Humeur

Happy 50 Virage PSG

Oh! Happy Fifty !

Un demi, s’il vous plait. Siècle, évidemment. Du Rouge. Du Bleu.
Du blanc, également, pour remercier l’ascendant saint-germanois. « Putain, 50 ans ! » aurait pu dire la marionnette de Jacques aux Guignols, entre deux blagues de Michel. « Désolé«  pour la Ligue des Champions, lui aurait-il répondu. Beaucoup de choses ont été dites, sur les cinquante ans, et sur la finale perdue. Certainement toutes. Sans prétention, mais par amour et dévotion, je rédige aussi mon petit mot sur la carte de célébration. J’en profite pour brosser quelques lignes directrices à ne pas perdre de vue, tout en faisant part de mes plus vifs espoirs.
Bon Anniversaire mon Paris Saint-Germain Football Club !


L‘ami Michel Kollar, historien émérite du club, vient de ressortir de ses cartons l’acte de naissance au Journal Officiel de la République Française. Voici ce qui y est inscrit : « 12 août 1970. Déclaration à la préfecture de police. L’association Paris Football-Club (P.F.C.) change son titre, qui devient Paris Saint-Germain Football-Club. » Alléluia, il est né le Divin Enfant. Les débuts administratifs et sportifs furent laborieux, mais finalement accouchèrent d’un club prodigue, tant attendu à Paris, qui dès l’été 1974 pris son envol pour ne plus jamais regarder en arrière. Sa longévité en Division 1 puis en Ligue 1 est un record national, faisant bien la nique à tous les mécréants qui prétendent qu’il n’existait pas avant l’actuel actionnaire Qatari. D’autres, ou les mêmes d’ailleurs, des rageux de bas étage, remettent en doute sa date de création, arguant que 1904, l’année de naissance du Stade Saint-Germanois, se rapprocherait plus de la vérité. Inutile de rentrer dans ce débat stérile, personne ne calcule son âge en remontant tout en haut de son arbre généalogique. Ceux-là voudraient nous vieillir de 67 ans, afin de dénigrer l’incroyable palmarès que je m’en vais bientôt vous rappeler.

Cinquantenaire. S’il était un homme, on dirait probablement de lui que ses cheveux blancs grisonnant le rendent séduisant, tel Alain Roche [52 ans], Luis Fernandez [60 ans], ou plus anciennement Carlos Bianchi [71 ans]. Indéniablement, il aurait  la classe naturel d’un Marco Simone [51 ans], également son panache, accentué par son esprit sauvage et mystérieux. Fringuant dès sa jeunesse, il n’aurait rien perdu de son élégance, comme peut l’être le magnifique David Ginola [53 ans] toujours aussi séducteur qu’à ses 25 piges, âge auquel il a signé au PSG. On pourrait aussi dire qu’en un demi-siècle, il est presque devenu mâture et accompli, comme notre légendaire capitaine Raï [55 ans], mais qu’il n’a pas encore totalement atteint la pleine sagesse, ses penchants fougueux et rebelles n’ont pas encore disparu, tel notre Léonardo favori, qui vient juste de souffler ses 51 bougies. Comme certains de ceux qui ont porté son maillot, il a donc eu 50 ans en cette année hors du commun, et si je ne me suis pas trompé – Michel Kollar, tu me châtieras -, ils sont quatre à se partager le gâteau : nous citons David Rinçon, que j’avoue ne pas connaître, le camerounais Patrick Mboma, ainsi que Patrice Loko et Franck Gava, quatre attaquants qui ont plus ou moins marqué les esprits du Parc des Princes, lequel en 1970, était en pleine reconstruction.

Vous l’aurez compris, j’apprécie le phénomène de synchronicité, j’ai donc fouiné à la recherche d’autres trésors, guidé par mon instinct, lequel ne manque pas d’intuition. Heureux je fus de dénicher ces deux anecdotes qui ne pouvaient pas mieux tomber : Francis Borelli, notre valeureux et regretté Président, remporta le 15 mai 1982 le premier titre du club, une Coupe de France contre l’AS Saint-Etienne. Monsieur Borelli venait tout juste d’avoir cinquante ans, le 8 avril 1982. Son illustre successeur, Michel Denisot, fêta lui son cinquantenaire entre les deux matchs de demi-finale de Ligue des Champions contre le Milan AC, trois jours avant le match retour le 19 avril 1995. Notre première et unique accession en demi-finale, avant cette année 2020.

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Milan et ses désillusions © Panoramic

12 aout 1970 – 12 août 2020. Vous avouerez que le clin d’œil historique est d’une précision troublante, presque diabolique. 25 ans après une première demi-finale de Ligue des Champions, perdue donc en avril 1995 face à l’ogre milanais, il a fallu attendre le jour anniversaire du club pour réitérer un quart de finale victorieux, contre une équipe novice mais talentueuse, laquelle a joué sa saison européenne au stade San Siro, l’antre du … Milan AC. Notre cadeau ne pouvant être une honteuse disqualification, la porte dorée de la demi-finale s’est rouverte à nous, un quart de siècle plus tard. Espérons que notre prochaine attente pour atteindre de nouveau ce cap sera plus courte. Le défi bergamasque fut une offrande parfaite, un condensé manifeste, et positif, de notre courte mais mouvementée existence. Le second but, libérateur, n’aurait pu être plus beau, plus parisien, plus PSG. Les meilleurs scénaristes l’auraient écrit, ils n’auraient pu mieux l’imaginer : une récupération de ballon par un fier Titi banlieusard, une remontée rapide d’un fougueux argentin tatoué, une récupération bancale mais finalement maitrisée d’un défenseur allemand fébrile, une sublime ouverture millimétrée d’un génie brésilien, une fulgurante course en profondeur puis un centre altruiste d’un précoce héros national, pour une finition assurée par un robuste et inimitable buteur décrié. Le timing était chirurgical, une 93ème minute qui depuis 50 ans nous aura tant fait vibrer, crier, sauter, chanter, ou pleurer. La statue aurait pu être pour le vaillant Cavani, c’est Eric-Maxime qui rentre dans le grand livre de l’Histoire. Sans oublier, deux minutes plus tôt, l’égalisation pleine de caractère d’un futur capitaine courage brésilien, dont l’abnégation et la fidélité n’est déjà plus à prouver.

Un seul regret, ne pas avoir été dans les travées de ce stade de la Luz, comme je le fus en 2004 pour un match de l’Euro portugais entre français et anglais, lequel s’était soldé par un scénario identique. La comparaison me fait encore frissonner. Une ouverture du score des grands-bretons en première période, une défaite inévitable, jusqu’à la 91ème minute et un coup franc du maître Zinédine, lequel doubla la mise sur un tir au but à la … 93ème minute. Ô Grand Créateur du jeu football, que tu es bien sadique avec tes sujets. Vous prendrez bien une demi, finale celle-ci, mais juste passagère, expédiée rapidement contre des novices allemands à qui on a très vite coupé les ailes. Pas de mauvaise surprise. Pas de scénario fracassant, ni de métatarse fracassé. Un 3-0 efficace, et direction l’inconnue, la nouvelle page d’une fresque romanesque déjà bien garnie : la Finale de la Ligue des Champions.

Une première. Entre joie, d’un pallier enfin franchi, et déception, de ne pas avoir concrétiser ce qui il y a encore peu nous paraissait inatteignable. L’espoir, surtout, d’y revenir un jour pour décrocher le Graal. Qui aurait dit, le 29 février dernier, lorsque j’ai quitté les travées du Parc pour une rencontre contre Dijon agréable mais banale où nous avions géré une bonne mayonnaise 4 – 0, que je n’y reviendrai que six mois plus tard, afin de suivre sur un écran géant la première finale de Ligue des Champions du Paris Saint-Germain ! Cette page-là est comme nos précédentes : on aurait voulu l’écrire qu’on n’aurait pas pu l’inventer. Se qualifier et jouer une première finale de Ligue des Champions était finalement une chose trop fade pour le Paris SG. Il fallait qu’elle soit unique. Elle fut sous le sceau du Covid-19, et du huis clos. Autre détail qui me ravit : un tweet de Michel, notre historien toujours aussi efficace, nous apprend que ce jour de première Finale de Ligue des Champions est 50 ans jour pour jour après le premier match officiel du club, le 23 août 1970 en championnat contre Poitiers. Quand je vous dis que cela ne s’invente pas.

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FC Covid 19 © Panoramic

Cet aparté lisboète terminé, revenons-en à nos cinquante ans. L’excellent trublion Julien Cazarre, éminent supporter rouge et bleu, est brillamment revenu pour Virage sur ses cinq matchs favoris, un par décennie, rentrés dans la légende et la postérité  [Podcast dispo sur Virage]. Je pourrai poser ma propre liste, la commenter, la revivre, mais je propose d’élargir la perspective et d’admirer le panorama, celui du parcours incomparable de ce club encore jeune, mais déjà riche d’une belle Histoire. Un palmarès exceptionnel, unique en France, constellé de trophées, truffé de records, agrémenté de séries européennes épiques, parfois admirables, magnifié par cette saison 2019-2020.

Pour se rendre compte du prestige des chiffres annoncés ci-bas, il est important de les mettre en perspective. Si le Paris Saint-Germain fête ses 50 ans, ce qui pour un club de football est presque considéré comme jeunot, ce n’est pas le cas de ses concurrents nationaux, lesquels ont tous connus les prémices du siècle dernier. Jugez par vous même : 71 ans séparent le PSG et l’om, fondé en 1899 … de même, et par ordre d’ancienneté, on peut citer Rennes (1901), Nice (1904), Bordeaux (1910), Monaco (1924), Reims (1931), Saint-Etienne (1933), Nantes (1943), Lille (1944), Lyon (1950), pour ne prendre que les principaux. Et pourtant, malgré ces années de différence, c’est bien le club de la capitale qui trône sur la première marche de toutes les compétitions nationales. Ou presque, ça se joue à une valise enterrée au fond d’un jardin valenciennois.

Le Paris SG est indéniablement le plus grand club sur la scène française. Il ne s’agit pas d’arrogance ou de mauvaise fois provocatrice, mais d’une analyse factuelle et objective. En championnat, il est donc le club présent depuis le plus longtemps, mais il est loin d’être celui ayant participé le plus à cette épreuve. Le top 3 est composé de l’om, 70 participations [notons que le championnat est devenu professionnel en 1932, année de référence pour le comptage], puis de Bordeaux et Saint-Etienne, 67 chacun, d’autres suivent à plus de 60, comme Sochaux, Rennes, Lyon, Monaco, Nice, Metz, Lille… En comparaison, Paris vient de terminer, prématurément, sa 46ème campagne d’affilée. Il en a remporté 9, autant que son rival olympien du sud, et à une longueur des verts foréziens, qui ont remporté quasiment tous leurs championnats dans les années 60 et 70, à une époque où Paris n’existait pas, ou à peine.

Attendez, on me dit dans l’oreillette que le titre de 1993 n’a pas été décerné, l’affaire de la valise enterrée. L’équipe classée première, coupable de corruption, a logiquement été disqualifiée. En revanche, incompréhensiblement, le titre n’aurait pas été attribuée cette saison-là, le second au classement final n’a pas récupéré la première place qui lui revenait de droit, et la consécration qui allait avec. De sombres rumeurs argumentent comme quoi le diffuseur du championnat, également le propriétaire du Paris SG à l’époque, et la Ligue de football professionnel française n’auraient pas voulu se mettre la France à dos, et surtout le peuple olympien, en adjugeant le titre aux parisiens. Une décision ni sportive, ni éthique, ni équitable, ni appliquée habituellement dans de tels cas, dictée uniquement par des considérations mercantiles, qui prive donc le Paris Saint-Germain d’un dixième sacre de Champion de France, soit le record tenu, du moins encore pour quelques mois, par l’AS Saint-Etienne. La première marche est donc à notre portée, si elle ne l’est pas déjà dans l’esprit. Il n’est pas trop tard, d’ailleurs, pour que la Ligue remplisse la case 1993 par un champion de France qui le mérite totalement. Il n’existe pas, pour être champion, de délai de prescription.

Outre la non-attribution de ce titre de 1993, précisons que le Paris Saint-Germain a été doublement pénalisé, puisqu’il n’a pas non plus participé à la Ligue des Champions suivante. Les autorités du football français ont désigné pour jouer la compétition le troisième du championnat, l’AS Monaco, toujours pour les mêmes raisons ubuesques. Ajoutons que par la suite, en avril 1994, les monégasques furent éliminés en demi-finale par le Milan AC, un an donc avant que le Paris SG ne subisse le même sort, par le même adversaire. Personne ne sait ce qu’il serait advenu si Paris avait joué cette épreuve 1994. Aurai-t-il fait mieux que Monaco ? Aurait-il également été le Champion de France 1995 ? Si oui, aurait-il aborder la demi-finale 1995 avec plus d’expérience, et donc plus de chance d’atteindre la finale ? De grandes questions qui resteront à jamais sans réponse, mais une décision de la Ligue qui a certainement eu d’importantes conséquences dans le destin de notre club.

