Je pars d’un constat : cela fait quelques années qu’au niveau européen,
l’équipe 1ère n’y arrive pas. Est-ce que quelque part, il n’y a pas un manque d’identité. Est-ce que cela peut venir de ça ? C’est une réflexion, je me pose la question.
J’ai envie de parler de l’identité PSG, particulièrement au niveau de la formation. Le centre de formation, c’est là où doit battre le cœur du PSG. Il y a quand même depuis quelque temps des garçons qui apparaissent au plus haut niveau : Alphonse Areola, Presnel Kimpembe en équipe de France, champions du monde. C’est magnifique. Pour moi, Presnel Kimpembe a tout pour être un titulaire indiscutable à Paris, au même titre que l’est Kylian Mbappe.
Maintenant, quand on regarde la formation. Autant l’équipe professionnelle domine la Ligue 1, autant chez les jeunes, ce n’est pas le cas*. Il y a quelque chose qui m’interpelle. Au niveau des éducateurs, il y en a très peu qui ont joué au PSG. Est-ce une volonté du club ? Sûrement. Depuis cet été, il y a Thiago Motta, qui fait ses classes avec les U19. A court terme, il sera amené à diriger une équipe 1ère d’un grand club. C’est un grand entraîneur en devenir.
Hormis Thiago Motta, c’est peut-être un peu vintage de dire ça mais : l’amour du maillot, est-ce ça veut toujours dire quelque chose ?
Thiago Maestro (c) Panoramic
Je ne sais pas comment cela se passe, mais quand je vois l’organigramme de la formation, je me dis : où sont les anciens joueurs ? Il y a eu Jean-Luc Vasseur qui était resté des années (2002-2011), Antoine Kombouaré, Laurent Fournier avec la CFA… Il n’y a pas, comme on le voit dans la plupart des grands clubs, beaucoup d’anciens pros qui sont à la tête des équipes de jeunes. Ils contribuent à animer l’esprit club.
Attention, je ne dis pas mettre des anciens pour mettre des anciens. Le critère n°1, c’est la compétence. Mais je me dis qu’à un moment, cette identité club, elle doit s’inculquer, se transmettre dès le plus jeune âge. C’est peut-être ce petit supplément d’âme en plus, qui préservera, renforcera l’identité PSG, qui n’y est peut-être plus vraiment, ou plus comme avant.
Quand je dis formation, je ne parle pas uniquement de la CFA, je parle des U15, U17, U19… Une identité, cela ne se crée pas en un an. Aujourd’hui, un jeune au PSG : à 17, 18 ans, il doit être prêt à jouer en équipe 1ère. Il doit avoir appris à gagner. Son envie de gagner des titres avec le club, elle doit être plus forte que tout. Avoir le club dans la peau, cela transcende. Si 3-4 jeunes du centre de formation arrivent chez les pros avec cette rage, ce dynamisme. S’ils ont quelque chose dans le cœur, cette envie en plus… C’est bénéfique pour tout le groupe.
Je ne dis pas que le PSG gagnera la Ligue des Champions uniquement grâce à son approche de la formation, mais le PSG, c’est un tout. La formation, les supporters, les joueurs, les éducateurs, les bénévoles… Toutes ces choses mises bout à bout, c’est, peut-être, ce qui pourrait faire basculer Paris du bon côté.
J.M. Pilorget, 4ème à droite, debout. PSG 1975. (c) Panoramic
Gagner la C1, ce n’est pas qu’une question d’argent. Ce n’est pas non plus un problème de coach puisqu’on a vécu des scénarios identiques, avec des coaches différents. Le souci est ailleurs. La formation ? Certains vous diront que ce n’est pas une priorité. Un détail ? On sait que dans le football, cela se joue sur des détails. La formation, c’est plus qu’un détail. C’est un état d’esprit. Un esprit club. C’est l’identité PSG.
Je suis né à Paris, j’ai rejoint le PSG en 1974 à l’âge de 16 ans, c’était le tout début du centre de formation, rien à voir avec aujourd’hui (sourires). On était formés sur le tas, on était logés au foyer des immigrés d’Achères. J’ai un super souvenir de mon 1er éducateur au PSG, l’entraîneur de la réserve. Il m’a énormément apporté en très peu de temps. Jean-Louis Léonetti. Un ancien joueur du PSG, un mec hyper atypique, qui m’a transmis plein de messages d’une façon qu’il ne peut même pas imaginer. « Aies confiance en toi », « N’aies peur de rien », « Ce n’est pas parce que tu es jeune que tu ne peux pas percer ». Il avait perçu en moi une forte personnalité, il m’a dit « montre- la » dans le sens affirme toi, pas dans le sens de prendre la grosse tête. Son message, c’était : humilité et caractère. A 17 ans, on m’a lancé avec les professionnels (PSG-Reims), ensuite je ne suis plus ressorti de l’équipe. Jean-Louis, merci à toi.
Je n’ai pas honte d’avoir annoncé à Xavier, après notre naufrage mancunien,
que je n’écrirai plus sur le PSG. Je n’ai pas honte parce qu’à ce moment précis,
rien n’était plus vrai. Mon coeur saignait, mon fils pleurait, mes poings hurlaient leur envie de détruire ce souvenir douloureux d’une énième humiliation européenne.
Je savais que la mémoire jouerait son rôle de salope éternelle, que même dans dix ans, le temps d’un éclair, je repenserai à cette défaite terrible et qu’un serpent de glace lécherait ma colonne vertébrale. Que ce 1-3 impossible, ce pénalty offert par l’UEFA dans les ultimes minutes, ces textos de connards, dès le coup de sifflet final, se permettant de rire de ma déchéance, feraient office de nouveaux tatouages atroces. Textos que je n’oublierai pas, jamais, et qui appelleront, plus tard, quand j’estimerai le moment venu, des représailles. Il faut être une vraie chienne pour piétiner la passion alors même que les larmes coulent encore. Un sans coeur. Une bête contemporaine, qui respire à coups de tweeters assassins, de vannes cruelles, apathie des profondeurs.
La Ligue des Champions est morte, encore une fois. Elle n’en finit plus de crever cette pute. Année après année. Les trois jours qui ont suivi, je n’ai plus vécu. Téléphone éteint, télévision éteinte, âme en berne. Plus de fric, plus de taf et cette mascarade au Parc, en direct, avec mon fils qui a de l’espoir plein les yeux, avant la chute, ses tremblements, mes cris et mes pleurs, ma rage explosive, là, au beau milieu du salon, cette haine pour nos joueurs et leur suffisance, leur peur de puceaux, leur gastro des grands soirs réactivée.
Le samedi suivant, au réveil, je repense à cette discussion lors du dernier repas avec les fidèles de Virage, dans un petit restaurant du 19ème arrondissement. Quelques jours avant la catastrophe. La grande majorité des présents fanfaronnait, se demandait quel serait l’adversaire idéal en quart. Moi, toujours frileux, pas dupe, n’oubliant pas que le PSG est d’abord et avant tout un club maudit, je jouais la carte de la prudence : « Faîte gaffe les mecs, il y a quand même ce match retour au Parc à jouer avant de… ». Je rappelais l’importance de l’ADN en football. Qu’un club comme Manchester, même diminué, même sans Ferguson, ne tomberait pas sans lutter. Et qu’il allait falloir livrer un dernier combat, âpre, sanglant, malgré ce zéro% de chance de qualification pour les Reds, d’après les professionnels de la statistique.
Voilà. On y est, une nouvelle fois. Défaits, piteux, misérables, pathétiques. Avec ce goût de cendre dans la bouche, cette sensation vertigineuse que nous n’y parviendrons jamais. Je devrais avoir honte. Je veux quand même ici préciser une chose qui me semble primordiale : Je suis un homme de championnat. J’aime ces matchs souvent décevants, poussifs, ces rendez-vous hebdomadaires, ces week-ends franco-français. Peut-être une conséquence de mes nombreuses années passées en tribunes au Parc. Oui, Sedan, Toulouse, Montpellier et tous les autres sont et restent mes ennemis préférés. La LDC, c’est autre chose. Une kermesse entre riches. Avant, l’Europe, c’était une odyssée sans filet, quelque chose de sacré et de rare.
