Humeur

Keylor Navas Virage PSG

Keylor en barre

Bon bah voilà. On est en quart. Et pourtant j’ai presque le goût de la défaite dans la bouche. Au moins celui de la déception oui, ça c’est sûr. Allez-y, traitez-moi de pisse-froid, de peine à jouir, d’éternel insatisfait. Mais franchement la prestation de notre équipe est à pleurer. Si Dieu n’avait pas créé Navas tout porte à croire
que le Barça aurait pu se qualifier. Aurait dû, devrais-je dire, même.


Personne ne croyait que 5 ans après, il était possible de revivre, de plus au Parc, le cauchemar de 2017. Et pourtant… Après 5 minutes de jeu on comprend que l’équipe est amorphe, comme terrorisée, tétanisée… comme un vilain flashback. On se dit que ce n’est pas possible, on s’auto persuade. Mais plus le temps passe, plus on comprend que si le Barça marque un deuxième but, on aura droit à un retour vers le futur de la honte. Florenzi pas prêt, Kurzawa fidèle à lui-même, donc très loin du niveau, Paredes absent, Gueye volontaire mais limité. Draxler non concerné. Mbappé pas dans un bon jour. Que reste-t-il ? Un Icardi trop dépendant de ses coéquipiers. Et particulièrement de nos milieux de terrain complètement dépassés. Celui qui peut changer le visage de l’équipe c’est notre petit hibou. On le sait. Quand Verratti va, le PSG va. Or mercredi dernier, il n’allait pas. 

On comprend vite que ce soir on ne reverra pas le magnifique PSG du Camp Nou d’il y a 3 semaines. Mais on sait que l’on va trembler avec ce PSG qui nous fait tellement penser à celui du Camp Nou d’il y a 4 ans… Exit docteur Jekill, welcome Mister Hyde. Dans ce naufrage, on peut ressortir la charnière Marquinhos-Kimpembé qui a au moins donné l’impression de jouer un match de Ligue des champions. Mais bien-sûr, l’homme du match, celui qui a rendu possible la qualification c’est, j’ai nommé Keylor Navas. Sans lui le PSG passait à le trappe, entouré de bouffons, Il mérite bien une auréole-là. C’est lui l’élu qui a mis en échec Messi.

Que dire de plus sur notre sauveur qui n’ait pas encore été dit. Depuis le début de la saison il est le seul joueur irréprochable à chaque match. Depuis quand un gardien de Paris a rassuré autant ses partenaires ? Le respect qu’il impose à ses co-équipiers comme à ses adversaires est quelque-chose que seuls les très grands ont. Je vous ferais grâce de son gargantuesque palmarès, long comme son bras qui repousse un ballon du bout des doigts pour un énième exploit. Il a tout gagné en club (et même plusieurs fois), les distinctions personnelles sont légions. 

Ce que l’on dit moins et que certains on peut être oublié, c’est que le costaricien a quand même emmené sa sélection jusqu’en ¼ de finale au mondial 2014. Battu uniquement aux tirs au buts. Le Costa Rica !!! Pays de moins de 5 millions d’habitants ! Pour rappel en Ile de France nous sommes selon l’Insee, 12.213.447 habitants au 1er janvier 2021… Assurément le meilleur recrutement qualité/prix du PSG depuis.. depuis ? Trop longtemps. Amusant de constater que comme le pire transfert qualité/prix, il vient aussi du Real Madrid. Oui 25 M€ pour Jésé ça vaut bien 15 M€ pour Navas, et sans rancune.

Pour en finir sur notre héros, une petite stat’ qui en dit long. Il n’a jamais perdu un match de LDC en aller/retour depuis 5 ans ! De quoi rassurer les superstitieux et amateurs de soi-disantes malédictions qui planeraient sur le club. Laissez tomber les rites Vaudou, les pincées de sel dans les buts, l’eau bénite, arrêtez de sacrifier des poulets. Notre talisman s’appelle Keylor Navas. Et nous en auront bien besoin tant que notre Mister Hyde rouge et bleu continuera à se substituer à notre si beau docteur Jekill. 

Dimanche soir, tournant du championnat de ligue 1. Nos 3 concurrents direct n’ont pris qu’un point. Une victoire face au navire nantais à la dérive, et qui est plus que jamais relégable, et nous reprendrons notre première place. Peu importe l’équipe alignée je n’imagine pas autre chose qu’une victoire. L’occasion est trop belle. Les joueurs doivent penser comme moi puisqu’ils démarrent le match en mode ralenti. J’avais rendez-vous avec le docteur mais c’est Mister Hyde qui s’invite au Parc des princes. Et cette fois notre gardien n’y pourra rien. Une première mi-temps laborieuse. Une deuxième catastrophique. Verratti de nouveau présent sur le terrain, mais plus que jamais absent dans son rôle de milieu organisateur. Aucun jeu collectif, pas de niaque, pas de révolte, pire, des visages en gros plans qui montrent clairement que les joueurs sont perdus et ont déjà compris et accepté la défaite. Nous avons grillé notre dernier joker. La fin de saison se jouera sur un fil.

Mercredi soir, enfin non plutôt mercredi début d’après-midi, finalement non, fin d’après-midi ou début du couvre-feu, comme vous voulez. Le leader se déplace chez son dauphin en Coupe de France. Troisième compétition différente en une semaine. Comme quoi on peut tout perdre, mais on peut encore tout gagner aussi. Que retenir de ce match ? La qualif. Et c’est tout car dans le jeu rien de nouveau. Mais comment ne pas encore se répéter et ne pas parler de cet arrêt de notre super gardien dans un face à face décisif à 0-0, juste après il y a eu cette frappe sur sa barre. La chance des grands. Des très grands. Et en dessert ce penalty concédé par Kurzawa et arrêté par Navas comme deux habitudes, presque la routine…

Ecce homo. Voilà l’homme, du match. Encore et encore. Ce n’est que le début ? D’accord. Comme Keylor qui a su mettre tout le monde d’accord, oui, même les plus rageux, les anti-Paris primaires ou autres commentateurs marseillais tel Roy et Boghossian ne peuvent que reconnaitre et s’incliner devant ses exploits. Sans lui, la semaine aurait pu être cataclysmique. Une remontée espagnole en Ligue des champions, une déroute contre un relégable et une élimination sans gloire de notre coupe de France. Dieu et Navas sont avec nous. En championnat nous avons encore notre sort entre les pieds, on peut entrevoir une nouvelle finale de coupe de France, en espérant éviter les gros restant (Lyon, Monaco, Canet en Roussillon). Et bien-sûr il reste la quête du Graal. 

Justement. Que peut-on espérer en Ligue des Champions avec cette équipe qui joue avec nos nerfs d’un match sur l’autre et qui s’amuse avec les boutons de l’ascenseur émotionnel comme un sale gosse. Soyons optimistes, et regardons les clubs encore en course. Porto, Dortmund, Liverpool, Real Madrid, Manchester city, Bayern et Chelsea. Evidement sur le papier les portugais semblent les plus prenables. Mais justement est-ce que cela ne serait pas un piège pour nos joueurs. Comme toujours si on joue à notre niveau personne ne nous résiste. Mais contre un adversaire prétendu plus faible, j’ai très peur de revoir le Docteur Jekill. 

Alors qui ? Les malades dans leur championnat que sont le Real, Dortmund et Liverpool ? L’histoire de la bête blessée etc… Je pense qu’il vaut mieux éviter aussi, et certains risqueraient encore l’excès de confiance.  Le Bayern ? A choisir je préfèrerais les jouer en finale pour vaincre justement enfin toutes les malédictions (oui même celles qui ne nous concernent pas comme les poteaux carrés). Et surtout je pense que sur un match, comme dit la formule, tous est possible. Car objectivement, les bavarois sont à mon avis les seuls à être vraiment haut dessus de nous. Reste les cousins de City. Un vrai duel, un vrai choc entre nouveaux riches. Et une revanche à prendre pour nous. Je signe. Même si en demi ce serait mieux. Oui car en quart le Chelsea de Tuchel semble un bon compromis. Sportivement je pense que nous sommes au-dessus si on joue à notre meilleur niveau, et en plus briser la malédiction des ex serait un plus pour notre fataliste petit cœur de supporter. 

Barcelone, Chelsea, City et Bayern en finale, voilà un beau parcours pour rêver plus grand et rallier la France du foot derrière notre club. Pour cela rien de tel qu’une belle épopée. Soutenu par la France entière ? Ce serait la rançon du succès, voilà qui serait également nouveau et disons-le, pas particulièrement espéré du supporter que je suis. Être détesté, jalousé, moqué, envié, critiqué, insulté, fait partie de notre histoire. Mais cette équipe peut-elle réécrire l’histoire ? Début de réponse demain midi à Nyon.