Pour les Coupes nationales, point besoin de quémander notre dû, les comptes sont à jour, et les records nous appartiennent déjà. Treize coupes de France à notre actif, pour dix-huit finales disputées, loin devant les marseillais [10 pour 19 finales], et à des années lumières de Saint-Etienne et Lille [six coupes chacun]. Pour la petite sœur, la défunte Coupe de la Ligue, n’en jetez plus, la jarre est pleine de champagne rouge et bleu. Sur vingt-six éditions, neuf sont revenues aux parisiens pour dix finales jouées, la seule défaite étant sur le papier la finale la plus abordable, contre le FC Gueugnon. La capitale est solidaire avec les forgerons. Je ne ferai pas l’offense de citer le palmarès des autres clubs, la comparaison serait prise pour de la condescendance, et le parisien n’est ni hautain, ni méprisant. Ça se saurait.

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Ducrocq prend la forge © Panoramic

Anecdotique mais bien réel, le Trophée des Champions est aussi une spécialité parisienne. Certes, les titres de Champions et les Coupe de France victorieuses nous ont permis de disputer le plus de finales de ce trophée plus honorifique qu’important, mais une finale, faut-il encore la gagner. Sur treize disputées, nous en avons remportées neuf, soit une de plus que l’Olympique Lyonnais, qui a également joué une finale de moins. Les autres clubs ? Et bien, les autres … rien à signaler.

Il est temps de franchir les frontières, et s’étendre sur la scène européenne. Tout d’abord, une précision gratifiante, le Paris Saint-Germain est le seul représentant français à avoir occupé la première place du classement UEFA, lequel existe pourtant depuis 1960. Cela vint honorer en 1998 l’incroyable parcours européen de cinq demi-finales consécutives, dont les deux dernières aboutirent à deux finales, et une Coupe d’Europe de Vainqueur de Coupe dans la musette, que certains qualifient de sous-coupe. Une soucoupe que nous n’avons en tout cas pas volé, et c’est bien là le principal. Cette série de cinq demi-finales d’affilées est une performance qu’aucun autre club français n’a réussie. Je ne dispose pas de la statistique, mais je peux avancer sans crainte d’erreur que peu de clubs européens en furent également l’auteur. Notons que cet exploit fut réalisé bien avant que le club n’appartienne aux Qataris.

La confrontation avec les autres clubs français est une fois encore avantageuse. A l’aube de cette nouvelle saison 2020-2021, le Paris SG a joué un total de 225 matchs de Coupe d’Europe, dont 115 de Ligue des Champions. L’OL en a joué au total 262, pour 148 de C1, étant ainsi le plus européen des français. Mais si on retire les 36 matchs des lyonnais joués avant 1976, cela fait donc 225 matchs également disputés sur la même période. On se raccroche à ce qu’on peut, ou ce qu’on veut, mais le prorata de l’âge du club semble un paramètre tout à fait pertinent. Il ne s’agit là que de matchs joués, le critère peut donc paraitre peu judicieux, mais les compétitions européennes sont le summum du football, le caviar des supporters, il est donc important pour un club de s’y épanouir, et d’y perdurer. Atteindre les finales et les remporter est tout aussi essentiel me direz-vous, si ce n’est encore plus, mais pérenniser ses performances au fil des années et les répéter régulièrement est également gage de réussite, et de bonne santé, notamment financière.

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L’apprentissage par la défaite © Panoramic

Jouer des finales fait la grandeur d’un club, et crée des souvenirs inoubliables pour ses supporters, ce qui est l’essence même du football professionnel. Bien sûr, une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne. Mais est-ce aussi simple ? Le Paris Saint-Germain est le cinquième club français à atteindre la finale de la Ligue des Champions, après Reims, Saint-Etienne, Marseille et Monaco. Bordeaux et Bastia ont eux joué une finale de Coupe UEFA. On comptabilise, seulement, un total de 15 finales françaises, dont 5 pour l’om et 3 pour le PSG, et uniquement deux victoires. Pour cette fameuse C1, Paris ne l’a pas remporté au Stade de la Luz, mais il n’a pas eu à rougir. Il n’est pas si facile de gagner cette compétition, et encore moins pour sa première participation en finale. Pour la seule victoire française, il y à des lustres, l’om a du patienter après sa défaite contre Belgrade et attendre une seconde finale, deux ans plus tard. Tous les espoirs parisiens sont donc permis.

Regardons plus largement les clubs vainqueurs de cette fameuse Ligue des Champions, afin de nous rendre compte de la complexité de l’exercice. En 65 éditions, seulement 22 clubs différents ont remporté le trophée, le Real Madrid en comptabilisant 13 à lui tout seul [sur 16 finales jouées], suivi par le Milan AC [7 victoires sur 10 finales], Liverpool et le Bayern [6 victoires chacun, sur respectivement 9 et 10 finales joués]. Certains clubs mythiques, comme la Juventus de Turin ou le Benfica de Lisbonne, n’ont remporté cette compétition qu’à deux reprises [pour respectivement 9 et 7 finales]. Outre le Paris SG, dix-huit autres clubs ont joué au moins une finale sans jamais remporté ce trophée [l’Atletico Madrid en étant à 3 défaites pour 3 finales]. Donnée statistiquement bien plus marquante, depuis le Borussia Dortmund en 1997, et avant lui l’Etoile Rouge de Belgrade en 1991, aucun club ne jouant pour la première fois la finale ne l’a remporté. Une victoire parisienne à Lisbonne, en plus d’être historique pour le club de la capitale, aurait été un authentique exploit.

Les championnats d’origine des vainqueurs sont également un point déterminant. Dans le très restreint  top 12 des champions d’Europe, correspondant à tous les clubs ayant gagné plus d’une fois la Ligue des Champions, seuls l’Ajax Amsterdam, le Benfica de Lisbonne et le FC Porto ne font pas partie des quatre grands championnats. Hormis Porto en 2004, les autres victoires de ces trois clubs remontent à fort fort longtemps, plusieurs décennies, pour la plupart le Paris SG n’existait pas, ou à peine. N’en déplaise aux vainqueurs ciel et blanc d’un autre temps, la difficulté de la compétition s’est fortement complexifié avec sa nouvelle formule lors de la saison 1997-1998. Depuis ce jour l’appellation Ligue des Champions est d’ailleurs erronée, une véritable publicité mensongère. Prenons l’édition 2019-2020 : sur 79 participants [en prenant en compte les tours de barrages], seulement 54 étaient champions dans leur pays, et sur ces 54, seulement 13 étaient présents en septembre dans la phase de groupe, soit même pas la moitié des équipes. En 8ème de finale, sur les 16 qualifiés, seulement 5 champions nationaux avaient réussi à passer l’hiver. Exceptés le Paris Saint-Germain et l’Olympique Lyonnais, tous les autres faisaient partie des quatre grands championnats. Ces élément m’amènent à dire que la Ligue des Champions n’en a que le nom, cette compétition devrait plus justement se nommer la Super League Européenne. La seule différence avec la Super League souhaitée par certains, cette chimère annoncée depuis des années, est que l’actuelle Ligue des Champions n’est pas une ligue fermée et que certains participants changent chaque année, sauf bien sûr les grosses écuries qui sont quasiment toujours sûr de participer, protégées par les indices UEFA de leur pays qualifiant au moins quatre équipes.

Ajoutons les effets de l’arrêt Bosman, dont la décision en justice date de décembre 1995, et il est indéniable d’annoncer que la mission de remporter la C1 s’est fortement compliquée, comme le prouvent les statistiques des vainqueurs. Depuis la saison 1997-1998, nous comptons seulement 9  vainqueurs différents en 23 éditions, dont 7 trophées pour le Real Madrid, 4 pour le FC Barcelone, 3 pour le Bayern Munich, 2 pour le Milan AC, Liverpool et Manchester United, 1 pour Chelsea, l’Inter de Milan et donc l’erreur qui confirme la règle, le FC Porto. En résumé, cela fait 3 clubs anglais [pour 4 victoires], uniquement 2 clubs espagnols [pour 11 victoires] et 2 italiens [pour 3 victoires, et 0 pour la Juventus de Turin], qu’un seul vainqueur allemand et donc un portugais. A part cette finale de 2004 entre le FC Porto et l’AS Monaco, aucun club en dehors des quatre principaux championnats n’a remporté le trophée, et hormis ces deux-là, le Paris Saint-Germain est le premier à avoir atteint la finale. Et encore, il s’agissait d’une édition allégée des matchs retour, ce qui pu lui faciliter un peu la tâche.

Outre la nationalité, prenons le prisme de l’ancienneté pour mettre en relief l’exploit des parisiens en cet été 2020. L’âge du club est dans ce cas un paramètre à prendre avec des pincettes, la première édition étant en 1956, la plupart des équipes à cette époque-là étaient bien plus anciennes. La notion d’expérience n’est toutefois pas une donnée dénuée d’intérêt. En cette année 2020, le Paris Saint-Germain est seulement le 41ème club à avoir atteint l’ultime match. Pour ne parler que du XXIème siècle, aucun primo-accédant en finale ne l’a remporté. En revanche plusieurs n’en ont jamais rejoué, et reste donc sur un échec, comme le Bayer Leverkusen, les canonniers d’Arsenal ou les Spurs de Tottenham. Espérons que le Paris Saint-Germain réitère prochainement son exploit, et que son expérience acquise sur les rives du Tage lui apporte une issue triomphante.

Beaucoup parlent du PSG comme d’un nouveau riche qui investi des milliards sans résultat en C1. Ce fut encore le cas dernièrement d’un entraîneur portugais olympien. Prenons le Chelsea qu’il a lui même entraîné. Racheté en 2003 par l’oligarque russe Roman Abramovitch, il a attendu 2008 pour atteindre sa première finale de C1, qu’il a perdu, puis 2012 pour enfin la gagner, pour sa deuxième, et à date, dernière participation en finale. Notons que ce cher entraîneur olympien évoqué précédemment était cette saison 2011-2012 le coach des Blues de Chelsea, et qu’il en fut viré en mars pour mauvais résultat, quelques mois avant que son adjoint et successeur Roberto Di Matteo remporte le trophée. Il est préférable parfois de se souvenir de son propre passé avant de faire de la démagogie mal placée. Cette victoire de Chelsea en 2012 n’est pas anecdotique. Avec le Borussia Dortmund en 1997, il s’agit des derniers primo-vainqueurs de la Ligue des Champions. Autrement dit, depuis 24 ans, seuls Dortmund et Chelsea ont remporté pour la première fois cette compétition, tous les autres étant des habitués. Pour surfer sur cette difficulté de remporter cette épreuve, même pour des milliardaires, citons Manchester City, racheté en 2008 par un fond d’investissement d’Abu Dhabi, qui n’a depuis pas fait mieux qu’une demi-finale perdue en 2016. Chelsea et City, deux exemples notables du richissime championnat anglais, qui démontrent bien que même chez les puissants, se faire une place au soleil est une mission quasiment impossible.

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Danse néo-marseillaise © Panoramic

Oh, mon Paris Saint-Germain, ton heure viendra, nous en sommes tous persuadés. Contre vents et marées, tu franchiras les flots les plus tourmentés pour vaincre avec panache et obtenir la gloire que nous méritons tant, fidèles malgré les tempêtes, et toujours présents à tes côtés, pour franchir les futures murailles qui se présenteront face à nous dans notre tumultueux mais passionnant chemin. L’avenir s’annonce radieux, mais il est encore incertain. Notre passé est bien réel, et en cette année 2020, nous nous devons de le célébrer et le choyer comme il se doit. Tu noteras que, volontairement, ma narration a vogué du « tu », Paris Saint-Germain, à « nous », incluant tes supporters dans cette destinée commune, l’un allant naturellement pas sans l’autre, tous les autres, ces dizaines de milliers d’âmes qui respirent Rouge et Bleu.