Aujourd’hui, c’est un concours de bite truqué, tronqué, avec la mafia catalane, munichoise et madrilène aux manettes. C’est l’Eurovision des footix, le désir médiatique de s’offrir en finale un affrontement Messi-Ronaldo. Du Marvel avec des crampons. Avec le VAR, cette invention résolument satanique, offrant aux favoris une garantie supplémentaire d’aller jusqu’au bout. Le bras de Kimpembé, le pénalty de Ronaldo, la simulation de Suarez… On ne prête qu’aux riches, évidemment. Aux vieux riches. Cette Europe moisie et sûre de ses privilèges. Qui préfèrera toujours l’argent occidental à l’oriental. Sale.
Il suffit de regarder ces dernières années les tirages au sort, qui reçoit au match retour, qui bénéficie des services zélés de l’assistance vidéo… C’est écœurant, prévisible, risible.
Je refuse d’abdiquer. La LDC reviendra l’année prochaine. Nous lutterons. Tuchel luttera, s’il reste. Il faut qu’il reste. Nos joueurs feront peut-être de grands matchs. Il leur faudra soumettre des clubs historiques pour rêver plus haut. Marquer beaucoup de buts pour empêcher l’arbitrage de jouer son rôle de fossoyeur coupable. Nous verrons bien. J’espère simplement que cette déroute aura au moins permis aux couillons parisiens obnubilés par la seule victoire, de comprendre que la LDC est un mythe, un leurre, un caprice d’enfant gâté. Il y a vingt ans, j’aurais tué pour être champion de France. De dérouiller l’om au vélodrome suffisait à mon bonheur. De battre Sochaux pour rester en Ligue 1 également. Et là, il faudrait que la LDC soit ma seule quête, mon unique désir ? Non.
Je manque peut-être d’ambition. C’est ainsi. Je ne suis pas un libéral décomplexé. Je crois que l’appartenance reste la valeur suprême. Aux étoiles sur notre maillot, je préfère les tifos impertinents déployés en tribunes, les chants fédérateurs, les vannes impitoyables, les fumigènes de brume, les passes géniales et inutiles d’un Pastore. Les larmes acides, les solitudes hurlantes quand l’échec frappe à ma porte. Cette volonté ardente de gagner la LDC chez les supporters de Paname relève avant tout d’une offensive marketing lancée par le Qatar depuis son arrivée, si on s’avoue les choses. Depuis quand le fric suffit-il à soulever la coupe aux grandes oreilles ? Depuis quand le supporter parisien ose-t-il péter plus haut que son cul ? Bien sûr, cette sensation de gâchis total ce mercredi soir terrible était bien réelle, elle me dévore encore à l’heure où j’écris ces lignes.
Mais elle est une muse trompeuse, une fausse piste, un aveuglement ridicule dans l’absolu. Dans ma télé, que j’ai finalement rallumée, des crampes au bide, j’entends un ancien pote de Tapie raconter des histoires d’arbitres corrompus, de bouteilles empoisonnées, de petits arrangements entre amis… Je me dis, en ricanant intérieurement, que si ça se trouve, Milan et Tapie ont peut-être échangé des mallettes à l’époque. Une étoile cousue sur un maillot, ce n’est pas que du sang, de la ferveur et de la sueur. C’est encore autre chose, quelque chose que moi, petit supporter anonyme, ne pourra de toute façon jamais maîtriser.
C’est en lisant la longue interview de Viola sur le site de Virage que j’ai pu dépasser ma douleur. Et accepter que toute cette merde, quoi que j’en pense, m’accompagnerait jusqu’à la fin. Parce que j’ai choisi, il y a longtemps. Parce que le PSG, même horripilant, décevant, frustrant, dégoûtant, même emmené par des joueurs mercenaires, apatrides, cyniques et cyborg, reste le Club que j’ai choisi d’aimer pour toujours. C’est aussi grâce à mon ami Paco que j’ai vaincu cette tristesse cannibale. Le week-end d’après le déluge, je l’ai aidé à déménager l’appartement de ses parents, en banlieue. Ces quelques heures loin du tumulte, ces quelques vannes échangées entre deux cartons, m’ont aidé, oui, à écraser la honte et la frustration. J’ai imaginé mon fils, après ma mort, retrouver mes maillots, mes écharpes, mes cartes d’abonné. Je l’ai vu ému, tendrement ému, se souvenant de tous ces matchs que nous avions traversés ensemble. Et j’ai compris que c’était ça qui importait. Pas les scores ni les trophées mais, je le répèterai encore et encore, l’appartenance. Ce choix viscéral, indiscutable, définitif. Et je me suis senti mieux.
Hier soir, Angel Di Maria a illuminé nos coeurs brisés. Une passe décisive après deux contrôles sublimes, un but en solitaire et formidable, un coup franc spatial. Mbappé, égoïste comme tous les enfants, aurait dû le laisser tirer le pénalty, lui offrir son triplé mais bon… « Balotelli est une salope » chantaient en choeur, goguenards, les kops. Et moi aussi, depuis mon canapé et devant le regard à la fois amusé et atterré de ma femme. Balotelli qui, apparemment, avait prévu de revêtir un masque de Rashford en cas de but et qui a exhibé cette étoile qui n’est pas la sienne avant de quitter la pelouse. Marseille ne jouera pas la ligue des champions l’année prochaine. Un peu grâce à nous. Stéphane Guy a encore passé une soirée épouvantable, malgré ses commentaires partisans et son ironie de comptoir. Je m’en contenterai. PSG4LIFE.
Ne secouez pas cet homme, il est rempli de larmes. J’ai vu ton visage mon frère et pour la première fois je n’ai pas pu soutenir ton regard. Je l’avoue je n’ai pas pu ajouter ta peine à la mienne car la mienne débordait déjà. Mais dès demain je viendrai te relever en espérant que tu acceptes la main que je viendrai te tendre. Car dès demain je me réconcilierai avec la violence de ma déception, de ma désillusion, la violence de voir mon fils pleurer à Auteuil entouré de mes amis, la violence de l’espoir que j’avais mis en cette équipe.
Je crois que c’est d’ailleurs à l’intérieur de cet espoir que la violence se cache. Je ne laisserai plus personne me raconter des histoires, me dire que nous sommes les plus forts, que nous allons marcher sur l’Europe, que nous devons rêver plus grand. Je vais revenir à la base. Mon amour est une armure, mon ambition une robe de dentelle. C’est elle qui est salie, traînée dans la boue, déchirée, c’est elle qui me fragilise…
Mon armure, elle, elle encaisse les coups. Je souhaite revenir au plus simple appareil, l’amour d’être derrière son club quoi qu’il arrive. Ôter ce désir absolu de triomphe qui éparpille, cette coquetterie superficielle qui détruit. Se remettre la tête et le cœur à l’endroit. Se remettre à respecter le foot en acceptant les incertitudes d’un sport qui nous submerge d’émotions folles.
Je le sais depuis hier, espérer à tout prix que l’on gagne un jour la ligue des champions me fait perdre la tête, les fables me plongent dans un tourbillon précaire, les promesses me blessent. Je me trompe de chemin, l’important ce n’est vraiment pas la destination c’est le voyage. Chaque étape est marquée par le passage de gens qui s’invitent. Je les accueille et je les accueillerai avec plaisir mais je n’écouterai plus leurs histoires…
Je n’écoute à présent plus que mon cœur battre au rythme des tambours. Les cheiks, les chèques, l’échec ce sont des épisodes, des épiphénomènes. D’autres viendront et repartiront, leurs ambitions avec. La LDC viendra elle aussi un jour sûrement, je l’espère, en attendant je n’aurai qu’une ambition, aimer mon club d’un amour fou !
Ici c’est Paris les frères, jusqu’au dernier chant, jusqu’au dernier souffle.
Elles sont là, dans ma tête à battre mes tempes, ces deux mi-temps.
Impossible de dormir. Perdu d’avance. Il est une heure onze et je continue
à tourner en rond et dehors il pleut alors qu’on prétend que
c’est bientôt le printemps, le temps des amours.
Le mien s’éteint paisiblement. Comme en fin de vie. Dernier soubresaut dans la nuit et puis la ligne droite, tuuuuuut dans les oreilles comme une paire d’acouphènes. PARIS, C’EST FINI.