J.J. Buteau

Un de perdu, 10 de retrouvé

Aujourd’hui nous sommes nombreux à penser que la conquête du titre national a pris fin. Et pourtant, rien n’est vraiment terminé, l’espoir existe, et cet espoir réside dans un parcours sans faille jusqu’à la fin de saison. Et le retour de notre numéro 10 qui, plus que jamais, peut écrire une page homérique de notre histoire.

Porté le numéro 10 est un lourd fardeau mais Neymar Jr. y est habitué depuis le plus jeune âge. Il a certes beaucoup de défauts mais jamais on ne pourra le taxer de manque de courage sur un terrain. Alors son retour imminent est peut être la seule bonne nouvelle du jour, et un motif sérieux de croire en une remontée parisienne dans le sprint final.  

Après tout, si on gagne nos 9 derniers matches, on sera sacré champions. Un scénario hollywoodien taillé sur mesure pour un Ney qui trépigne en tribune depuis des semaines. Comme d’autres grands joueurs avant lui, la perspective d’un acte héroïque, individuel et quasi christique semble se dessiner pour celui qui endosse le maillot du leader, du « Trequartista* » à l’ancienne de notre équipe d’âmes en perdition. Capitaine d’un navire à la dérive.

* Qu'est ce qu'un Trequartista

Certes le football moderne ne laisse plus beaucoup de place pour les meneurs de jeu tels qu’on les a connus dans notre enfance. Mais après tout, l’histoire est faite de redites dans tous les arts majeurs. Regardez en musique, le retour du vinyle est un miracle auquel plus personne ne croyait. Et si Neymar creusait son aventure rouge et bleu du même sillon. Pas impossible. Hasard ou Coïncidence, le numéro 10 redevient hype ces dernier-temps. La disparition de Diego Maradona, les documentaires (magnifiques) consacrés au Roi Pelé et à Michel Platini prouvent que l’histoire du football s’écrit invariablement avec un 10 dans le dos. 

Pelé a mené le Brésil aux sommets alors qu’en 1958 personne ne les attendait à ce niveau. Sans parler de la coupe du monde 1970 qui fut un récital malgré un roi vieillissant relancé par un Mário Zagallo visionnaire. Diego Maradona à lui seul a remporté la Coupe du Monde 1986 et Michel Platini a fait passer le football français dans une autre dimension. Si on se concentre sur Paris, Safet Sušić fut aussi un leader naturel qui emmena un jeune PSG vers l’inaccessible, sans parler de Raí dont l’aura et le charisme apporta un supplément d’âme qui fit basculer moult rencontres cruciales.

Oui, le 10 dans le football, et à Paris en particulier, peut sauver des causes perdues. Grégory Protche, un des auteurs de Virage, a su trouver les mots justes qui entérine cette théorie : « Qu’est-ce que le numéro 10 ? Une position sur le terrain ? Un simple numéro de maillot ? Une ambition ? Un destin ? Une mythologie ? Un peu tout cela et bien davantage encore dès qu’il s’agit de PSG. Le numéro 10 est le roi du Parc des Princes. Il cristallise toutes les passions, polémiques et revirements. Dans un club lambda, on adore les buteurs, célèbre les gardiens mémorables et les défenseurs valeureux. À Paris, l’objet du culte, c’est le numéro 10. » Pas un hasard si ce dernier sort le 1er avril un livre consacré au Magic Number de la ville lumière. Paris c’est la ville des artistes, pas des épiciers. 

Neymar a cette étoffe. Neymar est un artiste. Neymar divise mais rassemble. Neymar est un héritage. Neymar est la clé. Neymar est parisien. 

Pochettino déclarait hier soir au micro du Canal Football Club que les joueurs de football sont des animaux sauvages dotés d’un instinct très affuté. Et qu’il était très difficile de leur mentir. Alors ne lui mentons pas. Disons lui la vérité. Neymar est un félin, à l’instinct de chasseur. Il comprendra. A lui de mener la révolte parisienne. Ça commence contre Lyon dimanche prochain. Il doit nous prouver, et se prouver à lui même, qu’il est un immense joueur de football. Avec la plus belle tunique de France sur les épaules.

« Au milieu de tout ce chaos, c’est au numéro 10 de remettre  de l’ordre. » (Diego Maradona)


Xavier Chevalier

En Vrac Virage PSG

En Vrac !

Je devais noter les joueurs. Je suis bien embêté. Mission impossible.
Ce soir, nous avons joué à 1 contre 11 et il n’y a donc qu’un seul joueur
qui mérite véritablement d’être évalué : Notre portier.


« Le Messie, c’est Navas » titre le versatile et peu patriote L’Équipe.  Ce qui démontre que même les crétins peuvent faire preuve de lucidité.  9 arrêts. Un péno de Messi admirablement repoussé ! Seul contre tous. Oui, le PSG a joué à 1 contre 11 une grande partie du match et ça s’est un peu vu… sans Navas, la grande catastrophe était possible encore une fois. Il faudra s’en souvenir au moment des honneurs : Navas est ce héros qui a rompu la malédiction. Note: 100/10.

Les autres, tous les autres ? Comment dire… presque pas concernés j’ai l’impression. J’ai moins senti la peur de l’équipe ce soir que sa nonchalance. Peut-être un peu de suffisance. En mode « c’est dans la poche, non ? ». Mais nous n’avons pas joué. Ou si peu. C’était lent, rarement collectif, sans explosion ni volume, sans idée ni véritable envie. Étrange PSG ! À jamais étrange PSG ! Le match de ta vie ou presque et tu joues derrière, en matant le rétro, en ne proposant rien. Presque jamais. Kyky aurait pu marquer dans le jeu mais il a préféré viser le gardien ou s’empêtrer, facilitant la tâche de la défense adverse. Oui, son péno plein de sang-froid compte, indéniablement.

Gueye, lui, aurait pu jouer au football mais en fait, non, pas du tout. Fantôme, toujours à la bourre, anticipation zéro. Danger quasi permanent. Paredes, -et ça me fait mal de l’écrire-, n’a pas existé et gagne juste le droit de ne pas jouer le match aller prochain grâce au carton jaune glané probablement par frustration. Kurzawa nous a offert un pénalty mais pour Barcelone… cette phrase est louche. Comme lui. Diallo l’a littéralement effacé en le remplaçant. Diallo doit être le titulaire en attendant de voir si Bernat respire encore. Physique, vif, malin, pas complexé au moment de relancer la grenade dans les tranchées ennemies, il mérite plus de temps de jeu.

Marco a été très médiocre les premières minutes. Quelques beaux gestes. Rien d’étincelant… rien de décisif. Et dans ce genre de soirées poussives et sans désir, si Marco plonge un peu, l’espoir va pointer à pôle emploi. Draxler a joué aux espions allemands infiltrés en 1942 à Londres : silencieux, discret, invisible. Icardi, sans mouvement ni centre digne de ce nom ni passe éclairée, l’Argentin n’a servi à rien. Sauf que… grâce à sa chaussure, l’arbitre, d’abord réticent (UEFA oblige…) accorde au PSG un pénalty qui nous soulage tout de même un tantinet.  L’entrée de Di Maria a bien eu lieu. Elle n’a rien provoqué. Néant. Mauricio a coaché un poquito timide. A fait rentrer Rafinha quand ça ne servait plus à rien. Et Danilo. Qui contre un tir. Je ne me souviens de rien d’autre.

Marqui et Presko ont beaucoup subi sans faillir. Ont parfois flirté avec le sacrifice physique. Solides, quand même. Voilà. Il n’y a pas grand chose à dire de plus. Ah si ! QUART DE FINALE. Paris. Nulle part ailleurs en France. Les milliers de ploucs qui ont prié toute la soirée pour une remontada 2 sont baisés. Muets. Très frustrés. Les prophètes de malheur ont coulé ce soir. Tous. Au fond de l’océan de la jalousie. C’est une cerise sur notre gâteau européen. Ils vont maintenant croiser les doigts pour que l’on tire un Bayern ou un City en quart. Ils regarderont le match. Nous aussi. Nous aurons peur, nous espèrerons, nous vibrerons. Nous vivrons et ils en seront encore réduits à jouer les voyeurs. Ça me va tout à fait. QUART DE FINALE.

J’aimerais terminer en saluant ce supporter parisien qui a loué une chambre dans l’hôtel des catalans simplement pour déclencher l’alarme incendie pour réveiller les copines de Messi à 5h du mat. J’ai des frissons. C’est une jolie anecdote. La preuve que notre foi est folle, drôle, sans limite. PSG4LIFE


Jérôme Reijasse

Barcelone doit payer

Rien n’est oublié du 8 mars 2017.
Cette date a marqué l’histoire du club parisien du sceau de l’humiliation.
Alors mercredi, pour un huitième de finale retour que certains présentent volontiers comme un possible remake, le Paris Saint-Germain doit saisir l’occasion.
Il faut présenter la note. ET BARCELONE DEVRA PAYER.

