Humeur

Mon Phil, ma bataille

L’Histoire retiendra que la première bombe avait été lâchée
un jour de PSG – Strasbourg. Dans une interview donnée au journal le Parisien,
Fabien Allègre, directeur de la diversification du PSG, a reconnu avoir ouvert les hostilités ce soir-là. Oui, les dirigeants du club Rouge et Bleu avaient fait exprès
de modifier la musique diffusée au Parc des Princes pour l’entrée des joueurs, remplaçant le solo de Phil Collins par du DJ Snake.
Supportrices, supporters, l’heure est grave. Désormais, nous sommes en guerre.

Le dimanche 14 août, une date qui restera marquée par l’infamie, le public du Parc a soudainement été l’objet d’une attaque délibérée par les dirigeants du Paris Saint-Germain. David Opoczynski, envoyé spécial du journal le Parisien au Camp des Loges a rapporté ce matin le terrible aveux : le directeur de la diversification du PSG, Fabien Allègre, confesse que l’absence remarquée du morceau de Phil Collins à l’entrée des joueurs lors du premier match de la saison marquait bien une volonté du club francilien de rejeter notre morceau de musique emblématique.

Dans ses déclarations, monsieur Allègre tente de justifier l’odieuse décision en opposant les dirigeants, partisans de la modernité, à des supporters qu’il présente comme passéistes, voire arriérés : « n’empêchons pas le club de poursuivre sa route, sans renier son passé. Si on avait eu ce même raisonnement pour tout ce que l’on a fait depuis dix ans, à commencer par un des signes les plus importants qui est le maillot, on n’en serait pas là où on en est aujourd’hui. »

Fabien Allègre ne trompe personne en essayant de brouiller les pistes. Il ment, allègrement. Qui conteste que le PSG a pris une autre dimension grâce aux Qataris ? Que le palmarès qu’ils ont construit dépasse les rêves les plus fous des supporters qui étaient en tribune, en 2008 ? Personne. Tous nous savons que pour arriver à cela il faut accepter de changer, voire même d’avaler quelques couleuvres. Après tout, si le dollar est vert, en revanche il n’a pas d’odeur et s’il s’agît d’en passer par la vente aux gogos de maillots « third » n’ayant rien à voir avec l’identité du PSG, ma foi… Contrairement à l’emploi de leur recrue, le salaire des gars qui ont jugé bon de faire signer Rafinha n’ayant rien de fictif, autant les payer en prenant l’argent de ceux qui ne savent visiblement pas trop quoi en faire.

Mais où fixer la limite ? Fabien Allègre est chargé de diversifier, c’est son métier. Très bien, que son équipe et lui diversifient. Les maillots en série limité, trois par an, plus ceux de pré-échauffement, et même les soquettes de post étirement, si ça les amuse, parfait. Qu’ils diversifient même en passant les contrats avec des créateurs de mode, avec les vendeurs de gourdes de « Premium Water », ou les réparateurs de bicyclette (oui, il y en a les soirs de match…), ça les occupera. Mais qu’ils laissent ce qui incarne l’identité même du PSG tranquille.

Alors pas touche au maillot principal. Quoi qu’en dise monsieur Allègre, le PSG doit jouer en Rouge et Bleu, avec la bande Hechter. Que ça n’ait pas été le tout premier maillot de notre histoire importe peu, les choses évoluent doucement. Mais une fois l’identité établie, on la garde. Pas touche au fait que le PSG joue au Parc, dans Paris. Notre âme est là. Et pas touche à la musique d’entrée des joueurs.

Quand le salarié du Paris SG assène au journaliste du Parisien : « J’ai eu beaucoup de retours positifs de gens qui ont apprécié le morceau (de DJ Snake) », il montre qu’il n’a rien compris au débat.

Pour rester sur l’exemple du maillot actuel, pris par Allègre, il faut bien avouer qu’en dehors de toute considération esthétique, il ressemble objectivement davantage à un pyjama NBA qu’à un maillot du Paris SG. C’est un fait, et ce n’est pas être opposé au changement que dire cela. Ni même être opposé à la NBA ou aux pyjamas, d’ailleurs : après tout chacun son kiff. Juste ce n’est pas un maillot du PSG. De la même manière il ne s’agit pas de dire si on apprécie ou pas DJ Snake. Chacun sera très heureux d’apprendre que dans les salons VIP du Parc, Fabien Allègre a réussi à se trouver trois amis qui apprécient la musique du DJ francilien, et qui ont cru bon de le lui signaler, entre deux coupettes… Oui mais voilà, DJ Snake n’incarne pas le PSG.

Le morceau de Phil Collins, ce n’est pas une histoire du club, un récit que l’on évoque, une légende que l’on porte. Non, c’est ce que les amoureux du PSG ont vécu, vivent, et transmettront. C’est dans leur chair. C’est leur ADN. Que le directeur de la diversification n’ait pas compris qu’avec la musique d’entrée des joueurs il s’attaquait à un symbole, cela montre qu’il serait bien inspiré de vite diversifier ses achats de boules Quiès. Parce qu’il y a de fortes chances qu’il ait divers échos, venus des tribunes un peu plus historiques que celle qu’il fréquente, et qui lui expliqueront ce qu’il en est, dans les matches à venir…

Si le sujet était moins grave, Fabien Allègre pourrait d’ailleurs faire sourire, quand il annonce fièrement que dans sa cellule si gentiment diversifiante, « on est très fier, et tout le monde devrait se réjouir qu’une personnalité comme DJ Snake s’intéresse à ce projet. (…) On est tout autant capables de mettre en lumière de grandes marques internationales ou de jeunes talents dans l’art ou la mode que de participer également à l’expression des talents musicaux du Grand Paris. »

Non mais il parle de DJ Snake là quand-même ! Nous sortir qu’à travers son exemple, le Paris Saint-Germain, grand défenseur de la Culture comme chacun sait, veut détrôner Phil Collins pour défendre les jeunes talents de banlieue, c’est à peu près aussi cohérent que si un brave communicant de Liverpool était venu trouver les fans de la Mersey en leur proposant de remplacer le « You’ll never walk alone » par une chanson des Beatles. Juste histoire de défendre les petits groupes de musique du coin, tu vois ?

Le problème est ailleurs : personne ne veut critiquer DJ Snake, ni même le comparer à Phil Collins. Nombre de supporters du Paris Saint-Germain ont des goûts musicaux qui font qu’à moins de les attacher très solidement sur un fauteuil, il est sans doute impossible de les amener à écouter le moindre morceau du batteur de Genesis. Pire, je vous mets au défi de trouver au Parc des gars capables de donner le titre de cette fameuse chanson. Seulement voilà, ce morceau, le « mais si tu sais : tu-duuuu-tutuuuu », pour nous tous, c’est le PSG. C’est tout ! Cette orchestration, c’est celle que nous avons entendue lors de notre premier match, et c’est celle que certains ont eu la chance de faire entendre à leurs enfants, pour leur premier match au Parc. C’est celle que demain, vous, vous aurez peut-être envie de faire entendre aux vôtres.

Ca, Fabien Allègre ne s’en rend peut-être pas compte, mais c’est une chose pour laquelle beaucoup vont se battre. Parce que c’est un truc qui nous dépasse tous. Cette minute de Phil Collins, ce n’est plus de la musique, c’est le PSG, ce PSG qui est plus grand que chacun d’entre nous. Ce fameux PSG qui est plus grand que ses joueurs. Le PSG qui nous a construits et qu’on essaye de transmettre. Ce PSG-là, les Parisiens ne le lâcheront pas. C’est impossible.

Cette musique, elle résonnait déjà quand une poignée de cinglés acclamaient Amara Simba. Cette musique, à l’entrée des joueurs, elle a vu passer Canal, Colony, elle leur a survécu. Elle a vu des supporters encourager des mecs franchement pas doués, et pourtant le Parc était plein. Cette musique elle a pris à la gorge des Marseillais, des Madrilènes, des Mancuniens, qui tous se sont demandés ce qu’ils étaient venus foutre ici, alors que le peuple des virages hurlait son amour enragé du PSG. C’est cette musique qui fait que des hommes et des femmes, aujourd’hui encore, ont le droit de se mettre debout, à Auteuil et Boulogne, pour crier « Nous supporters, on sera toujours là ! ». C’est un héritage. Un symbole.

