur sportif.

Puisque la carrière de Neymar n’est qu’une éternelle guerre d’influence avec ses employeurs, puisqu’il a choisi de vivre dans un mercato permanent, ne soyons pas surpris. Neymar est un génie de passage, un magicien itinérant qui ira vendre ses talents ailleurs tôt ou tard. Prenons en notre parti, profitons de sa présence tout en sachant que la rupture arrivera vite. Et quand ce sera le moment de se quitter, pas de larmes, c’était prévu. C’est froid, cynique, mais c’est lui qui l’a voulu. Neymar marquera peut-être l’Histoire du football. Mais je ne crois pas qu’on pourra dire de lui qu’il a marqué l’Histoire du Paris Saint-Germain. ll faudrait une coupe aux grandes oreilles pour infléchir la tendance.

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Café Crème et Sombrero

Préparation H

Tout allait bien et soudain… Du jour au lendemain, le football est devenu cette chose suspecte, nauséabonde, dangereuse. Le football est officiellement HOMOPHOBE.
Plus précisément, les supporters sont homophobes. Partout, à chaque match.
C’est en tout cas la Ligue et le gouvernement qui le disent, en boucles.
Relayés par des médias pourtant épuisés par le feuilleton estival Neymar.
Une histoire sans queue ni tête. Un enfumage de plus

Je n’aurais pas voulu croiser Stephane Guy aux heures les plus sombres de l’histoire de notre si beau pays. Nice-om, un mois d’août du nouveau millénaire. Sieur Turpin, choqué par des tifos et chants homophobes, plus probablement pressé d’obéir à la nouvelle trouvaille débile et faux-cul de la bien-pensance organisée et à notre ministre des sports (une fan de l’om, peut-être d’ailleurs ce qui l’incite à déclarer publiquement qu’au vélodrome, elle n’a jamais entendu de chants homophobes, tout comme sa copine Schiappa…) décide d’interrompre le match, avant de prier les équipes de rejoindre les vestiaires. Dix minutes avant de reprendre. La mascarade répétitive, l’hypocrisie en direct, le gimmick sociétal navrant. Lamentable et tellement contemporain…

Après l’infâme Var et son œil de Moscou à géométrie variable, place donc aux interruptions pour tifos et (ou) chants homophobes. Même et surtout si ces manifestations populaires n’ont absolument rien d’homophobe. Un exemple ? « La ligue, la ligue, on t’encule ! ». Homophobe ? La ligue, c’est du féminin non ? J’aimerais comprendre : Ceux qui enculent leurs femmes sont-ils des homophobes ? Ou bien la ligue est elle un homme ? Voilà où on en est et c’est évidemment risible et pathétique. Toutes les banderoles et les chants qui ont provoqué ces arrêts de matchs n’ont pas été conçus pour humilier et insulter la communauté homosexuelle. Tout le monde le sait.

Ce sont des vannes, des provocations absurdes et drôles, des pavés dans une marre croupie. Ce sont avant tout des doigts d’honneur à la ligue et à sa politique anti populaire, qui méprise depuis des années les supporters et ceux qui aiment le foot sans condition ! Cette politique scélérate qui rêve de stades sans prolos, sans racailles, sans testostérone, qui rêve d’un monde où le divertissement rentable aurait tout digéré, même et surtout la réalité. Cette politique qui voit des fascistes, des homophobes, des infréquentables partout. Cette politique qui, quand elle a besoin d’accélérer les mesures libérales, se trouve toujours un nouveau combat sociétal pour endormir les masses… Same old dirty song…

Les ultras lyonnais n’ont vraiment pas manqué de lucidité quand deux de leurs banderoles ont demandé à notre ministre des sports si elle évoquerait avec ses amis qataris les problèmes d’homophobie en 2022. Ah ah ah. À votre avis ? Ils ne veulent taper que sur le peuple. Et donc, Stéphane Guy, en direct, menacerait presque : il parle de match perdu sur tapis vert, d’éradiquer la bêtise dans les stades, il demande au consultant du jour (Sauzée ? Carrière ? Me souviens plus) de se taire pour qu’on puisse bien entendre les « marseille marseille on t’encule ».