Remonter le fil de nos cinq décennies serait trop long, et d’excellents ouvrages rivalisent à ce sujet. Je pourrai citer pêle-mêle et dans un ordre incertain quelques personnages qui ont contribués à écrire notre histoire, en plus de ceux précédemment évoqués, Guy Crescent, Henri Patrelle, Pierre Phelipon, Jean Djorkaeff, Just Fontaine, Pierre Alonzo, Thierry Morin, Jean-Marc Pilorget, Daniel Hechter, Georges Peyroche, Eric Renaut, François M’Pelé, Franck Tanasi, Dominique Baratelli, Mustapha Dalheb, Jean-Pierre Dogliani, Dominique Bathenay, Gérard Houiller, Dominique Rocheteau, Jean-Claude Lemoult, Safet Susic, Artur Jorge, Joel Bats, Paul Le Guen, Ricardo, Antoine Kombouaré, George Weah, Valdo, Daniel Bravo, Bernard Lama, Laurent Fournier, Vincent Guérin, Bruno Ngotty, Eric Rabesandratana, Alain Cayzac, Youri Djorkaeff, Francis Llacer, Pierre Ducrocq, Edouard Cissé, Jérôme Leroy, Jimmy Algerino, Laurent Leroy, Laurent Robert, Ronaldinho, Jérôme Alonzo, Gabriel Heinze, Mauricio Pochettino, Juan-Pablo Sorin, Clément Chantôme, Bernard Mendy, Jay-Jay Okocha, Pauleta, Amara Diané, Sylvain Armand, Zoumana Camara, Mamadou Sakho, Guillaume Hoarau, Jérôme Rothen, Javier Pastore, Blaise Matuidi, Adrien Rabiot, Maxwell, Marco Verratti, Edinson Cavani, Thiago Motta, Presnel Kimpembe, Thiago Silva, Angel Di Maria, Thomas Tuchel, Kaylor Navas, Nasser al-Khelaïfi, tous pour différentes raisons, dont celle commune d’avoir marqué le club, et pour certains mon esprit, mais j’en oublierai des centaines, et la liste serait subjectives, évidemment ! Ils sont quasiment cinq cents joueurs à avoir porté au moins une fois le maillot du Paris Saint-Germain en match officiel, les citer tous serait honorable mais fastidieux, et j’ai pour habitude de faire court et condensé.

Je pourrai m’attarder plus particulièrement sur nos différents présidents, propriétaires, actionnaires, mais l’exercice serait tout aussi long et laborieux. Nos détracteurs disent que les victoires actuelles du PSG sont dues à la richesse de son propriétaire. Oui, certes, ça aide. Et alors ? Ça sert à ça un actionnaire. Quelques arguments contrent ce point de vue contestataire. D’autres clubs ont eu leurs années fastes, poussées par des actionnaires ou des présidents riches et puissants, du moins pour leur époque. Ils en ont également profité pour rafler les trophées et les paillettes. Paris n’a pas l’apanage du clinquant et de la suprématie économique. Et même quand Paris a eu ses années fortunées, il lui est arrivé, à de rares fois, d’être battu. Il n’était [ou il n’est] donc pas impossible de battre l’ogre parisien, puisque certains l’ont fait. Justement, lorsqu’on est tout en haut, factuellement le plus fort,  l’exploit est de perdurer, de maintenir sa position de leader, de garder sa motivation, de se remettre en question à chaque début de saison pour aller chercher les trophées, tous les trophées, en jouant à fond sur chaque tableaux et en évitant le moindre faux pas, une seule erreur pouvant être fatale.

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Porno Soft © Panoramic

Il est temps de laisser le passé et de regarder vers l’avenir. Où en sera le Paris Saint-Germain dans cinq ans, dans dix ans ? Bien malin celui qui peut réaliser une projection fiable jusqu’en 2030, mais quelques pistes peuvent être esquissées, malgré plusieurs points d’interrogation. Quid de notre propriétaire Qatari ?, dont la Coupe du Monde arrive à grands pas, décembre 2022 étant après-demain. Son investissement post mondiale sera-t-il le même que ces dernières années, après dix ans de propriété. Le soft power du Qatar a toujours besoin des paillettes de la Tour Eiffel, mais quel sera le niveau de leurs engagements sur la durée ? Les dossiers de prolongation de Neymar et Mbappé, ainsi que leurs éventuels successeurs, seront de bons indices pour prendre la température au baromètre de l’émir. Quoi qu’ils décident, leur héritage sera aussi structurel, notamment concernant notre centre d’entraînement, point noir du club depuis sa création. Quitter le Camp des Loges et la ville de Saint-Germain n’est pas une décision anodine. Pour les supporters romantiques, que certains d’entre nous sommes encore, il s’agit-là d’un dur sacrifice. Difficile à entendre pour nous dont les trois initiales ont autant de valeur l’une que l’autre. Même si la volonté marketing des qatariens fut de faire la place belle au cinq lettres capitales, le Paris ne doit pas effacer le Saint-Germain. Une fois installé au nouveau centre ultra moderne de Poissy, dont je salue par ailleurs la grandiosité du projet, les liens avec la ville de naissance du Roi-Soleil seront très ténus, et il faudra de nombreux effort pour que ceux-ci ne s’effacent pas petit à petit. Le nouveau centre ne sera qu’à sept kilomètres du Camp des Loges, le dépaysement sera limité, mais la symbolique P.S.G. tout de même ébranlée.

Ce n’est pas un plaisir de rappeler dans chacun de mes articles qu’il est important de respecter l’identité du club. Il est néanmoins impératif de le rabâcher sans cesse, afin que nos décideurs n’oublient pas ce principe fondamental, qui parfois semble leur échapper. C’est de notre devoir, amoureux du Paris Saint-Germain, de rester vigilants, afin que la transformation du club reste une évolution, et non pas un effacement. Le Paris Saint-Germain n’est plus aujourd’hui qu’un simple club de football, avec ses joueurs, ses salariés, et ses supporters. La volonté qatarie en a d’abord fait une marque, avec ses followers et ses clients tout autour du globe. La magie de « PARIS », certes. Surfer commercialement dessus, bien entendu. La marque se veut être mondiale, tendance, lifestyle, tout cela peut se comprendre en ces temps consuméristes d’un siècle qui nous dépasse déjà, mais elle ne peut pas oublier l’essentiel, les basiques : même si Paris est ou se veut être la capitale du monde, le Paris Saint-Germain doit rester en premier lieu le club des parisiens et des franciliens. Faire briller les vaisseaux de la Tour Eiffel jusqu’au confins du monde paraît pour certains être une obligation, mais ceux-là ne doivent pas oublier que ces rayons éclairent d’abord Paris et sa région.

Un contrat de partenariat avec l’équipementier Jordan ? Une bonne idée, incontestablement. Mais cela ne doit pas amener à n’importe quels sacrifices. Attention au respect des couleurs, de ces maillots qui sont notre identité. Quel fierté de voir la beauté de ces dernières parures, la tenue third 2019-2020, les deux « Hechter » du cinquantenaire, domicile et extérieur, qui sont un retour aux sources bienvenu. Le problème dans le mot « retour », il insinue qu’il y avait eu un éloignement. Cela est impardonnable. Le respect des couleurs et du design des maillots doivent désormais être une constante inamovible, dont le maintien ne peut être remis en cause par des prétextes commerciaux, ou le délire d’un designer américain. L’un n’empêchant pas l’autre, l’identité pouvant très bien se marier avec le business. Quelle joie de voir notre équipe jouer avec ces maillots lors de nos derniers matchs, aux oubliettes les couleurs inappropriées ou les designs faux-semblants ! Le ressenti est étrange, mais j’avais réellement l’impression de regarder jouer le Paris Saint-Germain, et non pas ce club préfabriqué que l’ont m’a vendu depuis des années. Les artifices ne trompent personne, ils ne servent qu’à amadouer ceux qui demain ne seront plus là. Le maillot fait tout. Il embellit l’ensemble. Il enjolive les joueurs. Il donne une appartenance. Il témoigne du passé. Il montre la direction. Il est le Paris Saint-Germain, tout simplement.

L’ancrage. Voici le mot qui me semble primordial, et auquel nous jugerons in fine l’héritage, permettant de ne pas tout recommencer à zéro, le jour où nos propriétaires partiront. Les consommateurs sont pléthore, mais ce sont les supporters fidèles qu’il faut chérir et choyer. Construire localement, pour vivre mondialement, mais surtout, pour vivre longtemps. L’ancrage, ce sont les gens, à l’évidence, mais aussi la culture, et l’Histoire, celles qui existent, dont il n’est pas besoin d’en inventer les contours pour mieux l’imposer. Les honorer, les faire vivre et les transmettre, voilà quel doit être notre objectif, et notre devoir. Pour rester sur cette même logique, notre joyau, notre pépite, vous l’aurez reconnu, notre maison, le Parc des Princes, doit également le rester pour les prochaines décennies. Ne surtout pas succomber à un relooking extrême, ni à un naming qui seraient malvenus. Evoluer, oui, disparaître, non.

Vous l’aurez compris, le Paris Saint-Germain, à cinquante ans, n’est pas à un tournant de sa vie, mais il doit se servir de son passé si foisonnant pour continuer son chemin et vivre de nouvelles grandes émotions, écrire de nouvelles pages et faire la fierté de ses supporters. La finale de la Ligue des Champions perdue est à la fois l’aboutissement des cinquante premières années, et la base des cinquante prochaines. Je n’oublie rien de notre série débutée en 2013  et qui se compose de quatre quart de finale haletants, puis certes trois 8ème très décevants, c’est un euphémisme, mais qui se ponctue par cette finale de Lisbonne. Je n’oublie rien des humiliations, des baffes, de la honte, parfois, mais je salue aussi le travail, la conviction, la volonté, un peu de chance aussi, des fois, qui nous ont amené à cette finale. Le rêve pu devenir réalité, du moins celui d’être tout près de la consécration. Mais la série est en cours, elle est loin d’être terminée. Déçu, mais pas abattu, tel était mon sentiment à la fin de cette finale, car je sais, j’en suis sûr même, que l’avenir nous réserve encore plein de belles sensations. A commencer par cette saison 2020-2021 qui débute chaotiquement, il ne pouvait pas en être autrement, mais qui s’annonce déjà difficile et donc intense. Du piment, rouge et bleu, voilà ce que nous souhaitons, supporters du Paris Saint-Germain, voilà ce qui nous fait aimer ce club, voilà ce qui nous fait vivre. Excitante, délirante, ou bien même traumatisante, supporter le PSG est une passion débordante, mais qui nous permet de nous sentir vivants.

Un seul mot d’ordre, suivre nos objectifs, qui nous mènerons loin, très loin. Grandir, tout en gardant son identité. Gagner, tout en gardant son honneur et sa fierté. Vaincre, tout en gardant sa passion et l’émotion d’un gamin de dix ans, celui que j’étais la première fois où je suis allé au Parc des Princes, il y a bientôt trente ans de cela … Bon 50 ans mon Paris Saint-Germain Football Club ! Vous en reprendriez bien pour un nouveau demi-siècle ? L’Histoire ne fait que commencer. Une Légende qui chaque jour s’écrit de plus belle, et toujours en lettre capitale.


Benjamin Navet

PSG club énervant Virage

PSG, club énervant

Le PSG c’est comme Renaud, c’était mieux avant
Je ne parle pas d’Eric notre ancien défenseur, mais du chanteur de la même époque. Oui, le titi parisien de ses débuts qui chantait « amoureux de Paname »,
devenu ensuite supporter des sangs et or, puis fan de l’om pour finir par se noyer dans la boisson phare de la région… Bref un footix avant l’heure. Un vrai.
Avant même l’existence du footix. Comme quoi l’âge ne fait rien à l’affaire
comme disait un autre illustre chanteur.


Ah Just Fontaine ! bigre c’était autre chose
Ah Mustapha Dahleb ! c’était autre chose man
Ah Safet Susic ! c’était autre chose mon pote
Ah Raí ! Il déchirait sa race
Ah Pauleta ! ça c’était un joueur put…de sa m….
Ah Zlatan ! Psartek, sa m… la p… wallah
Et bientôt ce seront les nostalgiques de Neymar et/ou Mbappé.

Peu importe la génération, la ritournelle reste la même. Ah la la, à mon époque on jouait pour l’amour du maillot, c’était des vrais joueurs, y avait moins d’argent, ils étaient plus sérieux, etc… Toujours les mêmes bêtises. NON, ce n’était pas mieux avant. La seule chose qui a changé c’est qu’aujourd’hui via les réseaux sociaux, on connait tout des footballeurs et le moindre écart circule sur la toile et surtout, tout le monde peut donner son avis. Des plus fins aux plus stupides. La conversation de comptoir d’avant devient buzz.

Est-ce la faute de la technologie ou de ceux qui l’utilisent ? Le plus gros bug informatique se trouve toujours entre le clavier et le fauteuil. La VAR que l’on soit pour ou contre devrait faire l’unanimité. Malheureusement ceux qui l’utilisent sont ceux qui se trompaient avant sur le terrain. Résultat de nouvelles incohérences sont créées, car l’humain ne sait pas gérer ou utiliser les outils mis à sa disposition. Si l’on revient sur le dernier match contre l’om, pourquoi la VAR ne donne pas penalty sur la main marseillaise dès la deuxième minute ? Aucune explication rationnelle ne peut l’expliquer, il s’agit d’une erreur manifeste et le règlement n’est pas appliqué. La seule explication est qu’il s’agit d’une décision humaine. Simple erreur ? Erreur volontaire ? Même débat qu’après le but d’Hurst en 1966, Séville 1982, le penalty de Weah contre la Juve en 1993, etc… Non non rien n’a changé chantaient les Poppys il y a 50 ans (et oui désolé les vieux), non rien n’a changé 50 ans plus tard.