Avant ce nouveau PSG – Barca, la Remontada est sur toutes les lèvres, bien sûr. Comment en vouloir aux médias : l’histoire est tellement dingue ! D’ailleurs, quand on y repense, elle n’aurait jamais dû se produire. C’est la fameuse stat de L’Équipe : en Ligue des Champions, quand vous aviez battu un adversaire 4 à 0 chez vous à l’aller, il était IM-POS-SIBLE de se faire éliminer ensuite. Mais impossible n’est pas Français, et encore moins Parisien, alors il a fallu faire place à l’inéluctable tragédie. Vous connaissez le film par cœur : flash-back sur les titres d’une presse qui joue à se faire peur, et qui instille le poison du doute. Gros plans sur l’arbitrage délirant, et spoil : il coûtera à Aytekin sa carrière internationale. Au ralenti, avec musique badante, le but de Cavani, le twist qui au lieu de plier le game crée les conditions de l’exploit catalan. Double retournement de situation. Et enfin, le long plan séquence, le tunnel des arrêts de jeu. Pas une passe réussie par les Rouge et Bleu en dehors des engagements après chaque but encaissé, alors travelling vers le banc de touche et l’impuissance du coach, puis on prend de la hauteur, sans cligner des yeux et là, de loin, c’est le bloc qui recule, se recroqueville, ne bouge plus… la panique des joueurs. La sidération des supporters. Le couperet. Et… Coupez.

Sauf que c’était pas du cinéma.

Le Paris Saint-Germain ne pouvait pas se faire éliminer comme ça. Il n’en avait pas le droit, il n’en avait même pas la possibilité : comment encaisser trois buts après la 88ème dans la vraie vie ? Pourtant…

Alors quand les planètes ont commencé à s’aligner de nouveau cette année, ça a bruissé en salles de rédaction. PSG – Barcelone au tirage. Tiens, tiens… Gros match aller du PSG, qui l’emporte en marquant à quatre reprises. Bis repetita. Des petites questions anodines ou presque : mais au fait, Paris joue-t-il si bien que cela ? D’ailleurs, dispose-t-il de tant de ressources que cela ? Des joueurs blessés. Un coach qui n’a pas le temps de poser son style. Un groupe bancal, aux recrutements pas toujours à la hauteur des espérances. Et là-bas, Barcelone qui se met à gagner, à renverser des situations, comme par hasard. Allez, avouez, tout y est ! La tentation est trop forte, le fruit trop appétissant : il faut saisir l’occasion, et nous le vendre ce remake : L’impossible remontada, épisode 2 (Mès que oune revanche). Certains s’en agacent : les médias français pourraient a minima éviter de savonner la planche. D’autres en tremblent : et si les consultants avaient raison ? Diallo, lui, hausse les épaules : on le fait ch… avec cette remontada. Alors, qui a raison ? Qui a tord ?

Mais qu’importe ! La seule vérité à affronter c’est que la Remontada existe. Ça fait quatre ans qu’elle pèse sur notre club, qu’elle nous pourrit la vie. « Remontada » c’est le dernier argument des meutes de supporters des clubs que l’on humilie à longueur de saison. Le point Godwin des fans du FC Procuration. On peut les battre neuf fois sur dix, Remontada. On empile les trophées comme d’autres les candidats saoudiens au rachat de leur club ? Remontada. À tous les coups l’on perd. Alors maintenant, il faut achever cette histoire.

La Remontada, c’est la victoire ignominieuse d’un club que le Paris SG a dominé sur le terrain, mais qu’un faisceau d’aides extérieures a maintenu sous respiration artificielle contre toute logique sportive, toute justice, toute morale. Ce club, c’est le Barca. Cette Remontada elle nous a coûté davantage que n’importe quel autre match de l’histoire parisienne. Quatre années à ronger notre frein, 1463 jours à encaisser en fermant nos gueules. Les joueurs ont passé. Les coaches aussi. Mais les supporters eux, sont toujours là. Alors désolé Diallo mais non, la Remontada on ne va pas te laisser la balayer d’un revers de main. Ça te fait chier qu’on t’en parle depuis décembre ? Très bien. Ça nous fait chier qu’on nous en parle depuis le 8 mars 2017. Ça nous humilie. Ça nous tue.

Alors il va falloir prendre sur soi, et assumer. Se servir de tout ça et garder la tête bien froide. Ce huitième de finale, c’est l’heure des comptes. Le Paris Saint Germain va présenter la note, et se faire rembourser.

Le match aller, le 4-1 du Camp Nou n’était rien. Les battre chez eux ne compte pas. Ou plutôt cela ne comptera que si on engrange le reste de l’addition au match retour. Autant vous dire que la facture étant salée, on aurait bien du mal à comprendre que Diallo se contente de bougonner sur le pré. Chaque contact entre deux joueurs, sera un acompte à verser en positif : il faut que les Catalans payent. Pas question de se laisser marcher dessus une fois. Il va falloir les marquer, physiquement. Chaque ballon récupéré, c’est un encaissement. Que les joueurs parisiens s’arrachent, et les arrachent s’il le faut. Chaque passe réussie, chaque minute nous rapprochant de la victoire, chaque but qu’on leur inscrira, c’est une dette qui se comble. Et vu le niveau abyssal du déficit, il va falloir que tous nos joueurs passent dans les rangs barcelonais, pour animer la collecte.

Ce PSG-là ne devra pas jouer pour prendre du plaisir. Il s’agit de régler les comptes, une bonne fois pour toutes. Le beau jeu, ce sera pour une autre fois. La construction de l’occupation du plan de terrain et toutes ces conneries, on va les laisser aux consultants et autres vendeurs de paris en ligne. Il va falloir gagner. Battre Barcelone. Les contrôler. Les étouffer. Ne pas leur laisser le moindre espoir, pas une seconde. Jusqu’à les voir quitter la pelouse tête basse, impuissants, surclassés. Que le monde du foot soit bien convaincu : nous sommes meilleurs que les Catalans. Nous méritons de les battre. Comme nous le méritions.

Cela ne nous rendra pas la victoire de 2017. Cela n’effacera pas les regrets et les larmes. Rien ne comblera la souffrance de l’injustice. Mais au moins, cela restaurera notre dignité. Une seule solution mercredi, un seul chemin : la victoire. Totale. Et que Barcelone paye.


Arno P-E

De héros à zéros

Pas d’envie. Tactiquement  sans imagination. Aucun esprit de révolte.
Il a suffit à Monaco de sortir le bus pour ramener tout le monde à la réalité.
Le spectre d’une saison blanche plane de plus en plus sur le club.


Autant la défaite de l’aller pouvait s’expliquer par un arbitrage honteux. Autant cette fois-ci rien à dire. Quand on ne fait aucun effort en pensant qu’il suffit d’aller sur la pelouse pour gagner, on ne mérite rien de mieux qu’une fessée cul nu. Comme mardi la figure de proue de la soirée est Mbappé. Aussi minable ce soir que merveilleux cinq jours plus tôt. Pas de replis défensifs, dribbles stéréotypés, mauvais choix en pagaille. Tout ce qu’on déteste chez lui on l’a eu hier soir. On joue la soixante septième minute de ce pénible match mais je sais déjà que nous allons vers notre sixième défaite de la saison en championnat. Le pire c’est que les joueurs semblent le savoir aussi. Cette défaite est clairement la pire de la saison. Outre le fait que l’on vient quasiment de dire adieu à notre titre de champion, on s’incline encore face à un « gros ». Monaco. Lyon. Marseille. Que des chocs et que des défaites. On peut ajouter Lorient (non pas comme choc, mais comme défaite), ces merlus qui nous battent et se font étriller face au Losc..