Les vieux sont partis. Leurs petits frères aussi. Les générations ont passé. Et pourtant, nous supporters, on sera toujours là. Parce que le Parc est toujours là, parce que Rouge et Bleu reviendra, et parce que Phil Collins doit rester. Il faut se battre pour ce morceau, parce que c’est le PSG. Désormais, c’est « mon Phil, ma bataille ». Jusqu’au bout.


Arno P-E

Des retrouvailles princières

Je n’imaginais pas, en réservant la date de ce PSG-Strasbourg comme remboursement de places annulées suite au COVID, que ce match donnerait lieu à la présentation
au public de Lionel Messi. Et que ce qui ne devait être que l’occasion de retrouvailles avec le Parc des Princes après une trop longue pause
tournerait au voyage en pays inconnu.

À chacun son Parc des Princes. Le mien est celui des années 2000, question de génération. Si notre rencontre date de l’époque Raí – Weah – Ginola, je me suis abonné bien plus tard et n’ai appris à bien connaître notre stade qu’au temps des Anelka – Okocha – Ducrocq, pour le perdre de vue après le plan Leproux. Inutile de vous dire qu’en une douzaine d’années de fréquentation continue, on en construit des anecdotes. Alors depuis, chacune de mes visites dans l’antre du PSG prend des accents de réunions d’anciens amis. On met quelques minutes à faire tomber la gêne, on se remémore nos émotions passées, on rigole en vérifiant du coin de l’œil si l’autre ne serait pas un peu devenu chauve depuis la dernière fois, et on finit ivres morts, en se jurant que cette fois, promis, on mettra moins de deux ans avant de se revoir, obligé.

Bon, eh bien pour ce PSG – Strasbourg, les choses ne se sont pas tout à fait passées de la même manière. Tout avait pourtant bien commencé, porte de Saint-Cloud, au pied de l’église, meilleur site de people watching du monde. Plaisir absolu de voir défiler les flots de Parisiens vomis par la bouche de métro : des maillots Messi, des Hechter vintage, du Neymar version jaune fluo (mais qui s’est dit un jour que c’était une bonne idée de mettre 150 balles là-dedans ?), des jeunes, des filles aux jambes bronzées, des anciens, à 18 heures à peine la marée rouge et bleu envahissait déjà tout le quartier, sous le soleil.

Une ambiance de début de saison en mode déjà vu. Les supporters gagnés par l’excitation de la présentation des recrues n’avaient que Messi à la bouche, et parce que l’on a les références que l’on a, je m’imaginais déjà l’Argentin faire le tour des tribunes bras nus et jambe du survêtement relevée, un gilet en peau de chèvre négligemment jeté sur les épaules…

Sauf que pour assister à cet édifiant spectacle, encore fallait-il parvenir à les rejoindre, ces tribunes. Quand vous êtes un ancien, vous maitrisez les trucs. Quel barrage de police est engorgé de supporters égarés, quelle rue il faut éviter, vous connaissez jusqu’au guichet qui fonctionne mal et le rang qui avance le mieux à la fouille. Privilège de l’expérience. C’est donc le front haut et le visage un peu méprisant pour la foule de néophytes que je me présentais aux abords du Kop de Boulogne (ou plutôt devrais-je dire de « Boubou »…), m’imaginant fendre une foule à demi médusée par ma prestance et la classe de mon maillot Pauleta.

Est-ce que ça s’est passé comme ça ? Alors là pas du tout. Pas du tout parce que déjà, croyez-le ou non, j’ai entendu un gamin demander à son père si mon maillot était un fake sorti de chez Ouish™, cette éducation que les gens donnent à leurs gosses de nos jours, faut pas s’étonner que le niveau s’effondre. Mais en plus, pas moyen d’avancer. Un tas bien compact de supporters, des CRS la main sur la gazeuse, des blocs de ciment qui bouchent le passage, des stewarts dont je n’ose imaginer le régime alimentaire, des hôtesses charmantes qui vous indiquent le chemin dans un petit guichet, et… Attendez ?

Des hôtesses ? Des hôtesses dans un guichet, dans la rue devant Boulogne, pour indiquer le chemin ? M’enfin mais de quoi t’est-ce donc ? Depuis quand on a besoin qu’on nous indique le chemin ? Que celui qui n’a jamais erré sans fin autour du Go Sport et des dealers de merguez crues de la station-service me jette la première pierre : ON N’A JAMAIS VU ÇA ! C’est clairement un rite initiatique pour tout Parisien qui se respecte : il faut s’être paumé aux abords du Parc au moins une fois dans sa vie ! Ne serait-ce que pour pouvoir ensuite se moquer de ces péquenots qui n’arrivent pas à trouver la tribune A, la honte… Alors que la tribune A, chacun sait que… M’enfin mais de quoi t’est-ce donc ENCORE ? Ils ont changé de place la tribune A !?! Ils ne respectent donc rien…

Et le blocage au pied du stade de perdurer. Encore. Encore. Encore. Vieilles blagues au sein de la foule, on s’interpelle gentiment, attendant l’inévitable petite vague, portée par le chant adéquat. Sourires à gauche, petit mouvement à droite, les vieux sentent monter le truc et se campent sur leurs jambes, quand le chant retentit enfin : « ça va pousséheuuuuu, ça va pousséheuuuu… ». On frissonne un coup, remontant quelques années en arrières, avant que… rien. Pas de poussée. Pas de gros bourrins qui s’excitent. Pas de vague. Et dans le silence, une clameur qui monte pourtant, loin derrière.

Des bruits indistincts, étouffés. On jurait entendre une foule, des cris. Et parce que la rumeur augmentait, se rapprochant, le groupe de supporters englués se retourna comme un seul homme. Le supporter parisien, curieux, cherchait à savoir de qui viendrait le prompt renfort.

Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.
Il avait l’offensive et presque la victoire ;
Il tenait le CRS acculé sur un bois,
Sa lunette à la main, il observait parfois
Le centre du combat, point obscur où tressaille
La mêlée, effroyable et vivante broussaille,
Et parfois l’horizon, sombre comme la mer.
Soudain, joyeux, il dit : « Léomessi ! » – C’était des camions publicitaires.

Deux camionnettes, recouvertes d’écrans éructaient au travers d’enceintes géantes les enregistrements d’une foule. Vous aveuglant de vidéos de la dernière recrue, elles venaient de déboucher de la rue parallèle au Parc. L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme, et chacun attendit placidement qu’on lui permit de passer pour rejoindre sa tribune, comme un âne.

Un peu déboussolé mais heureux, ayant fini par franchir mille fouilles plus ou moins sanitaires, j’assistais enfin depuis mon petit strapontin au show que vous avez tous pu suivre en mondovision. Sagement assis, comme les autres, j’applaudissais à tout rompre la énième meilleure recrue de toute l’histoire de mes années de supporter, tout en agitant le drapeau offert par monsieur Nasser, filmant la scène avec mon smartphone, ce qui suppose d’avoir encore plus de mains qu’un pervers de la ligne 13, si vous comptez bien. À côté de moi, un père de famille portait à ses lèvres une briquette d’eau UHT estampillée « Premium Water » pendant que ses filles savouraient leur part d’une pizza dont le prix aurait sans doute permis de rembourser la moitié de la dette de la mairie de Paris.

Le speaker déroula le nom des joueurs strasbourgeois sans qu’un seul supporter imagine seulement leur prêter des mœurs que reprouve encore l’Église. Puis, devant un public attentif et bon élève, Michel Montana nous prévint : à la fin du match, il faudrait rester assis, mains sur les genoux. Les braves stewards feraient alors œuvre de pédagogie pour nous expliquer qui pourrait se lever et quitter le stade, en bon ordre. Une évacuation tranche par tranche… Et les gens applaudirent.

On leur annonçait que quoi qu’il advienne, il ne serait pas question de sortie joyeuse ou colérique, chantante ou abattue. On leur annonçait qu’ils étaient privés de ce qui a pu nous laisser parmi les meilleurs souvenirs d’une vie de supporters (remember le but de Pastore et la sortie après Chelsea…). Et ils applaudirent.