Paris, c’est fini. Et dire que c’était le club de mon premier émoi, ce qui a fait que je suis moi. Moi qui dis aujourd’hui que c’est fini. Moi qui dis qu’après tout ça, après vingt ans à vingt mille lieues sous la merde, à penser, vivre, être PSG et surtout quand tout le monde était olympique… Lyon ou Marseille, c’est pareil, la culture win, south winners au bakchich malin et ligue de l’OL façon tapin sur twitter, qui gratte ses titres en vendant ses fesses à la bourse. La bourse, toujours la bourse, c’est ce qui nous aura encore manqué. Certaines sont molles, même si on voudrait croire que le problème c’est la chatte. Celle des autres, jamais la nôtre. De couilles donc, toujours pas. Et plus jamais. Car c’est là que le bas-résille blesse. Le tibia-péroné de Demba Ba est encore là.
On a jamais su emballer. Et à la vérité, Paris ne me fait plus bander. C’est passé. Plus moyen de rallumer la flamme. Ce serait forcer la mi-molle. Paris m’a trompé une fois de trop.
Trompes-moi une fois shame on toi, trompes-moi deux fois, shame on… etc.
Je n’avais que La Corogne à la bouche la dernière fois. Ce soir, comme tout le monde, je n’ai plus rien. Et tout est bien qui finit bien. Paris ne m’aura pas eu. Pas pour toujours. Paris ne m’aura pas fait vivre un lent cauchemar, une vie entière dans le noir à broyer les projets de départ par peur du vide. Maintenant je n’ai plus peur du vide que laissera Paris dans ma vie, plus peur de ce que j’ai moi aussi dit cent fois, que c’est justement dans ces moments là… Je n’ai plus peur de perdre le rythme, de perdre le fil, de perdre le contact. Je n’ai plus peur de débrancher cette passion sous amour artificiel. Plus peur de ceux qui diront qu’après tout il y a des choses plus graves, plus peur des plus hostiles qui disent toujours que ce n’est que du foot. Je n’aurai plus peur de ces buts assassins, avant chaque printemps, qui tuent nos petites fiertés comme on tire des lapins. Sans même avoir à forcer leur destin. Car le destin à vrai dire n’y peut rien. Paris connaissait déjà le sien.
Et d’ailleurs ce n’est même pas un drame. Juste un énième coeur brisé par une bonne étoile en carton. Après ça, certains renoncent aux dames. Moi je renonce aux petits princes qui depuis des années n’ont plus d’âme. Le fameux coeur brisé avec les doigts, ces doigts planqués à bout de bras par Kim. Car le sort à voulu que ce soit lui qui nous condamne. Parfait, j’aime autant que ce soit un ami qui m’annonce la fin des temps.
Vingt ans. D’une coupe du monde à l’autre. J’échangerais volontiers les deux contre un peu de temps additionnel au Parc pour dire Adieu. Je n’en ferai pas toute une histoire, la mienne s’arrête là.
Désormais, je jubilerai en secret. En serrant fort contre moi le souvenir de Ronnie et Pauleta, le but et la moustache de Vampeta, la toute première frappe de Monsieur Okocha ; je retiendrai Rothen, Sorin et Laurent Leroy, je me souviendrai même d’Heinze pourquoi pas ; et puis de Robert, Christian et Jérôme Leroy ; je n’oublierai jamais Sakho, Mendy et Papus Camara. Et puis Partouche, Sankharé, Maurice et Arnaud, N’gog, Abriel, Ogbeche, Sakho et même Anelka… Tous ceux-là. Tous ceux qui ont grandi avec moi. Mes faux espoirs. Reste Presko, mais ce sera sans moi. Car si je continuerai à vénérer Diané, je ne donnerai plus mon temps à ce PSG.
J’aurais voulu partir sur une victoire comme Carlo. Mais j’étais fait pour la défaite comme la bande à Marco. Simone n’est plus de la fête. Batman nous a oublié depuis belle lurette. Et de toute façon, tout ça c’est dans la tête.
La triste soirée d’hier restera une déroute / désillusion historique soulignée par le fait qu’elle se soit déroulée au Parc dans un contexte pourtant si favorable.
Alors que s’accumulent les commentaires déçus au regard des noms des qualifiés, il est important de rappeler un fait : nous avons été éliminés par l’équipe B d’un second couteau convalescent au sein d’un championnat surfait… Nous n’aurions, ainsi, jamais dépassé le tour suivant que ce soit face à Tottenham, l’Ajax ou Porto.
Silva a, par son attitude (et ses passes latérales) en seconde mi-temps, signifié à ses coéquipiers qu’ils ne devaient pas se livrer.
Cette attitude suicidaire pour une équipe habituée à bousculer ses opposants était la garantie du scénario catastrophe et les entrées trop tardives de Meunier et Paredes ont laissé le capitaine s’enliser dans ce rôle…
Pourquoi ne pas avoir fait preuve de la même nonchalance que lorsque Dembele ouvrait le score avec le Celtic l’année dernière et en marquer 5 ou 6 ? Le niveau affiché en face était pourtant comparable…
Cette incapacité à jauger nos adversaires et à se mettre au niveau du défi démontre les limites du PSG actuel.
Tuchel, bien que principal responsable hier soir à mon sens (par son choix de ne pas insister sur le marquage de Lukaku avec un Marqui redescendu en défense pour l’occasion, son choix de maintenir Kehrer et ses changements trop tardifs) me semble pouvoir tirer les enseignements de cet attitude de nantis qui se manifeste à chaque match à élimination directe jouer par notre club…
C’est une confiance sans doute naïve, mais après les match de City, du Camp Nou, de Münich et de Madrid où les joueurs du PSG se sont présentés en victimes expiatoires alors qu’ils devaient donner une leçon, une remise en cause profonde des principes s’impose et je pense que les valeurs de l’entraîneur allemand semblent correspondre à ce qui est souhaitable : respecter le football et JOUER.
Le match de ce soir signifie, je l’espère, la fin d’un génération de « beaux » loosers au PSG (Nasser, Henrique, Silva, Alves, Buffon, Aréola, Verratti, Cavani, Neymar, Rabiot, Mbappé…) pour retrouver des valeurs de combativité et d’envie collective nécessaire pour retrouver le niveau supérieur !
En marge de la présentation du nouveau sponsor maillot du Paris Saint-Germain, Nasser Al-Khelaïfi a accordé un entretien au journal Le Parisien,
publié le 22 février 2019. En voici un extrait de deux questions-réponses :
(Le Parisien)Quels sont les prochains axes de développement de vos ressources financières ?(NAK)Il reste beaucoup de choses à faire. On travaille sur les droits de naming, sur le nouveau centre d’entraînement. Et on peut trouver d’autres sponsors.(Le Parisien)Le naming du Parc des Princes est-il une piste de réflexion importante ?(NAK)Pourquoi pas ?C’est un sujet sur lequel on réfléchit.
Tous les clubs ont un naming aujourd’hui.
Inutile d’être un expert en communication pour saisir l’annonce intrinsèque.
Une petite phrase lâchée, mine de rien. Comme une porte entrouverte. Une perspective effrayante, à laquelle il me semble d’une importance capitale
de fermer dès aujourd’hui toute possibilité.
Nasser Al-Khelaïfi dit vrai, le naming est une forte tendance dans l’économie actuelle du sport en générale et du football en particulier. Devenue une étape indispensable aux Etats-Unis, l’Europe est depuis quelques années fortement sujette à l’appropriation nominative. Les enceintes sportives et les compétitions sont des cibles de choix. Tous les nouveaux stades construits ou rénovés récemment en France, en Angleterre ou en Allemagne y ont eu droit, à Marseille, Lyon, Bordeaux, Nice, Le Mans, Le Havre, la salle de Paris-Bercy, pour ne citer que les plus connus dans notre hexagone. Quasiment tous ces exemples concernent de nouvelles constructions, l’impact du naming sur l’identité et l’histoire du lieu est alors restreint, voire inexistant. Ceci ne serait pas le cas du Parc des Princes.