Lille qui file vers ce titre, qui semble t’il ne sera plus nôtre en fin de saison, et cela pour la troisième fois de l’ère Qatari. Autant la première année cela pouvait se comprendre, autant il y a 4 ans nous sommes tombés sur un énorme Monaco et son génie français, autant cette année nous n’aurons aucune excuse. La seule qui pouvait s’entendre était la non préparation physique du début de saison. Mais qu’on le reconnaisse ou non, Tuchel avait su limiter la casse. Son successeur pour l’instant fait pire que le teuton honni. Ce soir le manque d’intelligence tactique, et le manque de motivation ne nous permettent pas d’être optimistes pour la suite de la saison. J’ai honte d’avouer que j’ai même pensé qu’un bon Barça pouvait venir en mettre 5 ou 6 à ce PSG là le 10 mars…

Et ne me parlez pas d’effet Pochettino svp. Mentalement il n’a pas préparé les joueurs à ce match. Tactiquement il a été totalement incapable de répondre à la mise en place de Kovac. Pourquoi Verratti a t’il débuté sur le banc ? Tiens et si je mettais mon meilleur joueur sur le banc pour un match capital de ligue 1 ? Le seul capable de jouer entre les intervalles et de donner la dernière passe face à deux lignes de défenses. Mettons les autres créateurs Rafinha et Draxler avec lui au chaud et je vais faire un milieu Parades-Gueye-Herrera. Trois défensifs. Pour être bien sur de ne pas trouver les attaquants. Aussi irréel que de mettre un Danilo en défense et Marquinhos  au milieu…

Pour continuer ce voyage au bout du pessimisme, au lieu de penser à rattraper les dogues nordistes, il faut peut être commencer à regarder derrière… Notre méritoire bourreau du soir n’est qu’à deux points. Une défaite à Dijon la semaine prochaine et on peut être quatrième à onze journées de la fin… perdre chez le dernier ? Oui on en est capable. Ce PSG est capable de tout. Le PSG est fait pour la Ligue des champions et pas pour la ligue 1 avait dit Leonardo 1.0, il semble que rien n’ait changé. Notre directeur sportif qui devra bien aussi rendre des comptes un jour. Peut-être plus vite que prévu si c’est l’Europa League qui nous attend la saison prochaine… Trop de joueurs pas au niveau pour dominer l’Europe, ce n’est pas nouveau, mais pour ne pas régner sur l’hexagone c’est une vraie grosse régression. Nasser étant aux abonnés absents, Leonardo va t’il taper du poing sur la table ? Ou va-t-on médiatiquement laisser l’entraineur se démerder tout seul comme depuis des années ? Comme en 1996, la seule chose qui pourrait sauver la saison serait la victoire finale en Europe. Mais peut on raisonnablement y croire ?


J.J. Buteau
Besoin de personne Virage PSG

Besoin de personne

Jouir mardi et haïr dimanche. Paris sera toujours Paris :
illisible, imprévisible, décevant, rarement au rendez-vous.
Capable du pire que le pire.


Nous avons probablement terrassé un Barca moribond. Oui. Je m’en branle. Dans dix ans, dans mille ans, je reverrai encore ces quatre buts, la rage et l’impuissance de Piqué, la crise de nerf d’Alba, la passe inventée de Marco, le contre idéal sur le dernier pion (draxler, Icardi, Danilo, Draxler, kyky, PUTAINNNNN !!!) et le coup franc de Leandro. Cette semaine, comme d’habitude, j’ai alterné les visions. J’ai tangué entre « sur notre lancée, on va dérouiller Monaco, foutre la chiasse à Lille et Lyon et croire plus que jamais au titre de champion de France (vous savez, ce trophée qui n’intéresse pas les néo supporters…) ». Et « on va retomber dans nos travers, trottiner et perdre au Parc et replonger dans notre brouillard. »

Bingo ! L’indigence affichée hier soir est juste phénoménale. Il y avait tout. C’est à dire rien. Pas capables d’aligner trois passes, deux tirs cadrés (un record depuis l’arrivée des mécènes et leurs gazoducs !), même Navas n’y était pas. Et nous n’avons bien sûr aucune excuse. La fatigue, la décompression, les absents de marque, l’éternelle subjectivité de Buquet et sa tronche de gendarme dépressif, non, décidément, nous ne pouvons nous cacher derrière aucun arbre, aucune larme. Monaco a fait exactement ce qu’il fallait faire pour nous plier. La guerre des entraîneurs n’a pas eu lieu. Pendant que Mauricio préférait préserver Marco qui avait apparemment ressenti une gêne, et donc, assumer que ce soir, le milieu ne serait pas la clé et que cette rencontre était en somme une formalité, presque un décrassage, Kovac, lui, modifiait son système habituel, demandait aux siens de courir, presser haut. Certes, il garait un bus. Il a eu raison. Sa victoire est nette et sans bavure. Indiscutable.

Le coach teuton savait qu’en gagnant, il s’offrait une vraie chance d’aller au bout. Nous, en prenant trois points, nous enchaînions, accélérions la pression et faisions de Monaco (presque) une mouche dans le rétroviseur. Mais non !!! Bien sûr que non !!! Trop beau comme scénario. Pas assez montagne russe. Pas assez parisien ! Hier soir, c’était parfait dans la désillusion et la frustration : collectif coupé en deux et défaillances individuelles à chaque poste, aucun rythme, aucune solution, déchet technique total, aucune occasion, arbitrage sens unique, erreurs grossières et sanctions immédiates, coaching frileux. Parfait ! Les nombreux gros plans sur Neymar et Di Maria rendant la chose encore plus insoutenable. Si j’étais Mohamed Henni, ce sont vingt télés que j’explose. Au minimum. Nous n’avions pas le droit d’encore trébucher quand les choses deviennent sérieuses. Pas le droit de gâcher mardi. Ces deux matchs n’ont évidemment rien à voir, il serait stupide même de les lier mais force est de constater que nous ne parvenons que rarement à enfiler deux prestations impeccables.

La remontada n’effacera jamais le 4-0 de l’aller. Seuls nos ennemis ou les supporters parisiens trop gâtés pour être honnêtes peuvent prétendre le contraire. Mais reconnaissons tout de même qu’avec ce 0-2 lamentable, la trique est devenue une demie molle. Le PSG n’a aucune considération pour les paliers de décompression. Nouveau choc thermique. C’est usant. Il y a comme une fatalité. Je l’écris encore : Paris, c’est Sisyphe. On expie un truc. Quoi exactement ? Je ne suis qu’un fidèle. Je n’ai pas la réponse. Je ne peux que prier. Et prier encore. Que faire d’autre ? Écrire une millième fois ce qui déconne chez nous ? Tenter de trouver des solutions ? Paco m’envoie un texto. Le texto que je redoutais un peu. Le voici : « Et voila que tu te dis « mais avec cette presta le retour contre les catalans c est pas gagné ». La remontada 2. Nous y avons tous pensé au coup de sifflet final, non ? Nous ne pouvons pas insulter le football à ce point sans convoquer nos putains de fantômes, impossible. Voilà le résultat de notre performance pitoyable. Le doute, le gros rat dans nos cervelles de moineaux ! Once again !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Ça s’arrête quand ?

J’aimerais bien être dans la peau d’un supporter du Bayern juste une saison. Ressentir cette assurance qui tombe rarement dans l’arrogance. Cette capacité à coulisser à onze et à ne quasiment jamais chuter les soirs d’importance. Juste pour me reposer un peu. Souffler. Mon fils monte d’habitude se coucher après une défaite déçu, voire triste. Là, il était en colère. Simplement et purement en colère. C’était la première fois. Je lui ai rappelé nos années de sécheresse, sans trophée ni Clasico victorieux ni génie sur la pelouse. Je m’en suis encore voulu de l’avoir mis là dedans. Je m’en veux toujours dans ces moments là. Je dois pourtant avouer que tout au fond de moi, Je suis irrécupérable. Je suis un croyant. Il est trop tard je crois.

J’ai transmis le virus à mon fils. Ma femme m’en veut. Elle se trompe pourtant. Cette appartenance là, si elle se confirme, fera de Jules un passionné. Ça n’a pas de prix. Je ne lui ai jamais dit d’aimer le PSG, comme tous ces glands qui poussent leurs mômes à réussir là où ils ont échoué. Jamais. Jules a vu son père vivre intensément sa passion. Et il a voulu essayer. Je ne lui ai jamais menti. Toujours répondu franchement à toutes ses questions. Il se peut qu’il décroche un jour. Ou qu’il me tape un coming out. « Papa, j’aime plus le foot. Papa, je suis pd. » tant qu’il ne devient pas un South Winner ou un Yankee, j’accepterai et je l’aimerai. Je n’ai aucun remord.

Le PSG est une épopée hors norme. Un trip garanti. Si tu en acceptes les descentes et les gueules de bois, tu vas vivre des moments éternels mon fils. Tu vas rencontrer des gens formidables que tu n’aurais jamais connus sinon. Voir Neymar effacer la réalité, Antoine crucifier Madrid et Pedro Barthez. Tu pleureras avec Raí et explosera de joie avec Simone et Rodriguez. Tu t’approcheras du Parc, tu entendras les kops déjà en action et ton cœur adoptera un autre rythme. Celui de la conviction. Les autres pourront bien te juger, te mépriser, ne pas comprendre, cela n’aura pas la moindre importance : tu en seras. Et ce sera à toi, rien qu’à toi. Y’a bien des parents qui mettent leurs gamins dans le pognon, la propriété, la compétition ou le travail. Moi, c’est le PSG. Ça te permettra peut-être mon fils de ne pas devenir trop tôt un… adulte.