Il fallait se rendre à l’évidence, depuis qu’on s’était quittés, le Parc des Princes a changé. Il roule désormais avec un coffre de toit, il a un chien, trois gosses qui vont à l’école internationale et s’habillent en Cyrillus. Désormais ce vieux frère, ce compagnon de soirées qui hésitaient entre bonheur absolu et indicible tristesse se couche tôt parce que demain il faut aller au marché et après 9 heures, tu vois des légumes bio il n’y en a plus. Cet ami trop peu fidèle, cette relation qui m’avait mille fois entraîné sur des pentes que réprouvent à la fois la morale, la médecine moderne et ta maman, s’était rangé. Alors il gagne bien, il attend la golden hour pour faire de jolies photos de couple sur Insta, il a un boulot avec des responsabilités. Et franchement, plus j’y pense, plus je me dis que sa nouvelle vie a quand même l’air sacrément chiante.


Arno P-E

Messi, mais oui !

L’homme est un éternel insatisfait. Donnez lui la lune, il y en aura toujours pour vous dire que c’est trop gris, trop loin, trop calme, trop cher, pas assez de soleil, pas assez chaleureux les sélénites, pas de restos ouverts après 22h, le wifi est mauvais etc…

En effet, alors que nous étions en pleine soirée « choucroute Virage partie », alors que la bière coulait à flot et entre deux jarrets, Xavier, notre guide vénéré, balança une bombe à rendre fou de jalousie le plus intégriste des terroristes indépendantistes.  « Mes fidèles, écoutez moi. En vérité je vous le dis, Lionel Messi ne prolongera pas au Barça »« Ô grand Maître as-tu eu une vision ? »« Non j’ai reçu une notification de l’Equipe ».

Bon cela démystifie un peu l’annonce, mais en rien l’information qu’elle contient. Aussitôt nous comprenons ce que cela implique, La Pulga devient la Puce, elle ne peut venir qu’au Paris-Saint-Germain. Explosion de joie et hystérie collective ! Vols de saucisses non identifiées, pluie de bière, et les larmes de joie qui coulent dans notre assiette finissent par y faire flotter les restes de Mortaux . Quelle information extraordinaire pour tous les amoureux du PSG que nous sommes. Tous ? Et non j’entends déjà des objections, des critiques, des chuintements…

« On n’est pas un EPHAD, il vient à contre-coeur, il est trop payé, je préfère CR7, j’aime pas la choucroute je préfère le couscous, la bière n’est pas assez fraîche, ça sent la carotte et la mauvaise tisane ».

Non Arno, pas toi ? Pas maintenant ! Mais enfin tu réalises un peu ? C’est le transfert du siècle ! On parle du plus grand joueur de l’ère moderne, le seul qui peut taper dans le dos de Pelé en lui disant « ça va mon pote ? ». Même bedonnant à 46 ans avec une jambe en bois et un œil de verre, je le prends chez nous ! Il fait partie de ces joueurs qui m’ont fait admirer le club des biens nommés « culé ».  Il y a bien eu le Barça du Cruyff entraîneur avec le magnifique Laudrup, et les têtes de lard (rien à voir avec la choucroute) Romario et Stoitchkov. Mais l’époque Guardiola avec les Xavi et Iniesta… Quel régal.

L’âge n’est donc pas un problème. Le fait qu’il voulait rester à Barcelone ? Mais tant mieux, c’est ce que tout le monde souhaitait. L’histoire aurait été belle. Est-ce que cela va l’empêcher de tout donner pour Paris ? Évidement non. Ses larmes d’adieu sont déjà sèches et la perspective de jouer avec ses amis Neymar et Di Maria, le talent français et son ancien adversaire Ramos entre autre, vont vite lui faire oublier le soleil de Catalogne. Troquer les Ramblas pour les Champs-Élysées. Rêver plus grand. Toujours.

Je me souviens de ce match amical au Parc au début de l’ère Qatari, Certains avaient sifflé Messi, d’autres comme moi l’avaient applaudis. On ne siffle pas un joueur de ce talent même quand il joue contre vous, d’autant plus pour un match amical (bon en Ligue des Champions cela peut être différent…), d’autant plus quand tu n’es plus invité aux grandes soirées européennes depuis plusieurs années et que quelques années plus tôt tu jouais ton maintien à Sochaux… Tiens je reprendrai bien une Montbéliard avec ma choucroute.

D’autres arguments contre sa venue ? Mais qui va défendre ? Voilà vraiment un faux problème ! Ou un problème de riches comme on veut. Pochettino à un effectif « top top top Kolossal » comme aurait dit son prédécesseur. Les choix tactiques semblent infinis, et peu importe, au final on devrait toujours être la meilleure équipe sur le terrain. Bien-sur ça met une certaine pression….Mais quelle bonne pression. Tiens je reprendrais bien une bière avec ma choucroute.

Ah les jeux de mot Carambar sur son nom, rien que pour ça Messi d’être venu. Outre le nouveau challenge pour lui et l’apport sportif du joueur, je ne peux passer sous silence l’impact médiatique et financier d’une telle recrue. A Barcelone on estimait les revenus que procurait Messi au Barça à 100 millions d’Euros par an ! Imaginez-vous tous ses fans à travers le monde ranger leurs maillots du Barça pour vite acheter son maillot du PSG. Médiatiquement Paris devient un monstre. Il y a dix ans on toquait à la porte des grands, aujourd’hui ils nous apportent les plats.

Pour paraphraser un ex-président de l’OM à propos d’un autre génie argentin « c’est cadeau ». Oui c’est cadeau, et rien que de voir les vagues de dépressions à Marseille, on ne peut que se réjouir de la venue du Messi à Paris. Sans parler des entraineurs de L1 en fans transis devant notre Paris. Les voir « bander » pour nous pour reprendre les propos de Der Zakarian l’entraîneur de Brest, pourtant pas le dernier  à nous detester depuis des années. Que dire de Sampaoli l’entraîneur argentin de Marseille qui se prosterne devant nous.

Samedi on reçoit Strasbourg sur notre pelouse bénie du Parc des Princes enfin retrouvé. La choucroute sera digérée, mais l’espoir d’une folle saison ne fera que commencer ! Fini le spleen de Paris, et avec ou sans paradis artificiels, comme disait Baudelaire, enivrez-vous ! Mais de quoi ? De vin, de poésie, de foot ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous ! En cette période si incertaine à tous points de vue, et comme le concluait un célèbre pamphlet distribué en 1966 à Strasbourg : « vivre sans temps mort, jouir sans entraves », alors jouissez mes amis. Jouissez !

Notre histoire deviendra légende et elle va s’écrire avec des légendes, avec La Légende. Messi c’est le meilleur joueur du siècle, c’est le foot fait homme, il est le football.

Ecce homo. Et il est à Paris. Amen.


J.J. Buteau

Messi, mais non !

Le moment était comme toujours fort mal choisi puisque c’est en plein repas dominical que Xavier, grand patron de Virage, a choisi d’adresser au groupe des rédacteurs du site une demande dont l’originalité n’avait d’égale que la proportion de nourriture recommandée par les nutritionnistes dans les assiettes de mes camarades : zéro pointé. :« Les cocos, c’est bien beau de profiter des vacances mais va falloir me pondre un texte sur l’arrivée de Messi à Paris maintenant ».

Passons sur les exactions commises après l’annonce patronale, et contentons-nous de dire que je reposais ma tisane à côté des restes de carottes vapeur que j’avais personnellement commandées. Un sentiment confus m’habitait au milieu de cette assemblée déchaînée. Étais-je le seul à voir que le recrutement de Messi n’est pas une bonne chose pour le PSG ? La raison me paraissait si simple qu’elle tient en un mot : vampirisation.