Draxler Virage PSG
Guten Tag les rageux © Panoramic

Ce qui n’a pas changé ce sont les commentaires stupides entendus au Parc des Princes contre Metz (mais surement dans tous les stades), la différence c’est qu’aujourd’hui tout le monde en profite également sur son téléphone. Hier encore, Draxler s’est fait pourrir tout le match par ces pseudos supporters, qui lui ont chanté Auf Wiedersehen, dégage, etc…
Loin de moi l’idée de défendre le match catastrophique du joueur, en revanche quand tu es supporteur et que tu vas au stade, soutient tes joueurs, encourage-les ! Même et surtout si tu vois qu’ils ont du mal, ou bien qu’ils passent à côté. Mercredi soir, ce fut lui le héros qui nous a donné cette victoire ô combien précieuse. Voir ses joueurs épuisés d’avoir tout donné à 9 contre 11, ça c’est beau et prouve que ces joueurs sont vraiment à fond, contrairement à ce que bavent les médias. Draxler sauve son match et fait passer pour des cons tous ceux qui l’ont conspué. Rien de nouveau je me souviens avoir vécu la même chose avec Dely Valdès par exemple.

De retour à mon domicile, j’ai eu la faiblesse d’écouter certains médias. Vont-ils parler de cette 93ème minute, de la superbe transversale de Marquinhos pour un Di Maria à bout de force qui réalise un contrôle magnifique suivi du centre qui aboutira au but de la délivrance ? Non, on ne parle que de Tuchel qui doit partir car il est aussi complètement incompétent, que son vestiaire le déteste (source des joueurs « importants » du vestiaire), de Léonardo qui devait sauver le club et ne contrôle plus rien, d’Ibiza, du départ de MBappé d’après mode & travaux, de Nasser englué dans des affaires de corruption, que le problème du PSG s’appelle Neymar, de banderoles des ultras, bref c’est la crise à Paris, etc…  Bref le déferlement de bêtises et d’inepties que l’on entend depuis les défaites contre Lens et L’om. Tous ces spécialistes que ce soit télé, radio, internet, journaux, vomissent leur bile sur le PSG avec délectation.

S’ils étaient vraiment spécialistes et surtout honnêtes, Ils demanderaient au roi des cons de la LFP sur son trône pourquoi et comment peut-on programmer une première journée de championnat le jour de la finale de la Ligue des Champions ? Encore plus quand on a deux clubs demi-finalistes (chose qui n’arrivera certainement plus avant un paquet d’années). Ces honnêtes spécialistes pourtant, pour certains anciens joueurs, expliqueraient qu’après un tournoi de haut niveau il est évident qu’il faut laisser aux joueurs le temps de décompresser physiquement et psychologiquement. TOUS les autres clubs du final 8 y ont eu droit.  Ils expliqueraient qu’une saison sans préparation physique ne peut conduire qu’à la catastrophe !  Ils demanderaient aussi pourquoi on reporte un match pour 3 cas de Covid (ASSE/om), mais quand le PSG est concerné on change les règles et on joue quand même (PSG/om). Ils expliqueraient enfin que le PSG à cause de tout cela n’a pas pu faire de préparation d’avant saison et est donc désavantagé (comme Lyon) par rapport aux 18 autres clubs.

Non on préfère dire que ces stars ont attrapé le Covid à Ibiza, alors qu’ils n’auraient pas dû avoir de vacances, et que c’est bien fait pour eux et que c’est la faute du club…
Ces gens-là auraient préféré qu’ils passent leurs vacances à Yzeures-sur-Creuse pour célébrer le Fête de l’andouillette ? Ah mon avis sur un yacht en vase clos, on est bien plus en sécurisé niveau virus que dans la moiteur alcoolique de la fête des intestins de porc. Vous pensez vraiment qu’ils sont allés à des fêtes publiques à Ibiza ? Ils étaient avec femmes et enfants. Mais la jalousie, l’ignorance et la bêtise c’est tellement plus facile.

Ces journalistes qui en ont juste le nom pour la plupart se vautrent dans la fange des réseaux sociaux et leurs analyses ne valent pas mieux que celle de Pierrot ou de Manu qu’arrête pas de gonfler la taulière. Que dire des 6 mois de suspension demandé pour Neymar et Di Maria… Et pourquoi pas rétablir la peine de mort ? Ah on en parle aussi en fait… Quand je les écoute tous je me pose toujours la même question. Putain mais où j’ai mis mon flingue. S’ils étaient intègres, ils nous expliqueraient que la chaine Téléfoot a demandé que ce PSG/om soit programmé dès la 3ème journée pour booster les abonnements et favoriser Marseille qui a eu tout son temps pour préparer ce match, à l’inverse des parisiens.

Paredes Kurzawa Virage PSG
Le bon, la brute et le truand © Panoramic

« J’veux pas rater Téléfoot » chantait Renaud, aujourd’hui je chanterais « boycott Téléfoot », cette nouvelle chaîne hors de prix dont le président souhaite officiellement que l’om soit champion. Cette chaine qui n’a pas d’images pour prouver les dires de Neymar, puis finalement si, quand Bein, eux, indiquent avoir les images. Le PSG n’est certes pas exempt de tous reproches, notamment dimanche sur cette parodie de football. On à voulu la jouer à la baston. Laisse béton. Payet et les réseaux sociaux ont fait basculer le match en pugilat, avec la complicité d’un arbitrage nullissime. Pathétique les rentrées de Paredes et Kurzawa, qui nous plombent le match. Aucun des deux n’est venu jouer au foot, en même temps on ne sait pas s’ils le savent encore ? L’un ne nous l’a jamais montré depuis son arrivée, le second s’est reconverti dans le karaté je crois. A moins qu’en fait on l’ait fait resigner au club pour être steward ? Ou bien videur dans la boîte ou Jésé est devenu DJ ?

Non tout ne va pas bien au PSG, mais il y a assez de gens qui nous détestent et qui nous attaquent pour que ceux qui se disent supporters en rajoutent. Il n’y a même pas un mois nous étions en finale de Ligue des champions, avec 4 titres en poste. LA meilleure saison de notre histoire ! Supporters arrêtez de suivre la meute ! Réfléchissez par vous-mêmes ! Pour finir un extrait de la chanson « j’ai raté telefoot », elle aussi n’a pas changée et est 40 ans après plus que jamais d’actualité.

J’étais tranquillement écroulé
D’vant ma télé sur mon plumard (…)
V’la ma gonzesse qu’entre dans ma piaule
Qui m’dit qu’est-c’tu fais planté là
T’en a pas marre de ces marioles
T’en as pas marre d’leurs tronches de rats
J’lui réponds n’en ai rien à foutre
(Renaud, t’as raison) je vais boycotter « Téléfoot »
Et tous ces bons à rien.
Tin tin tin…

Illustration © Cabu


J.J. Buteau

Egouts et mauvais goût

Avant le match face à Marseille au Parc des Princes, et en raison de son absence
des tribunes, le CUP avait décidé de déployer plusieurs banderoles dans la capitale
à destination des Marseillais. Le problème, c’est que les banderoles
étaient de très mauvais goût.

J’ai hésité à parler de ce sujet parce qu’il cristallise toujours les tensions. Si on critique les ultras, on est directement catalogué bien-pensant, moralisateur qui ne connaît rien au « folklore des tribunes ». Si on les défend, on ne peut qu’être un infâme misogyne, homophobe et donc forcément un peu fasciste. La réalité me semble bien plus nuancée. Mais la nuance n’est plus très tendance à notre époque. Il faut condamner quelque chose, tout le temps, très vite pour exister un peu, jusqu’à la prochaine polémique. Mais je n’ai pas envie de ne rien dire car à peu près tout ce que j’ai lu sur le sujet depuis dimanche m’a semblé très peu convaincant (à l’exception des Cahiers du Foot, comme souvent). Quel est le problème avec ces banderoles ? Le vocabulaire. Les défenseurs disent que c’était de la provocation, du chambrage classique entre rivaux. Quant aux accusateurs, ils dénoncent des propos misogynes, homophobes, virilistes mais surtout très vulgaires. Depuis quand les auteurs des banderoles du CUP sont-ils frappés par le syndrome Gilles de la Tourette ?

Les échanges entre rivaux par banderoles interposées ne sont pas une nouveauté. Tous les groupes y ont recours, ça fait partie de cette culture et en ce sens l’argument du « folklore des tribunes » peut s’entendre. Mais il faut quand même noter qu’elles ont été déployées en dehors du Parc des Princes, ce qui vient tout de même relativiser cet argument. En dehors du stade, les banderoles sont visibles de tous et il ne faut pas s’étonner qu’elles puissent choquer. Le ton était délibérément vulgaire, abusant de métaphores sexuelles pour humilier l’adversaire. Et c’est là qu’est le gros souci. Sodomie, pute qui suce l’Europe, Payet qui n’a soulevé que Ludivine… le champ lexical est gras. La vulgarité peut ne pas plaire mais elle n’est pas interdite, c’est entendu. Toutefois il n’est pas possible d’utiliser ces mots sans prêter attention à ce qu’il y a derrière. J’insiste bien sur le fait que ces banderoles se voulaient humiliantes. Se faire sodomiser serait donc humiliant, selon le CUP. L’accusation d’homophobie arrive forcément très vite, mais comme à chaque fois dans ce cas de figure, on me répondra que la sodomie n’est pas l’apanage aux homosexuels. C’est tout à fait vrai, les femmes aussi peuvent la pratiquer. Les propos ne sont donc pas seulement homophobes, ils sont aussi misogynes.

On me reprochera sans doute d’aller trop loin, de vouloir trop analyser ce qui n’est rien d’autre que du chambrage et qu’il n’y a pas d’intention malveillante dans ces propos. Peut-être. Mais je constate tout de même que malgré une première polémique il y a un peu plus d’un an sur ce même sujet, aucun effort n’a été fait pour ne serait-ce qu’envisager que ces propos puissent être choquants. Ce serait donc à ceux qui se sentent offensés de se débrouiller avec leurs émotions. Les supporters, eux, n’ont pas de temps à perdre avec ces chichis, ils ont de l’insulte à débiter. Et c’est précisément cette attitude qui me dérange aujourd’hui. Aucun effort n’a été fait. L’outrance est volontaire et ceux qui ne sont pas d’accord sont priés de se taire. Si le CUP avait voulu saboter sa réputation, il ne s’y serait pas pris autrement. Pire, en se comportant de la sorte, il donne la possibilité aux activistes de tout poil de se faire de la pub sur son dos. Entre certains pourfendeurs de l’homophobie qui ne réagissent que lorsque l’exposition médiatique est suffisante ou des féministes de fortune qui se désintéressent de la question sitôt le buzz retombé, tout le monde se régale à décrire les ultras comme des dégénérés infréquentables. Je sais que c’est on ne peut plus éloigné de la réalité, mais tout le monde ne fera pas l’effort de vérifier. Pourtant, avec de tels agissements, qui sont en plus assumés et revendiqués, le CUP tend le bâton pour se faire battre. Et sa crédibilité lorsqu’il dénonce, à juste titre, les mesures liberticides prises à l’encontre des ultras fond comme neige au soleil. Au passage, ces propos font aussi du tort à des associations qui tentent d’instaurer un dialogue avec les clubs et les supporters pour lutter contre l’homophobie, le sexisme et le racisme, pour faire réellement avancer les choses.

La défiance, la provocation et un certain sens de la rébellion font partie de la mentalité ultra. Je n’attends surtout pas d’eux qu’ils deviennent des spectateurs calmes et policés. Mais cela n’empêche pas d’évoluer. Arrêter d’employer ce vocabulaire ordurier et insultant ne fera pas d’eux des petits êtres fragiles. La virilité à laquelle ils semblent tenir par dessus tout n’est pas incompatible avec un peu de discernement. Et malheureusement si de nouvelles manifestations de ce genre (banderoles ou chants insultants) devaient se produire, il serait de plus en plus difficile d’en nier le caractère homophobe et sexiste. Alors plutôt que de se perdre dans des dénégations qui n’effaceront de toute façon pas ce qui a été dit, pourquoi ne pas mettre cette énergie dans la réalisation de banderoles moins ordurières ? Il n’y a pas si longtemps, le chambrage du rival historique se faisait avec beaucoup plus d’humour, de finesse et d’efficacité. Le meilleur exemple étant le célèbre « Droit au bus ». Quand on veut représenter la Ville Lumière, il est préférable de ne se vautrer ni dans la boue, ni dans les égouts. Laissons cela à qui vous savez.