Il paraît qu’il faut être lucide. Le naming est une rentrée d’argent supplémentaire et à moindres frais dans cette société de consommation qu’est le sport business, celui où le commerce à plus de poids que la tradition. Il faut vivre avec son temps. L’argent d’abord, le respect après, l’histoire au placard. Peu importe ce diktat économique. Il faut savoir poser des limites. Le naming ne peut pas être concevable pour le Parc des Princes. Juste l’envisager est déjà insultant. Ce stade fait partie du patrimoine parisien et français. Il n’est pas une banale enceinte sportive construite il y a peu sur une friche abandonnée en périphérie d’une zone périurbaine à réhabiliter. Son nom n’est pas et ne doit pas être un espace publicitaire.
Les Princes de la Ville
Le nom Parc des Princes remonte au 18ème siècle. L’emplacement actuel du stade était alors un vaste bois prolongeant le Bois de Boulogne jusqu’à la Porte de Saint-Cloud. Ce lieu était prisé par le Roi et les Princes pour des promenades et des parties de chasse. C’est à cet endroit que fut inauguré le 18 juillet 1897 un stade vélodrome d’une capacité de 12 000 places, portant le nom de Parc des Princes.
Le 23 avril 1932 il devient une enceinte de plus de 40 000 places et les tribunes, séparées du terrain par une piste cyclable, sont baptisées Tribune Présidentielle, Tribune Paris, Tribune Auteuil et Tribune Boulogne. C’est alors le Racing Club de Paris qui y prend place, partageant l’enceinte après la seconde guerre mondiale avec le Stade Français. En 1967 le stade est amputé de deux tribunes, détruites pour permettre la construction du boulevard périphérique. Notre Parc des Princes tel que nous le connaissons aujourd’hui, œuvre de l’architecte Roger Taillibert, a été inauguré le 25 mai 1972 par un France – URSS Espoirs qualificatif pour les Jeux Olympiques et remporté trois buts à un par les soviétiques.
Cliquezicipour voir les images de France-URSS de 1972
Petit clin d’œil pervers de l’Histoire, le premier club à gagner un match dans ce nouveau Parc des Princes fut l’Olympique de Marseille, victorieux du Sporting Club de Bastia en Finale de Coupe de France le 4 juin 1972. Le Président de la République Georges Pompidou ayant assisté au match, celui-ci est parfois considéré comme le véritable match inaugural.
Alors que le Paris Football Club est le résident du stade, le Paris Saint-Germain, évoluant en Division 2, y joue son premier match le 11 novembre 1973. La rencontre Paris SG – Red Star n’est alors qu’un simple lever de rideau d’un Paris FC – FC Sochaux de Division 1. A l’intersaison suivante, le Paris Football Club est relégué en Division 2 et le Paris Saint-Germain fait le chemin inverse. Il en profite pour devenir le club résident. Depuis 1974, l’histoire d’amour entre le Parc des Princes, le Paris Saint-Germain et les supporters des rouge et bleu n’a plus jamais cessé. Un nom et un stade plus que centenaire. Une relation bientôt cinquantenaire. Un naming ? Pourquoi faire ?
Une première victoire, et pas des moindres, fut le maintien du Paris Saint-Germain au Parc des Princes, ceci pour les décennies à venir. Il est de toute façon indiscutable que le Paris Saint-Germain ne peut jouer dans un autre stade que dans son jardin, entre la Porte d’Auteuil et la Porte de Saint-Cloud. Sans quoi il ne serait plus réellement le Paris Saint-Germain. Pour abreuver les envies de grandeurs de nos dirigeants, on nous parle de travaux pour augmenter la capacité à 60 000 places. Une première interrogation est de voir comment cela pourra se traduire architecturalement sans dénaturer l’enceinte et son cachet aussi unique qu’exceptionnel. Une seconde interrogation est de savoir comment ces travaux seront financés ? Le naming semble alors une réponse évidente à cette deuxième question. Mon esprit simplet à une autre réponse, encore plus évidente. Si le naming est imaginé pour payer ces travaux d’agrandissement, alors ma réponse est claire et nette : ni l’un, ni l’autre.
Le vaisseau amiral
On nous dit dans les médias que ce ne serait pas pour tout de suite, qu’à l’échelle du budget du club cela ne rapporterait pas beaucoup d’argent, une dizaine de millions d’euro maximum. Mais attention, le jour où le Président du PSG nous l’annoncera, il sera trop tard. La désapprobation, c’est maintenant. Connaissez-vous le syndrome de la grenouille cuite à petit feu ? Cette fable stipule que si vous plongez une grenouille dans de l’eau chaude, elle réagirait immédiatement en cherchant à s’échapper. Au contraire, si vous la plongez dans de l’eau froide correspondant à son environnement naturel, et que vous montez la température de l’eau très progressivement jusqu’à ébullition, la grenouille s’habituerait sans réagir et s’ankyloserait jusqu’à finir morte ébouillantée. Attention à ce que les grenouilles rouge et bleu que nous sommes ne finissent pas de la même manière !
La progression de notre club vers les plus hauts sommets ne doit pas nous endormir. Evidemment, sa transformation est normale et son évolution économique est souhaitable. Mais le besoin d’argent, l’ambition ardente et les paillettes parisiennes ne doivent pas engourdir les têtes. Toutes les manœuvres ne doivent pas paraitre normales. Le sentimental que je suis est parfois traité d’aigri, de nostalgique et de conservateur. Je réponds qu’être moderne et vivre avec son temps n’est pas incompatible au respect de certaines valeurs et au principe d’identité.
L’argent justifie les hautes œuvres. Le Fair Play Financier a bon dos. Il faut faire comme tout le monde. C’est dans l’ère du temps. Etre un grand club, respecter son histoire et son identité, n’est ce pas justement de ne pas faire comme tout le monde. Etre l’un des seuls à ne pas succomber au mercantilisme abusif et proclamer « non, nous avons un stade unique, un nom mythique, une identité historique, nous n’associerons pas son nom à une quelconque marque pour seule raison de gagner encore plus d’argent. » Nasser Al-Khelaïfi, ne soyez pas qu’un Président visionnaire, soyez précurseur d’une certaine idée de la grandeur, soyez un Président brillant et remarquable, celui qui aura fait grandir le club sans en brocanter tout son patrimoine.
Une arène éternelle
En plus du nom du stade, ou s’arrêterait la porte laissée entrouverte ? Les tribunes mais aussi plein d’autres choses pourraient se voir accoler une dénomination mercantile. Je propose, comme ça, pêle-mêle, de dénommer les joueurs, les transferts, des buts, la pelouse, les vestiaires, les poteaux de corner, et que sais-je encore. Certes cette énumération parait presque ridicule, mais je ne vois là aucun confin infranchissable. La multiplication serait certainement contre-productive, mais admettez que l’exercice n’est pas si improbable que cela. Tout se vend, tout s’achète, ne l’oubliez pas. Un jour ou l’autre, quand les grenouilles seront ébouillantées au fond du seau, le nom du club sera lui aussi marchandé. Les films d’horreur finissent mal, en général.
Imaginez dans un avenir proche, en direct de la tribune de Presse -Total du Parc des Princes – BNP Paribas, un journaliste commenter ainsi le premier match – Axa des deux demi-finales – Crédit Agricole de la Coupe de France – EDF : « C’est la fin de cette première mi-temps – Visa qui a vu l’ouverture du score par le Paris Saint-Germain – Apple, premier but -Engie inscrit par Edinson Cavani – Airbus suite à un corner tiré par Angel Di Maria – Quilmes, depuis le poteau de corner – Samsung, côté – Siemens de la pelouse – Leroy Merlin, au pied de la Tribune Boulogne – Bank of China. On avait entendu à la mi-temps – Facebook, à la sortie du vestiaire – Nestlé, Thomas Tuchel – Volkswagen annoncer cette combinaison – ArcelorMittal. Lors de son transfert – Burger King, l’attaquant parisien avait annoncé qu’il atteindrait la barre des trois cents buts – Leonidas. » Il s’agit bien évidemment d’un extrait de science-fiction, reprenant par inadvertance des noms et des marques existantes.