Si j’écris ces lignes, c’est évidemment par pur égoïsme. Je ne peux ni remonter le temps et refaire le match, ni arrêter d’aimer ce putain de Club incontrôlable. Et il faut que j’évacue. Pas le choix. J’aurais bien arrosé au M16 quelques pigeons mais je n’ai pas de M16… Demain, tout sera de nouveau flou, incertain, fragile. Un peu douloureux. Au cœur d’une France qui compte déjà les jours nous séparant du match retour. Tic toc, tic toc. The final coutdown. Europe. Comme Macron, le PSG aurait tout intérêt à prendre plus soin de la France. À ne pas se focaliser uniquement sur les grandes oreilles. Je vais encore bégayer mais c’est en respectant la Ligue 1 que l’Europe nous respectera. Encore faudrait-il que notre Président en soit un, de Président. Nasser est une nounou. Un impresario. Leo est toujours aux abonnés absents. Tribunes vides, silence radio, le PSG navigue loin des bassesses de ce monde. Titanic avec un gros nez rouge. Comme si de rien n’était. Ou presque. Dans ma télé, Obraniak compare le PSG à Cendrillon. Il y a de ça. Imaginez : le Barca passe et nous terminons quatrième. Derrière Monaco. Ce soir, il ne manquait que Stéphane Guy pour que le cauchemar soit complet. Dors mon fils. Rêve. Il y aura d’autres aventures. Dormez tranquilles Parisiens.

PSG4LIFE


Jérôme Reijasse
Ennemis intimes Virage PSG

Ennemis intimes

Alors que, 72 heures après notre si belle victoire, je plane encore à dix mille pieds (la phrase qui provoque direct une branlette de Tron en cabane), mon cœur chrétien ne peut s’empêcher d’avoir de la compassion pour… L’Olympique de Marseille.

Si Paris est magique, l’OM est sans aucun doute pathétique avec son propriétaire yankee, son plan Marshall de pacotille, son président Harry Potter condescendant, ses matchs atroces, son palmarès de néant, son classement risible, son effectif en carton, ses transferts hallucinogènes, son éternel employé du mois KFC et son chignon de sumo. Et ses tribunes désespérément vides. N’en jetez plus. Je devrais simplement m’en réjouir. Nos ennemis de (pas vraiment) toujours sombrent chaque jour un peu plus et cela devrait suffire à mon bonheur. Non. Je déteste cordialement les supporters sudistes. C’est entendu. La plupart de ceux qui liront ce texte également j’imagine.

L’autre jour, suite aux rumeurs récurrentes de changement de taulier phocéen, j’imaginais un OM racheté par un Saoudien, des arrivées de joueurs haut de gamme. Un OM qui pourrait enfin nous regarder droit dans les yeux. Et je n’ai pas aimé cette idée. Je ne rêve pas d’un affrontement à la loyal avec l’OM. Si on peut continuer à les démonter dix années encore, je signe des deux mains et des deux pieds (George, calme toi !). Je m’en fous de l’équité, de l’esprit sportif, de la saine concurrence. Rien à battre. Je ne suis pas là pour ça. Je hais l’OM et ça me convient. Je ne suis pas un plouc. Ma haine est romantique, enfantine, théâtrale, méchante. Je ne suis pas un hooligan. Ma haine n’exige aucun sang versé, aucune humiliation physique (à l’exception de Neymar sur Alvaro).

J’ai des amis marseillais aussi cons et exaltés que moi. J’en profite d’ailleurs pour embrasser Tania S, fervente marseillaise et qui pourtant, il y a dix ans, accepta de faire gratuitement la promotion de mon livre Parc (toujours en vente, toujours chef d’œuvre ! 13€ frais de port inclus), non pas par simple amitié. Mais parce qu’elle s’était aussi reconnue dans quelques pages, quand la passion était racontée sans mytho ni artifice. Je salue aussi IAM. Akhenaton m’a prédit notre défaite 1-3 la veille de notre déroute contre MU, avec un grand sourire. Il m’a fait porter par coursier un coffret IAM de leur nouvel album, avec une petite vanne en guise de dédicace tracée sur la pochette de la chose, au feutre, le surlendemain de la désormais effacée remontada. Et pourtant, certaines des discussions les plus drôles et les plus vibrantes que j’ai eues sur le football, c’était avec IAM.

Et ce soir, je pense à l’Olympique de Marseille. À la révolte des supporters. La descente à la Commanderie… Cette descente… on dirait les bastons terminales Boulogne/Auteuil… manque plus qu’un cadavre. C’est en tout cas un excellent moyen d’accélérer une possible revente. On excite quelques déçus sincères et puis… des images de fumis, des grillages arrachés, des flammes. C’est grave ! C’est presque la guerre civile à l’OM ! Toujours la même fumisterie. Les mêmes grosses ficelles. On nous rejoue la carte de la violence urbaine. La France a peur. Toutes ces salopes que j’ai croisées dans ma vie qui me disaient, convaincues : « Thatcher, tu peux ne pas l’aimer mais les stades sans violence, c’est grâce à elle. » Marseille le sait : si elle veut survivre à l’ultra libéralisme, si elle veut avoir une petite chance d’intégrer la future et immonde ligue fermée européenne, elle doit devenir ce centre commercial géant où des zombies déambulent entre deux hot-dogs et trois buts d’une méga star, elle doit pacifier, elle doit transformer ses supporters en clients. Elle doit tout raser.

Les petits épiciers du foot, tous ces crétins qui passent leur vie à pleurer sur les réseaux ou au comptoir sur les millions perdus sur tel ou tel transfert, me rétorqueront qu’en rasant tout, l’OM pourra enfin mettre fin au véritable trafic lié aux abonnements de ses ultras. Et assainir à tous les niveaux. Des experts-comptable les mecs… Le résultat sera évidemment le même qu’à Paris. Demain, après-demain, l’OM va connaître son plan Leproux. La morale l’emportera politiquement, médiatiquement. Et le chantier du parc d’attraction pourra débuter. Les supporters sudistes le savent peut-être déjà. Moi, quand je me souviens de ma dernière journée au Parc en tant qu’abonné, je n’oublie pas que je n’y croyais pas. Pas encore. Non. Il n’y aura pas d’aléatoire, pas d’interdiction de fumer, pas de virages sans ultras, sans fumis, sans… Passion.

Et puis, un matin, c’est là. Tu n’y peux rien. La frustration l’emporte. Et arrive alors la tristesse. Profonde. Permanente au début. La femme de ta vie qui te claque la porte au nez sans prévenir. Il ne te reste que les photos. Et tes souvenirs. La chair est morte. Désormais, ce sera ton canapé. Ta nouvelle solitude. Et il n’y a pas de machine arrière. Juste un rétroviseur un jour de pluie. C’est douloureux de ne plus aller au Parc. Aujourd’hui encore. C’est comme ça. Et je plains sincèrement les passionnés marseillais. Je me sens aujourd’hui bien-sûr proche d’eux. S’ils veulent (re)jouer dans la cour des grands, ils doivent céder une partie de leur cœur et de leur âme. Le prix est lourd. Pour les romantiques comme moi, il est presque écrasant. Mais ils n’ont pas le choix. C’est déjà presque fini. Je serais eux, je me demanderais, non sans angoisse, si un jour, je pourrais même revenir au Vélodrome en tant qu’ultra. Ils pensent que ce n’est que partie remise, que dès que le covid se sera fait la malle, hop, comme avant, en tribunes…

Certains ricaneront en me lisant. Qu’ils ricanent. Ceux qui ricanaient quand le Qatar a signé le premier chèque sont aujourd’hui H24 sur betclic et ont probablement acheté le nouveau maillot psychédélique et ignoble. Les autres, ils existent, verront de quoi je parle. On va encore me traiter de rabat-joie. De peine-à-jouir. Me dire que l’ambiance au Parc est quand même pas si naze, qu’on voit du beau foot sur la pelouse, qu’on peut enfin aller au Parc en famille et sans risque. Je l’écris sans cesse et je crois que je n’ai rien d’autre à écrire : J’ai perdu la bataille. Je le sais. Je suis, au mieux, redevenu un civil. Au pire : prisonnier de guerre à vie. il ne faut pas galvauder sa passion. Ou c’est alors la mort qui frappe à la porte. C’est abdiquer, renier une ultime fois sa part d’innocence. C’est une violence. Un serment brisé. Ce sont les choses insaisissables qui font une vie. On va exiger des ultras marseillais qu’ils deviennent des adultes responsables. Des consommateurs bien élevés. Des obéissants ou des morts. Et même si je continuerai à vous insulter à chaque Clasico, chers ennemis, je tenais à vous le dire. Je vous plains.