Café Crème et Sombrero

En deuil Virage PSG

En Deuil

Payet et ses nichons gélatine peuvent bien fêter cette victoire au Parc.
Après 9 ans d’humiliations indiscutables, les sudistes ont enfin gagné contre Paris. C’est un trophée de rien, une coupe invisible, une non-ligne
dans un palmarès désespérément vierge depuis des lustres.


Voilà les deux dernières médailles olympiennes en une décennie : Ce 1-0 déjà avalé par l’oubli et notre défaite en finale européenne. Ils ne vivent qu’à travers nous. Par procuration. C’est de bonne guerre. Ils n’ont pas le choix. Hier, Paris n’a pas vraiment joué au football, est tombé comme un puceau dans le piège tendu par les Marseillais : Énervements, bagarres, simulations, provocations, gain de temps sur chaque dégagement, chaque touche, nous n’avons résisté à rien et c’était absolument pathétique. Alvaro aurait traité Neymar de singe. Au carton rouge et à la rage, j’aurai préféré que notre Roi plante deux buts pour faire taire cet Espagnol visiblement élevé dans une ferme où les cochons ne servaient pas qu’à nourrir la famille… Bref, deux matchs, deux défaites, contre un promu médiocre et un ennemi pas beaucoup moins faible. Je ne sais pas si Paris va relever la tête et vite récupérer cette première place en championnat que les plus cons et les plus enfants gâtés de nos supporters lui prédisent chaque année, – comme si les exemples de Montpellier et Monaco n’avaient servi à rien -, ou si Paris va nous offrir une saison catastrophique. Je ne sais pas.

Ce que je sais en revanche, c’est qu’il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que je décide d’arrêter de suivre cette Ligue 1 sans âme ni calendrier, sans public ni jeu. Moi, mon oxygène, depuis trois décennies, c’est le championnat. Avant même l’Europe. C’est ce rendez-vous hebdomadaire qui me permettait de tenir, ce phare, au loin, qui rythmait ma vie et m’empêchait de complètement sombrer. Ma meuf m’a plaqué ? Pas grave, y’a PSG-Caen samedi. Une rage de dents ? M’en fous, y’a Saint-Étienne-PSG dimanche. Plus de fric sur mon compte?  M’en branle, y’a PSG-Lorient dans trois jours. Triste constat ? Oui, vous avez probablement raison. On ne voue pas son existence à un Club de football. C’est dérisoire, ridicule, anecdotique, puéril… J’ai écrit un livre là-dessus. Et j’ai bien peur de n’avoir pas changé. Je reste persuadé que sans ces passions inutiles, dévorantes, l’homme n’est presque rien, une boule de chair qui roule vers la mort. Je ne veux pas briller socialement, je ne veux pas réussir, écraser, je veux pouvoir retrouver mon Club chaque semaine et prier pour qu’il terrasse son adversaire. Je veux pouvoir encore encaisser les défaites, célébrer les victoires, multiplier les vannes et les insultes en me disant que, quoiqu’il arrive, ça recommence dans quelques jours.

Et puis, en mars, patatra. Covid, isolement forcé, arrêt des compétitions. Un no man’s land inédit se dévoile en direct. Le football, comme le reste du monde, s’adapte à la pandémie. Il en profite pour vider ses tribunes et passer de trois à cinq changements. Il change, doucement mais sûrement. Je pensais que le manque durant le confinement allait être insupportable. Je craignais le pire. Qu’allez devenir mes weekends sans ballon ? Très vite pourtant, je m’y fais. Et j’étais encore plein d’espoir : Ça va reprendre, comme avant. Ça va revenir. Le final 8 et les deux coupes nationales glanées au forceps ont été des leurres acceptables. Oui, Paris était de retour, oui, le football reprenait ses droits.

La ligue 1 est là. Alors que Paris défie les Boches en finale, les ploucs de France lancent les hostilités. On est un pays de foot ou on ne l’est pas… Très vite, des matchs sont annulés, repoussés. Le calendrier implose avant même de vraiment s’afficher. Un nouveau diffuseur entre dans la danse. 25 balles pour assister à ces rencontres indigentes, à ces tactiques qui n’en sont pas, à cette mascarade que personne ne nous envie. Grâce au match d’hier, je sais désormais que je ne m’abonnerai pas. Et que je ne céderai même pas aux avances de ce décodeur pirate algérien, apporté hier par un ami et qui a pourtant fait ses preuves, malgré quelques bugs en première mi-temps. Non. Je ne veux plus payer pour ce non spectacle, cette parodie de football. Non. Le streaming sera amplement suffisant. Mon rituel n’en est plus un. Il va peut-être falloir que je me trouve une autre addiction, un nouveau dealer.

Ce n’est pas cette défaite contre les bourrelets de Payet qui me rend fataliste. Plutôt ce sentiment que nous sommes en train d’assister à la fin de quelque chose. C’est la première fois en trente piges que je ne regarde plus fébrilement le classement, que je ne me renseigne pas sur les affiches du week-end, que j’ignore même les résultats de nos adversaires. Et je me dis qu’avec cette coupe du monde qui se profile à l’hiver 2022, nous ne parviendrons pas à retrouver notre rythme d’antan. Le Mercato se terminera cette année en octobre. Nous allons jouer nos prochains matchs de championnat amputé d’une bonne partie de nos cadres. Ça ne rime à rien. Tout est dénaturé, poussif, désincarné. L’économie est ce rouleau compresseur qui ne fait pas de sentiment. Il faut jouer, il faut avancer, coûte que coûte. Même si Paris comptait six points sur six aujourd’hui, je préférerai qu’on arrête tout. Que le foot ne reprenne que quand son peuple pourra le rejoindre en tribunes. Sinon, c’est autre chose, du catch, un ballet pour rien, une mascarade avec des chants de supporters diffusés en boucles, fantômes terrifiants, prophètes d’un malheur annoncé.

J’entends déjà les pragmatiques ricaner. Et je les emmerde. Qui peut décemment se satisfaire de ce qu’il voit à la télé depuis la reprise ? Qui peut sérieusement accepter de voir sa passion ainsi galvaudée, piétinée ? Qui ? Franchement. Je n’ai même plus envie de débriefer le match, de me demander si Tuchel est encore l’homme de la situation, si Leo est encore aux commandes, si notre équipe a de quoi lutter pour le titre. Le final 8 a été une sorte de mirage. Cet esprit commando ne pouvait pas durer éternellement. Nos joueurs, de toute façon, ne semblent aimer que les joutes continentales. Le championnat, c’est une obligation, un poids, une perte de temps. Comme ils se trompent. Ce qui est angoissant, c’est de constater que sans nos stars, nous n’avons plus de collectif, plus d’envie, aucun automatisme. Aucune identité de jeu. Nous pourrions jouer trois jours que nous ne marquerions pas. Nous jouons au handball, nous ne déchirons rien, nous ne faisons plus peur.

Mbappé exige déjà un bon de sortie pour l’été prochain. Nous venons apparemment de re-signer Choupo. J’ai l’impression d’être sur un manège fou. Ou sur un radeau, perdu au beau milieu de l’océan. Et que plus rien n’a d’importance. Il aura suffi d’une semaine à Ibiza pour que toutes nos éventuelles certitudes partent en fumée. Et puis il y a tous ces joueurs qui n’en sont plus : Sarabia, Gueye… Le PSG existe-t-il encore ? Pire: Le football est-il encore une réalité ? J’aurai préféré ce matin être en colère, ruminer ma frustration en maudissant Thauvin et sa coupe de Forban. Mais non. Ce matin, je suis triste. Triste comme un homme qui devine que son monde ne se conjuguera bientôt plus qu’au passé.


Jérôme Reijasse

Leonardo Virage PSG

De Lisbonne à Istanbul

Lisbonne 23 août 2020. Finale de la Ligue des Champions. Le PSG s’incline
face à un Bayern plus fort à bien des niveaux. A mon sens une des principales raisons de la défaite est à chercher du côté de la solidité du banc
et de la richesse des effectifs respectifs.


Les entrants ? Côté bavarois, Süle, Coutinho, Perišić et un Tolisso pour le dessert… Côté parisien, Kurzawa, Verratti de retour de blessure, Draxler, Choupo-Moting. Pas besoin de long discours. Concernant les titulaires, aucune faiblesse véritable côté rouge si ce n’est une possible lenteur d’un Boateng et un Davies pas toujours fiable. Les rouges et bleus eux alignent un arrière droit loin du niveau requis. Les allemands le savent. Ils peuvent titulariser un Coman frais comme un gardon, qui n’a pas encore jouer un match, face à un Kehrer, clairement identifié comme le maillon faible. La suite fut malheureusement sans surprise.

Si l’on veut voir Istanbul et la finale de la Ligue des champions en 2021, Leonardo va devoir recruter activement à certains postes. A mon sens, minimum six joueurs apportant un vrai plus doivent être recrutés. On ne part pas d’une page blanche, loin de là, mais une moitié d’équipe à trouver quand même. 5 octobre 2020. Date de la fin des transferts. Dans un petit mois, nous en saurons plus sur les choix de Léonardo, Et sur nos réelles ambitions pour la saison à venir. En ce début septembre la colonne « arrivées » du PSG est désespérément vide, en dehors des retours de prêts et de l’achat final d’Icardi et de Sergio Rico. Auréola ne restera surement pas second de Navas, Jésé n’est plus un footballeur depuis longtemps et le Final 8 Lisboète a fait naître de gros doutes sur l’italien qui sera autant le remplaçant de Cavani que Dely Valdès fut celui de George Weah.

Historiquement à de rares exceptions le PSG a toujours été malade de ses latéraux. Le PSG actuel est donc fidèle à son histoire sur ce point. A droite, Meunier est parti. Chacun son avis sur le facétieux belge mais il restait tout de même notre meilleur atout à ce poste. Colin Dagba est son remplaçant naturel mais c’est un peu léger pour affronter une saison à 60 matchs. Que dire du pauvre Kehrer. Fautif contre Munich, fautif contre Manchester la saison précédente, bien trop léger le reste du temps. Même un rôle de doublure semble trop grand. Il est donc impératif de recruter un vrai arrière droit de métier sachant défendre et faire des centres. Le minimum. De l’autre côté ce n’est guère mieux. Bien-sûr Bernat nous a montré qu’il savait être présent dans les grands matchs : sérieux, combatif et buteur. Mais trop souvent blessé et souvent limite physiquement.  Que dire de son remplaçant… Léo, comment as-tu pu prolonger Kurzawa ? 4 ans pour un joueur qui ne sait pas défendre, ne réussit qu’un centre sur vingt et est souvent blessé ? Pourquoi ne pas prolonger Jésé ou reprendre Krychowiak ? In-com-pré-hen-si-ble ! Droite et gauche il nous faut donc déjà deux joueurs.

Au centre la perte de Thiago Silva est énorme et ne pourra être remplacée. Marquinhos/Kimpenbé c’est du solide évidement. Encore faudrait-il arrêter de faire jouer le première cité au milieu. Diallo est là si besoin et même Kehrer puisque c’est son véritable poste. Trop léger tout ça pour jouer la gagne en Ligue des Champions. Un défenseur central en plus semble encore une fois indispensable. C’est donc au moins quatre joueurs qu’il faut recruter rien que pour la défense. Au milieu le fantôme de Thiago Motta plane toujours. Un, voir deux récupérateurs sont à recruter d’urgence. Au milieu seuls Verratti et Di Maria sont des joueurs de top niveau. Le reste est du niveau Europa League. De bons et même de très bons joueurs mais de complément ou de doublure.

Même devant nous avons besoin d’un ou deux joueurs. Les places de titulaires des martiens Neymar et Mbappé sont bien sur indiscutables. Icardi n’ayant aucune concurrence trouvera-t-il le sérieux et la motivation pour élever son faible niveau du Final 8 ? Espérons qu’il n’ait pas attrapé une Luyindula aiguë. Pour les plus jeunes, il s’agit de se relâcher dès que son contrat est signé. Puis redevenir bon quelques mois avant la fin du dit contrat afin d’obtenir une nouvelle prolongation. « La Luz est venu d’Eric-Maxime Choupo-Motting » aurait pu s’écrier Thierry Gilardi ! Merci Choupo mais le héros du quart étant possiblement parti il nous faut un joueur de plus devant, voire deux. Sauf si on se décidait enfin à faire confiance à un jeune attaquant formé au club. Kalimuendo peut-être ? Et bien non, à priori au moment où j’écris ces lignes le remplaçant de Choupo, serait Choupo si j’en crois la rumeur… Personnellement je pense qu’un Kevin Gameiro pourrait être parfait, il adore le PSG et connait la maison, le rôle semble fait pour lui. A 33 ans sa carrière est derrière mais il a encore de quoi donner sur un terrain. Léo si tu nous lis…

Ah Léo ! Le messi tant attendu ! Notre guide ! Mais Léo qui me fait tellement peur en ce début de mercato. Il faut dire que les non-prolongations de Cavani et Silva et l’inimaginable prolongation de Kurzawa ne sont pas encore digérées. Et il va falloir être très bon Léo pour que la digestion se fasse. Que dire des étonnantes signatures de Choupo et Rico ? Indésirables il y a deux mois ? Conserver l’esprit du groupe ? cela me semble léger comme explication. MBappé l’a dit, il faut recruter pour être plus fort et revenir en finale de Ligue des Champions. Alors à quoi joue Léonardo ? Cela serait donc un problème financier ? Voilà qui est encore plus inquiétant et incompréhensible. Le fair play financier ne concerne donc bien que le PSG, même en période de covid ?