Notre centre d’entraînement de Saint-Germain en Laye, le camp des Loges, a depuis 2013 était baptisé du nom d’un opérateur de télécommunications qatari. Une première marche franchie, qui ne nous a guère émue. Le prochain centre d’entraînement de Poissy le sera très certainement, et tant mieux si cela peut nous rapporter de l’argent, beaucoup d’argent. Peut être était-ce là le propos de notre Président. Mais peut être voyait-il plus grand ? Concernant notre stade, certains affirment que peu importe le naming, il suffira de ne pas citer le nom de la marque. Les supporters continueront à dire « Parc des Princes », sans rien ajouter. J’ai une autre suggestion à faire, encore plus simple d’utilisation : il suffit de ne pas lui faire de naming. Rien n’oblige à se prostituer. Avoir des limites est aussi une marque de progrès et d’intelligence.
Peuple parisien. Supporters du Paris Saint-Germain. Amoureux du Parc des Princes. Soyons vigilants. Et ne laissons pas notre joyau devenir un banal support publicitaire.
Le Parc des Princes est à nous. Le naming on s’en fout. Merci Président.
Tant de choses ont été dites et écrites ces derniers mois à propos d’Adrien Rabiot,
de sa situation contractuelle, de sa mère/agent, leurs manières ou leur mentalité. Pourquoi en rajouter me direz-vous ?
Bien évidemment parce qu’on a entendu la terre entière donner son avis sur le joueur et ce qui n’est rien de plus qu’une négociation contractuelle lambda, mais à des niveaux de revenus que personne ne peut s’imaginer, si ce n’est le top 5% du football professionnel européen ou des gars comme Bernard Arnault ou Carlos Ghosn. Le seul qu’on n’ait pas vraiment entendu à ce sujet, c’est le premier intéressé, à savoir le vrai Duc de Boulbi, pas celui qui tape des mecs à Orly avec des flacons de parfum.
De peur de froisser notre grand Gourou rédac’ chef, et de voir s’abattre sur les autres illuminés de notre secte du Virage le discrédit et l’opprobre du monde extérieur, j’ai patiemment attendu que le mercato d’hiver referme pudiquement ses portes sur les doigts d’Antero Henrique, et avec ce petit pisse-froid d’Adrien Rabiot bien au chaud à l’intérieur. Après tout, le temps que ce billet soit mis en ligne, j’aurais pu passer pour un gros sac en découvrant que Tottenham, la Juve ou le Bayern avaient mis la main sur lui, auquel cas ma seule consolation aurait au mieux été qu’encore une fois on ait fucké Barcelone et leur demi-milliard d’euros de masse salariale annuelle. Passons.
J’ai croisé mes doigts à moi depuis le début de saison pour que la nouvelle sorte, Rabiot prolonge pour on s’en fout de combien de temps, mais c’est réglé, il continue l’aventure avec son club de toujours, et a enfin un salaire à la hauteur de ses coéquipiers qui font le même boulot, voire moins. Les persifleurs diront volontiers à la hauteur de son melon, mais on n’est pas là pour parler salade de fruits. Tuchel le clairvoyant en fait dès le début de saison un titulaire systématique, au point qu’il cumule après trois mois le temps de jeu le plus important du groupe pro. Mais les mois passent, et la sanction tombe, Adrien Rabiot n’a pas prolongé son contrat, en conséquence de quoi il est mis en quarantaine. On reviendra là-dessus un peu plus tard.
« Fire moi ce trück de tes chefeux Adri, on dirait Kristopf Dougarry ! »
En l’état, on parle d’un enfant, oui, un jeune adulte si vous préférez, 23 ans et des poussières, qui a entamé, excusez du peu sa SEPTIEME saison avec l’équipe première du PSG. oui, septième.
Plus de deux cents matches joués avec le club parisien déjà. Soit autant que toute la carrière de Lassana Diarra par exemple, qui négocie actuellement son départ à la retraite pour mettre fin à un emploi fictif au sein du même club.
Un gosse passé par toutes les sélections nationales depuis les U16, régulièrement surclassé, et je ne pense pas que ce soit uniquement à cause de ses longues jambes.
Un ado repéré et retenu par le Mister lorsque durant sa première saison au club, il demande de la chair fraiche de la réserve pour boucher les trous à l’entraînement de l’équipe première.
Un grand dadais qui s’est permis très jeune de répondre à Zlatan un aprem de match amical aux Stazunis au motif que ce grand con de suédois l’avait obligé à faire faute et qu’il ferait mieux de fermer sa bouche.
Plus grave, un rescapé, un pauvre mortel à la croissance à peine terminée qui a dû enfiler pendant six mois les maillots violets immondes du Téfécé, et avoir comme seuls partenaires Ali Ahamada, Pantxi Siriex ou encore Etienne Didot. Combien de jeunes auraient plongé face à cette précarité footbalistique? Pas Adrien, qui se rappellera une saison et demie plus tard au bon souvenir de ce qui reste à ce jour comme le seul autre club dans lequel il ait évolué en leur calant un petit doublé des familles. Circulez, loqueteux du football français.
Alors oui, il faut bien lui trouver des défauts à ce gamin, il aime la confrontation, tout autant avec ses adversaires qu’avec son employeur. Depuis qu’il est pro, il a des accords de principe avec la moitié de la planète ballon – l’AS Rome à l’époque de sa première renégociation avec le PSG, ce qui lui vaudra quelques mois au gnouf de la réserve parisienne, peut-être avec Barcelone cette saison (mais qui sait vraiment?).
Il a aussi une fâcheuse tendance à accumuler les retards, ce qui l’a privé de quelques matches, le dernier en date pour le classique au en terres phocéennes, événement auquel nos grands devins de plateaux télé rattachent le début de la fin de l’histoire de Rabiot avec son club. Plus grave encore, il a fait le pire choix de carrière l’été dernier en se trouvant trop beau pour être un simple réserviste de l’EDF, et a choqué la terre entière avec ses états d’âme de mec très sûr de lui. Mais dans les faits, et je m’en réjouis en ce 5 février 2019, Adrien Rabiot est toujours un joueur du Paris Saint-Germain, et je l’espère pour de longues années encore.
J’entends déjà les puristes arriver à toute balle, « eh ho on n’a pas besoin de lui, il chie sur le club, il est où le respect de l’institution, du maillot » tout ça ? Ben justement minou, plusieurs choses :
La première et sans doute la plus importante, lui et sa mère le savent bien, BIEN SÛR qu’on a un besoin de ouf de ce joueur. Pour mille raisons, mais la première tout simplement parce qu’il est là, qu’il existe numériquement, qu’il a un pied gauche 100% soie, et qu’il connait la maison par coeur. Puisque Paris n’a « fait » que Paredes cet hiver (le prochain que j’entends utiliser cette expression, je l’envoie en échange linguistique à Damas), la plus belle prise du mercato consisterait à montrer le chemin de la rédemption à Adrien en le réintégrant au plus vite dans le groupe pro, et pas seulement à l’entrainement.
Bon pied bon oeil, un fer 2 dans un bas de soie
Après tout, un (ex) international français, disponible hors mercato, qui ne couterait pas un euro d’indemnité transfert ni de prime à la signature, ça ne court pas les rues. Entendre sur les plateaux d’émissions sportives les commentateurs oser le « et si Rabiot rejouait avec le PSG? » ça me fait penser à la presse écrite française en décembre dernier qui s’est subitement interrogée sur la possibilité que la police ait usé de la force de manière disproportionnée face aux manifestants (#davduf). Oui il va rejouer, Tuchel l’apprécie, a besoin de lui. Et puis qui est-ce qui va se coltiner les camionneurs de Manchester autrement? On va quand même pas mettre Dani Alves, 37 ans et 1m64 contre les golgots de catcheurs Red Devils?
Ensuite, il ne respecte pas le club, c’est vous qui le dites. Pas d’amour du maillot, à ma connaissance il n’a jamais fait une Kezman en quittant le terrain. Tous ceux qui crient au respect du maillot alors qu’ils sont ok pour en porter un jaune poussin ou pire un survêtement gris et rose acheté sur aliexpress, … Les gens ont bien pardonné un aller/retour de Jerome Leroy à Marseille au début des années 2000, alors pourquoi est-ce qu’Adrien Rabiot n’aurait pas droit à la même mansuétude, pour des faits bien moins graves, en attendant des lendemains plus joyeux? Je me rappelle également une époque où Paname flirtait avec la relégation et des joueurs comme Rothen par exemple annonçaient sans pression qu’ils ne pourraient pas rester en cas de descente… Je n’ai pas le souvenir que ça avait ému les foules à l’époque, alors que c’était autrement plus irrespectueux vis-à-vis du club et de ses supporters, de leur jeter à la gueule qu’il n’avait aucune responsabilité dans la situation sportive du moment et qu’il ne pourrait pas en subir les éventuelles conséquences.