Touche-t-il une prime à chaque flag, notre ami commentateur ? Rêve-t-il vraiment à une société pure, heureuse, sans trublions ni provocateurs ? Ignore t’il qu’un monde parfait est une utopie qui n’appartient qu’aux dictateurs les plus fous ? Il s’en fout Stéphane Guy, il adhère très confortablement à son époque. Vu que le football semble être la dernière de ses préoccupations (il en parle tellement mal, les rares fois où il en parle), le clown dépositaire du football circus a choisi de se grimer en flic, en moraliste, en balance zélée. Quand il ne passe pas son temps à prier pour une défaite du PSG.

Il y a deux ans, pendant un dîner avec quelques amis tous supporters du Paris, j’avais déchiré le futur en disant qu’un jour, on interdirait dans les stades les « oh hisse enculé » sur les dégagements de gardiens et les « Marseille Marseille on t’encule ». Mes amis m’avaient ri au nez, accusé une nouvelle fois mes tendances paranoïaques. Je ne pouvais pas les blâmer et je n’avais pas insisté. Aujourd’hui, non, je ne fanfaronne pas. À ce rythme là, Minority Report va vite devenir lui aussi un documentaire. On y est. Quand le mot liberté commence à être dégainé aussi régulièrement, on peut se préparer au pire.

Parce que si l’on écoute bien tous ces courageux Français qui souhaitent éradiquer l’homophobie, on comprend que c’est au nom de la liberté qu’ils menacent, sanctionnent, montrent du doigt. Ils veulent tellement supprimer les injustices, même si elles n’existent pas, qu’ils sont prêts à tout. Vraiment à tout et ils ne le savent même pas encore. Ils sont tellement bons, justes, engagés qu’ils ne voient pas que leur cœur a déjà changé. Ils veulent nettoyer le monde. Ils m’effraient et me débectent.

Suite à ces interruptions de match et à cette cacophonie médiatique et politique, j’ai décidé d’appeler un pote homo pour avoir son avis là-dessus. C’est quand même lui et ses camarades de sodomie qui sont directement concernés, hein ? Étrangement, il s’est montré bien moins autoritaire et intolérant qu’au hasard, Olivier Rouyer. « Thomas, tu en penses quoi de tout ça ? ». Lui : « Oh tu sais. Pour moi, le foot commence dans les douches alors… ». Voilà. Une vanne pour répondre à la connerie téléguidée. L’humour, ultime marqueur de l’intelligence.

Et puis, cette volonté de mettre en avant les communautés est une invention américaine et je ne suis pas américain. La France, c’est 60 et quelques millions de Français. Qu’ils s’enculent ou pas, qu’ils prient ou pas, qu’ils votent ou pas, ce n’est pas mon problème. Un connard dont je tairais le nom dit dans ma télé qu’il va falloir, pour éradiquer cette galopante homophobie dans les tribunes, inciter les gens à… Dénoncer les fauteurs de troubles. Beau. C’est par où la kommandantur, bitte sehr ?

Et le football va encore servir de laboratoire du vide… C’est assez désespérant en fait. Et ridicule. Et, oui, vraiment flippant. Hier, un pote m’envoie une vidéo répugnante montrant, à Strasbourg, un jeune homme en train d’en enculer un autre en pleine rue. À une station de tramway. Ma réaction n’a rien d’homophobe, je le jure monsieur le juge. Et peut-être que ces deux individus étaient des supporters locaux, après tout. Désireux de faire progresser les mentalités… Je serais notre ministre des sports, je la diffuserais dans tous les stades avant chaque rencontre. Histoire d’éduquer les masses et d’assainir les débats. Chiche ?

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Jérôme Reijasse

Ney sous X

Une petite salope, une pute, un traitre, un gros bâtard… Qui peut bien être affublé de ces jolis noms d’oiseau par ses propres supporters ? Un joueur du PSG, oui, manifestement un vrai fils de pute, probablement Ney sous X.