Homme de peu de foi que je suis. Léo qui nous promettait une saison de transition et qui nous emmène en finale. Coup de chance ou coup de génie ? Le mois qui vient risque déjà de nous donner une indication, car il ne faudra pas se rater si l’on veut passer sans problème de digestion des Pastéis de Nata aux Loukoums le 29 mai 2021.


J.J. Buteau

les jours d'après virage psg

Les jours d’après

A peu de choses près, le sujet de cet article aurait pu être tout autre…
J’avais déjà en tête de passer en revue les tristes années à suivre les Yanoski et consorts traînant sur les pelouses de l’héxagone lors de saisons où,
avant la fin du mois d’Août, tout espoir d’accrocher l’Europe s’était évanoui…


Cet article se serait conclu par un remerciement sincère au propriétaire du club et à ses investissements ayant, comme un coup de baguette magique, transformé des Okpara en Thiago Silva, des Chantôme en Verratti et des Ouédec en Ibrahimovic… Mais voilà, le ballon de Neymar n’est pas passé entre les jambes de Neuer, Kehrer ne décale pas sur un contre idéal, et une possession de 38% en finale ne justifie pas de pouvoir se prétendre légitimement à une place sur le toit du monde du ballon rond.

Après, cette aventure estivale restera charmante et bercée de belles images de combativité en quart et de maîtrise et d’envie en demi mais surtout marquée par le fait d’avoir franchi un plafond de verre. Même s’il ne faut absolument pas négliger le contexte très particulier et les conditions qui ont sans doute avantagé sur beaucoup d’aspects le PSG (conditions plus favorables aux Sud Américains que les joutes glacées de février, pas d’interruption et de blessures lors de compétitions tiers, tirage au sort et période d’inactivité qui semble avoir permis aux clubs français de tirer leur épingle du jeux), cet article sera celui de la prochaine étape, celle qui consistera à apprendre de ces deux victoires et de cette défaite pour préparer un avenir victorieux. Trois éléments semblent nécessaires : assurer une cohérence sportive, combler les trous qualitatifs sur certains postes, approfondir le banc…

Très clairement, sur ce point, il semble évident qu’en se retirant, la marée de l’euphorie des dernières semaines va laisser beaucoup de détritus sur son passage… Les visions de Léonardo et de Tuchel semblent de plus en plus divergentes. Le départ de Thiago Silva souhaité par le premier alors que le joueur est soutenu publiquement par le second. Choupo Moting privilégié à un Icardi cantonné au banc quelques semaines après sa signature au club. Beaucoup de cas pourraient être des sources de gros problèmes pour la saison à venir. De telles situations casseraient tout les gains acquis lors de ce séjour lisboète… Très clairement, cette cohérence sportive est le point de départ fondamental pour que cette finale serve le club. Les deux hommes doivent aller dans la même direction ou l’un d’eux devra partir pour laisser le champs libre à l’autre.

Si Liverpool a appris une chose de sa finale perdue en 2018, c’est l’importance d’un gardien de très haut niveau. Fort de cet enseignement, les Reds investissaient 72 million d’euros au mercato suivant pour Alisson Becker, meilleur joueur de la finale l’édition suivante. Concernant le PSG d’hier, les diagnostics ne sont clairement pas nouveaux mais ils ne sont que plus flagrants à cet étage… En forçant le trait, on pourrait résumer la stratégie de Flick de la façon suivante : exploiter la faille Kehrer. C’est à mon sens un miracle d’avoir récupéré un Herrera aussi fringant et combatif pour continuellement venir soutenir son coéquipier allemand tant celui-ci semblait perdu. Dès que le valeureux espagnol s’est éteint, on a pris deux buts de Coman (je ne me remets toujours pas que Silva ait réussi à prévenir le second). Quand on compare avec Kimmich qui a tenu Mbappé et délivré le délicieux centre sur le but, on mettrait bien 72 millions sur lui. Malheureusement, il n’existe pas que cette faille, le milieu reste déficient et, avec un Marquinhos amené à revenir en défense, ce chantier aussi reste nécessaire.

Avant toutes choses, il revient bien évidemment d’insister sur les conditions exceptionnelles concernant les contrats lors de cette saison prolongée. Jamais jusqu’au départ à Lisbonne, il n’aurait été concevable de penser voyager sans Cavani et Meunier. Cela n’excuse cependant que très partiellement un vrai problème sportif : pourquoi tant de joueur en fin de contrat chaque année et pourquoi un banc aussi pauvre… Deux des raisons du second point sont sans doute la hiérarchie trop établie au sein de l’effectif et le manque d’enthousiasme pour les différentes compétitions nationales. Le cas Draxler en est la parfaite illustration : il se retrouve dans des rôles improbables sur quelques matchs de Coupe de France avec un rendement qui s’effondre saison après saison. Encore une fois, la solution sera très compliquée à trouver mais la différence de classe entre notre adversaire et nous dimanche soir est symbolisée à la 68ème quand Perisic et Coutinho (deux joueurs prêtés) entrent pour remplacer Coman et Gnabry…

Cette défaite fait mal car le fait de décrocher l’étoile sur le maillot aurait été l’accomplissement d’un rêve mais le fait de pouvoir être le Bayern Munich de l’année prochaine et de gagner de façon logique sans aucune forme de contestation possible sera encore plus beau ! A la différence de toutes nos dernières campagnes de Ligue des Champions qui s’étaient terminées sur des accidents, des tricheries ou des fautes professionnelles, cette épopée s’éteint face à un adversaire qui nous était supérieur et dont nous devons nous inspirer très humblement pour le dépasser. Entre temps, j’aurais sans doute le temps d’écrire mes lignes de remerciement pour l’Etat de Moyen-Orient qui nous aura permis d’atteindre – enfin – ce sommet.       


Jean Miflin
       

the can be only one virage

There can be only one

Écrire quand les cendres de nos espérances ne sont pas encore retombées.
Il s’agit de ça. Il fallait donc perdre pour espérer la gagner un jour.
Peut-être… peut-être que nous n’y parviendrons plus jamais non plus.
Rien n’est promis, à personne. One shot ou répétition générale
avant un sacre européen ? Je ne sais pas. There can be only one…


Il aurait aussi fallu la jouer, un peu, cette finale si particulière, sans public, sans garantie et aux multiples changements stériles, pour avoir le droit d’y croire. Les Allemands ont encore gagné et pour une fois, ils n’ont eu besoin ni d’anschluss ni d’un gardien sous ketamine. Ils ont maîtrisé, ils ont même marché, souvent. Elle était pour eux. Il ne suffisait donc pas de dégainer des mantra pour le soulever, ce trophée si convoité. « C’est pour nous, Paris est une équipe de coupe… ». On a tous jeté une pièce dans la fontaine. Normal. Comme des mômes qui refusent d’envisager autre chose qu’une fin heureuse. Il fallait jouer au football et enlacer un certain réalisme et nous ne l’avons pas fait.

J’avais imaginé tous les scenarii possibles. Enfin, je crois. De notre victoire foudroyante à une énième sodomie arbitrale, une nouvelle gastro des grands soirs. Et même un but de Coman, ancien parisien, et donc possible bourreau, selon notre sainte malédiction des ex revanchards. Je n’avais pas prédit ce scénario inexorable et mou, sans éclat véritable. J’avoue que la foi de Neymar m’avait convaincu ces dernières semaines. Lors des deux rencontres éliminatoires, il a été le chef d’orchestre et le sniper. Notre Roi et notre guide. Alpha, oméga et tutti quanta. À part marquer, il a tout fait. Et avec un sourire qui semblait en dire long sur son appétit. Sans lui, on s’offre assurément un nouveau traumatisme après une défaite ridicule contre Bergame. Ce soir, c’était pour lui. C’était son match. Il y était… Sa finale…

Ce n’était en fait qu’un souhait qui ne s’est pas réalisé. Pas de bol. Là, je saigne, encore, mais seulement quelques gouttelettes. Je suis triste, au cœur de la nuit, seul (mes camarades de débâcle sont repartis, la tête un peu lourde), sur mon canapé, le même qui a connu la remontada, la main de Presnel contre MU, la tactique délirante de Blanc contre City. Et pourtant, la rage et la frustration sont presque déjà un souvenir. Je pourrais décider de revoir en boucle les occasions ratées de Mbappé, qui a encore bien du travail à accomplir avant de vraiment prétendre au trône, l’impuissance de Neymar, les errances coupables de Kehrer, le fantôme de Di Maria. Je pourrais sinon me focaliser sur ce que nous avons bien fait, cette défense presque intraitable, Navas ultime rempart…

Je pourrais encore valser avec le conditionnel : Et si Cavani avait été là, et si Angel l’avait foutu au fond, et si on avait jouer à quatre devant, et si ma tante en avait, et si, et si, et si… Non. Nous avons juste perdu à la loyale, contre plus fort. Pas un colosse non plus, certes. Ce Bayern n’était pas invincible ni flamboyant. Mais ça a suffi et il n’y a rien à dire ou si peu. Peut-être étions nous rincés, peut-être avons nous pêché par vanité… Seuls les joueurs pourront nous l’expliquer. Je n’ai pas envie d’une ovation au Parc pour les remercier de leur parcours. Le covid nous évitera au moins ça. Nous ne sommes pas Saint-Étienne. Nous n’allons pas défiler pour célébrer cet échec ! Nous n’allons pas non plus les accabler, nos perdants pas si magnifiques. À l’heure qu’il est, leurs larmes sont sincères, je n’en doute pas. There can be only one. There can be only one.

Il va falloir réagir sans attendre. Les néo supporters trop gâtés qui ne jurent que par l’Europe ne vont pas être d’accord mais ce n’est pas grave, je ne les apprécie pas plus que ça. Qu’ils boudent et pestent dans leur coin en attendant de voir leur vœu exaucé quand leur putain de ligue européenne fermée sera officiellement créée. En attendant, Il y a Lens samedi soir. Il y a la ligue 1. Avec un Neymar inconsolable, un Mbappé frustré, un Icardi rancunier, un Kehrer suicidaire, un groupe fatigué, un Silva parti, un milieu toujours aussi flou… Avec un Tuchel le cul entre deux glacières. De quoi est il responsable ? Pouvait-il faire autrement notre Teuton à béquilles ? Oui, hurleront les déçus. Bien sûr. Ils réclameront peut-être sa tête. Peut-être l’ont il déjà fait sur Twitter… Leo décidera.

Il va falloir, oui, enchaîner sans état d’âme. Loin de Lisbonne et de ses sirènes vérolées. Avons nous quand même vraiment posé des bases solides après ce mois d’août, ressuscité un esprit collectif, avons nous compris que de jouer ensemble, c’était tout de même préférable, avons nous capté qu’une finale, c’était désormais tangible, avons nous enfin brisé le plafond de verre des quarts de finale ? Ou allons nous tout casser, tout négliger ? Persévérer dans le refus d’apprendre de nos ratés ? Liverpool l’a réussi très récemment. Chute et gloire. En quelques mois. Aurons nous cette fierté là, cette faim, cette constance dans l’effort et le jeu ? N’est pas Liverpool qui veut. Ni le Bayern…

C’est ce qui me dérange le plus dans cette finalement toute petite tragédie, un dimanche soir aux tribunes vides et aux trop nombreuses occasions manquées. Pour rêver de remonter sur le ring continental, une seule solution: Jouer au foot et en Ligue 1. Relever la tête. Même si on passe du caviar au tarama, même si c’est dur, cruel, déjà fini… J’aurai pu ici insulter nos ennemis (je parle de tous ces Français qui ont sauté de joie au coup de sifflet final, de Macron au petit gros sudiste qui casse des télés) mais je ne le ferai pas. C’est de bonne guerre. Si vous aviez assisté à ma joie intense quand Belgrade ou L’Atlético Madrid ont plié l’om. Ou quand le Bayern a fessé Lyon. Quel bonheur ! Il n’y a pas vraiment de coupable ce soir finalement. Pas de victime non plus. Logique respectée (cette expression atroce et impitoyable).