Depuis ses jeunes années, Adrien Rabiot drive sa barque, s’achète la liberté de pouvoir décider fréquemment de son futur, de son éventuelle prochaine destination, dans un monde pro. extrêmement borné, où de nombreuses règles non écrites dictent leur comportement aux joueurs, et les relations entre eux et leur employeur. Ca ne dérange personne que Marco Verratti ait été augmenté 17 fois depuis son arrivée au club, en usant de toutes les ficelles les plus pétées du game, je suis un petit hibou tout triste, Barcelone me veut, mon agent c’est Raiola il sait ce qui est bon pour moi etc… Pour un gars qui est systématiquement absent pour les derniers grands rendez-vous de l’année, il bénéficie tout de même de beaucoup d’égards par rapport à Rabiot, qui je le rappelle à passé la moitié de sa vie au club.
Le jour où l’un d’entre vous se retrouvera autour d’une table à pouvoir négocier une prime à la signature à 7 ou 8 chiffres, on en reparle. Je sais que ça rend les gens dingues de voir un gamin jouer la montre, temporiser ses décisions, rajouter des conditions alors que tout le monde a l’air prêt à signer… Dans le cas d’espèce, nous sommes confrontés à un problème plus large que simplement l’ego quelque peu démesuré d’un gamin de 23 ans qui se demande s’il a encore envie de jouer pour un club avec qui c’est le chaud/froid affectif depuis 6 ans. Ok sa mère agent femme de sa vie casse les nuts. Mais il y a au sein du club un plus gros bourrin encore, nommé Antero Henrique, qui visiblement semble être le problème commun de la famille Rabiot et de Thomas Tuchel, et qui n’a pas l’air de faire quoi que ce soit pour changer cette désagréable impression. A part proposer des joueurs semi inconnus portugais, ou qui se sont déjà foiré dans un grand club, le père Antero ne sert pas à grand chose depuis 18 mois.
En revanche, il les a brisées à un gros paquet de gens, et les DS des plus grands clubs en Europe se plaignent de ses manières de porc. Ca marchait peut-être quand il était à Porto, mais force est de constater que depuis qu’il est à Paname, son meilleur atout reste la vente, pas l’achat. Tuchel fait des pieds et des mains depuis le début de saison pour préparer l’arrivée d’un milieu def. d’expérience, et Henrique s’amuse à clasher les joueurs qu’il a sous la main, et proposer des quilles hors de prix à la place.
Ce dernier mercato a résumé l’apport limité que peut avoir un mercenaire comme Henrique, à plus forte raison dans un environnement où pour la première fois de l’ère QSI, tous les indicateurs ou presque sont au vert, un groupe de plus en plus fort et homogène, drivé par un mentaliste allemand qui semble arriver à faire sauter un par un tous les verrous psychologiques de l’équipe, voire du club. Le seul caillou dans sa chaussure est précisément celui qui l’empêche de façonner un effectif selon ses désirs, alors qu’il était lui-même le choix de Doha, et qu’à ce titre il fait presque figure d’intouchable.
Marco discute revalorisation avec Arsène
Le cas Rabiot est donc le révélateur d’une crise qui couve depuis un moment déjà, à savoir le management improbable/déplorable par Henrique des joueurs sous contrat, et les différences majeures d’appréciation entre lui et Tuchel au sujet de possibles ajouts au groupe existant. Les stars de l’équipe ont l’air d’échanger soit avec Tuchel, soit directement avec Nasser. Sa position étant ultra précaire, la logique voudrait donc que Henrique saute dès les prochains jours, comme sanction de cette inadéquation, et qu’il soit remplacé par quelqu’un qu’on nommera au hasard Arsène Wenger, dans une volonté d’apaisement, et de travail harmonieux en vue des prochaines échéances.
La première d’entre elles étant la qualification en Champions League contre Manchester, ce qui ne pourrait rendre plus heureux un mec comme, disons, Arsène Wenger, ce dernier aura eu la bonne idée de valider à son entrée en fonctions la mise à disposition d’Adrien Rabiot. Celui-ci étant un chouchou historique de Nasser, il n’y a aucune raison pour l’on ne revoie pas le Duc, catogan au vent ces prochaines semaines, portant son maillot frappé du numéro 25.
J’en viens à ce voeu qui je l’espère sera prémonitoire: match retour au Parc contre United, Di Maria est fantomatique depuis 20mn, Tuchel tente un coup tactique en faisant rentrer Rabiot et en le plaçant en soutien de Cavani et Mbappé. 17 minutes plus tard, même Stéphane Guy est obligé d’avouer que cette minasse de 25m de la part d’Adrien Rabiot, il ne l’avait pas vue venir…. Petit à petit, Rabiot reprend sa place au sein du groupe et dans la tête des supporters qui le conspuaient. L’avenir proche nous dira s’il a encore 15 ou 150 matches à jouer avec son club formateur, ce qui est certain en tous cas, c’est que le club doit à tout prix le re-signer, que ce soit pour lui donner envie de rester encore 5 ans, voire toute sa carrière à Paris comme Presnel, ou seulement pour le remettre à sa juste valeur durant la prochaine fenêtre de transferts.
Moi j’ai fait mon choix depuis longtemps, je sais qu’il serait aussi élégant dans un grand club italien, mais je préfère m’imaginer qu’un jour Adrien Rabiot devienne enfin le Steven Gerrard ou le Daniele De Rossi du Paris Saint-Germain.
Si Adrien Rabiot a été surnommé le Duc pour ses boucles et son port altier, osons un autre parallèle médiéval avec sa mère, Véronique.
Sa progéniture vient de rentrer avec brio dans le club très fermé des plus grands traitres à la cause Parisienne. Considéré par beaucoup comme le futur Roi du milieu il est passé depuis peu dans la catégorie des guillotinables. Au coeur d’un mélodrame qui a duré bien trop longtemps, il a donc fini par signer chez notre ennemi du moment, le Barça (on peut aussi rajouter le Real, le Bayern, Chelsea, United, City… Bref tous les duchés d’Europe).
Ce triste bal, on le doit certes à la mauvaise gestion du PSG, mais aussi à une vision bien trop passionnée de la cause par l’agent/mère du prodige.
Je ne connais pas et ne connaitrai sans doute jamais les raisons qui ont poussé Adrien alias « Adrien le taiseux » a quitté le royaume de France. Mais il me semble assez évident que Madame Rabiot porte une grande part de responsabilité dans ce départ.
Endosser le costume d’agent de joueur professionnel, qui plus est au PSG, n’est pas chose aisée. Ajouter à cela le fait qu’elle soit sa mère, ça sent l’erreur de casting… Sans compter la triste situation du père, paralysé depuis une dizaine d’années suite à un AVC.
Trop c’est trop. Véronique défend son fils comme une mère, avec tout l’amour qu’elle a pour lui, ce qui est parfaitement louable. Mais l’amour est souvent aveugle. Jugez plutôt : Adrien a refusé de porter les couleurs bleues bientôt double étoilées, lors du Mondial car mis en réserve. Puis il a refusé de prolonger au PSG, son club formateur et finit par signer au Barça, ce même club qui nous a infligé une des plus belles débâcles de l’histoire des joutes européennes. N’en jetez plus. A se demander si le PSG n’aurait pas du envoyer maman Rabiot chez un ophtalmo avant de continuer les discussions.
Véro a beau clamé haut et fort que son fils est libre d’aller où il veut, qu’il a acheté sa liberté, c’est oublier aussi ce que le club a fait pour lui. Le récupérer après un passage difficile à City, le faire progresser et finir par le titulariser rapidement au milieu. Et lui ouvrir les portes de l’équipe de France. Encore une fois je n’ai pas le détail de ce qui s’est passé entre les deux parties, mais le moins que l’on puisse dire c’est que le PSG a investi beaucoup sur ce garçon. Et qu’aujourd’hui il ne recevra rien en retour. RIEN.