C’est donc un peu hors du coup que je croisais les regards pleins de larmes de joie des Virageux, et que j’annonçais que pour ma part, je craignais de casser la belle ambiance si je donnais mon avis. Mais c’était sans compter sur notre JJ Buteau. Éternel optimiste, c’est dans un sourire plein de confiance en un avenir radieux que ce supporter ayant pourtant vécu plus de désillusions parisiennes qu’un public de fans de rock métal envoyé dans un concert de Vianney me répondit qu’au contraire, il fallait que j’expose ma thèse. Que j’explique en quoi la venue de Messi me semblait néfaste, et qu’il saurait me faire changer d’avis vite fait. Et voilà comment on se colle sur son ordi, en plein mois d’août, pour expliquer que Messi, eh bien c’est non.

Déjà, il faut replacer le contexte : Pourquoi Messi a-t-il quitté Barcelone pour aller rejoindre Paris ? S’il avait pu rester goûter au soleil méditerranéen, l’Argentin il l’aurait fait, il l’a dit lui-même, derrière son pupitre… Le meilleur vendeur de maillot du monde n’a quitté les Ramblas que parce que les finances du club Catalan, exsangues, ne pouvaient plus permettre de payer son salaire démentiel. On parle de 35 à 40 millions d’euros nets chaque année, ce qui même avec des lois plus favorables en Espagne qu’en France représente un poids démentiel dans une masse salariale.

Soyons clairs : ce salaire, Messi ne le vole à personne, et ce sont ses remarquables talents qui lui ont permis de l’obtenir. Talent de footballeur, et talent de négociateur car il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que Messi poussait son contrat au bout du bout, à Barcelone. En position de force, il ne laissait à son club que deux choix : le laisser partir gratuitement (et donc le remplacer en recrutant un joueur sans doute moins bon et assurément très cher), ou bien gonfler son salaire à hauteur de cette enveloppe de transfert. Soit vous dépensez 100 millions dans le mercato alors que je pars renforcer votre adversaire, soit vous me donnez ces 100 M en salaire sur deux ans… Signez là, merci bien, et à dans trois ans.

Ces négociations, ou ce chantage, chacun le présentera comme il le voudra, a grevé la masse salariale catalane, entraîné une inflation des salaires chez les coéquipiers de Messi, et participé à la ruine du club en vidant les ressources vitales du Barca. Messi a ponctionné son club formateur jusqu’à la dernière goutte, et s’est barré.

 Rassurons-nous, désormais à Paris le sextuple ballon d’or se trouve dans un club dont les réserves financières semblent à peu près illimitées. Sauf que sa mentalité demeure. Celle d’un immense champion, doué d’une inextinguible soif de trophées… qu’ils soient collectifs ou personnels. Ces ballons d’or en sont d’ailleurs le parfait symbole : Messi est devenu un footballeur de statistiques, et à part une Copa America dont seule la finale a valeur de match de haut niveau, ses équipes ne gagnent plus de trophées.

On présente ses nombres de buts perso (essentiellement inscrits sur coups de pieds arrêtés et/ou face à de petites équipes depuis quelques saisons), ses passes décisives perso, ses passes presque décisives perso, ses « expected goals » perso (les buts qu’il n’a pas marqués mais qu’il aurait pu marquer si Paris avait tenu dans une bouteille), son nombre de dribbles perso sur le quart supérieur droit de la pelouse en match extérieur joués un jeudi après l’équinoxe de printemps, et enfin son nombre de trophées de meilleur joueur perso du match, décernés par tout ce que la profession journalistique hispanophone compte d’experts à la Pedro Menèsse et Lorenzo Del Paganello, c’est dire si ça compte.

En oubliant que le football se joue à 11, et que le PSG avait déjà deux attaquants qui rechignent un peu à assurer le repli défensif pour soigner leurs propres stats perso à eux aussi. Ce football des années 2010 est dépassé, Chelsea et Munich l’ont prouvé. C’est un jeu trop individuel, qui cherche à attirer la lumière sur soi jusque le soir de la remise du ballon d’or, en exhibant sa plus belle veste à paillette. Les paillettes, le PSG en aurait davantage besoin au niveau du jeu collectif. Or Messi n’est plus capable de faire briller un collectif depuis belle lurette, et il ne cherche d’ailleurs même plus à faire semblant de le tenter.

Milliardaire en quête de reconnaissance personnelle, il se traîne sur les terrains aux 40 mètres attendant qu’on lui donne les ballons, tous, et qu’il puisse en transformer un en une séquence de dribbles vaguement instagramable.

Il faut le nourrir de coup francs à tenter, le gaver de passes pour ses fameux « mètres parcourus balle au pied », sinon monsieur boude : Lionel Messi n’en aura jamais assez. Sa capacité à ne pas réussir à briller en équipe nationale, où ses coéquipiers avaient moins l’habitude de ne jouer que pour lui illustre bien ce fait : Messi a besoin que l’intégralité de l’équipe lui verse son dû… Pour un apport désormais moins évident que jamais.
 Parce que Messi a 34 ans, et parce que maintenant ça se voit : souvent blessé (le staff médical du PSG voudra-t-il investir dans le placenta de jument pour le soigner, comme son ancien club ?), si le génie brille encore c’est aujourd’hui par intermittence.

La Pulga est fatiguée et comme le meneur de jeu a la petite fierté des anciennes grandes gloires, il essaye de le cacher en maquillant son jeu. Les courses se font donc moins tranchantes si on peut éviter de se cramer. Les dribbles sont parfois accompagnés d’appuis sur les maillots adverses. Et sous ce vernis, la beauté de ces actions qu’on aurait tous aimé voir se réinventer éternellement se fane tristement. Nous assistons au crépuscule du Dieu, aveuglant mais bien réel, parce que voilà, personne n’est éternel. Nasser voulait recruter le prochain Messi, il aura la version date limite d’utilisation.

Un joueur d’un autre temps, uniquement tourné vers lui-même, et qui n’a pas hésité à se nourrir des finances de son club formateur jusqu’à la dernière goutte. Un vieillard aux faux airs de jeunesse, toujours en quête du sang frais de ceux qui l’entourent pour lui permettre de prolonger encore un peu sa propre magie.

Voilà celui que le PSG vient d’attirer dans son château. On va encore me dire que je ne suis jamais content, mais je maintiens : cette signature est tout sauf une bonne idée, à moins de vraiment apprécier la cuisine à l’ail. Et de garder un pieu en bois à portée de la main.


Arno P-E

Messi Palaiseau

Si seule compte l’objectivité, Messi est le meilleur. Point.
Les discussions deviennent alors inutiles. Elles le sont. Est-il possible tout de même d’aller voir ailleurs, là où le génie et les chiffres ne suffisent pas ?

J’ai tellement haï l’Argentin… aujourd’hui, c’est un peu comme si Thanos rejoignait les Avengers. Ce n’est pas possible. Ça n’existe pas. Et c’est pourtant là, dans ma télé, sur les réseaux. Les footix et les autres ne parlent que de ça. Le virus, la politique antisociale, la planète Terre qui se meurt, le curé assassiné, tous relégués en fin de JT. C’est une déflagration, un miracle, une faille spatiotemporelle. La fin d’un mythe et le début d’une légende. Ou l’inverse…

Messi est un enfant du Barça. Messi est le golem du Barca. Messi devait mourir en Catalogne et il va respirer encore au PSG. Moi, dans l’absolu, je n’en voulais pas du nain rouquin. Il nous avait fait trop souffrir, il n’était pas des nôtres. Et puis, il était moche. La Pulga… on dirait une maladie vénérienne. Le héros d’un cartoon. Et il est donc là, presque souriant, à la fenêtre au Bourget, avec son t-shirt blanc où est inscrit Ici c’est Paris. Comme s’il fallait encore ces mots pour que la réalité s’incarne. Nos ennemis pleurent. Leurs larmes sont sincères. Elles n’ont pas fini de couler. Il leur était facile de haïr Neymar, le sale gosse insoumis. Mais Messi, le talent total et le bon élève, avec son unique carton rouge…

Ils l’ont trop adoré pour le brûler aujourd’hui. Ils vont devoir inventer des choses improbables pour l’effacer de leurs cœurs. Condamnés à toutes les apostasies. Ils vont serrer les poings et les dents à chaque fois que Messi foulera la pelouse avec nos couleurs. C’est très certainement idiot et un peu mesquin mais cette idée m’enchante. Sur Facebook, un sudiste poste un article de presse à l’époque où Diego avait failli venir à l’OM. Voilà. Ils vont revendiquer des fantômes, des fantasmes pendant que nous, nous applaudirons de la chair et du sang. Du concret. Notre Histoire. Leurs frustrations. Bien sûr, nos plus fervents détracteurs pointent du doigt l’argent du Qatar, trop arabe pour être honnête. L’idiot utile Juan Branco menace d’un procès le PSG. Ils en sont déjà là. Ils s’agitent dans leur propre vide.