PSG4LIFE


Jérôme Reijasse
Neymar Virage PSG

Ele é dos nossos,
ele levou sua porrada como os outros

Quem foi que a gente renegou, blasfemou, insultou ? Quais deuses a gente ofendeu? Resultado: Paris, na véspera das grandes batalhas,
vai combater novamente cheio de dúvidas.
Estamos para lá da paranoia
, obviamente.


Nao tenho vergonha de escrevê-lo. Bruxaria, vodu, prova mitológica? O prazer apenas escondido quando o jornalista Sebastien Tarrago, ao vivo no programa “l’équipe du soir”, anuncia que o Neymar estará fora do jogo contra o Barcelona depois de se machucar contra o Caen. Os comentários nas redes sociais anti PSG… Estão exultando porque o Neymar caiu de novo. Eles estão aliviados, os nossos inimigos. Perdemos o nosso elemento indispensável. É de boa guerra, uma guerra sem fé nem lei. A guerra deles, a nossa.

O Neymar não vai estar presente. Estou lendo certos comentários por parte de alguns torcedores parisienses também, que tratam o Neymar de cara pouco sério, etc… Estou imaginando alguns rancorosos que nunca irão esquecer que ele queria voltar para Barcelona com o amigo dele, o Messi, não tem tanto tempo assim. Já chegou o tempo para eles de perdoar. Eu perdoei : O Neymar, por ele ter perdido um pouco de fé no Paris. Eu mesmo, por nao ter entendido imediatamente que o Neymar é profundamente um jogador feito para nós : Fodão, imprevisível, provocador, cara de pau, apaixonado, explosivo, festeiro, intrépido. A única coisa que nos diferencia, nós os torcedores, do Neymar, é o gênio. Tudo bem para mim.

O técnico do Caen, Pascal Dupraz, mostrou mais uma vez que ele é menos técnico do que chefe de polícia. Menos homem que caricatura de homem. Ele sonhava um dia ser o técnico do Manchester United e ele está agora treinando bezerros. Não podia ser de outra maneira… O Neymar se machuca e parte da França bate palmas. “Procurou, simulou, trapaçeou, bem feito”. O Mano escreveu no Facebook e ele estava certo : é a mesma coisa quando depois de um estupro alguns dizem que ela não tinha que se vestir assim. Os bois. Os mesmos bois que ficam chateados quando tiramos onda do Pape Diouf. Não se pode fazer piadas com um morto porém podemos publicamente ficar feliz quando um gênio da bola se machuca ? Falta muito ainda para a França ser um país de futebol… Muitos ciúmes ainda.

Vou fazer uma confissão para vocês: Se o Diego tivesse jogado no Marselha, claro que eu o teria amaldiçoado. Porém, ele teria imposto respeito com as suas ações. O Diego felizmente NUNCA jogou no Marselha. O Neymar, ELE, está jogando em PARIS. Neymar, o futebol em todo seu aspecto selvagem e a sua inocência. Ele pode ser chato, frustrante, insuportável até, quando alguns dias está sendo vítima da sindrome da T.S.E (Teimosia Solitária Estéril). Porém ele ousa, o tempo todo. 4 contra 1? Ele vai, o tempo todo (quantos são os que podem afirmar sempre estar com este desejo de lutar ?). Como o Bruce Lee, o Neymar gosta das lutas desiguais. Do desafio. Cobrar um penalty ? Ele os cobra, o tempo todo. Sem nunca tremer. O Neymar tem poesia, tem peito, vício e elegância, talento e instinto. E ele está jogando de vermelho e azul. PSG. E ele vai prorrogar.

Os amargurados de Paris, os mesmos que citei acima, dizem que ele fica porque ninguém pode pagá-lo, que sem o COVID, não seria a mesma coisa. E que não tem nada ver com amor, fidelidade. E aí ? Vocês querem casar com o Neymar? Um coming out para aliviar a sua consciência ? Por acaso você não faz parte dos que culparam o Cavani por ser um mercenário? Que notícia ! Obrigado ! Todos são mercenários, acorda! (E um mercenário que fica 7 anos, se dedica totalmente em todos os jogos, e tem o recorde de gols do clube, eu assino todos os dias se puder). Eles dizem ainda que o Neymar não tem uma vida saudável. Que o fato dele se machucar muito pode até estragar a carreira dele. O Neymar, segundo eles, deveria festejar menos. Ir deitar mais cedo. Galinhar menos. O Neymar segundo eles somente pode culpar ele mesmo. Nunca poderia ser vítima, nao tem direito ? Muito rico. Insolente demais. Muito individualista. Muito muito …

O Yago (jogador do Caen) é um bruto porque ele é um jogador medíocre. Como o Alvaro (Marselha). Estou imaginando a risada dele quando, com os seus amigos, ele contou como ele parou o Neymar e ficou assistando várias vezes as ações de canalha que ele cometeu. A risada do idiota, do bully, do cara sem complexo. Nem tenho certeza de que foi este golpe do Yago que machucou o Neymar. O que sei é que o Yago deveria ter sido expulso e que seu gesto, pouco importa as consequências foi feito para machucar, nada mais. A gente quebra o Neymar e o culpamos por ter provocado! O culpamos de respirar futebol. Isto é a França? É uma vergonha. É ridículo. “O cara ganha milhões e ele se machuca! Canalha”. E como estes católicos que culpam os pobres por ser pobre por falta de esforço. Na minha família tem espécies deste tipo. “Não fez o que tinha que fazer, Neymar malvado. E agora você está pagando a conta. Avisamos você!” Porra, os moralistas, os juízes, os doutores, os dietistas… Que calem as suas bocas para sempre, pelo amor de Deus !

Porque todo mundo gosta do Messi? Porque é um gênio, ele também, ok. Porque ele é pequeno, gentil, tímido, um só cartão vermelho em 8597 jogos, profissional até morrer. A mesma história com o Ronaldo. Parece até uma história do Walt Disney. Neymar? Ele é o “Grinch” e também o Franco no filme “Os 12 condenados”. Ele é o Bom e o Vilão. Ele deixa a fantasia de Mau (Bruto) para os outros. Para os que ainda precisam ver a bola para saber o que fazer com ela. Que o Neymar esteja ausente na terça-feira na Catalunya não tem nada de injusto. É simplesmente triste. A festa do futebol sem o seu Rei. Menos alegre, não é?

Neymar é uma estrela internacional. Ele domina perfeitamente a comunicação de hoje. Porém, será que ele é finalmente um jogador emblemático da época? Neymar não seria talvez o último dos Moicanos? O último representante de uma raça logo esquecida? Já escrevi isto. O Neymar merece mais do que sarcasmos e muletas. Mesmo se ele nunca mais levanta a taça de orelhas grandes (Champions League). O Mbappe é feito para bater recordes. O Neymar tem outra missão : ser ele mesmo. Não recusar a possível tragédia. Não ter medo. Ele está com a gente. Não está longe agora do Ronnie, no meu top 5.

PSG4LIFE

Tradução: Julien Bonnardel (Torcedor com um pé em Paris e outro no Brasil)


Jérôme Reijasse
Hygiène Neymar Virage PSG

Uma apologia do
estilo de vida do Neymar

Há alguns anos o campeonato francês tem no sul do país um jogador com cortes de cabelo ridículos, bundudo e com nome de humorista. Ele não é muito engraçado, tem barriga maior que a do Jean-Michel Moutier em 1985, é mais devagar do que o Evra numa crônica do Cazarre (humorista francês torcedor do PSG)
E mesmo assim, nos enchem o saco com o « o estilo de vida » do Neymar.

Acabamos de enterrar o Santo Diego e o absolvemos de todos seus pecados e excessos, o transformando em “D10S” (Deus); admitimos que estes pecados nunca deveriam nos ter impedido, de reconhecer a sua genialidade e beneficiar da sua luz nos dias de chuva. Mas a gente deveria culpar o Neymar, um dos seus mais belos herdeiros, por “não ter um estilo de vida compatível com o alto nível”. Porra!

Eu, torcedor, não estou nem aí pelo fato dele ter ou não “um estilo de vida compatível com o alto nível”. Estou com outras ambições para ele! Estas são considerações para um Bertrand Latour, um arrogante que gosta de bancar o metido do lado de pessoas idosas, ou do Dorian Gris da imprensa televisiva. Eu não sou contador do valor Grana/Performance do Neymar. Os que gritam contra ele também não.

Mais do que os momentos de queda na performance física dele, deveríamos contabilizar os seus dribles, os seus passes milagrosos, as suas cobranças de falta e os seus gols. Vocês vão ver, mesmo por 3 milhões por mês, a gente não está perdendo. Estamos levando vantagem, e muita.

Os que acusam o Neymar de não estar em boas condições físicas me lembram os que estão a favor da assistência de vídeo para a arbitragem. Somente tinham um argumento: O desafio financeiro. No caso do Neymar, o que irrita é obviamente o seu salário. Como se fossem eles, que nem podem ir mais para o estádio, que estivessem pagando. Nem estou falando dos “jornalistas” que além disso vivem obviamente graças a ele correndo atrás de clics porque sem ele não teriam quem os lessem.