Le fait qu’il soit mis aujourd’hui sur la touche ne me choque pas non plus. Qui oserait titulariser un joueur qui ne veut plus jouer, qui a tiré un trait sur son histoire à Paris. Quel entraineur fou prendrait un risque pareil avec les échéances et les enjeux immenses qui attendent le club de la capitale. Sans parler du fait que son son départ met le club en danger et l’oblige à le remplacer dans l’urgence. Adrien continuera malgré tout à percevoir son salaire, à s’entrainer. Il a décidé de partir, qu’il en assume les conséquences sans passer par la case victime. Adrien est un grand garçon, à ma connaissance personne ne l’a forcé à s’en aller. A part peut être sa mère.
Je doute également que l’argent soit au centre de tout dans cette histoire. Je crois surtout que Véronique s’est simplement braquée. Elle n’a pas su se maitriser face à un Machiavel comme Antero Henrique. Elle n’a pas su non plus gérer les émotions de son fils. Le monde du football est certes cruel, mais ça fait partie du jeu. Savoir gérer une carrière c’est aussi savoir être patient et bien communiquer auprès des media et du public.
Un contre-exemple ? Presnel Kimpembe. Une communication maline, pas de sorties médiatiques inutiles, du travail, de l’abnégation, pas toujours des bons matchs, mais le bonhomme répond toujours présent. Né la même année qu’Adrien, il est déjà père de famille, et il semble bien conseillé. Il peut devenir le futur capitaine du PSG, celui que tout Paris et sa banlieue attend depuis longtemps. Un gars d’ici, un mec qui assume, un patron. Le trône promis au Duc l’attend confortablement, au chaud, quand Thiago Silva partira à la retraite.
Jeanne D’Arc s’est battue corps et âme pour le trône et a fini par être vendue à l’ennemi de la France. Pour finir sur un bûché. Véronique, on ne souhaite pas le même destin à ton fils, mais vous êtes tellement associés l’un à l’autre, que je ne peux m’empêcher de faire ce rapprochement avec la Pucelle d’Orleans. Être pur, vierge, libre, ça n’a pas toujours été suffisant pour finir vainqueur. Sauf dans le contes de fées, ceux que tu racontais sans doute à Adrien, le soir avant qu’il ne s’endorme dans son lit douillet. Alors bonne nuit Adrien. Et Adieu.
L’affaire Rabiot déchaine les passions et les jugements hâtifs. En ces temps où il paraît bon de conspuer sans réfléchir, et de souhaiter au joueur les pires ignominies, tel que la rupture des ligaments croisés, la carrière d’Hatem Ben Arfa ou, pire, la signature à l’OM, il m’apparait nécessaire de clarifier les choses, de prendre la parole pour défendre mon avatar.
Qu’il soit bien clair dès le début qu’aucune position dans ce dossier ne peut être tranchée, à l’heure de faire le procès du soldat Rabiot : Non, il n’est pas innocent. Est-il toutefois coupable ? Mérite-t-il d’être envoyé en prison ?
« J’me présente, je m’appelle Adri. J’voudrais bien réussir ma vie, être aimé » (air connu)
On imagine aisément Véronique Rabiot chantonner cette chanson à son fiston, penchée au-dessus du berceau telle une bonne fée des temps moderne. Cette phrase, Adrien semble en avoir fait son mantra, son objectif, sa raison de vivre. Réussir sa vie, sa carrière, son projet professionnel, et surtout être aimé.
En effet, tout, dans le parcours du joueur, démontre un irrésistible besoin de reconnaissance, et d’amour. Est-ce dû à un déficit d’amour paternel, qui n’a pas s’exprimer parfaitement tout au long de sa carrière (on rappellera que Michel Rabiot a subi un AVC il y a une dizaine d’années et est aujourd’hui paralysé) ? Toujours est-il que, très vite, le jeune homme attire l’œil des foules. Prodige de l’équipe de France espoirs, Adrien Rabiot est un pur produit du centre de formation parisien. Un titi dans l’âme et dans le cœur, de la trempe des Sakho, avec une volonté inébranlable, et désireux de faire ses preuves.
Rabiot connaîtra ainsi la réussite à de nombreuses reprises, déjouant souvent l’avis des observateurs avisés du football. Qui n’a pas tremblé en le voyant entrer en jeu à la place d’un Marco Verratti blessé lors du match contre le Real en poules de LDC ? Pourtant, le titi se montrera à la hauteur de l’enjeu, surpassant le remplacé, et asphyxiant le milieu adverse, pourtant futur vainqueur de l’épreuve.
A cet instant, Rabiot sait qu’il a une place spéciale dans le cœur des parisiens, et cette pensée ne le quittera jamais, et ne le quitte toujours pas aujourd’hui. Non, Adrien Rabiot ne se fout pas de la gueule du PSG, il ne manque pas de respect aux fans en ayant tant traîné pour prolonger son contrat. Il se trouve simplement dans l’impossibilité d’annoncer clairement sa décision, de briser le cœur et la confiance de ceux qui l’ont tant choyé. Adrien Rabiot veut juste être aimé. Le plus longtemps possible.
Aujourd’hui, les rumeurs parlent d’un refus de prolonger. Les foudres se déchaînent, Henrique requiert la condamnation à 6 mois de prison ferme.
Pour le condamner, le PSG met en avant le parcours du joueur, et le fait que son club a toujours misé sur lui. On rappellera que le départ de Matuidi étant en partie motivé par le fait que Paris souhaitait permettre le développement d’Adrien Rabiot. Ce dernier a-t-il répondu aux attentes du club ? Pas tout à fait. Citons ainsi son refus de jouer n°6, ses nombreux caprices concernant ses prétentions salariales, et, surtout, ses repoussées incessantes de sa prolongation.
D’ailleurs, pourquoi Rabiot a-t-il tellement hésité à prolonger ? Le deal proposé par le PSG était-il si beau qu’il aurait été fou de le refuser ?
Si le club lui proposait d’incarner une image, un symbole, le titi parisien formé au club et possible futur capitaine, un destin à la Steven Gerrard en somme, il y a une contrepartie à cela. Une contrepartie que connaissent bien les Thiago Silva, Marquinhos et autres Verratti : Quand tu signes avec le PSG, tu ne pars que quand le PSG le décide.
Souvenez-vous des psychodrames estivaux de de nos têtes d’affiches, courtisées par Barcelone ou Madrid, du feuilleton Marco Verratti dans lequel celui-ci s’est décrit comme un prisonnier. Avait-il tout à fait tort ? Il voulait partir, il n’a pas pu pour cause de refus de la direction qui a invoqué le sacro-saint respect du contrat signé, et tant pis pour les désirs du joueur. Nos dirigeant Qataris pratiquent régulièrement la rétention de passeport, force est de constater qu’ils l’ont transposée aux joueurs. Qui peut sérieusement penser qu’un joueur sous contrat pourrait tordre le bras du PSG et obtenir son départ ?
Alors Rabiot a voulu conserver sa liberté, a refusé de s’enchainer à ce club qu’il aime pourtant, il n’est pas possible d’en douter. Aujourd’hui, cet amour lui revient en pleine face parce qu’il n’a pas réussi à l’exprimer parfaitement, parce qu’il a été tiraillé entre l’attachement à nos couleurs et la peur de se voir privé de sortie, si l’aventure tournait court.
Le Duc a été lâche. Il n’a pas su se positionner.
S’il n’est pas exempt de tout reproche, il convient de s’interroger : le mettre en prison comme le suggère Henrique ne risquerait-il pas d’accélérer sa radicalisation ?
Sortir Rabiot des feuilles de matches, c’est à la fois antisportif et totalement inconscient. Aujourd’hui, le PSG ne compte dans ses rangs qu’un seul milieu axial en la personne de Marco Verratti, déjà sous la menace d’un carton jaune en ligue des champions. Ses remplaçants se nomment Draxler, Nkunku (dont le poste a tellement varié qu’il est devenu inclassable) ou Lassana Diarra (on ne tire pas sur l’ambulance).
Sortir Rabiot des feuilles de matches, même pour un mois, c’est s’assurer de l’absence totale de motivation du joueur à chacune de ses entrées en jeu (et oui, bande de mauvaises langues, il y a une différence avec ses entrées en jeu actuelles !)