« Le football n’est pas du tennis »

Ici, c’est Paris. Avec Messi. Enragez, trépignez, ironisez, priez, maudissez. Il est trop tard. Je ne suis pas complètement aveuglé. Évidemment que seuls le PSG et City pouvaient s’offrir la star qui s’habille encore au rayon enfant. Mais est-ce la faute du Prince et de Nasser si le Barça affiche le même déficit qu’un pays africain dans un SAS ? Maradona, Ronnie, Ibra, Iniesta, Xavi, elle est longue la liste de tous les joueurs emblématiques partis du Barça sans fête d’adieu ni diplôme d’honneur. Barcelone est un moraliste sans morale. Il est enfin puni. Et comme il faut. Neymar puis Messi. Double peine (et tration). La remontada est officiellement enterrée (en fait, elle l’était déjà. Les récents et répétitifs échecs du Barça en LDC contre Liverpool, la Roma, Bayern, ou Paris, je continue ?, le démontrent impitoyablement).

Les arbitres vont même peut-être désormais avantager le PSG. Allez savoir. Messi est à Paris. L’impossible n’existe plus. Oui, le meilleur joueur de football en activité (voire de toute l’histoire pour les plus exaltés) est parisien et je ne peux que m’en réjouir. Mais cette signature comme tombée des Cieux doit-elle pour autant faire de moi un fan hystérique et sans passé, sans recul ? Quand je vois l’excitation des supporters au Bourget ou devant le Parc… le football n’est pas du tennis. Une idole ne garantit aucun titre. Et pourtant, aux micros des journalistes, les « cette fois, avec Messi, la LDC, c’est pour nous ! » pleuvent. Quelle naïveté… Dois-je simplement me prosterner ?

L’arrivée de Messi impose plusieurs visions de notre futur. Elles ne sont pas toutes féeriques. Que va devenir Angel par exemple ? « On s’en fout, on a Messi » ne suffira pas à me rassurer. Et cette phrase inédite et trop facile, on risque de l’entendre tout le temps. Messi va devenir ce couteau-suisse, cette formule magique, ce pass sanitaire VIP… ll n’a plus 25 piges non plus. Il faudra savoir exister sans lui parfois. Et donc construire une équipe qui saura jouer sans lui. Il faudra… il y a aussi le cas Icardi. Va-t-il devoir offrir sa femme à Lionel pour effacer l’affaire Maxi Lopez ?

Messi est un joueur collectif qui arrive dans un collectif qui n’en a jamais été vraiment un. Messi est un joueur qui défend peu, pour ne pas dire jamais. Avec Neymar et Mbappé, ça commence à faire beaucoup… et au milieu, Messi va-t-il exiger que son pote Paredes soit titulaire ? Peut-être pas. Comment Mbappé va gérer tout ça ? Il ne peut que jubiler techniquement parlant. Mais il sait aussi que Messi va lui faire de l’ombre. Il devra faire avec. Et Neymar, le meilleur ami ? Qui avait quitté le Barça pour gratter son ballon d’or loin de Lionel ? De retrouver son pote, est-ce que ça va l’aider à être plus performant, moins seul à l’heure des décisions cruciales sur le terrain ? Celui que je plains le plus dans cette nouvelle aventure, c’est sans le moindre doute Pochettino. Le casse-tête ! Survivra-t-il à ce concours de teubs intergalactique ? Il ne manquerait plus que Zidane le remplace cet hiver… les Phocéens ne s’en remettraient pas.

« Messi a choisi Paris par défaut »

Messi, c’est le petit con que tu avais envie d’attraper dans la cour après un dribble insolent. Le gamin meilleur que toi. Toujours. Messi, c’est l’ennemi que tu insultes et applaudis en même temps. Combien de fois l’ai-je maudît ce farfadet au visage de quatrième rôle dans un Seigneur des Anneaux ? Et je vais apprendre à l’aimer. Parce que son football, malgré le temps qui a passé, reste ce football imprévisible, lumineux, assassin. On ne peut pas arrêter Messi. On peut le casser mais pas le stopper. J’ai hâte de le voir affoler les défenses adverses. De contempler Alvaro transpirant et tâclant dans le vide. Je n’oublie pas que Messi a choisi Paris par défaut. Que si le Barça avait été moins con, il serait encore là-bas. Avec ses copines Alba et Piqué. Mais l’époque est ainsi faite. Le pragmatisme l’emporte sur tout le reste.

Messi et son père ont pleuré mais ont signé au PSG. Leurs larmes à eux aussi étaient sincères. Mais contrairement aux fans cités plus haut, ils les ont séchées sans attendre. Messi me fait un peu penser à Johnny Hallyday, quand le chanteur se plaignait qu’après impôts, il ne lui restait que quelques millions pour vivre. Messi n’est ni un révolutionnaire ni un fils exemplaire. Il aurait pu rester à Barcelone, jouer pour presque rien. Devenir ce héros éternel pour tout un peuple. Il est riche pour cent générations. Mais non. Ses larmes en direct étaient celles d’un môme qui doit quitter le nid douillet familial pour la première fois. Plus de la peur que de la tristesse en fait.

Et puis, Messi, est surtout la preuve que le Qatar accélère à un an et demi de sa Coupe du Monde. Quitte à, une énième fois, placer les individualités au dessus du Club. Du court terme en or massif. Nous construisons toujours sur du sable. Mais la plage est belle. Et la marée montante. Messi ? Mais si ! Dingue. Ce soir, je pense au prochain clasico. S’il a lieu au Vélodrome, ils vont être délicieux ces milliers de sifflets qui descendront des tribunes. Tous ces cœurs vexés et brisés qui préféreront salir qu’honorer leur ancien Dieu. Vivement. PSG4LIFE


Jérôme Reijasse

Crise Salutaire

Notre club va mal, il paraît. On ne gagne pas tout, les joueurs font la loi,
le DS s’embrouille avec eux, la direction marketing bafoue l’héritage Hechter…
Où est notre PSG ?

La saison dernière a été dure, physiquement et moralement, pour nos joueurs et pour nous. C’est peut-être ce qui explique nos psychoses. On ne va pas repartir sur ce que beaucoup oublient trop vite (Final 8, Covid, ce que ça implique tout ça tout ça).
Il paraît que c’est la crise. On a été nul cette année. Incapables de gagner la LDC alors qu’on avait déjà éliminé les meilleurs (Bayern, Barça, MU). Incapables de gagner la Ligue 1 alors qu’en face il n’y a rien, même pas des miettes. C’est de la faute de nos joueurs. Ils ont la grosse tête, ils se croient tout permis franchement. C’est eux qui dirigent le club. Verratti n’a plus le niveau à force de fumer et boire, il tient 40 minutes sur un terrain. Neymar, dit qu’il part à la guerre et il est transparent contre City. Mbappé, le mec se prend pour Dieu… Genre c’est lui qui décide s’il reste ou s’il part. Club de baltringues. Ça, c’est à cause de notre baltringue de directeur sportif. Le mec, il fait le beau et il ne tient pas le club. C’est sûr que c’est lui qui a poussé pour abandonner les couleurs Hechter sur les maillots cette année. Fiante de club de m…
« – Olalala calme-toi Raph ! Tu pars en couilles. D’ailleurs, tu penseras à me régler tes 4 pintes stp ? »

Foutaise ! Aujourd’hui nous sommes un club, nous sommes une institution. Et cet été, nous sommes devenu le centre du monde du football. C’est un peu grâce à Covid faut se l’avouer mais on profite…
On va balayer l’affaire Leo direct. Le mec a remis l’église au centre du village. Ouais il est BG, ouais(‘ il est charmeur. Mais il bosse, avec le club pour raison d’être. Rien à foutre des rumeurs, rien à foutre de les commenter, il bosse lui (contrairement à moi). On se rappelle l’abolition des privilèges de Neymar à son arrivée. C’est la guerre le foot, on ne gagne pas tout le temps. Mais je trouve qu’il gagne souvent notre Leonardo.
On est en train de vivre un mercato de folie. Vous captez ? On a chipé gratuitement les tops players en fin de contrat… Ceux qui correspondent à nos besoins en plus. Un défenseur central, un milieu def. On avait putain de besoin d’un latéral droit, on chope celui que toute l’Europe décrit comme le meilleur. On coffre le gardien le plus bankable du monde du foot. Quand Leo l’a capté, on ne le savait pas mais le mec est le meilleur joueur de l’Euro ! Des aboyeurs en plus, des leaders, des tauliers (pas de bar comme certains). Tout ça gratos mon pote. Enfin, on paye des bons salaires, une bonne pizza double fromage steack ananas à Raiola… Ah oui parce qu’à l’heure où j’écris Pogba n’a pas encore signé mais il parait que c’est fait. On s’en branle, on a l’oseille mec. Tous les clubs du monde sont asphyxiés. Nous on en profite. On claque !