Je m’étrangle en ouvrant Twitter, Facebook, les forums de footix… ! Je lis les flots d’insultes. Je m’étouffe à nouveau. On a le droit de s’étouffer un peu quand on mange du caviar à la cuillère. Parce que oui, Neymar c’est du caviar. Sur un terrain en tout cas. Dans la vie, il a décidé de le donner aux cochons, aux cochonnes pardon, mais perso, comme disait Dado, je m’en bas les steakos !

Je ne l’aime plus d’amour fou, j’ai rompu. Ok. Mais il parait qu’un grand homme doit faire preuve de mansuétude. Sommes nous si grands ? Est il si petit ? Sommes nous si irréprochables ? Bien sûr que non. Combien d’entre nous ont-ils retourné leur maillot sur Cavani (Avec Mellot on a les noms t’inquiète) ? Combien se sont désabonnés après la Remon… (impossible de l’écrire entièrement) ? Combien de fans, anciens ou nouveaux, ont mis un gros coup de canif dans leur contrat de mariage avec le club après ManU ?… On leur pardonne bien sûr, on se pardonne… Encore plus facile ! Alors pourquoi faut-il aussi absolument pardonner notre numéro 10 ?

C’est simple : Si le pardon ne change pas le passé, il élargit les horizons du futur ! (C’est pas de moi hein).

Car c’est bien de notre futur dont il s’agit et de ses perspectives. Il faut continuer de soutenir le club dans sa dynamique, on s’en balek de Ney, ça le dépasse, le défoncer, le siffler pendant un match, lui donne finalement trop d’importance (Et puis on ne siffle pas nos joueurs merde… à part bien sur Madame Kezman tatataaaan… ). Tout ce qui peut influer sur la force de l’équipe est à prendre en considération. Neymar peut nous aider sur le terrain et pour ça il faut qu’il soit à 100%.

C’est important pour nous, pas pour lui, pour nous ! Pour aller un jour barber le Youkounkoun, il ne faut pas de rupture, le moins possible d’arythmie, un accompagnement de club de très haut niveau. Chaque détail compte pour aller tout en haut, pour passer des tours en LDC. Les grands clubs nous narguent avec leur culture de la gagne, avec leur vantardise de machine de guerre, ils ne laissent rien au hasard, eux. Le Barça camoufle en permanence les caprices de Messi, Perez encaissait les humiliations de CR7 envers l’institution. Ils ravalent très souvent leur fierté pour construire leur légende.

De ce fait, l’état d’esprit du Ney sur le terrain est un ingrédient important au succès de notre club ! Le crack a craqué, c’est triste mais c’est son problème, ça ne doit pas devenir le nôtre. À nous de trouver la solution pour continuer de grandir.

Remettons-lui la tête à l’endroit, difficile je sais, quand on a le cœur à l’envers. Mais je pense sincèrement que c’est dans notre intérêt.

Soyons plus ambitieux, soyons tactiques, soyons malins ! Soyons à notre tour des petites putes, de belles salopes, de gros bâtards ! Car oui, messieurs, en le flattant, ou juste en ne le sifflant pas, c’est en réalité notre cause que l’on sert, pas la sienne.

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Niro

Oh! Hisse Enfoirés !

Le sujet est douloureux. Prenons donc de la hauteur, ne restons pas coincés sous la ceinture. Ouvrons-nous, si ce n’est l’arrière-train, au moins l’esprit. L’éradication de la culture populaire du football au sein des tribunes les plus actives est en marche, mais des alternatives sont certainement possibles. Il suffit de se pencher pour les voir, mais faut-il encore le vouloir. Arrêtons de sortir la tapette à supporteurs,
et instaurons un dialogue constructif, à défaut d’être courtois.