Non, il ne faut pas se priver de Rabiot, il faut respecter son choix. Parce que pour la première fois de sa carrière, il semble enfin sur le point d’en faire un. Et s’il veut réellement partir à la fin de la saison pour aller ailleurs clamer son désir de jouer n°8 et pas n°6, d’avoir un meilleur salaire, de pouvoir arriver en retard aux rassemblements, le club doit plutôt se réjouir de perdre un élément si perturbateur de son groupe.
D’où vient ce goût âcre dans nos bouches ? Ce goût de regret, de rendez-vous manqué ? Aujourd’hui, les fans du PSG ont la rage contre Rabiot, considéré comme traitre du fait qu’il refuse de prolonger, de rendre au club l’investissement qui a été mis en lui.
En réalité, le problème vient du fait qu’on est à peu près sûrs qu’Adrien Rabiot ne tiendra pas le même discours ni la même attitude ailleurs. De deux choses l’une : soit il se mettra au travail, deviendra une machine à gagner et se pliera à l’institution du club qu’il rejoindra (ce qui achèvera de démontrer que le PSG a du chemin à faire), soit il explosera en plein vol et connaîtra une carrière Benarfesque.
Quelle fin lui souhaiter ? Celle où il connaîtra le plus d’amour. Car visiblement, c’est tout ce qu’il recherche.
Un vrai supporter de club ne peut que détester ces longues trêves internationales, où les Bleus dévorent tout. LaNation’s League, petite compétition en carton qu’on nous vend comme quelque chose de palpitant, matchs amicaux et donc inutiles, la dépression guette. Qu’elles sont interminables ces deux semaines de coupure. Elles démontrent quela Ligue 1reste la grande quête, la seule vérité. Malgré la médiocrité affichée.
Dimanche soir, à la place de la grande affiche virile Canal (Amiens-om dans une semaine…), les équipes de Bolloré nous proposent donc d’assister, et c’est une première, au match PSG-ol, en D1 féminine… Après un tsunami de bandes-annonce toutes plus racoleuses les unes que les autres, après une panenka de Memphis sur Lloris, après une embrouille Neymar-Cavani le long de la ligne de touche, après une semaine hivernale dictée par le vide, me voilà dans mon canapé à attendre le coup de sifflet de Madame l’arbitre. J’annonce par texto à quelques amis que je vais m’imposer cet ersatz de football. Ils se moquent de moi ou affichent leur incompréhension. Je réponds: “Ma vie est officiellement derrière moi, je peux tout me permettre désormais”.
Une chose m’enchante d’entrée : Ces milliers d’ultras parisiens qui ont noirci les tribunes de ce stade dédié au rugby. Ces chants narquois et insistants, ces tifos drôlement agressifs (“Pas le temps pour les regrets, piétinez les !”), je replonge dans mon passé chéri écrasé par le libéralisme décomplexé et je me dis que cette soirée va peut-être ressembler à autre chose qu’à une succession de contrôles approximatifs, de balles en cloche et de commentaires paternalistes déguisés en encouragements égalitaires. Car oui, le football féminin, c’est avant tout une technique fébrile, une volonté de balancer loin devant et une propagande médiatique risible et suspecte.
Bien sûr, on nous vend les femmes comme des joueurs comme les autres depuis quelques années. Mais moi, j’ai regardé les deux dernières coupes du monde féminines quasi intégralement et je sais que c’est un mythe. Je n’aime chez les femmes de football que l’engagement musclé, la naïveté de combat et l’arrogance libérée. Mais sinon… Quelle pauvreté, quelle répétition, quel ennui… Mais parce que onze de ces vingt-deux demoiselles portent mes couleurs, je deviens très vite ce connard qui éructe, gueule, souffle, insulte et encourage devant sa télé.
Rapidement, je comprends qu’il existe au moins une vraie égalité : le PSG, qu’il soit burné ou à nichons, reste ce club haï par Stéphane Guy, qui commente ce moment d’Histoire, et l’arbitrage. Une japonaise lyonnaise manque d’exploser le tibia d’une défenseur (oui, on ne dit pas défenseuse mais bien défenseur parisienne, c’est la consultante canal qui le dit en direct et donc, je m’exécute) en tout début de match, un geste qui méritait un rouge mais l’arbitre préfère laisser jouer, comme si de rien n’était.
Guy en fait des tonnes, comme s’il avait quelque chose à se reprocher, il croit être à l’avant-garde du féminisme, il ne parvient qu’à incarner l’archétype du vieux phallo pensant qu’il suffit de payer le resto pour être lavé de tous ses péchés… Il nous vend la D1 comme si nous n’étions pas déjà abonnés. Il accumule les clichés lourdingues, multiplie les expressions sucrées, convoque même l’esprit de Marlène Schiappa, la grande adepte du sécateur rouillé, il est enfin à sa place, là, ce soir, à commenter un match qui n’en est pas vraiment un. Ce qui ne l’empêche pourtant pas de balancer cette phrase formidable : “C’est un vrai match ce soir, pas comme dimanche dernier”. Irrécupérable.
Paris ouvre le score sur une grossière erreur de la gardienne d’Aulas. On me la vend depuis des lustres comme une gardienne internationalement indiscutable et dès que je la vois jouer, elle se déchire. Allez comprendre… Lyon égalise pas longtemps après sur un coup franc idiot, d’une tête imparable, un coup franc provoqué par Ève Périsset que je trouve très jolie et qui sortira sur blessure en seconde période. Sur le banc parisien, Bernard Mendy. Adjoint d’Echouafni. Il est là, Bernard, avec un bonnet et une grosse doudoune. Cela me suffit à prolonger cette expérience télévisuelle plutôt fade. Pour ne pas dire plus.
Guy en fait des tonnes sur la technique incroyable des lyonnaises, on dirait un mec sur un marché de province, qui doit absolument écouler son stock d’huile d’olive avant la fermeture. Froid dans le dos. Xavier m’apprend qu’une pétition circule demandant son éviction de l’antenne. Je m’empresse de la signer. Guy qui aime dénoncer les dérives du football circus, un circus qui lui permet de vivre grassement, loin des tracas du quotidien. Le clown triste… À un moment, lassé par tant de faiblesses footbalistiques, je zappe sur l’équipe tv et je découvre que Hazard et sa bande sont en train de se faire torcher par les Suisses. La meilleure équipe du Mondial qui ne participera pas au final four de la Nation’s League. La boucle est bouclée.
De retour sur canal, j’entends les ultras, après un bel hommage pyrotechnique aux victimes des attentats, entonner un vibrant “Et les lyonnaises sont des salopes” qui déclenche un fou rire que je ne tente pas de contrôler. Cela ravive ces soirées d’antan au Parc, où les vannes descendues des tribunes suffisaient à mon bonheur, quand, sur la pelouse, le néant et le ridicule régnaient sans partage. Lyon pousse dans les dernières minutes. Se fait même voler un pénalty après un tirage de maillot dans la surface. L’arbitre était peut-être finalement moins partisane qu’incompétente… C’est fini. Match nul. Doux euphémisme.
Les tribunes se vident sans attendre. Canal diffuse, dans la foulée, tous les buts féminins hexagonaux du week-end. Des stades parfois sans tribunes, des pelouses infâmes, des clubs que je ne parviendrais pas à situer sur une carte. Et on nous dit que canal va diffuser la D1, que c’est une très bonne chose, presque une chance… À quel moment peut-on évoquer l’idée de racket ? Abonné historique, je paye plus de quarante euros chaque mois pour la pelote basque, pour le hockey et donc maintenant, pour le football féminin.
On en est là. J’en suis là. Nulle part. Loin, très loin de l’excellence, du frisson, de l’aventure. Sur J+1 (prononcer J+Une ce soir, féminisme de circonstance oblige !), une joueuse de Montpellier est invitée sur le plateau du bordelais narquois. Talons aiguilles, maquillage parfait, elle s’appelle Sakina Karchaoui et réveille ma libido sans prévenir. Misogyne ? Non, simplement hétérosexuel. Vais-je bientôt devoir m’en excuser ? Un petit tour sur Youporn et je pars me coucher. Plus que cinq jours avant la reprise de la Ligue 1 Conforama. Ol-saint-étienne vendredi soir. Vie de merde. Gazon magique.