Ça fait 10 ans que le Qatar est là, que QSI a investi. En 10 ans, les dirigeants ont réussi à nous mettre au top niveau du football mondial (big up à Zlatan aussi quand même) : sportivement, économiquement, structurellement, digitalement, tranquillement…
On n’a plus de taupe qui balance les infos de l’intérieur. On est devenu une vraie institution qui pèse. Les meilleurs joueurs du monde veulent venir.
On a plus les erreurs d’arbitrage flagrantes qui nous foutaient le seum. On est dans la place à l’UEFA, on pèse.
Partout dans le monde, les plus grandes stars portent les sapes logotées PSG. Les joueurs NBA, DJ, réalisateurs, mannequins. La hype c’est Paname. Ici c’est Paris.
On saisit les opportunités sur tous les marchés. On a contrôlé le marché des transferts, et maintenant on gère le business : partenariat, sponsoring, esport, mode, on va partout. La crypto monnaie du PSG est la plus haute valeur depuis plusieurs mois sur Socios.com. L’oseille afflue de partout. C’est la monnaie qui dirige le monde, c’est la monnaie qui dirige la terre footballistique. L’argent a toujours fait gagner les équipes.

La communauté s’est développée et on est un des clubs qui a le plus de supporters dans le monde (haters et consommateurs inclus) . Pas forcément les mêmes qu’avant, pas forcément avec la même passion, mais chacun son style.
On a changé de dimension. Notre rôle à nous supporters de la première heure est de nous battre pour conserver ce qui fait l’âme de ce club. C’est dur d’avoir une saison sans maillot domicile Hechter (il claque, il pue la classe quand même faut se l’avouer). C’est dur de porter ce maillot rose dégueulasse pendant une saison c’est vrai. Et qui sait ? Peut-être que Leonardo se battra pour le porter le moins possible comme il s’était battu pour le maillot orange.

Vivement le retour dans les stades. J’ai mon pass sanitaire, je peux sortir OKLM de cette « crise salutaire ». Perso, j’aime le PSG depuis tout petit et j’aime le football aussi. Et là je kiffe avoir les meilleurs joueurs du monde dans mon équipe, voir mon club sur les podiums de la fashion week, et j’accepte que BFM raconte de la merde sur nous. Ça ne m’empêchera pas de boire de la rebié, de fumer des tarpés, de chanter pour Paris parce que oui c’est ça ma vie. Appelez-moi footix si ça vous dit…


Raphaelo
Le Doute Mbappe Virage PSG

Le doute qui fait déborder le vase ?

A l’heure de la reprise après une saison éprouvante, la question qui revient le plus est celle de l’avenir de Kylian Mbappé. Prolongation ? Départ ? Statu quo ? Difficile à dire, mais le jeune prodige n’en finit plus de temporiser. Au risque d’agacer.


Contractuellement, KM7 est encore un joueur parisien jusqu’au 30 juin 2022. Tout ce que l’on sait pour le moment, c’est qu’il a refusé une prolongation « en l’état », selon les informations qui ont filtré. L’attaquant avait demandé des garanties sur le recrutement, voulant s’assurer de la compétitivité de l’équipe pour les prochaines saisons. Les arrivées récentes de Wijnaldum, Hakimi, Donnarumma et Ramos apportent, il me semble, certaines garanties sur les ambitions parisiennes. Et surtout le mercato est loin d’être terminé. Malgré cela, pas de prolongation à l’horizon. Le joueur a déclaré qu’il n’irait pas au clash contre la direction parisienne, assurant qu’il honorerait sa dernière année de contrat. Ce qui me laisse perplexe. D’un côté, ça donne du temps au joueur, à ses représentants et aux dirigeants parisiens pour trouver une solution. De l’autre, si aucun accord n’est trouvé d’ici-là, Mbappé sera libre de négocier avec qui il voudra dès le 1er janvier 2022. Il sera alors en position de force pour négocier, encore bien plus que maintenant. Donc ne pas aller au clash, dans ces conditions, est une faveur que Mbappé se fait à lui-même et pas à son employeur malgré ce que cette déclaration pourrait laisser croire.

Une autre option serait de le vendre dès maintenant. Même avec seulement un an de contrat restant, Mbappé rapporterait une somme à 9 chiffres au PSG. Face à un joueur dont les atermoiements durent depuis déjà de longs mois, la solution est tentante et elle a au moins le mérite d’être économiquement intéressante. A condition bien sûr qu’un club ait les moyens de payer un transfert très onéreux et d’offrir au joueur un salaire stratosphérique en même temps que des garanties sportives. Après une saison où tous les clubs ont perdu beaucoup d’argent, les candidats sont très rares. On peut même se demander s’il y en a vraiment. Le Réal n’a plus les moyens d’antan et son équipe est en fin de cycle. Liverpool également. Le Bayern serait une option mais le club Bavarois n’est pas connu pour faire de telles folies financières. Chelsea pourrait être une piste, mais est-ce que Kyky serait ravi de retrouver un Thomas Tuchel qui n’avait pas hésité à lui tenir tête ? Dans ces conditions, tant que le « Génie Français » jouera la montre, je ne vois pas pourquoi un club risquerait de mettre sa santé financière en jeu alors qu’il suffit peut-être simplement d’attendre quelques mois.

Kylian a du temps pour faire son choix

Pour résumer, Kylian a du temps pour faire son choix. Il a les cartes en main. Pour les supporters que nous sommes, la situation est frustrante. D’un côté le risque de voir un des meilleurs joueurs du monde quitter le club gratuitement dans un an est inacceptable. De l’autre, voir un joueur, même s’il est un des meilleurs au monde, se payer la tête du club est inacceptable. On a déjà connu une situation similaire avec Neymar, et même si le Brésilien a finalement signé un nouveau contrat de longue durée, rien ne dit que l’issue sera la même cette fois-ci. Le cas d’Adrien Rabiot est lui aussi dans toutes les mémoires, et la rancœur est tenace. Alors que manque-t-il à Kylian Mbappé pour prolonger à Paris ? L’excuse des garanties sportives a pris du plomb dans l’aile car les nouveaux arrivants sont tout sauf des seconds couteaux. Même si je n’ai aucune sympathie pour Sergio Ramos, il arrive avec un statut en or massif. Peut-être que Kyky attend encore plus ? Si Leonardo arrive à dégraisser un peu l’effectif, ce qui est loin d’être une certitude, peut-être que d’autres renforts de poids pourraient arriver. En espérant que cette fois, ce sera suffisant pour que Sa Majesté accepte de parapher un nouveau contrat.