Enculé-ée (nom) : Terme injurieux pour marquer le mépris que l’on a de quelqu’un. Enculer (verbe transitif) : Pratiquer sur quelqu’un le coït anal, sodomiser. Ces définitions sont extraites du dictionnaire Larousse, précisant préalablement que le lexique employé est à qualifier de vulgaire. Il n’y est pas fait mention d’une quelconque homophobie avérée, mais il est convenu que ce terme est régulièrement utilisé dans le langage usuel comme une injure stigmatisant les pratiques sexuelles d’hommes gays. Toutefois, régulièrement et largement ne signifie pas systématiquement et incontestablement.

Arrêtons les postures. Des deux côtés du terrain. Non, mesdames et messieurs les Ministres et Secrétaires d’Etat, « On t’encule » n’est pas uniquement une phrase homophobe, mais une pratique totalement assumée par un grand nombre de couples hétérosexuels. Non, messieurs et mesdames les supporteurs, « les marseillais sont des pédés », chant qui résonne parfois dans nos travées, n’est pas une phrase au sens anodin. Même si le message chanté collectivement à l’unisson d’une tribune n’est pas volontairement et individuellement homophobe, le sens sous-entendu de ces paroles peut évidemment prêter à confusion. Arrêtons de toute part les hypocrisies et les tentatives d’échappatoires. Les deux sujets homophobie et ultraphobie sont trop sérieux pour être laissés au monopole des médias sensationnalistes, des politiciens opportunistes, et des supporteurs les plus intransigeants.

La stigmatisation et la répression à outrance comme pain quotidien ? Sur ce plan là, les supporteurs n’ont rien à envier à d’autres groupes discriminés. L’acharnement des politiques et des décideurs divers n’a d’équivalence que leur méconnaissance de leurs dossiers et leur empressement à les résoudre sans discernement préalable. Il semble aujourd’hui en France que la libre circulation de leur pensée unique et obtuse est plus aisée que la libre circulation de certains de leurs citoyens, ces hommes et femmes de seconde zone que nous appelons « supporteurs de football ».

Pénétrons notre sujet en profondeur, au lieu de le tutoyer vulgairement sans le considérer convenablement. Puisque le dialogue entre autorités bien-pensantes et le bas peuple semble difficile, voire impossible, passons par la porte de derrière et amenons le propos sur un plan historique, du passé, au présent, et pour construire notre futur. Pointons des considérations sociales et comportementales, autres que de simples caricatures d’homophobes, qui il faut bien l’avouer sont stériles et oserai-je le terme, diffamatoires.

La première interrogation est de comprendre pourquoi des chants pouvant être connotés comme homophobes sont légions dans nos stades ? Dès le XIXème siècle la pratique sportive fut encouragée et considérée comme un élément indispensable de l’éducation en général et de l’épanouissement physique en particulier. Le culte du corps, la recherche de la performance, la preuve de la virilité, le tout promu comme une affirmation individuelle et collective. Des hommes forts feront de bons maris, et si guerre il y a, de braves soldats. L’homme à l’orientation homosexuelle est dans ce contexte parfois marginalisé et moqué. L’homophobie est sous-jacente, ouvertement volontaire ou sournoisement dissimulée. En parallèle le sport de haut niveau est devenu un spectacle, d’abord de foire avant d’être de salon. Les spectateurs y expriment leur partialité. Ils sont avides de domination, territoriale et physique. En résumé à ces différentes données historiques, on peut dire que l’autorité et la puissance masculine était alors prônée comme pilier de la société.

Les temps changent. La période actuelle est plus féminine, si ce n’est dans les faits, du moins dans les esprits. Les mœurs, les comportements et les discours se féminisent. La virilité masculine est remise en cause. Elle se cache parfois. Elle exulte d’autre fois. Elle est bien souvent surjouée. Il n’est pas surprenant dans ce contexte qu’elle cherche à s’exprimer de façon ostentatoire. Les stades représentent pour cela un sanctuaire idéal, et jusqu’à peu, quasiment préservé. Le supporteur de base n’est pas homophobe. Il se veut viril et agit de façon primaire, dans cette tribune qui lui sert d’exutoire. Il ne s’encombre pas de faux-semblants. Il s’exclame avec grivoiserie et grossièreté. Il s’exprime au premier degré mais assume plus vraisemblablement le second. Là est sa seule ambiguïté.