O futebol é feito de incertezas, dúvidas e erros de arbitragem do mesmo jeito que o Neymar pode ter alguns quilos a mais, fazer algumas preparações físicas com ressaca e ter sono atrasado.

Ele não é pago para estar sempre na melhor forma e viver como um monge. Compramos o Neymar para vê-lo criar, subjugar, entusiasmar, maravilhar. Bater palmas para ele. Gritar o seu nome depois de fazer gol ou cantar depois de uma infiltrada no campo adversário. E comentamos novamente, no metrô, ainda sob o encanto, no caminho de volta para casa.

Eu cresci num mundo onde se admirava um Romário quando chegava no treino logo depois de sair da discoteca. E gosto do fato do Marco Verratti fumar.

Hygiène Neymar Virage PSG
« Eu acho perfeito o estilo de vida dele! » © Icon Sport

Quando o Neymar, errático e acabado fisicamente desde o 60o minuto, decide na 89o roubar a bola mal dada pela defesa do Manchester, e a 80 metros do gol tira de cena com um rebolado 3 jogadores, passa para o Mbappé e continua a jogada para se apresentar como uma opção de passe traseiro do Rafinha, concluindo esta pintura com um gol, eu acho perfeito o estilo de vida dele!

Há um ditado que diz que quando se trata de amor, só há provas de amor. Com o Neymar não é diferente: há que amá-lo e provar este amor para ele. Aceitando-o, entendendo como ele é. Do jeito atual. Em obra. Em construção. Em pedaços se precisar. Algumas provas do seu amor pelo futebol – e do nosso pela mesma ocasião – são mais fortes do que ele próprio, e ele as dá assim que joga. A partir do momento que ele toca a bola, o amor pelo jogo, o “jogo bonito”, o gesto esplêndido iluminam o estádio e os nossos olhos de espectadores.

Dentro dos nossos estádios, vazios por causa do COVID, o Neymar está sentindo muito a falta do torcedor. Quando ele faz gol, celebra na frente das arquibancadas vazias e mudas e parece com alguém jogando “Imagem & Ação”.

« La, La, La, La, La, La, La, La…
La, La, La, La, La, La, La, La…
Neymaaaaar, Neymaar…
Neymaaaaar, Neymaar… »

Nos deixar sonhando, é tudo o que ele nos deve – além da Champions, claro. Ele cumpre. Não todos os dias. A gente não ia aguentar. Ele também não. Os melhores artistas de jazz usavam drogas para encontrar novamente as contingências e as dimensões da condição humana para a qual eles escapavam pelo seu gênio. O Neymar passa o tempo dele “esnapando”, ‘instagramando”, festejando, se exibindo dançando feito maluco, se mexendo no palco perto de um artista brasileiro… para voltar a ser como nós.

O Neymar está certo em viver como ele vive. Há que separar o homem de sua obra agora. Estamos maduros o suficiente para isto.

Um Stradivarius tem que ser protegido. Primeiramente dos golpes. Dados dez, vinte vezes por partida por um destes raivosos caipiras cheios de rancor.

Talvez o Paredes deveria sistematicamente dar uma voadora , de cara, mal comece o jogo, no adversário que marca o Ney. (Desculpem-me porém se os zagueiros tem direito de bater nele somente porque ele os dribla, isto abre novas perspectivas).

Qual é o escândalo: Que o Neymar exagere um pouco e provoque ou que os zagueiros dêem tanta porrada nele? Para os técnicos adversários e quase a integralidade dos comentaristas tem-se que entender, perdoar e quase vangloriar os babacas meio burros porque eles não aceitam ser enganados pelo nosso artista. Ele provoca, isto dá o direito a eles de se comportar como porcos? Ele tem um jogo malicioso, o drible humilhante, o passe insolente e o olhar orgulhoso: culpado. Pascal Dupraz, nova Madame Michu.

O que é proibido é dar porrada, não provocá-las. Não seria útil lembrar isto também, como uma presunção de inocência para o Neymar? É muito fácil agora: o que vale um amarelo com outro vale somente uma falta com ele. Qualquer zagueiro da província sabe entrar na brecha: fogo! O amarelo somente sai na terceira ou na quarta vez no melhor dos casos. E depois você ainda ouve os miseráveis caras de pau atrás do microfone. Se ele se machucar feio, é culpa dele!

Hygiène Neymar Virage PSG
« Espero de todo meu coração que o Neymar nunca vai mudar. » © Icon Sport

O que esta acabando com o espírito do esporte são os alemães e os austríacos que são cumplices contra a Argélia em 1982; um juiz que, pouco importa sua origem, seja sempre pouco ou muito a favor do Real ou do Barcelona, a morte programada de uma mágica Copa da França que passa em todas as ondas menos as do serviço público; a assistência de vídeo que leva 5 minutos para não decidir nada… Não um número 10 que dribla e ri muito. Nem no regulamento nem no espírito do futebol está escrito que ridicularizar o seu adversário é uma falta. Para um número 10 parisiense é mais que um direito: Um dever.

Debater sem fim sobre sua condição física, seu estilo vida e sua impulsividade não vai mudar nada: na genialidade futebolística, na classe, na maestria, nos passes, nos dribles, nos escanteios, nas cobranças de faltas, nso pênaltis e nos gols, Neymar tem um nível entre os mais altos. Nunca visto no Parc, palavra antiga da época do Sušić.

Desde os seus quinze anos, ele vive assim, joga assim e chegou até aí. E vocês gostariam que ele comesse somente brócolis? Para virar o quê? Um Cristiano Ronaldo? Não, obrigado! Viva os excessos do Neymar! Ele não vai jogar no Camp Nou e aí? Nem a primeira nem a ultima bofetada. De príncipe parisiense ele tem também o lado maldito. Mas no ano passado, sem ele no Final 8, aonde a gente teria terminado?

E se preparem: No jogo de volta, mesmo com 40% de capacidade somente, ele vai entrar. E neste momento… Estou doido para voltar no Parc para vê-lo jogar. Espero de todo meu coração que o Neymar nunca vai mudar.

Traduction : Julien Bonnardel et Nicolas Polly


Gregory Protche
Merci Paris Virage PSG

Merci Paris

Il le fallait ! Pour nous le peuple parisien, nous qui t’avons tout donné depuis toujours, il le fallait. Plus qu’un résultat, c’était notre honneur que nous vous avions demandé de récupérer, à l’endroit même où vous l’aviez lâchement abandonné.
Et mardi soir, pendant 95 minutes, vous êtes entrés sur la pelouse
comme des guerriers, des vrais, pas des sénateurs et encore moins des victimes.

Nous étions nombreux à vous épier, dès le couloir, à observer vos moindres gestes, vos moindres regards. Et là encore, nous avons vu des hommes, fiers et en mission.
Les regards étaient durs, hauts et les attitudes décidées. Alors même si l’espace d’un pénalty encore foireux, le fantôme d’Aytekin a semblé trainer aux abords du stade, vous avez montré à l’Europe entière les valeurs de notre club. Mais bien plus important, vous nous avez rendu fiers, vous nous avez prouvé que la confiance que nous vous offrons depuis toujours n’était pas veine.

Mardi soir, un groupe était en guerre, en mission et j’ai vu non plus des joueurs les uns à côté des autres mais de vrais frères d’armes. Cela faisait longtemps que je n’avais plus vu ni entendu mes joueurs se parler, communiquer en permanence, s’aider, se conseiller, s’encourager et quelque soit le niveau et la stature du mec dans l’équipe. Entendre Kurzawa replacer et encourager Mbappé à défendre : « vas- y kyky, kyky à toi, bieeeeen kyky… » c’est pour moi un bonheur peu importe le résultat, j’ai vu une équipe qui vivait et qui avait décidé de venir gagner et surtout de ne pas perdre. Chacun s’est mis et a mis ses compétences et ses qualités au service de l’équipe, du club, de nos couleurs.

On est allé au Camp Nou Comedy Club avec un vrai gardien, sa seigneurie KeyLORD NAVAS, ça change d’avoir un vrai gardien et pas un vigile de chez Franprix dans les buts. Derrière, la charnière a été solide, intraitable, complémentaire : le soldat Kimpembe a épaulé son capo Marqui bien placé, technique, appliqué et utilisant à merveille sa vitesse. Nos deux latéraux malgré leurs carences ont su se mettre au niveau en étant concentrés et très impliqués. Kurzawa n’a rien lâché, a participé offensivement avec beaucoup d’application et avec une technique propre. Défensivement, il a tout donné et quand il se faisait prendre en vitesse ou dans le dos, la solidarité des milieux ou la couverture de Presko étaient là. Florenzi de son côté a respecté les consignes en surveillant le nouvel ami de Kylian : Jordi Alba et son melon d’or ! Le nabot hargneux ! En effet, Florenzi avait un couloir brûlant à surveiller pour éviter les montées d’Alba et ses centres en retrait. Et la détermination de l’italien à sa sortie en sermonant Kehrer pour qu’il soit tout de suite en action, a fait plaisir ! Peu importe qui joue, c’est ça qu’on veut voir : des hommes prêts à tout pour le PSG, pas d’égo, pas de caprices, pas de temps de jeu, rien que des morts de faim, des chiens !