Nous avons assurément grandi. Nous avons payé pour voir. Nous y étions. Et personne d’autre à notre place. C’est cela qu’il faudra retenir. Il ne tient qu’à nous d’y prendre goût. Moins comme un Graal, une obsession presque psychanalytique que comme une possibilité concrète. Il ne tient qu’à nous. Schlafen sie gut chers compagnons de désespoir. Fais les plus beaux rêves mon fils, toi qui a vécu la chose depuis le pays basque, seul devant la télé. Dormez bien Paco, Stéphane, Olivier, Greg, Karim, Patrice, Virage crew et Mano. Et toi, Jean, dont le silence n’est pas que la manifestation d’un orgueil blessé, je le sais. Nos cœurs ont encore tenu. Indispensables, les dépucelages sont rarement des moments glorieux. Voilà. Nous ne sommes plus puceaux en LDC. Pas pour ça qu’on doit se prendre pour des hommes pour autant. Il va nous falloir des heures de pratique pour espérer devenir cet amant incontournable, à la fois torride et technique, imprévisible et toujours dans le tempo. Beau défi, non ? PSG4LIFE


Jérôme Reijasse

Vive le PSG Virage Paris

Le PSG est mort, vive le PSG !

Une fois n’est pas coutume, voici un papier qui ne va pas plaire à tous les supporters du PSG… Comme un but contre son camp, il fait mal. Pourtant le match n’est pas terminé, il y a encore moyen de rattraper l’erreur et de remporter
la victoire avec la beauté du geste et l’esprit du sport.


J’étais supporter du PSG dès 1976, oui, j’étais… supporter du PSG et d’un certain état d’esprit du football, celui d’une époque aujourd’hui révolue. Oui, je ne suis plus supporter. On peut me vouer aux gémonies que cela ne changerait rien. Je ne me reconnais pas dans le PSG d’aujourd’hui, le Quatari SG. Déjà quand Messieurs Lagardère et Tapie mirent les pieds dans le football en tenant dans la main un grand chéquier, les puristes, les poètes du ballon rond comprirent que le football prenait une mauvaise tournure. Nooon, je n’ai pas oubliéééé que ce sont ces millions qui nous ont retiré Luis, le fils prodige. Le foot business commençait à poindre son nez avec ses travers. Par la suite il y eut l’arrêt Bosman, la coupe d’Europe des clubs champions déclinée en Ligue pour favoriser les clubs les plus riches et abolir le tirage au sort intégral, faire disparaitre les résultats surprises et restreindre le football européen à 5 pays, grosso modo. En résumé, l’argent a en partie aboli le charme du football.

Virage PSG
Avec Mouss © Collection personnelle

Elle est belle et bien disparue cette époque où le PSG avait à la fois une âme et des joueurs de grands talents, n’en déplaise à Ibra ou Neymar. Oui, qui n’a pas connu Pantelić, Piazecki, M’Pelé, Humberto, Dahleb, Pilorget, Fernandez, Rocheteau, Surjak, Sušić, Kist, Alves, Weah, Valdo, Ginola, Raì, et j’en oublie forcément, ne peut pas comprendre. Pour moi le PSG c’est Paris ET Saint-Germain, mais c’est aussi le Camp des Loges, pour la mémoire du club, non Ooredoo pour des raisons de marketing. C’est encore Bébel ou Enrico dans les tribunes, de vrais mordus du ballon rond, et des gavroches comme mes potes qui, à la mi-temps, se faufilaient de la tribune Boulogne à la tribune présidentielle sans se faire refouler. Une autre époque vous dis-je. Avec mes camarades nous allions au Parc en métro et revenions chez nous à pieds, de la porte de Saint-Cloud au Marais, qui était un quartier populaire et non Bobo (les temps ont décidément changé). Là, à minuit, on refaisait le match en tapant dans une bouteille en plastique ou une boite en carton au milieu du marché des enfants rouges. Plus tard on se dépêchaît de rentrer pour voir les résumés des matchs que présentait Pierre Cangioni à Téléfoot (mais si mai si…).

Certes, ma nostalgie ne sert pas à grand chose, si ce n’est à rendre hommage à d’illustres inconnus : fils d’ouvriers, fils de concierges, de commerçants qui peuplaient le Marais et d’autres quartiers de Paname et qui se rendaient au Parc les soirs de matchs par amour du foot et par amour du PSG. Cet article c’est aussi pour dire merci et rendre hommage à Francis Borelli, à Moumousse, à Luis, à Doumé, à ceux qui ont fait la beauté et le romantisme du football français. Oui, les mots ne sont pas trop forts. La beauté ! La poésie ! Car, tout comme notre rugby avait le French Flair, notre football avait à cette époque la beauté du geste (l’épopée des verts, celle de Bastia, la bande à Hidalgo, etc…).
Le geste ? Un série de dribbles de Dahleb, une envolée de Doumé, un réflexe de Joël, un retourné de Simba, un baiser de Borelli à la pelouse du Parc, un port de balle altier de Sušić, une frappe pure de Bathenay, un double crocher de Rocheteau, et Toko qui “en a marqué de bien plus beau que ça”… La beauté de la parole associée à la beauté du geste.

Virage PSG
Avec Adams © Collection personnelle

La beauté du geste était également présente au Camp des Loges, je me souviens de Jean-Pierre Adams qui faisait des grimaces en tenant par l’épaule le gamin que j’étais (j’ai la photo), Moutier qui acceptait de discuter avec nous allongés sur l’herbe, ou encore Dahleb qui disait à mon ami Malik “tes parents sont de Malmoe non ? ”, une blague entre Kabyle quoi. La beauté du geste c’était Ginola, qui en bleu au Parc, contre la Bulgarie s’il est besoin de préciser, a préféré centrer plutôt que de gagner du temps, il a joué et on a perdu, perso je ne lui en veut pas, il était dans l’esprit du jeu, bravo l’artiste ! Sincèrement. Enfin la beauté du PSG, c’était Lemoult qui arrivait à l’entrainement en Mob. La décroissance avant l’heure, ha ha ha ! Toute une époque j’vous répète.

Le PSG c’était des hommes de classe : Rocheteau, Pilorget, Brisson, Redon, des gens bien, des footballeurs respectueux de l’adversaire. Une qualité que je n’ai pas vu chez Ibrahimović, star de l’ère Quatari, notamment la fois où il simula un tir par arme à feu sur le banc toulousain. Déplorable image de l’ère du foot business !  Pour ces raisons-là, je considère que le PSG et le football en général sont morts. Quelle indécence de mettre autant de millions d’euros pour gagner le trophée européen ultime. L’éducation, la santé, l’environnement, attendent des mécènes, mais c’est le foot qui les attire.
Dans l’immédiat il y a les souvenirs Hechter, Borelli, Denisot et ils font du bien.
Toutefois, la vie étant un éternel recommencement, une révolution, un cycle, je sens poindre les prémices du renouveau. La Coupe de la Ligue n’existe plus, c’est un bon début. Je gage que la sagesse et la sobriété reviendront dans le sport et le foot en particulier, avec elles, la beauté du geste, l’esprit du sport et le PSG !


Michel Chalvet

amour du maillot virage psg

L’amour du maillot

Ah l’amour du maillot… Quel beau « concept » désuet que celui-là.
Car c
’est avec tristesse et amusement que je regarde les dernières infos liées au PSG. Mais il faut l’avouer surtout avec tristesse.


Je vois que notre Mamad, celui qui devait être le Maldini du PSG va peut-être aller à Lyon…Certes Chrystal Palace ce n’est surement pas ce dont il devait rêver quand il a quitté la maison mère pour Liverpool. On pouvait à l’époque s’étonner de le voir partir dans un club qui était alors loin d’avoir retrouvé son niveau d’aujourd’hui. Le banc y était plus confortable diront les plus perfides… Accepter le banc à Liverpool et refuser de se battre pour trouver sa place au PSG, tel était le choix, pour moi incompréhensible, qu’il a fait. A-t-il pensé que les dés étaient pipés ? Le salaire proposé par Paris n’était pas en rapport avec ses aspirations ? Bref, Mamad à Lyon je trouve ça triste… J’espère qu’il trouvera mieux que le club de guignol pour se relancer.

Parlons plutôt de notre club qui a repris le chemin de l’entraînement… 4 joueurs absents ne rejoueront plus jamais avec le maillot parisien. Deux bons espoirs, un belge et une légende. Adil Aouchiche qui clamait, lui aussi, haut et fort son amour du club il y a à peine 6 mois…quelles sont les raisons de ce départ ? Un manque de temps de jeux ? Le gamin a 17 ans…sa future destination nous en apprendra plus sur ses réelles motivations qui l’ont poussé à quitter son club de cœur… En amour les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Son compère de la formation le dénommé Tanguy Kouassi a décidé lui de partir au Bayern de Munich. Sans doute pense-t-il qu’il jouera plus de match en Bavière ? Contrat de 5 ans, avec à la clef surement une grosse prime puisque le joueur arrive gratuitement. Bref ne me parlez plus svp d’amour du maillot ou de reconnaissance envers votre club formateur. Ces considérations d’un autre temps. Bien sur il est difficile de faire des choix à 17 ans, alors on peut toujours dire que l’on peut regarder ce qui s’est passé dans le passé pour apprendre de ses ainés, même si on se croit toujours plus fort que les autres à 17 ans. A 17 ans difficile de dire non à un entourage ou à une grosse somme d’argent. A 17 ans on pense toujours que c’est mieux ailleurs, on est plein d’espoir…Nombreux sont pourtant les anciennes pépites ou simples joueurs à avoir regretté d’avoir quitté le PSG. Mais combien d’anciens joueurs sont dans l’organigramme du club pour inculquer aux nouvelles générations ce qu’est le PSG ? Pourquoi avoir supprimé l’équipe réserve ? Président, où en est le projet de former le nouveau Messi ?

Nous perdons aussi notre belge préféré, j’ai nommé Thomas Meunier, encore un joueur qui part libre… Il n’aura jamais confirmé les espérances nées de sa première saison, il restera comme un bon joueur, même si certaines de ses prestations défensives ne nous manqueront pas. Il n’est pas un défenseur dans l’âme et c’est ce qui à priori l’empêchera de passer au niveau au-dessus. J’attends de voir maintenant s’il « likera » les tifos des supporters de Schalke 04 ou ceux du Bayern ? Je plaisante. La question que l’on doit se poser aujourd’hui, c’est qui ? Qui pour le remplacer ? Dagba semble encore un peu tendre, même si personnellement j’ai beaucoup d’espoir pour lui et j’espère le voir grandir au PSG et y devenir un grand joueur à son poste. Espérons que lui aura plus la tête sur les épaules que d’autres espoirs parisiens à jamais perdus. Nous saurons si le départ de Meunier est une bonne ou une mauvaise chose quand nous connaitrons son remplaçant.

Puisque nous parlons des latéraux et des mauvaises nouvelles, comme toutes personnes saines au moins d’esprit et suivant le PSG, quelle ne fut pas ma surprise, que dis-je ma stupéfaction d’apprendre que le PSG proposait une prolongation à Layin Kurzawa ! Mais comment est-ce possible ? Enfin ce joueur arrivait en fin de contrat et on se propose de rattacher le boulet encore 4 ans ? Et en doublant son salaire ? Avec le Covid et le confinement, le premier avril a-t-il été décalé au mois de juin ?

J’en profite pour faire un aparté sur trois autres joueurs qui nous quitteront à la fin de la saison, mais qui ont accepté de la finir avec nous. Pour L’ami Rico, et le sympathique et improbable Choupo-Moting la décision a dû être simple à prendre. En revanche, quel courage il a fallu pour notre capitaine de ravaler sa fierté pour accepter de continuer jusqu’au bout sous des couleurs qui le rejettent. Lui qui clamait encore il y a peu sa fierté d’être devenu français, son amour pour Paris et le PSG, celui-là même qui défend nos couleurs avec son immense talent depuis 8 ans. Lui qui, à mon sens, vient de réaliser sa meilleure saison. Lui qui, pour moi, et personne n’a su me dire le contraire, est le meilleur défenseur jamais vu dans notre championnat.

Oui Thiago Silva est un monstre, oui nous allons perdre un monument. Et cette fois peu importe qui sera son remplaçant nous serons perdants à coup sûr. Les larmes coulent en pensant à Silva mais mon cœur saigne en pensant à Cavani. Que dire qui n’a pas encore été dit. Cavani, n’en déplaise à l’ami Jérôme Reijasse, m’a fait sauter de joie quand j’ai appris qu’il venait à Paris. Oui il est parti sous les sifflets de Naples, de ces sifflets qui sentent la douleur ressentie par tout un peuple de voir leur idole partir sous un autre maillot pour de l’argent. De ces sifflets qui indiquent à quel point l’amour était fort entre les napolitains et leur buteur. Cette même douleur que nous ressentons aujourd’hui en apprenant qu’il a refusé de finir la saison avec nous. Lui que j’ai toujours défendu pendant sept ans devant la bêtise et la mauvaise foi de certains, lui qui était l’icône du Parc, lui qui était soi-disant le contraire du méchant Neymar ou du mercenaire Mbappé, et bien c’est lui qui nous quitte par la petite porte, avant la fin.