Ce débat sur l’homophobie dans les stades ne doit pas et ne peut pas être discuté sur l’unique prisme de l’anti-homosexualité. D’une part car cela serait réducteur et peu utile, hormis pour que nos politiciens gagnent quelques points dans les sondages, et surtout parce que ce sujet fait partie d’un ensemble plus large aux enjeux économiques et sociétales bien plus impactants : la transformation des stades en enceinte ultramoderne et aseptisée, miroir des villes et des pays dans lesquels ils s’insèrent. Le sport n’est plus le simple défouloir des masses populaires, il est devenu un spectacle à destination des familles consommatrices dans lequel toute aspérité doit être retirée. L’inspiration contemporaine se veut propre, tendance et cosy. Le discours se certifie bio, la façon de penser et d’agir éco-responsable. Le tri sélectif est à la mode. Les supporteurs n’échappent pas au grand nettoyage. Ils en sont même les cobayes, les premières victimes, les précurseurs des lois restrictives et liberticides.

Hier les supporteurs, aujourd’hui les migrants ou les manifestants, qui seront les prochains ? Ma digression peut surprendre. Beaucoup la trouveront exagérée et ridicule, elle n’est pourtant pas si absurde. Pour celui qui veut bien ouvrir les yeux et sortir de la tribune, il lui sera possible de comprendre que l’enceinte d’un stade n’est qu’un laboratoire procédural. Il apparaît aussi difficile que capitale de ne pas suivre la ligne droite imposée par l’instant médiatique et dessinée par nos élites, comme une diversion pour ne pas affronter les vrais problèmes de notre société malade.

Sans tomber dans la paranoïa ou la victimisation, il est opportun de se demander pourquoi les supporteurs sont ainsi la cible privilégiée des conformistes avides d’éradication ? Comme si les tribunes des stades de football avaient le monopole des propos injurieux ou tendancieux. Les réactions semblent moins virulentes, si ce n’est inexistantes, pour les insultes omniprésentes dans notre quotidien, comme par exemple sur les réseaux sociaux, sur les terrains de sport, dont ceux de Ligue 1, ou bien même dans les cours d’école. Pourquoi un tel intérêt soudain alors que cette problématique existe depuis des décennies ? Il ne s’agit pas d’une découverte du dernier été. Ne soyez pas surpris, je n’ai pas les réponses à ces questions.

Puisque certain(e)s veulent se concentrer uniquement sur les supporteurs, absorbons le dans son intégralité. La libre interdiction s’avère être le leitmotiv. Alcool interdit. Fumigènes interdits. Interdiction de se lever dans la majorité des tribunes. Libre-circulation bafouée sous des prétextes souvent douteux. Des arrêtés préfectoraux et ministériels ubuesques en veux tu en voilà. Ne doutons pas que les banderoles et toute autre forme d’expression seront bientôt elles aussi prohibées ? Les vrais débats sont là, et j’en oublie certainement. Existent-ils vraiment ? Des tables rondes réunissant tous les acteurs sont-elles instaurées ? Des dialogues constructifs sont-ils mis en place ? De véritables concertations avec comme finalité le soucis de trouver un compromis et des solutions sont-elles proposées ? Bien au-delà des chants pouvant être tendancieux et homophobes, sujet certes existant, les problématiques liées aux tribunes françaises sont bien plus vastes, et tout aussi structurantes. Mais qui s’en soucie ?

Certaines associations de défense des supporteurs sont très actives sur ces sujets, soumettant régulièrement des initiatives et recherchant le dialogue. Certains parmi les instances et quelques interlocuteurs gouvernementaux leur prêtent l’oreille, écoutant leurs revendications, leurs arguments et leurs propositions. La réussite d’une collaboration constructive entre les acteurs et les décideurs passera par l’instauration permanente de ces échanges et par la recherche de véritables réponses dénuées de toute démagogie. Malheureusement, une poignée de politiciens, appuyés par des journalistes et des consultants complaisants, préfèrent toutefois prôner l’usage direct du bâton et des menottes plutôt que d’instaurer des préliminaires qui seraient pourtant plus agréables pour toutes les parties.