Une des difficultés évoquées dans les négociations est la relation entre la famille Mbappé, ses représentants et Leonardo, décrite comme tendue. Ce type d’information est impossible à vérifier et on sera tenté d’y croire ou non en fonction de l’opinion que l’on a de chacune des parties. Mais je note tout de même que ce n’est pas la première fois que le nom du directeur sportif est associé à des relations houleuses (Neymar et Tuchel, pour ne citer qu’eux). Si les occurrences se multiplient, j’ai tendance à penser qu’il y a au moins un fond de vérité. J’ai tout de même du mal à croire que ce point d’achoppement soit suffisant pour tout faire capoter.  Alors j’imagine, et ça n’engage que moi, que Kyky est véritablement en proie au doute concernant son avenir. Je ne sens pas une volonté réelle de s’engager sur le long terme avec Paris. Et comme je l’ai dit plus haut, il est en position de force. A cet instant, je pense que la question qu’il se pose est de savoir s’il doit partir maintenant ou plus tard. Je n’arrive pas à me dire que ce joueur envisage de rester 8, 9 ou 10 ans à Paris comme Ronaldo ou Benzema l’ont fait au Real, par exemple. A moins bien sûr que les garanties offertes soient très, très convaincantes. A moins que ces fameuses garanties ne soient qu’une excuse pour négocier avec la concurrence.

Alors on attend. Et vraisemblablement, on attendra encore. Une décision arrivera, un jour ou l’autre. Si elle prend la forme d’un nouveau contrat à Paris, on oubliera peut-être ces hésitations. Jusqu’à la prochaine fois. Mais si l’issue était différente et que Mbappé choisissait d’aller voir si la pelouse est plus verte ailleurs, il subsisterait une grande déception. Même s’il est incontestablement l’un des plus grands talents, si ce n’est le plus grand, à avoir porté le maillot Rouge et Bleu, l’histoire aurait un goût d’inachevé. Et il ne fait aucun doute que dans le coeur des supporters, il ne serait pas près de détrôner les Raí, Sušić, Pauleta, ni même Thiago Silva ou Marquinhos. Ce n’est peut-être pas un de ses objectifs, tout simplement. L’histoire durera ce qu’elle durera. Alors en attendant sa décision, profitons du petit génie de Bondy et de ce qu’il peut nous apporter sur le terrain, là où il est véritablement convaincant.


Café Crème et Sombrero
Kylian Virage PSG

Ici l’herbe est bonne

La saison 2020-2021 est à peine terminée que déjà commence un Euro saupoudré de rumeurs de transferts de ci de là… Et quel est le point commun entre ces trois sujets d’actualité ? Le génie français comme l’avait surnommé le non regretté Stéphane Guy. 


Il faudra donc attendre encore avant de connaitre la décision sur son avenir de l’atout numéro un du PSG et des bleus. Mais quelle que soit sa décision, il serait peut-être temps de dire merci à Mbappé (oui c’est bien de lui dont il s’agit, bravo amis lecteurs, tu avais deviné j’en suis sûr). Oui merci pour ces quatre saisons déjà passées chez nous. Merci pour tous ces titres, ces buts, ces actions de folie, ces gestes techniques, ce plaisir de te voir inspirer la peur dans les yeux de nos adversaires.

Bien-sur cette saison il y a eu Barcelone, Munich, mais le match ou tu m’as fait le plus vibrer c’est contre Saint-Etienne au Parc. Cette rage, ce refus de la défaite, ce leadership qui emmène tout le monde avec lui. Voilà tout ce que j’aime. Que j’ai hâte de revenir au Parc pour voir un PSG galvanisé par tant d’envie et de talent. Et que dire de cette incroyable rapidité ! Personne ne va aussi vite que lui, que cela soit en course pure ou dans l’exécution de ses gestes. Ses enchaînements vont tellement vites…

Bref, ses qualités le monde entier les connait. D’ailleurs tous les clubs du monde nous l’envie ! Oui tous. Réellement. Citez-moi un club qui n’en voudrait pas ? Cherchez bien, allez faîtes un effort ! Vous ne voyez pas ? Moi non plus. La réponse est claire : Aucun. Citez-moi un supporter qui n’en rêve pas ? L’Espagne en meurt d’envie, l’Italie n’est plus assez compétitive et l’Angleterre est prête à toutes les folies.

Alors quand on m’explique que certaines personnes parmi les supporters du club ne l’aiment pas spécialement « parce qu’il ne restera pas longtemps chez nous »« qu’il n’aime pas le club… ». J’ai envie de leur crier au visage, billevesées et coquecigrues !  Mais il vous faut quoi ? Non parce que je ne vois pas ce qu’on peut lui reprocher ? Moi je lui dis merci. Mille fois merci pour ce que tu as fait Kylian. Pour le plaisir et les émotions que tu nous as données.

Voilà 4 ans qu’il est avec nous, plutôt pas mal pour quelqu’un de passage. Non ? Et ce n’est pas fini j’en suis persuadé. Tout d’abord parce que mon fils et ses copains, et tellement d’autres, seraient tellement tristes en cas de départ. Inconsolables. Alors comment voulez-vous qu’il aille jouer ailleurs ? Comme je le disais, il va écrire l’l’histoire du foot et ce sera avec nos couleurs. Gagner la 1ère Ligue des Champions du PSG sera toujours plus fort qu’une 14ème avec le Real Madrid. On n’oublie jamais une première fois. Encore moins quand on l’attend depuis aussi longtemps. 

Alors oui, amis vrais supporters, ne suivez pas tous ces pisse-froids qui crèvent de jalousie et qui adorent se plonger dans la fange des réseaux sociaux, mettez de côté cette bêtise car ce serait bien un minimum de lui témoigner au moins du respect à défaut d’amour. Qu’il reste chez nous d’abord par raison plutôt que par amour ? Peu importe ! On s’en fout ! Ce qui est important c’est qu’il soit au PSG ! Mais quelle chance nous avons de l’avoir ! Parisien réveillez-vous ! 

Bref, il va gagner beaucoup de titres dans sa carrière, c’est écrit. C’est une évidence. Il a déjà sa place réservée dans la grande histoire du football. Quand on a été adoubé par Pelé lui-même, la voie royale semble toute tracée… Alors ces titres, bah moi je préfère que ce soit avec Paris qu’il les gagne ! N’en déplaise à tous ceux que cela rend malade sur les plateaux TV, dans la presse ou chez ces « supporters » parisiens et autres marseillais. Et comme aurait pu dire Guillaume Hoarau, « Kylian à Paris, c’est bon dit ! »

Alors oui Kylian, à Paris on t’aime, tu es chez toi et crois moi l’herbe n’est pas plus verte ailleurs.


J.J. Buteau

PSG. Des hauts … et (des faux) débats !

Non une affirmation n’est pas une vérité… surtout quand il s’agit du PSG !
Ceux qui veulent absolument faire croire ou qui pensent (les pauvres ça doit être douloureux) que les victoires D’Unai et de Thomas sont des défaites pour le PSG, oublient quelques préceptes de base.

Le syllogisme un raisonnement logique par déduction qui met en relation 3 propositions comme par exemple : Les Lilas fleurissent au printemps, Les Lilas sont en fleurs, donc nous sommes au printemps. On pourrait croire, en hâte, que Victoire de Unai + Victoire de Thomas = défaite du PSG est un syllogisme implacable. Mais Aristote ne serait pas forcément d’accord, car ici les choses ne sont pas liées directement. L’analyse précise des différentes composantes de l’équation nous montre que ce n’est en rien connecté. C’est certes cocasse, improbable, un comble, on peut effectivement se dire aussi que le Karma du club est pas ouf… mais ce n’est en aucun cas un syllogisme rigoureux.

Ce sont d’autres concepts fondamentaux qui nous le prouvent.

Ce deuxième concept est une locution chère à notre ami le professeur Raoult (Marseille va *** ta mereuuuu…..) , celle selon laquelle toutes choses ne sont pas égales par ailleurs. Par exemple, Un restaurateur qui a eu du succès dans une ville ne le sera pas forcément dans une autre car cela dépend du nouvel environnement dans lequel il arrive avec peut être beaucoup plus de restaurants déjà installés, une offre plus qualitative, une population avec un pouvoir d’achat différent, etc…. Ceteris Paribus… se vérifie dans le football certainement plus que nul par ailleurs. En effet, la réussite de nos deux anciens coachs ne garantie aucunement une réussite au PSG car les environnements dans lesquels ils évoluent aujourd’hui sont totalement différents. Les différences les plus évidentes et identifiées sont des championnats aux antipodes (j’y reviendrai), une pression immense sur la LDC au PSG (j’y reviendrai) , la gestion de stars, la gouvernance, etc, etc …. Une des composantes fondamentales de ces nombreuses différences dans notre cas est la valeur du championnat et ses enjeux.