Certains parleront de trahison, non je n’irai pas jusque-là. Par contre je parlerais de déception, oui. Peut importe que cela soit la décision de son nouveau club ou pas, on n’abandonne pas les siens au milieu de la bataille. Je sais, comme le dit Jérôme Reijasse dans son billet sur notre Matador « Il ne sert à rien de pleurer. CAVANI est parti » il faut regarder devant, mais comment imaginer qu’il ne mettra plus jamais notre maillot, qu’il ne viendra plus jamais hurler son « vamos » devant notre tribune le visage déformé par la rage d’avoir marqué ? Mais surtout comment l’imaginer sous un autre maillot…

Aujourd’hui nous sommes champions et il nous reste 3 coupes à aller chercher. Ce sera sans Edi, mais avec Kylian, Angel, Marquiqui, Neymar, Marco, Thiago et les autres que nous irons les chercher. Ce sera avec ou sans l’amour du maillot, mais le plus important n’est-il pas la prochaine histoire à vivre ? Chacun sa route, chacun son chemin, Edi merci pour tout et à jamais parmi notre panthéon avec Pedro, Dominique, David, Mustapha et les autres…

L’illustration maillot est signée Piano Mugshot


J.J. Buteau

Corona C1 Virage PSG

La C1 Corona, faut-il la gagner ?

Nous savions depuis longtemps que cette année 2020, cinquantenaire oblige,
ne serait pas comme les autres. Nous attendions les plus fortes émotions,
nous rêvions des plus fameux trophées, nous imaginions les plus belles célébrations. Depuis plusieurs semaines, nous savons que l’édition Covid 19-20 de la Ligue des Champions ne ressemblerait à aucune autre. Une qualification pour les quarts de finale – enfin – nous a transporté de joie, même à distance.

Puis, la compétition s’est retrouvée confinée, et nous avec, sans que personne ne sache si elle reprendrait un jour. Sa conclusion sera inédite, aoutienne et caniculaire. En cette période étrange, propice aux réflexions inhabituelles, un doute m’habite.
Je me pose cette question invraisemblable :
faut-il la gagner ?


Le Paris Saint-Germain l’attend depuis 50 ans. Sa première participation en Coupe des Clubs Champions, en 1985/1986, fut une brève mise en bouche, éliminé au premier tour. Une décennie plus tard, la seconde apparition fut une extraordinaire épopée, avec une élimination honorable en avril 1995 au stade des demi-finales, contre le Milan AC. Cette année-là nous y avions vraiment cru. Ce fut la première, et peut-être même la seule fois. Depuis 2012 et la prise en main qatarie, nous sommes persuadés que nous allons la gagner un jour, mais nous n’avons à aucun moment approché du Graal. Il s’agit pourtant de notre huitième campagne d’affilée et nous n’avons jamais atteint les demi-finales. 1995 est une exception, notre seule fois à cette hauteur de la compétition. Depuis trois saisons nous n’avons même pas passé les huitièmes, avec les diverses infortunes que tout le monde connait, pas besoin de les rappeler.

Et si 2020 était la bonne année ? Cette saison, fini le syndrome des huitièmes, nous sommes passés sans encombre et le match aller au Borussia n’est plus qu’un vague souvenir sans importance. Voilà que nous nous remettons à rêver à voix haute. Nous n’aurions quasiment jamais été aussi forts, aussi complets dans toutes les lignes, aussi sûrs de nos qualités, aussi aidés par un Neymar motivé et que partiellement blessé. Certes, cinq mois sans compétition officielle sera un handicap face à des adversaires qui auront tous repris la compétition en juin. Mais n’est ce pas quand on ne l’attend pas que l’équipe parisienne est la plus surprenante ? Tout est permis, même les rêves les plus fous. Pourtant, je sens monter en moi une certaine appréhension. Mes certitudes sont ébranlées. La situation me rend perplexe.

Voilà qu’une perspective de victoire suprême m’empêche de dormir. Et si cette Ligue des Champions Corona, il ne fallait pas la gagner ? Je vois déjà les qualificatifs jaillirent dans les journaux. Cette Ligue des Champions remodelée, déportée au mois d’août, allégée de plusieurs matchs, conclue en forme de Final 8 décidé en cours de route, centralisée dans une seule ville, avec des matchs à huis-clos ou à la jauge très réduite, sera une Coupe au rabais. Le mot est lâché. Rabais, ou dévalorisée, déconsidérée, dépréciée, sacrifiée, autant de discrédit qui colleront au vainqueur de cette édition insolite. Nous aimons tellement tendre notre joue pour nous faire baffer, que cette issue me paraît presque évidente. Je perçois déjà la crainte d’être critiqué, de dire que nous ne sommes pas capables de gagner une Ligue des Champions sauf celle qui est galvaudée. L’image est importante de nos jours, nos dirigeants ne vivent même que pour ça. Notre fierté d’enfin remporter cette Coupe tant désirée ne serait-elle pas altérée ? Les critiques de nos opposants, que dis-je, de nos ennemis, seraient acerbes. Une victoire, même la plus belle, ne peut pas être appréciée à sa juste valeur si elle est raillée par tous. Une première fois ça ne se rate pas.

Par définition, nous n’en avons qu’une seule. Si cette première fois était cette contrefaçon de Ligue des Champions, imaginez quel gâchis ce serait.  Quel dommage d’avoir tant attendu, tant voyagé, tant espéré, tant souffert, tant regretté, tant pleuré, tant persévéré, pour gagner une Coupe grippée. Nous aurions vécu une si longue espérance pour vivre les émotions d’une demi-finale, d’une finale, d’une victoire, cela peut bien attendre encore un peu. Un an, ou même quelques saisons de plus, nous ne sommes plus à ça près … Certes, en ce mois d’août 2020, alors que nous aurons été sevrés de notre Paris SG depuis cinq mois, gagner la Ligue des Champions pourrait être une libération, l’apothéose d’une période sombre mais alors révolue.  Honnêtement, ne trouvez-vous pas que cela aura plutôt le goût d’une Coupe Intertoto, pour la version à l’ancienne, ou d’un tournoi estival d’International Champions Cup, pour la version business moderne, plutôt que la vraie saveur de la Ligue des Champions ? Lisbonne en août, c’est pour les touristes, pas pour les héros.

Je me pince, alerté par de tels propos qui sortent de mon cerveau, et je renfile mon écharpe de supporter, laissé depuis trop longtemps inerte sur le dessus de ma commode. Des arguments pour aller chercher la victoire, j’en ai aussi, et pas des moindres. Nous parlons de Ligue des Champions. Peu importe les on-dit et les quolibets qui de toute façon auront cours. Gagner une C1, même dite « au rabais », vaudra toujours mieux que la ligne vierge au palmarès. On peut lire « rabais », on peut ricaner « Intertoto », mais la vérité est que cette Ligue des Champions sera unique. Elle sera celle dont on se souviendra. Peut-être pas pour sa finalité sportive, mais elle restera dans toutes les mémoires, un symbole planétaire qui volera bien au-dessus des simples considérations du ballon rond.

Avec ce format revisité en Final 8 à match simple, la compétition sera légèrement modifiée, mais l’essentiel sera préservé, à savoir l’équité sportive et le respect des clubs engagés. Au contraire de la décision prise pour finir la version handball de cette joute européenne, laquelle est une véritable escroquerie. Le Final Four de mai est déplacé fin décembre 2020, un lundi et un mardi, entre la buche de Noël et les bulles du Jour de l’An, et qui plus est avec les effectifs de la saison prochaine. Le Paris Saint-Germain, qui participera à la fête, verra ainsi deux de ses meilleurs joueurs actuels lui faire face, la pépite norvégienne Sander Sagosen et le gardien espagnol double Champion d’Europe Rodrigo Corrales. Paris, qui devait jouer en mars les huitièmes de finale, a été désigné pour le Final Four administrativement et  à posteriori, exempté des huitièmes et des quarts de finale. Certes les quatre meilleures équipes de groupes ont été qualifiées, mais leurs autres adversaires peuvent se sentir lésés. Celle-là non plus de Ligue des Champions je ne veux surtout pas la gagner, bien que le PSG Handball court aussi après une première C1, et ce depuis plusieurs années. Revenons-en au football, où la quête est la même, mais les échéances plus proches, et l’équité plus juste.

Pour le Paris Saint-Germain, si victoire il y avait, ce serait donc une première C1. En aucun cas il ne s’agirait d’un aboutissement. Il faudrait alors s’en servir de tremplin, comme un déclic, presque une séance d’entraînement, pour mieux la regagner par la suite, dans son format normal. Je vois loin, je vois grand. Avec cette hypothétique double victoire, portant ainsi notre compteur à 2, nous passerions devant l’OM et leur étoile jaunie. Ils ne pourraient alors plus rien dire, ces nostalgiques d’un autre temps, adorateurs de papy Basile et de sa Ligue des Champions obsolète, avec Nanard à la baguette. Pour effacer cette rivalité qui n’a que bien trop durée, il nous faut donc commencer par en gagner une, et peu importe la qualité. L’OM nous l’a bien prouvé, seul le résultat compte, la manière c’est pour les esthètes.

2020, une première qui serait au rabais, finie à la mauvaise Corona, mais qui a y regarder de plus près, sera déjà bien plus dure que celle arrachée par l’OM au siècle dernier. Même avec un Final 8 sur un seul match en quart et en demi, l’épreuve est déjà bien plus garnie. Rien de tout cela n’existait en 1993, un tour préliminaire champêtre, une poule à l’allure désuète, et direction la finale. A la loterie tout est possible, et je n’irai pas jusqu’à dire que les dés étaient pipés. Recentrons-nous sur notre nombril, des sudistes j’ai déjà bien trop parlé, et examinons notre parcours 2019/2020, jusque-là très bien géré.

Si nous remportions cette Ligue des Champions certes rocambolesque, notre victoire ne serait pas usurpée. Notre phase de groupe a été digne des plus grandes écuries. Cinq victoires et un match nul nous ont permis de finir devant le Real Madrid, club pourtant favori. Un 3-0 à l’aller, les espagnols n’ont pas bronché, un 2-2 chez eux et quelques décisions arbitrales douteuses, Paris n’a vraiment pas démérité. Victoire à Istanbul, des belges giflés sur leur terrain, des turcs également corrigés au retour, Paris a sonné le tocsin. L’Europe se met à frémir. Une fausse note dans la Ruhr ne nous aura cette fois pas fait trembler. Le mois de mars a vu scintiller les fumigènes, jusque tard dans la nuit, le parvis d’Auteuil coloré de centaines d’âmes en liesse, devant un stade vide de ses fidèles mais submergé de notre humanité. La malédiction a été vaincue. Le Covid nous a rattrapé. La Confinada a frappé. Les mois ont duré une éternité. Mais août va nous faire vibrer. Un couronnement serait si mérité.

Quelle récompense cela serait pour deux joueurs qui vont nous quitter. La gagner pour Thiago et pour Edi serait un point final fabuleux. L’aboutissement de huit années pour El Monstro et de sept pour son meilleur buteur, une façon de conclure en beauté la première ère qatarie, pour encore mieux commencer la seconde. Une transition entre deux décennies, pour ouvrir celle des années 20 sous les meilleurs auspices. Rêvons plus grand, et pourquoi ne pas imaginer les dix prochaines saisons comme étant la décennie P.S.G. A l’inverse, même si nous ne gagnions que celle-là, et qu’ensuite nous revenions à nos déboires habituels, alors nous en aurions au moins une, et pas n’importe laquelle, Capitaine Thiago Silva soulevant le trophée, Edinson Cavani à ses côtés, l’image serait belle, à perpétuité.

Pour conclure, en survolant tous ces arguments, il parait évident qu’il faut la gagner cette Champions League 2020. Mais je sais d’où vient mon doute. Pourquoi ai-je cette interrogation ? J’entrevois ma plus grosse crainte : ne pas être au stade pour le quart de final libérateur, puis pour la demi-finale victorieuse. Ne pas vivre ces matchs au Parc des Princes. Ne pas suivre l’équipe en déplacement. Et chose impossible, ne pas être présent en tribune pour la première finale de l’histoire du Paris Saint-Germain. Alors imaginer gagner le match et soulever la Coupe en étant bloqué devant la télé, à proximité ou à des milliers de kilomètres, cela n’est tout simplement pas imaginable. Ne pas assister en chair et en os au triomphe suprême. Il y a de quoi être traumatisé à vie. Gagner ta Ligue des Champions, oui je le veux, mais par pitié Corona, ne nous laisse pas sur le côté.


Benjamin Navet