Interdire d’abord. Réprimer ensuite. A moins que ce ne soit l’inverse. Sur-réagir finalement pour mieux expliquer l’interdiction et légitimer la répression. Imposer un discours autoritaire semble être leur sport préféré. Discriminer pour mieux régner. Ce comportement me paraît être faussement viril. La question est de savoir, à la fin de la partie, qui se sera fait sodomiser ? Sans dialogue et consentement préalable, ne poussons pas l’affaire jusqu’au viol. L’agression n’est certes pas physique, mais ne négligeons pas les séquelles psychologiques et intellectuelles. Et même pris à sec, il faudrait que les supporteurs restent calmes, impassibles, et sans réaction. Ne poussons pas le bouchon trop loin.

Stop à l’homophobie.
Stop à la démagogie.
Stop à l’ultraphobie.

La Haine n’aura jamais le dernier mot.


Benjamin Navet

10 Nuances de Ney
(Ou la vérité, toute la vérité sur Neymar)

À 3 jours de la clôture du mercato,
JR essaye de percer le mystère Neymar.
Pourquoi quitter Paris, pourquoi alors qu’on a tout fait
pour en faire un roi ?
Voici 10 raisons plausibles.


1: Neymar souhaite quitter Paris mais cela n’a rien à voir avec le football. Anne Hidalgo lui avait promis de construire une seconde Tour Eiffel avant fin 2020, du côté du Bois de Boulogne (notre enquête n’a pu déterminer les raisons exactes du choix de cet emplacement). Neymar, ni con ni amnésique, ne voyant aucun travaux enclenchés, a préféré quitter le club de son cœur. Tout homme d’honneur en aurait fait autant. Nous noterons au passage la radinerie écœurante de la maire de Paris. D’après nos calculs, une nouvelle Tour Eiffel n’aurait pas coûté plus de 270 millions d’euros aux contribuables. Tragique. La France ne sera jamais un pays de football.

2: Neymar veut quitter Paris parce qu’il est amoureux de Lionel Messi. Le petit argentin, réputé très jaloux et très possessif, aurait posé un ultimatum au brésilien : Tu reviens ou c’est fini !!! Il faut rappeler aux plus jeunes que les vraies raisons du départ de Neymar voilà deux ans étaient liées à une brève (mais intense) liaison entre Neymar et Piqué. Messi les avaient surpris dans son jacuzzi, se léchant mutuellement la glotte sur fond de Shakira. Deux années ont donc passé et Lionel a pardonné. Bientôt un bébé ? À suivre.

3: Neymar veut rester mais quand il a vu que Bernat avait une bite deux fois plus grosse que la sienne, il s’est d’abord évanoui dans les vestiaires avant d’hurler au moment d’être glissé dans l’ambulance, le visage déformé par une sorte de frayeur digne de Lovecraft : « Bernat testa jogado con la parao bué jogado !!! » (Ce qui, traduit sobrement, signifie « Bernat est un poney, je joue avec un poney !!! ». Malgré deux séjours en maison psychiatrique et deux concerts privés de David Guetta, aucune amélioration. Neymar ne peut plus croiser Bernat. Que faire ? Virer Bernat ? Impossible ! Cela obligerait Kurzawa à jouer. Alors ? Et bien, Neymar s’en va. Ici c’est Paris !