Merci Paris Virage PSG
Un milieu de bonhomme © Icon Sport

Notre milieu trop souvent inconstant, insuffisant, en difficulté face à n’importe qui en ligue 1 et bien entendu en ligue des champions a enfin été au niveau. Verratti a été magistral, cet italien et parisien au talent d’un magicien a pris les choses en mains. Il a été omniprésent, aux 4 coins du terrains. Au pressing haut quand il fallait asphyxier la défense adverse, plus bas quand l’équipe avait besoin de lui pour la relance et ressortir les ballons proprement et sans affolement. Il a aussi été capable d’être à la dernière passe dans la surface adverse et a même tenté de frapper au but. ENORME ! Qui peut encore se permettre de cracher sur ce joueur extraordinaire, de le salir, de le critiquer sans être capable d’objectivité sur ses qualités sur le terrain plutôt que de ses soirées personnelles ? Ce joueur appartient déjà à notre histoire, il aime notre club et mérite notre Amour, même s’il ne sera peut-être jamais le modèle que certains désirent !!! A Paris, on n’aime pas la perfection : Sušić choisissait ses matches, Luis faisait parfois des fautes inutiles et gueulait pour rien tout comme Marco !!! Raí a eu du mal à s’adapter, Lama, n°1 à vie pour moi, commettait au moins deux trois boulettes par an et avait un caractère trempé, Ginola était parfois capricieux, Weah inconstant, Ronnie le plus doué, le plus fort mais aussi le plus fou, Neymar aujourd’hui…
Les gentils garçons propres sur eux ne supportent pas la pression chez nous et ne créent pas cette relation d’amour cahotique indispensable avec nous pour devenir des légendes.

Mais revenons à nos héros d’hier soir ! Paredes lui aussi, a prouvé que la confiance accordée par Pochettino n’était pas galvaudée. Il ne panique pas, se montre sûr de sa technique avec ses passes claquées qui cassent des lignes, toujours vers l’avant. Il est solide et très complémentaire de Verratti. D’habitude nerveux et agressif, hier il a montré qu’il savait être responsable et faire passer les intérêts de l’équipe en priorité. Encore un peu plus de courses et ce sera parfait. Je n’oublie pas Gana Gueye et Herrera qui sans être des génies (mais ce n’est pas ce qu’on leur demande) ont eu leur importance dans la réussite collective et ont pris part au combat avec courage et abnégation. Notre milieu a su gérer la largeur ce qui est compliqué sur cette pelouse et surtout avec le jeu du Barkkka fait de mouvement, de redoublements de passes et d’appels dans le dos. Les milieux ont aussi aidé à merveille nos latéraux en compensant pour bloquer au mieux les couloirs : indispensable ! Et tout cela sans oublier d’accompagner les attaques et d’ainsi faire remonter le bloc et limiter les espaces ce que nous ne faisions pas bien ces derniers temps.
Des efforts, vous avez fait les efforts, comme une équipe comme des hommes, des vrais et sans calculer, sans se ménager.

Merci Paris Virage PSG
Et Moïse ouvrit le Barça © Icon Sport

Que dire de nos attaquants ? Eux aussi de vrais héros ! Icardi, un 9, un vrai avant-centre a été un poison, toujours disponible pour proposer quelque chose aux milieux ou aux défenseurs sur les longues relances. Il n’a laissé aucun ballon facile à jouer à l’adversaire. Il a été présent dans les airs, ses déviations comme sur le dernier but sont délicieuses et surtout utiles et décisives. Physiquement très présent et son pressing utile et incessant.
Kean : si on voulait des guerriers alors il mérite la médaille du courage, la croix de guerre ! Il a été énorme, un vrai bulldozer mais pas un bourrin, non Moïse est costaud, puissant mais technique. Il avait des consignes, il devait se sacrifier pour bloquer son couloir droit et prêter main forte à Florenzi. Il a joué ce rôle à merveille et récupérant de nombreux ballons, en les conservant sans les perdre bêtement et donner des munitions à l’ennemi !
A 20 ans, dans un club compliqué et exigeant comme le nôtre, ce gamin n’a peur de rien et c’est là une des qualités indispensables pour exister au PSG. Il a même frappé au but et a marqué prouvant qu’il savait aussi utiliser sa tête. Un joueur décisif.

Enfin, Kylian ! Ah Kylian ! Comme tout le monde, j’ai été heureux, fou de bonheur de l’accueillir lors de son transfert ! Un fraîcheur ce joueur ! Mon chouchou ! Je me revois le fêter devant le Parc à sa signature, lui en costume avec son grand sourire et l’écharpe du collectif en mains puis autour du cou ! Dès ce jour nous t’avons soutenu et aimé.
En virage, combien de fois j’ai râlé en réclamant un chant pour toi, ton chant… Et comme tout le monde j’ai été et je le suis toujours exigeant avec toi, te réclamant toujours plus et devenant intransigeant parfois ! Oui je t’ai critiqué, parfois durement, peut-être même injustement, oui tu m’as agacé aux Oscars du foot, en réclamant des responsabilités et en laissant entendre que tu pourrais nous abandonner … Oui je t’ai maudit quand tu nous as fait une imitation de Laeticia Hubert en patinant devant le gardien de Manchester en un contre un … Tu vois moi, comme toi, je ne suis pas parfait ! Par contre je ne t’ai jamais trahi et je n’ai jamais rêvé de te laisser partir pour t’échanger contre le nain barcelonais !

Bref, hier, tu as remis les pendules à l’heure en faisant du Mbappé. Tu as multiplié les appels en profondeur, les courses en rendant fou le puceau qu’ils t’avaient mis sur le dos !
Tu as joué simple, sur tes qualités, pas de gestes inutiles et attaquant décalé sur le côté gauche est pour moi ton meilleur poste. Tu t’es montré insaisissable, tu as retrouvé ta vitesse au bon moment, tes jambes de feu, tu as prouvé que tu étais un leader en montrant l’exemple en revenant défendre. Et que dire de ton efficacité devant le but, tu as brillé de mille feux, un joueur de classe mondiale. Avec Neymar au final 8 vous avez pris l’équipe en mains et gérer le groupe pour nous emmener en finale. Pourtant tu étais blessé, tu as repris avec une cheville en mousse, le COVID est passé par là, pas de préparation physique, pas de vraies vacances mais du haut de tes 22 piges tu n’as pas fait de vagues !

Merci Paris Virage PSG
Kylian seul avec lui-même © Icon Sport

Il est temps maintenant de t’investir pour de bon au PSG, de faire taire les rumeurs et de montrer à l’Europe que tu as choisi de mener le PSG au sommet et rien que le PSG.
Tout le monde ici croit en toi il ne manque que ta décision ! On attend qu’une chose : que tu fermes des bouches en clamant ton Amour pour nous ! Et qu’on ne vienne pas de dire qu’on joue mieux sans Neymar, que Kylian veut être le boss sans Neymar et inversement ! Kylian toi seul peut faire fermer toutes ces bouches !!!

A vous tous, sans oublier les remplaçants et Rafinha qui mérite d’être vite relancé, à vous tous les gars je voulais vous dire MERCI.
MERCI de votre investissement.
MERCI de nous avoir rendu fiers.
MERCI d’être aller au combat sans nous pour récupérer notre honneur.
MERCI d’avoir fait taire l’arrogance insupportable de ce club surcoté qui depuis des années se permet de prendre le football européen de haut.
MERCI d’avoir défendu et respecté nos couleurs de cette façon.

NOUS supporters nous serons toujours là, nous avons coutume de dire, et je le pense que les joueurs et les dirigeants ne font que passer alors que NOUS, nous restons. Nous avons besoin de vous comme vous avez besoin de nous. Mais il y a des joueurs qui marquent l’histoire de notre club, des joueurs qui font l’histoire de notre club, des joueurs qui gagnent, perdent et souffrent avec nous et qui ne s’échappent pas à la moindre difficulté. Vous avez ensemble, hier soir, écrit une belle page de notre histoire ! Tout comme le 8 mars, nous n’oublierons pas. Terminez le travail dans trois semaines…

MERCI…


Aymeric Le Meignen