Ce qui nous amène à notre 3ème concept.

Le PSG évolue dans un championnat dit faible, du coup il n’y a aucun enjeu à la gagner selon à peu près tout le monde, des amateurs éclairés aux professionnels éclatés. Avec le PSG, toute la pression se porte uniquement sur la LDC. Cette pression est en réalité presque ingérable pour un entraîneur qui joue sa vie à chaque match. Quand vous êtes entraîneur en Espagne ou en Angleterre le championnat est valorisé, il représente un enjeu fort, pour eux la LDC elle est une escapade exceptionnelle, un rêve, une possibilité magique. La pression n’est pas la même. En réalité il est quasiment impossible d’imaginer gagner la Champions League, en perception à Paris nous avons le sentiment que c’est une catastrophe industrielle ne pas y arriver. Une seule équipe gagne chaque année c’est la réalité, chaque grand coach vous le dira. C’est à nous supporters d’accepter cette réalité et de ne pas subir une fausse perception installée par le club, les médias, les haters qui consiste à ne nous juger que sur cette victoire européenne. Nos 2 derniers parcours dans cette compétition sont d’ailleurs exceptionnels. Il faut que nous soyons conscients de cette réalité car c’est très douloureux de vivre dans ce fantasme. Il faut être fier de gagner le championnat, fier de gagner les coupes nationales et arrêter de se persuader et que nous avons un championnat au rabais, c’est faux et ça ne nous aide pas. J’imagine que Pochettino va beaucoup travailler cet aspect pour enlever de la pression aux joueurs, si on lui laisse le temps bien sûr.

Ce n’est pas facile d’être entraîneur ou joueur au PSG et encore moins d’être supporter ! Il faut savoir se préserver.

Pour notre santé mentale, il faudrait arrêter de gober la bouillie médiatique qui à coup d’assertions – affirmations soutenues comme une vérité absolue- crée des raccourcis et des contre vérités. Arrêtons de nous-mêmes y participer en les diffusant à notre tour et ainsi créer une dynamique néfaste et douloureuse. A terme cela peut nous plonger nous-mêmes dans une déprime qui aura pour conséquence de ne plus voir que les éléments négatifs et de vivre notre amour pour le PSG en souffrant. Généralement on en veut à celui qui nous fait souffrir et de fait, nous supporters, nous devenons parfois plus durs, plus destructeurs que nos détracteurs.

Paris est tragique parfois, magique toujours ! Il y a des problèmes à Paris, de gros dysfonctionnements, certes, mais comme dans tout grand club ! A nous de faire la part des choses et de vivre cet amour pour le PSG avec nos propres convictions et notre esprit critique, pas avec celui des autres, en tout cas pas avec celui de ceux qui se réjouissent de nous voir malheureux.

Je nous souhaite à nous tous, les amoureux de Paris, une belle saison l’année prochaine. Nous contre le reste du monde et à jamais Rouge et Bleu … comme dirait Thiago ! Allez Paris ! ❤️💙 Niro.


Niro

La dernière bataille

Les soldats piétinent le dernier champ de bataille, amenés là par toutes les campagnes successives d’une guerre déjà à demi oubliée. Ils sont debout,
au bord du monde, debout là parce qu’ils ont marché sur les chemins pierreux
des défaites honteuses, et parce qu’avant cela ils ont couru porté par les ailes
de la victoire et parce qu’avant encore il y avait d’autres combats dont personne
n’a su dire qui les avait remportés ou pas, ou seul importait pour eux
de s’en être extrait, couverts de sang et de boue et de bleus et de peines
et de cris mais vivants, pour continuer la lutte. Cette guerre a débuté
il y a trop longtemps. Mais aujourd’hui, c’est la dernière bataille.


Inexplicable paradoxe, les chroniques font unanimement remonter la naissance de cette saison à une finale. La coupe de la Ligue, ou la coupe de France, les deux peut-être, ces textes tirés de l’oubli divergent. Qu’importe après tout. Aujourd’hui et pour la dernière fois, le soleil se lève sur la Ligue 1.

Regardez-les, nos vieux soldats abîmés. Il est perdu le temps des immenses armées pavoisées de gueule et d’azur. Alors que les légendes d’avant la Grande Contamination vivent de troupes de milliers de supporters, de cris, d’écharpes et de chants, désormais il ne reste plus qu’eux. La poignée de joueurs survivants. Et c’est eux seuls qui vont mener ce combat, alors oui regardez-les…

On les a dépeints mercenaires sans âme, guerriers barbares incapables de maîtriser notre langue. Pourtant ils portent nos couleurs jusqu’au Finistère et vont batailler. On les a raillés trop fragiles, susceptibles d’abandonner au premier danger. Pourtant ils ont redressé tant de situations désespérées. On les a décrits mal organisés, ne comptant que sur leur force brute, et incapables de livrer une stratégie cohérente. Pourtant ils ont déjà razzié la coupe de France , et demeurent si proches du titre de champion. Combien tueraient pour un tel bilan ? La tristesse des troupes monégasques, défaites au pied de la basilique dyonisienne ne mentait pas : un titre reste un titre, et malheur aux vaincus, condamnés à l’oubli. Les lauriers ne repassent plus. Ils ont triomphé pour nos couleurs, et pourtant depuis le début ces soldats sont seuls.

Il n’y a pas de reproche derrière cette vérité, juste les faits. D’aucuns les ont accompagnés la veille de périlleuses batailles, apportant réconfort, encouragement et soutien : respect à nos ultras. Mais par l’implacable force des choses, toutes les fois où il aura fallu prendre des coups pour défendre le Paris Saint-Germain, les joueurs n’ont pu compter que sur eux-mêmes. Toutes les fois ! Certains comptent les échecs et disent que quoi qu’il advienne, un titre aurait des airs de présent immérité. D’autres s’arrêtent à la campagne d’Europe, où Albion a su éteindre nos espoirs et jugent la guerre déjà perdue. Mais eux qui seuls ont livré tous les combats, qui ont chuté et vaincu puis perdu et gagné tant de fois, eux vont repartir au feu, ce soir encore. Même les moins soutenus.

Bakker PSG Bayern Virage
Entre ici, Mitchell Bakker, avec ton terrible cortège de tacles et de rage. © Icon Sport

Regardez Bakker : quand a-t-il abandonné ? Qui peut juger indigne de porter nos couleurs cet homme qui jamais n’a reculé ? Qui peut oser affirmer mériter mieux que cet homme ? Et sur quel critère ? Bakker a combattu en terres Bavaroises, avec honneur. Qui mieux que lui ? Qui plus Parisien ? Bakker le fruste, Bakker au pied lourd, Bakker est en terre Bretonne, pour défendre l’idée d’un titre du PSG. Honneur à lui.

Regardez Icardi : il a raté des occasions, traversé des champs de bataille comme une ombre, il est resté indisponible de longs mois. Qui mieux que lui ? Qui parmi ses détracteurs aurait fait mouche plus souvent ? Qui, parce qu’il se proclame défenseur du PSG depuis lustres, peut avoir la prétention d’avoir mieux incarné le club, d’avoir réellement apporté davantage ? Icardi et ses kilos en trop, Icardi le fantassin des six derniers mètres, Icardi est à Brest, prêt à se donner pour Paris si on le lui ordonne.

Cette bataille sera peut-être inutile : les troupes lilloises assiègent déjà la citadelle angevine et même hors de vue leur victoire réglerait notre sort. Qu’importe. Les Parisiens vont tout de même mener la lutte. Dagba le trop jeune, Kherer le trop fragile, Ghana l’irrégulier, et Sarabia et Danilo et tous ceux qui ont été assommés de critiques peut-être méritées, tous ils se sont levés ce matin, et tous vont se battre, une dernière fois. Se battre pour l’espoir fragile d’une improbable victoire parisienne. Pour notre palmarès.

Il s’agirait de s’en souvenir. Il reste une ultime bataille à mener. Ils vont la livrer seuls. Allez Paris.


Arno P-E