4: Neymar n’est pas Neymar. C’est en fait Fabrice Fiorèse qui a fomenté la plus terrible des vengeances. Un soir de déprime, Fabrice, en chaussons dans son salon, regarde le dvd de Fantomas. Ses migraines le reprennent. Il tente de s’écraser la tête à l’aide de ses paumes. Il se précipite sur son flacon de pilules. Une blanche et une bleue. Les mêmes images traumatiques l’envahissent. Il est tout nu sur le vieux port, il porte juste un slip PSG. Et les gens le regardent, menaçants… Il se réveille en nage et n’ose plus se rendormir. Un orage éclate. Fabrice hurle. Avant d’exploser d’un rire dément qui aurait même glacé le sang de Carlos Moser. Fabrice sait, il a trouvé ! Comme fantomas, il se grimera et bouleversera le monde ! Après avoir enlevé et liquidé le vrai Neymar (ce crime aurait été commis avec l’aide de Frédéric Dehu mais aucune preuve ne permet à l’heure actuelle de le confirmer), Fabrice passe à l’attaque. Sa vengeance sera complètement aboutie quand il parviendra, dès 2020, à forcer le barca à le revendre pour 1 million d’euros à l’om. Un sacerdoce fait homme !

5: Neymar s’en va parce qu’il a toujours été plus Hilton que Paris.

6: je propose de vendre Neymar 800 milliards + 1 joueur: Messi.

7: je propose de vendre Neymar 50 euros + 4 joueurs: Dugarry, Digne, Umtiti et l’arbitre de la remontada.

8: je propose de garder Neymar puis de racheter Ibra, de lui dire 300 fois dans le jet qui le ramène à Paris que Neymar l’a traité à maintes reprises et en public de tapette en kit. High kick au premier entraînement. Oreille gauche arrachée. Low kick enchaîné : un bruit de Rice Crispies plus tard, cheville en miettes, carrière terminée pour miss Santos. Un drame que Lars Von trier adaptera merveilleusement au cinéma avec José Garcia dans le rôle de Neymar et grand Corps Malade dans celui d’Ibra. Succès planétaire et Oscar du meilleur second rôle pour Bernat, qui prouve ainsi qu’il n’est pas que virilité et buts cruciaux les soirs européens.

9: Stéphane Guy, quand il ne balance pas en direct aux autorités compétentes les ultras qui chantent dans les tribunes ou qui allument des fumis, a une autre passion. Comme Minos, le blond borgne et psychopathe de Peur sur la Ville, il adore harceler les gens au téléphone. Enfant, il avait développé ses talents en usant l’annuaire. De A à Z. De Z à A. Un jour, certains disent un samedi, à la mi-temps d’un PSG-Dijon, Eric Carrière part faire pipi. Stéphane le remarque tout de suite : le frêle nantais a laissé sur la table son téléphone connecté. Stephane salive, murmure en bavant maintenant des onomatopées qui, pour une personne non initiée, pourrait le faire passer pour le dernier des gogols. Détrompez vous. C’est le Stéphane Guy du téléphone qui se réveille. Le harceleur démoniaque. Stephane fait défiler les contacts, il transpire, même un petit début d’érection si l’on regarde bien. Soudain, la lettre N. Ça défile encore. Bingo Le numéro de… Neymar. Stéphane jubile. Il le note. Vivement ce soir, vivement cette nuit se dit-il, alors qu’Eric explose de joie sur l’égalisation dijonnaise. 257 895 coups de fil anonymes et terrifiants plus tard, Neymar décide d’arrêter le football et d’aller s’installer dans une zone blanche. Merci qui?

10: Neymar va partir parce qu’il est raëlien. Et comme tous les adeptes de cette secte vraiment en avance sur son temps, il a reçu le courrier du 23 avril 2019 les informant qu’une météorite allait frapper la région parisienne avant le mois de novembre de la même année. Il a bien tenté de prévenir ses coéquipiers lors de la seule mise au vert de la saison, avant un crucial Metz-PSG. Peine perdue. Il n’a récolté que rires des joueurs, à l’exception notable de Thiago Silva qui, à l’annonce de ce caillou tueur venu de l’espace, s’est isolé pour verser une larme, regards embarrassés de Tuchel et petite tape sur les fesses de Leonardo qui lui glisse à l’oreille: « En fait, tu vas pas aller à l’anniversaire de ta sœur, tu as vraiment besoin de repos, Ney. » Seule la foi sauve.


Jérôme Reijasse